BAG
qu'ailleurs des gens oisifs qui s'attroupent pour regarderie premier objet venu. »
Le nom de cokiieys, donné aux habitants de Londres, et qui a la même signitication que badaud, juslilie l'opinion de Voltaire.
Corneille fait dire à un des personnages du Menteur, qui parle
de Paris :
Et parmi tant d"es|)rits plus polis et meilleurs, Il y croit des badauds autant et plus qu'ailleurs.
(IV, lii.)
A Paris, on est si badaud, que, si l'on disait que le temps passe, tout le monde courrait pour le voir passer.
Le Parisien est à la fois crédule et esprit fort, tlls de Voltaire et de Jocrisse.
Un cokney de Londres vautdeuv badauds de Paris.
Rabelais (I, 17) dit: « Le peuple de Paris est tant sot, tantbadault et tant inepte de nature, qu'ung basteleur, ung porteur de rogatons, ung mulet aAoc ses cymliales, un vielleur au milieu d'ung carrefour, assemblera plus de gens que ne feroyt un beau presclieur évangélique. )'
— Eloi Johanneau dit que ce soliriquet vient du mot hader, encore employé dans l'Orléanais, non-seulement pour béer, bayer aux corneilles, mais pour babiller comme une pie, et qu'il tient à la légende de la pie voleuse, fable mythologique du druidisme.
Eh ! Messieurs les l)adauds, faites vos affaires. (Mohère, Pourccaugnac.)
Lorsque Ménage fit imprimer ses Origines de la langue française, Journel, son imprimeur, refusa d'insérer l'article sur les badauds de Paris, parce qu'il était lui-même Parisien. Ménage lit alors ce
quatrain :
De peur d'offenser sa patrie, .Journel, innii imprimeur, diKHê enfant de Paris, Ne veut rien imprimer sur la badauderie ;
Journel est bien de son pays.
— On dit aussi badin, pour niais, diseur de bêtises. (Voy. Montaigne, Liv. I, ch. 33.)
On dit encore péfrousquin (Voy.) pour badaud, niais, dans la signitication de Pierrot, comme pitre, paillasse, niais de saltimbanque.
Bâfrer, briffer, manger avidement, (de l'allemand).
Bagage. Baguer est, au propre, lier des paquets avec des cordes qui en font plusieurs fois le tour.