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BAS

Molière reproduit cette idée :

Nos pères, sur ce point, (.Haient gens bien sensés. Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez. Quand la capacité de son esprit se liausse A connaître un pourpoint d'avec un iiaut-de-cliausse.

(Femmes savantes, II, 7.)

Laissant inachevé l'iiymne qu'amour inspire. Il faut vers d'autres soins ramener ses esprits : Mettons aux petits pois l'oiseau cher à Cypris... Voici l'iieure où le gril \a remplacer la lyre.

(Diable à Paris.)

— M. de Bièvre disait des has-jjleus : « Les femmes qui composent sont à moitié rendues. » Et Napoléon : « Les bas-bleus ne sont pas des femmes comme il faut, mais des femmes comme il n'en faut pas. «

Baser, vient de hase, grec, basis, appui, niarcbe.

Ce mot n'est pas français et n'existe dans aucun dictionnaire. Ceux qui l'emploient font supposer que leur éducation n'est pas fondée sur les solides bases de la connaissance de la langue. Lorsqu'on proposa, à l'Académie, l'adoption de baser, Royer-Gollard s'y opposa énergiquemeiit et s'écria : « S'il entre, je sors ! »

Basilique, du grec basillkos, royal; plante labiée très aromatique. En provençal ballco, par syncope.

— Serpent fabuleux que l'on représente avec des appendices en forme de couronne, sur la tète. Pline le nomme le roi des serpents.

— Lancer des regards de basilic. C'est une croyance populaire que les vieux coqs pondent quelquefois un œuf qui produit un basilic, dont le regard est meurtrier.

Borel raconte qu'un liomme doué d'un regard de cette nature faisait périr les petits enfants, desséchait les seins des nourrices, corrodait et perçait le verre. Cet homme eût été très embarrassé s'il lui eût fallu porter lunettes !

— Les Italiens attriltuent à l'œil fascinateur de certaines personnes la puissance de causer toutes sortes de maux. C'est ce qu'ils appellent la Jettatiira.

Xescio quia teneros oculus iiii/ii fascinel aynos.

(VinoiLK, Egl. m.)

(Je ne sais quel regard malin ensorcelle mes tendres agneaux.) PUne (Hist. nat. YII, 2) parle de certains enchanteurs >( qui visu qiioque eff'ascinant ».

Basque, du latin vasco, par changement fréquent du v en b. Nom des peuples de la Biscaye.

Les Gascons ont la réputation d'être hâbleurs, fanfarons.

Chez les anciens, la perfidie des Thessaliens était proverbiale ; une trahison s'appelait un tour de Thessalien,

Les Siciliens aussi étaient mal notés ; qui disait Sicilien (Sicanos) disait fourlje. De là, nous avons fait chicaneur (?).

— Le nom de Sicania avait été donné à la Sicile par les Sicaniens, peuple d'Espagne, qui s'y étabhrent.

— Les Suisses disent : « Trois .Juifs font un Bernois ; trois Bernois font un Genevois. »

— On dit : Gascon hâbleur, Beauceron entêté, Normand rusé.

— Basque d'habit (appendice de veste) et hasquière, sorte de corset à basques, invention du pays ])asque.

Bassin, du latin vas, vasis, plat évasé (?).

Cracher au bassin, donner un peu malgré soi. « Souvent crachoyt-il au bassin. » (Rabelais, l.)

Dans les églises de Provence, la bourse n'est pas encore en usage aujourd'hui, et les marguiUiers quêtent toujours avec un petit bassin en métal, qu'ils présentent aux assistants.

Bastille, du latin barbare bastile, forteresse. En itaUen hastire, bâtir; d'où bastide, bastion, bastingage.

C'était spécialement le nom d'un château-fort de Paris, bâti sous Charles V, en 136D. Hugues Aubriot, prévôt des marchands, en posa la première pierre, le 22 avril 1369, sur la place qui en porte le nom. Elle servit de forteresse et de prison d'Etat et fut prise et démohe par le peuple de Paris, le 14 juillet 1789.

— Gratter la Bastille avec ses ongles : faire une chose inutile.

Bastringue, cabaret où l'on danse.

Rabelais (1, 5) dit landstringue, de l'allemand : Landsmann,su trinken : Pays, camarade, donne-moi à boire.

Bataillon, partie d'un régiment composée de huit compagnies de cent hommes chacune, et commandée par un chef de bataillon ou commandant.

Bâtard, en vieux français et en provençal basfard, fus de bas, indiquant le mépris par le suffixe péjoratif «/y/; ou de haston, barre qui figurait en diagonale sur l'écusson des Ijâtards ; d'où bàtardeau,

barrage, et en Provence, fenêtres l)âtardes, ou du rez-de-chaussée, yarnies de barres de fer.

On appelait aussi bastarde, une .grande épée de comitat, qui n'avait aucun nom particuUer (venant de ùas(on), comme on en appelait une autre brette: (à rapprocher de bretelle).

Toute arme (offensive ou défensive), s'appelait aussi baston. De là viennent aussi battre et bataille. Un fusil s'appelait bâton à feu.

Furetière assure cependant que bâton ne se disait au propre que des armes montées sur une hampe, et n'était employé pour épée qu'au fi.çruré.

Bateau, origine allemande, bot.

— Arriver en trois bateaux : faire beaucoup d'eml)arras. C'est-àdire qu'il faut trois bateaux pour porter tout son baoage, ce qui donne à juger de l'importance du voyageur.

Votre serviteur (Mlle, Arrive eu trois l)ateauv exprès pour vous parler.

(La Fontaine.)

Il n'en vient que deux en trois i)ateaux, se dit ironiquement d'une personne trop vantéo.

Raitelais (I, 16) dit que la grande jument de Gargantua (Diane de Poitiers ? ) « fut amenée d'Afrique en trois quarraques et ung brigantin au port de Olone ».

Bateleur, mauvais comédien ; du latin balatro (?) : gens qui font des tours d'adresse et de souplesse sur les places pour amuser la foule.

— Joueurs de gobelets tenant à la main une baguette magique bastellus, petit bâton.

On fait aussi venir ce mot de ce qu'au xv^ siècle, les gol)elets dont se servent les jongleurs s'appelaient 6«/eff<^x.

Bâter, jadis basfer, de bât.

Les portefaix de Marseille ont conservé la tradition étymologique, et portent encore les lourds fardeaux avec une barre de bois.

— C'est un âne bâté ! c'est-à-dire un lourdaud.

— Diantre soit de l'âne bâté! (Mohère, Bourgeoin.)

Bâtir, de bâton, bois qui entre dans la bâtisse. (Port-Royal); ou plutôt de bastutn, appui, support, en celtique.

On disait bastlr, d'où bastide. (Voy.) De là est venu BatignoUes (petites bastilles), faubourg "de Paris.

Qu bastis s'apauvris. (Provençal.) Qui bâtit, s'appauvrit.

Qui bâtit ment. Ce calembour-proverbe signifie qu'un homme qui entreprend une bâtisse, se trompe presque toujours sur la dépense ; c'est dans ce sens qu'il ment.

Bâtir en l'air, sur le sable..., faire des projets futiles.

Bâtir sur le devant... (trivial) ; prendre du ventre.

Batiste, étoffe de lin, très fine, inventée au xiii^ siècle par Baptiste Gliamby, qui l'a Uttéralement baptisée. On lui a élevé une statue à Cambrai.

Bâton, en latin haculus, que Vossius dérive de Bacchus, parce qu'il soutient l'ivresse chancelante (!) eiPonUnms de via eu hun, par le changement de v en 6, parce qu'il soutient les infirmes (?). Nicod le dérive de batuo. battre.

— Synonymie : Eventail à bourrique, gourdin ; juge de paix, Martin-Bâton : permission de dix heures.

Comme ung faquin porte faix.

Ainsi le baston la paix.

11 y a. en effet, quelques analogies entre la justice et la police. Le Ijâton du pèlerin, du voyageur, le bâton de vieillesse, soutient les faibles et les infirmes. La trique, ou permission de dix heures, punit les attentats (?).

Martin-bâton, (Rabelais, III, 3, 12.) L'âne Martin, est conduit par un bâton. La Fontaine a employé ce mot après Rabelais. (Fab. lY, 5.)

— Au mot bâton, se rattachent :

Bâcler (de bacuJus), fermer une porte avec un bâton ; haillon, bastion, bât, bataille, bateleur, battre, bedeau (?), bélître (?), béquille, bretelle, brette.

— Faire une chose à ])âtons rompus, c'est-à-dire â diverses reprises. Allusion â une batterie de tambour, qui s'appelle rompre les bâtons, et qui est le contraire du roulement.

Il a son bâton de maréchal,- c'est-à-dire : est â l'apogée de son avancement. On dit d'un jeune soldat qu'il a son bâton de maréchal dans sa giberne.

— Le bâton a toujours servi à désigner l'autorité. On peut citer le bâton d'ivoire des consuls, le bâton d'or des préteurs, le bâton recourbé des augures, qui est devenu la crosse des évèques ; le pedum des bedeaux : le bâton des maréchaux de France, etc.

— Tour de l)âton, gains iUicites d'un emploi.

— Mettre des bâtons dans les roues. Cette locution s'explique par les mots suivants : barre, barrière, du latin vai^a, pieu, bâton ;

broncher, pour brancher, se heurter à une branche ; embarrasser: embuscade, de boscus, bois; entraver, detî^abes, poutre: frasque, de V italien frascn, branche; iml)ro,dio, de l'itaUen broglio, broussaihes : trébuclier.

Bâtonnier. Dans les cérémonies de la Fête-Dieu d'Aix, en Proveuce, instituées par le roi René, on nommait le lundi de la Pentecôte, le Prince d'Amour, l'abhé de la Ville, le roi de la Basoche, le lieutenant du Prince, dignitaires représentant les hauts chevaliers qui venaient de tous côtés pour assister à ces fêtes. Ils y étaient les témoins des combats des cbcvahers (bâtonniers).

Battre, du bas-latin battuere, donner des coups.

Synonymie : affhoer (heurter contre terre), assommer (accabler comme une r)ête de somme), baguette (mener à la), bûcher, calottes (donner des), colleter (se), dauber, danse (donner une), esquinter (argot), échiner. Découdre (en), terme de vénerie. Les chiens sont décousus par les défenses du sanglier. Dans la locution en découdre, en est mis pour de la peau. Etriller, flageller, frapper, fustiger, de fusils (bâton), gourmer, horions (donner des), maltraiter, peigner, poing (donner des coups de), raclée (donner une), tancer, tanner le cuir. Au xvii^ siècle, on disait faire péter le cuir ou le boudin. Taper, tarabuster: Coquin, si vous me tabustez icy, je vous couperay la teste â trestous. (Rabelais. II, 18.) Tremper une soupe, donner une trempe, donner une tripotée.

— Volée (donner une). On appelait autrefois volant, une espèce de bâton appelé originairement bâton-volant.

A belles peyrades et bastons-volants vouloyent séparer le cheval et la jument. (Baron de Fœneste. lll. 16.)

Basile, ô mon mignon, si jamais volée de l)oisvert s'est apphquée sur ton écliine... (Beaumarchais. Figaro, l, 1.)

— Battre â plate couture, comme plâtre, comme un chien.

Je ne suis point battant, de peur d'être battu. (Mohère, Cocu imaginaire, 17.) Ce vers, reproduit par VoUaire, est devenu proverbe.

Battre le chien devant le lion. (Moyen de parvenir, ch. 16.) C'est punir un innocent pour corriger un coupable.

Ces bons messieurs... ne prendront pas en mauvaise part, qu'étant innocents, ils veulent bien être accusés et châtiés de ce qu'ils n'ont pas fait, afin que les cœurs vicieux aient honte et se corrigent, voyant la bonté de ceux qui portent leur iniquité. (Loc. cit.)

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