JOU
Joug, du latin jugum (idée de joindre). Au figuré : servitude.
Jour, du latin dlurnum.
La transformation de diurnum en Jour s'explique par le rarartère à\\ j, semi-voyelle, et la chute de n final, comme dans ravnem, chair.
On doit aussi à diiirniim : diurne, diurnal. journal, et l'ilalieu (jiorno. éclairage à giorno.
Vna sols flias me dura ccn.
(H. i.K Vemadoi:.!.)
— Le radical dt est entré dans le nom de tous les jours de la semaine, ainsi que dans ?n/'di.
— A la Sainte-Luce, le jour croît du saut d'une puce. A Nau (Noël), du pas d'un gau (coq).
A la Saint-Antoine^ d'un pas de moine. (Proverbe berrichon.) A la Saint-Thomas, les jours sont au plus bas. A la mi-septeml)re, les jours et les nuits se ressemblent. A Saint-Barnabe, les longs jours d'été.
— Indigne de voir le jour. LemaréchaldeBoul'Ilers faisait souvent lever plusieurs fois dans une nuit ses aides-de-camp. Une nuit, M. de Louville, très fatigué, refusa de se lever, et, comme on vint lui dire que le maréchal était très irrité contre lui : « Oh! s'écria-t-il, je ne suis pas digne de voir le jour: fermez les rideaux ! »
— Les jours se suivent, et ne se ressemblent pas.
— Érasme a traduit ainsi un vers d'Hésiode :
Ipsa dies qunndoquc pnri'ns, quandnque noverca est.
(Le jour est pour nous tantôt une mère, tantôt une nuiràtre.)
— A chaque jour suffit sa peine. (Mathieu, VI, 24.)
— Les Cent Jours. On a donné ce nom à l'époque historique qui va du 20 mars 1815, date de la rentrée à Paris de Napoléon, au 8 juillet de la même année, que Louis XYIH reprit possession de Paris.
Le jour de cette rentrée, le comte de Chabrol, préfet de la Seine, alla aii-(lo\;int du roi jusqn'.i Sniul-Denis, et lui adressa un discours ipii coiiiuieiiriiit ainsi : « (^ciil jours se sont écoulés depuis que Votre Majesté... »
Tel fut le baptême du gouvernement qui venait de tomber. En réalité, il s'était écoulé cent dix jours.
Journal, du latin duirnalem {acta dlurna).
Les journaux sont comme l'histoire vivante de l'hunuinilé.