HAR
Haridelle, origine inconnue ; aridus{1).
Mauvais cheval, vieille rosse.
Haro, du germanique /^/îré»^/, crier. Crier haro sur quelqu'un serait alors un pléonasme.
D'autres y voient la contraction de ah ! RaouL du nom du premier duc de Normandie, dont on implorait ainsi l'assistance.
Ah ! Rollon, était aussi un terme de palais dont on se servait j)0ur faire arrêter quelqu'un.
A CCS mots, on cria liaro sur le baudet.
(La Fo.NTAl.XE.)
De haro on a fait hourra et héraut {l).
Harpagon, origine httéraire.
Type de l'avare dans Molière. Peut-être emprunté au grec arpax, ravisseur.
Synonymes : ladre, pingre, rapiat (populaire), grippe-sou, pincemaille, fesse-mathieu.
— Le nom d'Harpagon, donné par Molière au personnage principal de V Avare, et qui est resté dans la langue comme nom appellatif, se trouve dans le supplément de \ Avare {la Marmite), de Plante, par Codrus Urceus.
Louis Grotto est le premier qui se soit servi du nom d'Harpagon pour signifier avare, dans la Emilia.
Dans Plante, l'avare s'appelle Euclio.
Harpies, nom mythologique : du grec harpuia.
Chez Virgile, monstres mythologiques à forme d'oiseaux, ayant des tètes de femme, des pieds et des mains crochus et un,,llux de ventre dégoûtant, le visage livide et faméUque.
Attirées par l'odeur d'un repas, les harpies s'ahattaient sur la tahle, dévoraient avidement ou souillaient les mets.
Elles étaient tilles de l'Océan et de la Terre. {Enéide, liv. III. ^
A cause de cela elles habitaient une île. Hésiode en nomme trois : Virgile une seule, Céléno.
— On donne le nom de harpie à une femme âpre au gain, un harpajion femelle : ou à iiue femme criarde et acariâtre. (Voy. jiïégère.)
Hart, origine inconnue; lien menu, tlexihle. (Voy. harceler.) Ou appelait liardeau un arbuste produisant ces liens.
HAS oo5
L;i corde qui sert à pendre un condamné.
Sentant la liart do cent pas à la ronde.
(.M.M.or.)
Hasard ; l'origine semble être l'arahe. où il désignerait une sorte de jeu de dés : plutôt ciue le grec as (?).
Au xv^ siècle, Indus azari : le mot a^cun ^désignait un nombre difficile à amener avec trois dés.
Objet deliasard: d'occasion, de rencontre.
— Hasard devrait toujours impliquer l'idée de bonbeur, puisqu'au
jeu de dés c'est le coup qui fait gagner. Mais l'idée d'incertitude a
prévalu sur celle de gain, et l'a supplantée.
A table, hier, par un triste hasard. Jï'tais assis près d'un tnaitro cafard.
(Vo,,,am;k.)
Cœco casu (Gicéron) : par liasard. Les mots latins rnsus et occusio. qui signifient basard. viennent tous deux de raderc, tomber : la cbance des dés.
— On dit plaisamment : c'est un basard qui vaut du neuf, c'est-àdire une bonne occasion.
— Hasard providentiel est une locution contradictoire. Le basard, c'est l'imprévu : la Providence prévoit tout.
On doit dire : effet providentiel.
Il n'y a que les incrédules qui disent : « Le basard est l'bomme d'afïaires du bon Dieu. »
Si un bomme se sauve d'un, naufrage où tout l'équipage a péri, il dit que c'est par un basard providentiel. Mais la même Providence qui l'a sauvé, a fait périr les autres. C'est une façon de voir contraire à toutes les idées qu'on se fait de la Providence, et qui prend sa source dans une vanité et un égoïsme féroces.
— Ce (ju'art ne peut, basard l'acbève. (Montaigne, 1, 33.)
Le clief-d'œuvre de Protogène, rival d'Apelle, était un tableau d'ialysus, cbasseur célèbre, fils du Soleil. Le peintre avait passé sept ans à le faire, mais, il n'était pas satisfait d'un tbien, qu'il voulait représenter la gueule pleine d'écume. De dépit, il jeta sur la toile l'éponge qui lui servait à etl'acer les couleurs. Et cette écume que le pinceau avait été impuissant à imiter, le basard la représenta. (Pline, Hist. nat., XXXV, 10.)
Depuis Protogène, le cbapitredu basard enfantant des merveilles, avec le concours du génie, s'est augmenté.
— Dans tout ce que l'on entreprend, il faut donner les deux tiers