BAS
On a appelé barreau le banc des avocats qui était adossé à cette barre, et par extension, la corporation des avocats.
Barres (jouer aux) ; se cbercher, se poursuivre, comme au jeu de l)arres, sans pouvoir se rencontrer.
Le jeu de barres est la Palestre des anciens (J.).
Bas, mot celtique, qui signifie profond. Peut-être se raltaclie-t-il au grec basis, baino, marcher.
— Le vêtement aujourd'hui appelé pantalon, s'appelait jadis chausses. La partie supérieure était le haut-de-chausses ; l'autre le bas-de-chausses. Lorsqu'on adopta les culottes courtes, la partie du costume qui remplaça le bas-de-chausses conserva le nom de bas.
On dit que ce fut Henri II qui porta les premiers bas au métier fabriqués en France.
Basane, du latin blsus, couleur que le tan donne à la peau. Visage basané.
Bas- bleu. Anglicisme, se dit par dénigrement d'une femme bel-esprit, pédante, et surtout d'une femme auteur. Les Latins les appelaient disertœ. (Martial, XI, 22.)
— En 1848, on a dit de certaines femmes de lettres, qui ont prêché le sociaUsme et la république radicale : « Rien n'est plus indécent qu'un bas-bleu sans-culotte. »
— Voyez-la donc dans la rue, trottinant, la tête haute, le regard baissé, un bout de manuscrit sortant de son cabas : voyez dans cette vieille chaussure ce bas qui se déroule. Est-ce un bas bleu? — C'est un bas sale. — Tope-là, vous aurez l'origine du mot ; c'est la grande habitude des femmes de lettres de ne jamais s'occuper de ces minces détails de la vie de chaque jour. {i. Janin.)
La femme parlant latin Ne fait pas bonne fin.
— Le terme de bas-bleu est la traduction de l'anglais bluestokings, qui, de l'autre côté de la Manche, a le même sens. On attribue l'origine de cette expression à lady Montagne, qui réunissait vers la fin du xviii'= siècle, les beaux esprits de Londres dans son salon, d'où elle avait banni l'étiquette, et où un homme d'esprit était reçu, même en bas bleus. (Voy. Précieuses.)
Le bas-bleu est l'espèce neutre du genre humain. Mais il faut distinguer entre une femme de lettres et une femme lettrée. Montaigne (I, 14), dit qu'une femme est assez savante quand elle sait mettre la dilTérence entre la chemise et le pourpoint de sou mari.