‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 284 sur 336 · ILL · texte numérisé non relu

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\f {ive), latin irum: désinence qui marque l'aptitude: on pourrait l'appeler « facultative ».

Purgatif, incisif, apéritif...

ignorance, du latin Ignorare, ne pas savoir.

Il y a trois sortes d'ignorance : ne rien savoir, savoir mal ce qu'on sait, savoir autre chose que ce qu'on doit savoir. (I)uclos.)

Tout vice est issu d'ànerie. (Montaigne.)

L'oisiveté de l'esprit engendre les vices, mais l'ignorance les accrédite et les perpétue.- (Brueys.)

Rien n'est si dangereux ({u'un ignorant ami : Mieux vaudi-ait un sage ennemi.

(La Fontaine.)

— Montesquieu, au sujet de l'ignorance profonde dans laquelle le clergé grec plongea les peuples, après la chute de l'empire romain, le compare à ces Scythes dont parle Hérodote, qui crevaient les yeux à leurs esclaves, afin que rien ne piît les distraire pendant qu'ils battaient leur lait.

— Depuis la loi de 1833, qui a décrété les institutions primaires, l'ignorance est traitée en France comme la petite vérole, et le diplôme de bachelier est presque imposé à tous, comme le certificat de vaccine. (Véron.)

Les seules conquêtes utiles et qui ne laissent aucun regret, sont celles qu'on fait sur l'ignorance. (Napoléon.)

Ignorant... comme une carpe, comme un maître d"école ; ne savoir ni a \\\b.

Les ignorants trouvent la cause de tout, parlent de tout.

Qui ne sait rien, de rien ne doute. (G. ^^eurier, xvie siècle.)

On ne croit savoir quelque chose que quand on sait peu : avec la science augmente le doute. (Gœthe.)

Plus on est ignorant, moins on s'en aperçoit.

Il n'y a personne de moins curieux d'apprendre, que les gens (jui ne savent rien. (Suard.)

Illico, adverbe latin: sur-le-champ.

On dit aussi hic et nunc.

Vous allez me payer ilUco.

Illusion, du latin iUudere : se jouer.

Les illusions sont la fausse monnaie du bonheur.

Toute illusion engendre une déception.

IMA 581

Illustration, du latin IKustrationem {in, liisti^ai^e).

On (loniuiil ce nom iiulrefois aux ornements coloriés et aux miniatures des monuments. Aujourd'hui, il s'applique aux dessins gravés sur bois, intercalés dans le texte d'un livre.

Illustré, appliqué au texte d'une publication, signitie que le

dessin est comme une lumière qui éclaire le texte. Mais l'abus qu'on

a fait de ce mot l'a discrédité et a fait dire des livres illustrés, 'comme

des hommes illustres :

Rien n'est si roiimuin (|iio le nom.

Rien n'est plus rare (lue la chose.

(La FoMAiNr;.)

Il y a des livres, plus illustrés qu'illustres, dont les auteurs feraient naufrage, s'ils n'avaient, comme Dorât, la ressource de se sauver de plancbe eu planche. (Grimm.)

Dorât avait dépensé sa fortune à faire graver des vignettes pour orner ses volumes de poésies.

Illustre. Cette épitbète, que Rabelais donne aux buveurs, est une allusion aux nihis qui iUuininent leur face.

Ilote, du latin ilola, transcrit du grec eilôtès. Autrefois hillot signifiait valet : (Peut-être pour ftUot '■?)

Ce vénérahle hillot fut adverti

De (juelfiiie argent que m'aviez desparti.

(Marot.)

Ce mot ilote, qui désigne les esclaves des Lacédémoniens, s'applique aujourd'hui à un homme réduit au dernier degré de l'abjection et de l'ignorance.

Image, du latin imaginem.

Représentation d'un corps produite en relief, ou sur une surface, à l'aide de clairs et d'ombres.

L'esprit de l'homme est comme un réservoir vide, dont les yeux sont les ouvertures. En venant au nioiule, il ne sait rien : pour apprendre, il faut qu'il regarde.

C'est ce qui explique l'amour des enfants pour les images.

Les mots des langues ne sont eux-mêmes que les images des objets qu'ils servent à désigner. Enseigner, c'est instruire par des signes ou images.

Imagination, du latin iiiuKjinadonom.

L'iuuiginalion est la folle du logis. (Sainte Thérèse.)

582 IMM

L"iina,uiiiatioii est un pays très vaste, où l'on s'égare aisément, si l'on ne prend la raison pour guide. (Proverbe indien.)

L'imagination est une fée malfaisante, qui se plaît à détruire son propre ouvrage. (A. de Pontmartin.)

Imbéciie, du latin imbeclUum. sans Itàton, faible.

C'est le corrélatif à' infirme. L'infirme manque de la force nécessaire pour se Itien porter. Anciennement bnbécile avait un sens analogue.

Le sexe imbécile est le sexe faible.

De « faillie de corps », imbécile a passé au sens de « fail)le desprit « .

— L'infirme soufTre personnellement, l'imbécile fait soulTrir les autres. L'imbécile n'est pas ennuyé, mais ennuyeux.

— Gardez-vous des mécbants, et que Dieu vous garde des imbéciles.

imbu, du latin imbultim. Provençal cmbus.

Pénétré, imbibé de faux principes.

On appelait jadis embubaire un charlatan.

Immédiat, ement, du latin in et tnediu^^, sans intermédiaire. En provençal af/cc. (Yoy. illico.)

Et tout adez on rogartlanl...

(Roman de la Rose)

Car cette famé adez le faisoit jouer mal à point. (A. Cbartier.)

Immense, du latin immensum, sans mesure.

Immense se rattacbe à l'idée d'étendue ; innombrable, à l'idée de quantité, de nom lire.

On lit cependant sur le socle de l'obébsque de Louqsor, qu'il a été érigé... aux applaudissements d'un peuple immen.9e.

Innombi^able eût été plus juste : et il est à craindre que la postérité ne s'imagine «lue les Parisiens du XIX^ étaient un peuple de Patagons.

Immortalité, du latin in, négatif, mortaliH, mortel.

Aller à l'immortalité, s'immortaliser : se rendre célèbre.

— La deA'ise de l'Académie française est une couronne de laurier avec les mots : A l'Immortalité !

Celle de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, est : Vetat mori, empruntée à Horace qui a dit au.ssi :

A'oH omuis moriiir.

Sont-ils morts tout piiliers avec leurs grands desseins?

(CORNKILH.)

IMM 583

Vou(lrais-j(\ do la gloire rvitant le sentier. Ne laisser aiiciiii nom et mourir tout entier?

(Rac.nk )

A. Cliéiîier, en iiioiitant ;i rédiMlniid. dit en se toncliant le front: « J'avais quelque clioso là. ->

Marot avait pris pour épi.uraplie de ses œuvres : « La mort n'y mord. »

Vif a hrcvi.s csl, (jloriœ cursus sempllerDus. (Cicéron.)

PqsI cinerea decus.

f.MART.AL.)

(Gloire tardive, qui ne vient qu'après la mort.)

La mort est le sacre du génie. (Balzac.)

La gloire rccliaulïe le cercueil du poète... Folies et sottises que tout cela ! Mieux valent pour nous récliautïer les lourdes caresses d'une vachère amoureuse. Mieux vaut aussi pour nous réchaufter les entrailles, mieux vant Itoire largement du vin chaud, du puncli et du grog, même au fond des phis ignohles tavernes, au milieu des voleurs et des vagaiionds échappés à la potence, que d'être, aux hords du Styx, un chef des oinhros, fût-ce mémo nu des héros qu'a céléhrés Homère. (II. Heine.)

— Les noms de Périclès, d'Auguste, de Léon X. de Louis XIV, devenus immortels, sont appellatifs des siècles oi'i ces hommes ont vécu.

— Des routes très diverses conduisent à l'immortalité : Erostrate met le feu an temple de Diane, qu'on avait mis 200 ans

à hàtir : il s'immortahse.

Homère s'est immortalisé par ses poèmes : Alexandre, par ses victoires : Lycurgue, par sa législation : ïhersite, par sa laideur ; Cartouche, par ses. crimes.

La victoire deLucullussurMithridates'etïace devant sa réputation de gourmandise; en cherchant bien, on trouverait sans doute que ce qui le charma le plus dans cette expédition, ce fut la conquête du cerisier qu'il rapporta de Gérasonte.

— L'immortalité, c'est souvent le résultat d'une inconséquence. Voyez Gribouille : il se jette à l'eau pour éviter la pluie, le voilà immortel.

— Il y a des lieux (jui ne doivent leur céléltrité qu'à des laits mémorables. Florus dit que Cannes, ville de la Fouille, n'était pas connue avant la défaite des Romains : Cannœ, Àpuliœ ignobilis viens, sed mngnitudine rlndis emersit .

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