LAM
Indécent er lasca. (Id.)
M. et M'"« X... forment un couple tellement laid, qu'on se demande avec stupeur, en les voyant, lequel des deux a commencé.
— La laideur est une mauvaise recommandation. Philopœmen, étant général des Acbéens, arriva seul, sous un
costume très simple, dans mie maison de Mégare, qu'on avait préparée pour le recevoir. L'hôtesse, l'ayant pris pour un valet, l'occupa à tendre du bois. Quand ses lieutenants arrivèrent : « Vous voyez, leur dit-il, je paie l'intérêt de ma mauvaise mine. «
Laie, de leda. leia : eu llamand leyde, voie, passage, route forestière.
Layer des bois a signifié y tracer des routes. Saint-Germain-en-Laye signifie Saint-Germain en forêt.
Laine, du latin la nom.
Se laisser manger la laine sur le dos : souffrir tout sans se défendre, comme les brebis qui se laissent enlever la laine par les corbeaux.
— Ton manteau est mangé aux vers, tu ne l'as donc pas porté ? — Si, je l'ai porté... au Mont-de-Piété ; et, si je l'avais gardé, cela ne me serait pas arrivé, car je ne me laisse jamais manger la laine sur le dos. (Burlesque.)
Laise, ancienne mesure de longueur. (Voy. lé.)
Six arpens de prés à la grande laise. (Rabelais, 11, 12.)
Laisser, du lafiu faxare, devenu loacare.
Lâcher, abandonner les rênes ou la corde qui tient les chiens.
Lait. Les Chinois l'appellent sang blanc.
Lambin, peut-être du nom de Denis Lambin ? (xyi" siècle)-.
Ce savant, auteur d'un Commentaire sur Horace, était professeur au Collège de France, réputé pour sa lenteur. Ses ouvrages sont d'une lecture fatigante.
De Cailly a ainsi traduit une épigramme de Martial à propos d'un
barbier :
Lambin, mon Iiarbier et le vôtre.
Rase avec, tant de gravité Que tandis qu" il rase un côté, La l)arl)e repousse de tautre.
— Lambiner, f;;;i'e une chose lentement, lanterner, lantiponer.
Lame, du latin laminam.
La lame use le fourreau. Au figuré, cela signifie que le travail
excessif de l'esprit épuise ie corps. L'esprit et la inatièrc doivent, en effet, agir cliaciin à son tour, pour qn'aucunc faculté de la \ic ne soit absorbée.
Chez certains lyiiipluitiqiies. c'est, au contraire, le fourreau cpii use la lame.
La mie, du latin la m h un.
Monstres mystérieux, ;'i (jui les anciens donnaient des formes changeantes.
On représente d'ordinaire les lamies avec un liuste de femme et un corps de serpent. Elles se montraient sous la forme séduisante d'une bellef femme, pour attirer les jeunes gens, qu'elles tuaient, et dont elles buvaient le sang.
Land. Radical tiré d'un mot allemand, signitiant terre, pays. De là : Landes, landgrave (seigneur d'une terre), lansquenet (valet d'une terre), landman (campagnard). Irlande (terre d'Érin). De là aussi le provençal landar, courir.
Landerne^u, nom géographique.
il y aura du bruit dans Landerneau ! Cancans de petite ville.
Cette locution ironique est tirée de la pièce d'Alexandre Duval, Ic.H Héritiers (scène 18), dont l'action se passe à Landerneau. La pli rase s'y reproduit plusieurs fois avec un etTet comique, par l'organe du domestique Alain : « Oli ! le bon tour ! je ne dirai rien : mais cela fera du bruit dans Landerneau. «
tenant à la « lune de Landerneau », c'était un grand disque de cuivre, représentant la lune, qui se trouvait au haut du clocher de l'église de Saint-Houardon.
Landier, origine inconnue: autrefois nndier.
0(1 a dit landier à chenet, pour landier orné de tètes de petits chiens (grand chenet de fer qui sert de support aux broches).
Landore, qui se trouve dans Rabelais, avec le sens de fainéant, semble venir de landier. Cebii qui ne quitte jamais le coin du feu.
Langage, dérivé de lanyue : latin linguam. Le langage des dieux : la poésie.
Moi, ijLii parle si l»ien le laiiKage des dieux.
(l'0JS:i0N.)
luC langatfe des yeux Est un charmant langage, Et le seul dont l'usage Est de mode en tous lieux.
(La Slzk, Poésies.)
Langue. L'interprète de l'âme {Dictionnaire des Pi'écieuses).
Une langue est une végétation lente, fécondée par le temps et le génie des nations, et se rattachant à une souche antique, dont elle est comme un rameau.
— Les langues anciennes, appelées langues mortes, sont les langues immortelles.
— Le hesoin crée les langues, le temps les forme, le talent les perfectionne, le génie les flxe. (Roquefort.)
— La langue française, au Moyen-Age, était divisée en : langue d'oc, au sud de la Loire, et langue d'oi/, au nord ; ainsi nommées des mots qui marquent l'affirmation dans chacune. Efles eurent l'une et l'autre une littérature : celle des U^oubadoui^s et celle des trouvères.
La langue française moderne est formée d'un mélange équihhré d'assez de consonnes pour être prononcées parles peuples du Nord, et d'assez de voyelles pour être prononcées par les peuples du Midi, ce qui en fait un instrument merveilleux de civilisation et de vulgarisation du progrès.
— Langue de vipère : méchante langue.
Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. Un auteur satirique s'empoisonna. « Il s'est sans doute mordu la langue », dit un plaisant.
— Il faut tourner sept fois sa langue dans sa Ijouche avant de parler.
Parler sans penser, c'est tirer sans viser. Pensez deux fois avant de parler, vous en parlerez deux fois mieux. (Proverhe oriental.)
— Il passe son temps à regarder sa langue : se croit ])ien malade.
— Jeter sa langue aux chiens : renoncer à deviner une chose.
— Langue d'État.
Les Romains, après leurs conciuétes, imposaient aux provinces l'usage du latin pour les actes pubhcs, parce que les idiomes des différents peuples étaient trop nombreux pour que les ordres de Rome fussent compris.
• Après la chute de l'Empire, les divers souverains qui s'en partagèrent les lambeaux, faisaient rédiger les actes pubhcs en latin. Cet usage continua jusqu'à François ^'^
Lorsque Cliarlcs-Quint, en 1516, réunit sur sa tête toutes les couronnes de l'Espagne unifiée, il trouva le castillan tout formé et le choisit comme langue officielle.
En Italie, de nombreux dialectes divisaient le pays en petites fi'actions, qui rendaient les relations difficiles, lorsqu'on lo82, fut créée, à Florence, l'Académie de la Crnsca, qui publia la première édition de son Dictionnaire en 1G12.
Dante avait dit que « pour donner à Tltalie une langue vulgaire illustre, il fallait un crible oii Ton jetterait les mots, afin de ne retenir que les plus nobles » . Cette idée fut fécondée par les académiciens de la Crusca, qui prirent pour devise un bhiteau, avec ces mots : Il più bel fior ne ror/lie. (J'en cueille la plus belle fleur.)
Cette Académie est, par ordre de date, la troisième en Europe.
C'est ainsi que la langue llorentine devint la langue vulgaire de l'Italie.
En France, la langue, perfectionnée par d'illustres écrivains, fut fixée (?) par l'Académie et les Précieuses de Rambouillet, qui s'occupèrent pendant trente ans de la purifier. L'idiome de Paris devint la langue française, qui, par sa clarté, est la langue universelle et l'organe diplomatique du monde entier.
— Langues irrégulières. (Voy. argot, franque. niacaronique.)
Lanlaire. Allez vous faire... lanlaire !
Un jour, le cardinal Dubois, ennuyé des ol)sessious de la princesse d'Auvergne, oublia sa dignité et le rang de la solliciteuse jusqu'à l'envoyer se fuiic...
Elle courut se plaindre au Kégeut, qui lui répondit: « Eb ! madame, le cardinal est quelquefois de Ijon conseil. »
(Yoy. au diable \ paitre, jialafîole, protnener.)
Lanterne, du latin laternam^ devenu lanternam ; du verbe laterc. être cacbc^ parce que la lumière est comme cacbée dans une boite transparente.
Somaise le dérive de lata, puisqu'on la porte.
Pezron le fait venir du celtique latern, lumière.
— Prendre des vessies pour des lanternes : se tromper grossièrement.
Me voulez-vous faire enteiulant De vessies ([ui sont lanternes ?
(Farce de Palelin.)
Le marquis de Bièvre dit, en parlant du cbirurgien Daran, inventeur des sondes, dites l)Ougies, qu"on introduit dans la \essie : « Cet liomnie prend les vessies poui- des lanternes. »