BAL
Le baiser est un fruit qu'il faut cueillir sur l'arbre : se dit à quelqu'un qui envoie un baiser avec la main.
— Je lui disais le mot qui résume toute amitié et toute parenté, et ce mot, sans parler, c'est un baiser. (G. Sand.)
— Baiser de Judas : caresse de traître. (Saint-Marc, XIV, 44. Luc, XXII, 47.)
J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer.
(Racine, Brilannkiis.)
— Baiser le cul de la vieille : perdre au jeu sans avoir rien marqué.
— Baiser Lamourette. L'a1)béLamourette, né en 1742, l'ut nommé député à l'Assemblée législative en 1789. Il y apporta un esprit de concorde et do paix, c[Ui se manifesta surfont dans la journée du 20 juin 1792, où il exborta les membres désunis à se réconcilier. Persuadés par son discours, ils s'embrassèrent les uns les autres : mais cette réconciliation, qui fut ridiculisée sous le nom de « Itaiser Lamourette », ne dura que deux jours. Le député Lamourette périt sur l'écbafaud en 1794.
Cbarles-Henri Sanson dit dans ses mémoires (t. lY, p. 387) :
« 21 nivôse. Adrien Lamourette, évéqiie constitutionnel de Lyon, a subi le dernier supplice. Il avait dit dans la prison : « Faut-il s'étonner de mourir ? La mort est-elle autre cliose cju'un accident de l'existence? Au moyen de la guillotine, elle n'est qu'une cbiquenaude sur le col. »
« Il a bien montré, du reste, qu'il ne la craignait pas, et il l'a vue venir avec sang-froid.
« On l'a fort injurié dans le cliemin, et lui, il les ])énissait, sans que son visage traliit d'amertume. En mémoire de son discours de 1792, on lui criait : « Allons, baise Cliarïot, Lamourette ! allons, baise Cbarlot ! » Sans être décontenancé, il m'a dit : « Oui, j'embrasserai en toi riiumanité, qui, si folle et si furieuse qu'elle devienne, est' toujours l'iiumanité. » En elïet, au moment où l'on allait le boucler, il m'eml)rassa. »
Baisser, de bas.
Vous baissez : vos discours ressemblent aux bomélies de l'arcbevèque de Grenade.
Vos actions baissent : votre crédit diminue.
Bal public : concours de lioucberie. où il ne manque que la réjouissance.