‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 64 sur 336 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

— On lit dans la Satire Ménippée, que « les dames de Paris estoyent aux fenestres pour veoir amener le Biarnais prisonnier en triomphe, lié et bagué ».

— Ou fait aussi venir bagage de Tallemaud pack, paquet, dont on a fait d'abord bagues, qui a signifié au Moyen-Age le cotïre ou enveloppe de cuir que nous appelons bâche, vache, valise, et dans lequel on renfermait les objets qu'on voulait conserver avec soin.

— Dans les anciennes capitulations, on trouve souvent : « La garnison aura la vie et les bagues sauves. »

— Plier liagage : s'en aller. Madame, voire jeunesse a plié bagage.

Bagatelle, de l'italien bagalella, dim. de baga, bagage, petit objet sans importance.

— Il ne faut pas s'arrêter aux bagatelles de la porte. C'est la phrase que débitent les sahimhanques pour inviter les curieux à entrer dans leur théâtre forain, après avoir assisté à la parade qu'ils font sur les tréteaux, devant leur porte.

On appelle les eaux de Versailles des « bagatelles grandioses ».

Bagou o\i bagout, bavardage, dérive de ^?^et</e, d'où débagoulerj parler avec excès.

Elle vint à débagouler mille injures contre le roy. (Brantôme.)

Bague, après avoir exprimé l'idée de bagage, le paquet des bardes les plus précieuses, signifia, par extension, les menus bijoux appartenant aux femmes. D'oîi baguenauder, s'amuser à des bagatelles. Enfin, au xv<^ siècle, bague signifia absolument un anneau que l'on portait au doigt ; d'où la locution : « C'est une bague au doigt », c'est-à-dire un avantage dont on jouit sans peine.

Les Grecs disaient : Si les anneaux sont tomliés, restent les doigts.

C'est une bague au doigt signifie : c'est une belle propriété, un emploi lucratif, d'un travail facile. C'est un souvenir de l'investiture de l'anneau. Le nouveau titulaire d'une charge, d'un domaine, recevait un anneau, qui était comme la consécration de ses droits.

Une liague au doigt équivaut quelquefois à une chaîne aux pieds. (De Clinchamp.)

Bail, du latin baila, garde, tutelle (ou de bajulus), d'où ])ailler, donner : l)ailli. officier chargé de la garde des intérêts pubhcs.

Bai'onnetie. Celle arme, qui a remplacé la pique, date du miheu du xvii<= siècle. Elle a pris son nom de Bayonne, où elle fut inventée, eu 1041, dans un engagement de paysans basques contre des

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