‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 314 sur 336 · LAT · texte numérisé non relu

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Ne laites pas couler les larmes : Dieu les compte. i^Rolliu.) (Yoy. larmes de crocodile.)

— Verser de douces larmes. Cette locution, quoique française, esl alTectée et fausse, au propre comme au figuré. Les anciens dounaient aux larmes les épitliétes d'à mères et de salées; mais des « larmes douces » est presque aussi niais que des « larmes sucrées » . Les « douces larmes » sont de fausses larmes, des larmes liypocrites, qui ne sauraient venir du cœur.

Nota. — Que dire alors du sourire sous les larmes, dakruoon gélasasa d'Homère ?

Larmier, dérivé de larme. Terme d'architecture. Petite corniche en saillie au haut d'un édifice, pour préserver les murs de la cliute des eaux pluviales.

Larron, du latin latronem. qui. à rori.uine. a signifié soldai, satellite, garde du corps, laterens/.^.

La licence des troupes indiscipUnées et l'ahus qu'elles tirent do leurs armes aux époques barbares, ont fait passer lat7'o de ce sens primitif à celui de voleur, maU'aiteur : de même que latrocinium a donné larcin.

(Yoy. brigand, ogre, jxindour, ribaud.)

— C'est le Christ entre deux larrons. (Yoy. Luc, XXXIIL)

Un homme près de mourir dit à deux procureurs qui étaient près de lui : « Placez-vous l'un à ma droite et l'autre à ma gauche : que je meure comme Notre Seigneur Jésus-Christ, entre deux larrons.

— S'entendre comme larrons en foire : être d'intelligence poiiifaire le mal.

Elles sV'nleiulent mieux (luo driix larrons en l'oire.

,(Bois-RoBEiir, la Belle Plaideuse.)

Ils s'entendent tous deux comme larrons cm îoii-e...

(M-ji.iàiiE, Dépil. m. s.)

Lascar, matelot de race indienne, qui navigue sur des bâtiments européens.

Latere («), du côté. Expression latine.

Le légat a lalere, cardinal qui quitte la place qu'il occupait auprès du pape, pour aller remplir iine mission extraordinaire. (Cf. collatéral).

Latin {latinum.)

Le latin des auteurs classiques était, en quelque sorte, une langue aristocratique, qui ne se parlait qu"à Home. Son origine et son

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uV'uie éUiienl utvrs, cuiiiiiie les fondateurs de Rome. Pninili\ement composée du .urec et des nombreux éléments italiens, sabins, toscans, etc., elle resta imparfaite et à demi li;irb;in' jusqu'à Piaule, mort en 183 avant Jésus-Christ.

La langue .arammaticale de Rome fut ébauchée par Plante, et li\ée, dans ses régies essentielles, un quart de siècle plus tard, [tnr ïérence.

On peut dire que Phiule fut le Ronsard de la langue latine, et (pie Térence en fut le Malherbe, dit Grauier de Cassagnac. (Hi.sioire des Origines de la langue française, ch. II, p. 446.)

Plante et Térence ferment la période du vieux latin, qui avait été sans vocabulaire fixe et sans grammaire bien déterminée.

Peu après, les rhéteurs grecs donnèrent l'impulsion aux études littéraires à Rome, et le mouvement s'accéléra pour arriver ;iu grand siècle, où la langue romaine atteignit son apogée. Il faut le compter de la mort de Sylla à la mort d'Auguste.

Le latin littéraire était destiné à disparaître, parce qu'il étnit devenu une langue étrangère aux populations de l'Italie. On y avait introduit récemment près de 3.000 mots grecs, et l'on sait qu'une langue, même littéraire, n'a guère que o à 6.O00 mots primitifs fondamentaux.

Elle n'était parlée et comprise qu'à Rome, ou, pour préciser encore davantage, dans la société riche, cultivée, où elle était l'idiome de la famille, et se transmettait naturellement de père en fils. Vienne un cataclysme social, qui emporte et disperse cette société d'élite, et la langue latine disparaîtra.

Ce fut Alaric qui prit Rome le premier, puis vient Genséric, et enfin Totila.

A partir de ce jour, il n'y a plus rien de la Rome antique, ni de la vieille aristocratie lettrée. Tout y devient italien, les mœurs et la langue.

Ainsi, la société élégante, lettrée, de Rome, a disparu, dispersée l)our toujours par le vent de l'invasion. Plus de corporations savantes, plus de tribune, plus de bibliothèques enrichies des manuscrits de la Grèce, plus de portiques hantés par les l»eaux esprits, plus d'écoles modelant la langue latine sur le type d'Athènes, plus de femmes s'étudiant avec langueur aux élégances de l'accent ionique.

Peuplée des seuls habitants que pouvaient tenter ses ruines. Sabins, Marses, Étrusques, Rome n'entendait plus résonner cette

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