AZY
— Quand il y en a pour deux, il y en a pour quatre.
Ce proverbe est faux dans la pratique, à moins qu'on n'entende pni-l(M- de feu, de chandelle. On pourrait le dire du plaisir, qui se douille en se partageant; dans ce cas, la moitié vaut mieux que le tout. Dimidium plus toto.
O'i'tiît à raflirmation paradoxale qu'un dîner pour deux peut servir à rassasier quatre convives, ce n'était pas l'avis de ce gourmand, qui disait que, pour manger une poularde, il fallait n'être que deux : le gourmand et la poularde.
— Tant as, tant vans. Assem habeas, assem valeas. (Pétrone.) — Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.
Avorter, du latin ab, de orlri. sortir. En parlant de la femme, on dit : accoucher avant terme, fausse-couche.
Avorter ne s'emploie que dans le cas où l'accouchement prématuré a été provoqué par des moyens criminels..., ou en parlant des animaux.
Avorton, qui est mal venu, avant terme; par suite chétif, faible, mal fait.
Avril, du latin apriUs (de aperlre, ouvrir).
La terre commence à s'ouvrir à cette époque pour laisser sortir les plantes.
Second mois des Romains, consacré à Vénus, comme venant de Aphrodite, et non de aperire, comme beaucoup l'ont dit après Macrol)e, car dès la lin de février, à Rome, les prés verdissent.
Eli avril, ne quitte pas un fil; En mai, (luitto ce qu'il te plaît.
(V,.y. Poh.on.)
Azyme (pain), du grec a priv. rumé, levain.
Pain sans levain, que mangent les Juifs deux semaines avant la Pàque.
La fête des azymes a été instituée pour rappeler la sortie d'Egypte. Les Hébreux s'étaient enfuis précipitamment, emportant la pâte destinée au pain, avant même qu'elle fût levée.
BAÎ!
B. Méfiez- vous des gens marqués au B. (Ils sont malins.)
Bègues, borgnes, bossus, boiteux.
Quatre b qui sont fâcheux.
Ce proverbe est dû à un préjugé ridicule. Les infirmes dont il s'agit méritent de la pitié, et non de la malveillance ; d'autant plus que cette méfiance n'est justifiée par rien. Byron et Walter Scott boitaient ; Le Gamoëns était borgne. Quant aux bossus, il n'y a rien à dire pour les disculper : leur malice et leur esprit naturel sont assez connus pour qu'on leur laisse à eux-mêmes le soin de se défendre.
Les Italiens ont aussi une méfiance marquée pour les gens contrefaits. Ils n'admettent pas qu'une âme droite puisse babiter dans un corps tortu ; témoin ces vers n\acaroniques, passés en proverbe :
Nulla fides gobbis, et noli credere zoppis ; Si cœcus bonus est, inter miracula scribe.
(Ne vous fiez pas aux bossus, non plus qu'aux boiteux : si vous trouvez un aveugle bonnête, croyez que c'est miracle.)
Babel, de l'bébreu babel, confusion, d'où babiller.
La tour de Ba])ylone, dans Tartuffe.
C'est la tour de Babel : une réunion où tout le monde parle.
Paris représente l'idéal de cette confusion des langues à laquelle la Genèse attribue l'origine de toutes les grammaires (?).
Hérodote assure qu'on voyait de son temps la tour de Babel à Babylone. Elle était composée de buit tours superposées, diminuant peu à peu de largeur. Au-dessus de la buitième était le temple de Bélus. La première tour avait un stade, ou 150 pas, de largeur et de b auteur.
Babine, du latin babina, dim. de labla, lèvre (ou plutôt d'un radical germ. bab. d'où bambin) ; de là aussi baboin, singe à grosses lèvres.
S'en lécber les babines.
Babiole, jouet d'enf;nit (même radical bab): en anglais baby, petit enfant.