‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 41 sur 336 · APP · texte numérisé non relu

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Mémoire d'apothicaire, facture exagérée.

Apôtre, du latiu apostolum. tiré du trrec.: envo>é. iiM»;ii:ti-. Ou a dit apostoUser, faire uu apostolat.

Faire le hou apôtre : agir eu hypocrite, par allusion à Judas qui trahit sou maître.

Apparence. Il ne faut pas se fier aux apparences. Fvonti nnUa fides. iJuvt'i].. II. 8.) Rieu ne ressemhle plus à un hounête homme qu'un fripon.

Oui peint la fleur uen peut peindre loileur.

La reine de Saba présenta à Salomon des roses et des li^ mêlés à des fleurs artificielles si bien imitées que l'ceil n'y voyait aucune dilTérence. Le roi fit apporter une abeille qui. dédaigneuse du mensonge, alla sans hésiter sur les fieurs naturelles.

Un défi ayant eu lieu entre Zeuxis et Parrhasius. son rival. Zeuxis fit un tableau qui représentait des raisins qui trompèrent les oiseaux eux-mêmes. Parrhasius ayant montré une toile couverte d'un rideau. Zeuxis impatient s'écria : - Tirez-donc ce rideau : Le rideau, c'était le tableau lui-même.

Appas. Appas factices: mensonges cotonneux.

Des appas à faire loucher saint Antoine. (Trivial.)

Les appas d'une belle femme nous engagent : ses charmes nous

entraînent. On dit : de grands attraits, de puissants appas, d'irrésis-

tiblescharmes.

Appeler no prend qu'un / devant a. o ç\ e fermé : redouble / devant e uuiet. Du latiu appellare. Appeler, en provençal, se traduit par crier {cridor). dans le sens de réclamer.

Appeler d'une sentence, appeler à minima.

L'appel comme d'abus est uu appel aux tribunaux civils, des sentences des juges ecclésiastiques, qui empiètent souvent sur le pouvoir sécuher. ou quand ils juL^ent contre les canons de la discipline ecclésiastique.

Appeler les choses par leur nom. Vornbula rébus imponere (Horace).

Je ne puis rien nommer si ce n'est par son nom : J'appelle uu chat uu chat, et Rollet un fripon.

■BOILKAI.)

Brossette remarque, dans ses commentaires, que le second de ces vers est passé en proverlie, à cause de sa simphcité. Il ajoute que Rollet était procureur au Parlement de Paris, où on l'avait siu-nommé

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Yâme damnée. Son improljité était si notoire que le président de Lamoignon disait : « C'est un Rollet », pour désigner un fripon.

Les Grecs disaient : appeler figue une figue, et bateau un bateau. Les Latins : ficum ficum, llgonem llcfonem vocare : appeler figue une figue, boyau un boyau.

C'est le cbien de Jean de Nivelle, qui s'enfuit quand on l'appelle.

Il y aura beaucoup d'appelés, et peu d'élus. (Matbieu, XX, 16.)

Appétit, du latin appetitinn, de peto, recbercber; demande réitérée.

Grand appétit : descente, de gosier. La maladie du renard, qui mange une poule et un canard.

L'appétit vient eu mangeant, mais la soif s'en va en buvant. (Rabelais.) Plus on a de lùens, plus on en veut avoir. Ce proverbe qui, en pratique, est une sorte de contre-vérité, car il serait plus vrai de dire que l'appétit vient en ne mangeant pas, est pris au figuré, et signifie cpie l'avidité des ricbesses, l'amlùtion, sont des passions insatiables.

Amyot, évêque d Auxerre, oittint d'Henri III un petit bénéfice qu'il disait devoir satisfaire toute son ambition ; mais ayant demandé plus tard l'évéclié d' Auxerre, le roi lui rappela ses anciens sentiments ; à quoi l'alibé répondit : « Sire, l'appétit vient en mangeant. »

Antoine Duprat, favori de François I"', avait amassé de grands biens, et ne cessait de demander de nouvelles faveurs au roi, qui lui répondit par ce passage de Virgile qui faisait allusion à son nom : Sat prata biberunt. (Egl. ÏII.)

Il n'est sauce que d'appétit: l'appétit est le meilleur assaisonnement. Piilpamcn mi/n f canes. (Cicéron.) L'appétit me tient beu de ragoût.

Applaudir, du latin ad et plaudere.

Applaudir des deux mains. Pollice atroque landare. (Horace.) Cbez les Romains, un signe fait avec le pouce indiquait l'approbation, et les Provençaux ont conservé l'babitude d'exprimer par un geste énergique du pouce qu'une cbose est parfaite.

Apprendre, du latin apprendere, saisir, étudier, s'instruire : puis enseigner, informer, faire savoir.

Apprendre à son père à faire des enfants, ... à un vieux singe à faire des grimaces. C'est Gros- Jean qui veut en remontrer à son curé, c'est-à-dire vouloir enseigner plus savant que soi.

Ne sus 3Iinercam : que le porc n'enseigne à Minerve. (Pbèdre.)

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Au poisson ;i iiiiger no niontro. Il ne faut pas parler latin dovaiil les Cordeliers.

Indocti tlixcant, et amenl iiicminls.se pcrili.

C'est-à-dire : ignorants, apprenez ; savants, nuulilicz pas. La Harpe a écrit ce vers en tête de son Cours de littérature. Il l'avait pris à la fin de la préface de la deuxième édition de la Clironolouie française du président Hénault, qui le donne comme la traduction du vers 739 de V Essai sw la critique, de Pope.

Apprends, si tu sauras ; si tu ses, tu auras ; si tu as, tu pourras : si tu peus, tu vauldras ; si tu vaulx, tu auras : si tu as, tu feras: si tu fais. Dieu verras : si Dieu vois, saint seras.

Talleyrand disait des Bourlions, au retour del'émioration : Ils n'ont rien appris, et rion onJjlié.

Apprendre par cœur. (Voy. Cœirr.) Ce qu'on apprend au Ijerceau. dure jusqu'au tombeau.

Qu'apprend poulain en denture, Tenir le veut tant coni il dure.

Lorsque la vase est à la source, le cours du lleuve est troublé :

c'est-à-dire les vices contractés dès l'enfance ne se perdent pas.

On apprend toujours quelque cliose en vieillissant.

Tout habile que soit aucun.

Il peut apprendre de quelqu"un.

En faisant, on apprend: en forgeant, on devient forgeron.

Apprivoiser^ ùnhVm jn^ivare, priver, rendre doux, faire perdre à un animal son caractère sauvage, et l'Iiabituer non-seulement à ne pas fuir la société de l'iiomme, mais à la recberclier.

Aquilon, du latin aquila, aigle : rapide comme l'aigle. Veut du septentrion, Boréas des Gr^cs; en italien tramontana. C'est le vent des orages, des ouragans et des tempêtes. En poésie, tout grand vent s'appelle aquilon. Rabelais appelle les pays froids : contrées des régions aqiiilonnaires. (Yoy. contrées.)

Arabe. Les Arabes, peuples originaires de l'Asie, se disent issus d'ismaël. Au Moyen-Age, on les a appelés Sarrazins, c'est-à-dire (ils de Sara. (Ce serait plutôt d'Agar !)

Les Arabes ont exercé une grande influence sur le midi dt' la France. Au x* siècle, Gilbert d'Aurillac, é'véque de Reims, puis pape sous le nom de Silvestre II, alla étudier les mathématiques dans les

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