‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 324 sur 336 · LIE 64S · texte numérisé non relu

LIE 64S

Provençal hierri.

On remarque que dans les patois, (■■est-à-dire dans la langue populaire, la forme latine est conservée : tandis que dans le français les transformations successives ont éloigné le mot de sa i)liysionomie première.

On écrivit d'abord ierre, l'ierre ; puis l'article se souda avec le substantif, et l'on dit le lierre, ce qui est un barliarisme.

— Le mot en denuiln a subi le même sort, et est devenu le lendemain.

Écier, de aquarium, est devenu pour bien des gens le lécier, quand ils ne disent pas le lacier.

lAnfjoL vient de l'anglais incjot.

Le loriot s'appelait régulièrement Vauriol, du latin aureolum, à cause du plumage doré de cet oiseau.

La luefle, est pour Xuette, du latin urila, diminutif de uca : la petite grappe.

C'est par un abus semblable qu'on a dit ma mie pour m'amie.

Mieulx vault ormeau eslre à là vigne Que garder Thierre de ruine.

(xvuKo Siècle.)

.l'ai pour maison un anlre en un rocher ou<ert. De lamlirusehe sau\age et d'iiierre couvert.

(ROSARD.)

Unis comme le lierre et l'ormeau.

— Certains noms de pays ont été modifiés d'une manière analogue. De la Bruzze (Bruttium ) on a fait l'Abruzze, la Fouille est pour l'Apouille (Apuliam).

Lieu, du latin locum.

Provençal loe, luec.

D'où : local, loyer, colloquer.

— Lieux d'aisances, et simplement lieux. Synonymes : cabinets, latrines. OoyO

Aller aux lieux d'aisances : où le roi va à pied. Les Italiens disent : aller où le pape ne peut envoyer d'ambassadeur.

Lieue, du latin leucam, mot emprunté au gaulois. Quelques-uns le font remonter au grec leukos, blanc, parce que les lieues étaient marquées par une borne ou pierre blancbe. Ad L-iresimum lapidem (Tite-Live) : à vingt milles.

Lièvre, du latin leporem {levipes i)

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Le lièvre est le plus estimé des animaux de petite venaison. Les meilleurs lièvres sont ceux des montagnes et des lieux secs. Les anciens en estimaient beaucoup la chair :

Iiiler qnndrupcdes iiintlcn prima lepns.

(Makhai,, XIII. W.i

— Courir comme un lièvre.

— Courir deux lièvres à la fois : conduire de front deux atlaii'es. Duos qui sequitur lepores, neutrum capit.

Oli ! dame î on ne court' pas deux lièM'fs à la fois.

(Raci.\e, Plaideurs I

— Pline dit que. quand on mange du lièvre, on est plus tteaii durant sept jours.

Ce proverbe, reproduit par Martial (Y, 39), provient dune équivoque sur les mots leims, lièvre, et lepos, charme, grâce. Peut-être aussi parce qu'il était consacré à Vénus.

Chez nous, il est l'emblème de la timidité et de la peur.

Ligne, du latin lineam, til de lin.

La ligne est le symbole de la pensée et sert à rendre visibles tous les sentiments de l'âme. Un dessin n'est qu'une comlùnaison de traits, une sorte d'alphabet sans limites, qui sert à manifester, à vulgariser la plus noble fonction de l'intelligence humaine. (M. G. )

— La ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre. C'est l'emblème de l'égalité. Elle est engendrée par le niveau d'eau, qui donne l'horizontalité parfaite.

La ligne perpendiculaire donne avec l'horizontale l'équerre. qui est la combinaison de deux hgnes droites dans les conditions d'équilibre.

— Il pèche ses paroles à la ligne : il s'exprime difhcilement.

— Une ligne à pêcher est le plus court chemin d'une bète à une autre; ou, un instrument qui commence par un hameçon, et huit par un cornichon. ^

— Ligne, lignée, lignage : race, descendance.

Mil cavalier de (jran linaUje...

((niilhiume he Bi;zikrs.)

Deslivrar d'enfern Iraslol l'hionan linhalge.

i]~if de .triint Honorât. )

(Déhvrer d'enfer tout l'humain lignage.)

Limbes, du latin limbus inferoruin : la limite de l'enfer. Lieu où étaient les âmes des justes avant la venue du Christ.

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Jésus-Christ y. descendit après sa mort, et en tira les patriarches et les prophètes.

Limon, l)as-latin /i/no/ic/n. pour luniini.

Terre grasse, que Dieu employa pour faire Adam. {Adam signifie terre rouge.)

Les précepteurs de Tihère disaient qu'il était formé de houe pétrie avec du sang.

On dirait que le ciel est soumis à sa loi, El que Dieu Ta pétri d'autre limon que moi.

(BoiLEAU.)

.Mais ceux (jue la nature a formés comme nous D'un limon moins grossier que le limon vulgaire.

(Dkshol'likkks.)

Lin, du latin llnum.

De là : linge, linceul, linon, linot (oiseau friand des graines du lin). Plusieurs tissus et étoffes provenant originairement de Tlnde, portent le nom des pays de fahrique.

Linceul, du latin Unteolum, toile de hn. Le plus riche n'emporte qu'un linceul.

Je suis arrivé nu sur la terre, je m'en irai nu dans son sein. (Lucien.)

...Perp^liiHS niilli il/ilnr usas, et Iiotc-s Hwrcdcm alterius celui uniln -supereenit undain.

(Horace, Épiires U, 2, 17.5.)

On ne jouit pas perpétuellement des hiens de la terre. Un héritier succède à un autre, comme un Ilot est poussé par un Ilot.

Saladiu en mourant (1192), voulut qu'on arhorât devant la porte de son palais le hnceul où l'on devait l'ensevelir, et qu'un héraut criât : « Voilà tout ce que Saladiu, vainqueur de l'Orient, emporte de ses conquêtes. » C'était le proverhe mis eu action d'une manière éloquente.

La pompe des enterrements intéresse plus la vanité des vivants que la mémoire des morts. (La Rochefoucauld.)

Linon, dérivé diminutif de //n.

Toile de lin très claire, ayant de l'analogie avec la hatiste, mais plus apprêtée.

Lion, du latin leonem.

Ou rcprociiaità la lionne de ne mettre au jour qu'un petit : « t>ui. répondit-elle; mais c'est un hon. » (Ksope.) «

— A la grilVo on connaît le lion : E.r unf/ue leoni'in.

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Celte maxime morale, qui siiiiiilje ([u'oii juge de 1" habileté de l'ouvrier par la perfection de son ouvrage, a été d'abord prise dans le sens propre et matériel.

— Phidias avait reconstiln('' daus loiilcs s«'s propoi'lions naturelles nn lion dont il ne coniiaiss;iil (pic lOnglc. piircc (pi'il avait observé que le lion a pour unité de mesure son ongle le plus long, celui qui répond au médius de l'homme ; c'est-à-dire que la longueur de cet ongle est la dix-neuvième partie de la longueur de l'animal accroupi.

— Le courage du lion. Le docteur Livingstone dit (pic les peintres et les poètes ont inventé un lion qui n'existe pas. cl (pi il n'a rencontré que des lions timides qui fuyaient à rappiodic il^' l'Iiomine.

Jules Gérard, en ennemi généreux, s'est r(''(i'i(' sur celle calomnie.

Si le docteur s'est mépris de la sorte, c'est qu'il n'a mi (pie le lion de l'Afrique du Sud, où l'on ne troijve que la race (légéiiéiée. Qu'on médise de ceux-là, il le veut bien : qu'on les a|ipelle de faux lions, des lioules-dogues, c'est justice: mais traiter mal le lion de Numidie, le lion de l'Atlas! Celui-là est le roi des animaux, au moral comme au physique. (1858.)

— Les moutons s'attroupent, les lions s'isolenl.

— Les lions de marbre placés sur la terrasse des Tuileries ont la crinière si bien arrangée, qu'ils semblent soi^ir de chez le coilïeur.

— On a établi le dialogue suivant entre un passant et un des lions de bronze de la fontaine de l'Institut :

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— On a désigné sous le nom de /ions certains petits-uiaiti"es. C'est sans doute par une amère ironie qu'on a donné ce nom à de jeunes oisifs, qui dévorent leur patrimoine dans les tripots, et se font une gloire de ruiner leur famille et leur santé.

(Yoy. Androc/ès.)

Lippe, de l'allemantl /ippe. lèvre.

Mot employé par dérision, et qui signifie « grosse lèvre ».

Faire la lippe : la moue.

De là : lippée. bppu.

Lire, du latin /egere, cueillir, choisir. Les yeuK cueillent les lettres et les mots. De là : cueillir, collège, collecte, etc.

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