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Et Rabelais : Chastier iing petit devant ung plus puissant, pour donner une leçon à ce dernier.
— Battre les buissons, un autre a pris les oisillons. (S o\. bénéfice.) Travailler pour enricbir les autres.
Dans une montre, c'est toujours une roue de cuivre qui fait tourner des aiguilles d'or.
— Battre le fer quand il est cbaud. (Voy. fe)\) A battre, faut l'amour.
Plus on bat le tambour, plus il fait de l)ruit... Le vaincu ne convient jamais de sa défaite. C'est l'éloquence de Périclès qui, renversé par Thucydide h la lutte, prouva aux spectateurs que c'était lui qui avait renversé Thucydide.
Pbis on frotte la cigale, plus elle chante...
— La coutume de Lorris, où le battu paie l'amende.
A Lorris, ville de l'Orléanais, lorsqu'un débiteur ne voulait pas payer sa dette, il pouvait appeler son créancier à un duel à coups de poings. Si le débiteur était vaincu, il payait sa dette et c nt sous d'amende ; si le créancier était battu, il perdait sa créance, et payait cent sous d'amende. Ainsi le battu payait toujours l'amende.
— Un homme l)attu vaut mieux que deux qui ne l'ont pas été. (Prov. russe.)
— Un horticulteur annonçait (mars 1858) qu'il avait obtenu d'abondantes récoltes de fruits en battant des arbres avec un bâton. Ce fait était déjcà connu, et Ant. Mizland {Epitome de la Maison rustique; 1G05) rapporte le vieux proverbe suivant :
Noyer, asne, femme ont de loy mosme lien.
Ces trois, cessans les coups, jamais ne feront rien.
Baume, banc de rochers. La Sainte-Baume, en Provence, ne signilie pas une grotte, une caverne, comme on le croit vulgairement, mais une masse de rochers abrupts, comme sont les Balmes près de Grenoble ; les Baux de quatre heures, près Toulon, et les Baux près d'Arles, où se passent les scènes de Calendau, poème de F. Mistral.
Bavard, du grec bazô, ow. onomatopée.
Synonyme : caillette ; commère ; despote de la conversation : gazette (ou pie, comme caillette vient de caille) ; moulin à paroles.
En provençal barjague, de barge (grande bouche).
Les anciens disaient d'un bavard : Œs dodonuni. airain de Dodone.
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— Les femmes ne pensent pas leurs paroles, elles les dépensent. Elles passent pour être plus bavardes que les hommes ; aussi ontelles fourni la plupart des locutions qui expriment l'idée de bavarder. Telles sont : commérages, tailler des bavettes.
Bavaroise, tire son nom des princes de Bavière, qui vinrent à Paris au commencement du xviiF siècle. Ils se faisaient servir, au café Procope, du café avec du sirop de capillaire dans des carafes.
On nomme ainsi aujourd'hui un mélange sucré de thé et de lait.
De la même manière on a nommé jml.ati.ne une pèlerine en fourrure, dont l'usage a été introduit en France par la princessse Palatine, sous la minorité de Louis XIY.
Bavettes (tailler des), Ijahiller, bavarder (entre femmes). Le mot hacer, parler l)eaucoup, n'existe plus. On appelait autrefois bace des paroles inutiles. Goquillard a dit de quelqu'un, qu'il savait
En disant mainte lionne l)ave Avoir le meilleur de la cave.
La bavette est une pièce de riiabillement des femmes. C'est la partie supérieure du tablier qui part de la ceinture, enveloppe les seins et s'attache près des aisselles.
On l'appelait autrefois rjorgercttc.
Baveux comme un pot à moutarde. (Rabelais.)
Bayadères, danseuses orientales très renommées par la grâce de leur danse et leur agilité.
Béatification. C'est un acte par lequel le pape déclare qu'un mort estau nomltredes bienheureux. Elle diffère de la canonisation en ce que celle-ci exige des procédures plus sévères, un plus long délai. (Voy. ^ainl.)
Béatitude, de beatltudo, état heureux.
C'est la félicité éternelle du paradis. Elle éveille l'idée d'extase, de ravissement.
Bealus, vient, selon Vossius, de hearc, ou du grec bios^ vie.
Saint Anselme classe les béatitudes terrestres en deux groupes : les spirituelles et les temporelles, au nombre de sept de chaque part : sagesse, amitié, concorde, honneur, puissance, sécurité, joie; beauté, agilité, force, liberté, santé, volupté, longévité.
Beau, du latin beUus.
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On disait autrefois bel, qui est encore usité dans certains cas. On disait Charles-le-Bel, Philippe-le-Bel. On dit un l)el enfant, un bel esprit.
Bel a donné le mot ironicpie bellâtre. •
— Le beau s'adresse à l'âme, le joli à l'esprit ; le lieau fait naître l'admiration, le joli le plaisir.
« Le beau est la splendeur du vrai. » Cette pensée a été souvent attribuée à Platon, mais il ne l'a jamais écrite, et elle n'est pas dans l'esprit de son système.
Le beau est l'expression de l'idéal moral.
Beau comme l'amour, comme un ange, comme l'Apollon, l'Antinous. Beau comme le Gid (voy.)- Beau comme Adonis, fort comme Hercule.
— Les Latins disaient: Nepos Veneris. (Plante, Miles, IV, 6, Y, o.) Un beau, un bellâtre, pro molli et eff'eminato. (Martial, III. 63, 3.)
— Belle comme la lilleule d'une fée.
... Tu mérites le brevet d'invention delà beauté! Tu es faite pour recevoir la pomme, comme Venus, ou pour la manger, comme Eve.
Toutes les belles femmes ne sont pas aimées, mais toutes les femmes aimées sont belles.
Il n'y a pas de l)elles prisons, ni do laides amours. La faute ou est aux dieux, qui la firent si belte.
(LlNRENDES.)
Gresset a introduit ce vers dans sa comédie le Méchant, en le parodiant ainsi :
La faute en est aux dieux, (jui la firent si Ijète.
— Beau, terme affectueux dans l)eau-père, l)el-oncle, belle-tante, etc., pour marquer une amitié tendre à ces personnes, soit qu'on leur parlât, soit qu'on parlât d'elles.
On disait aussi ])eau sire, terme de politesse et de douce affection. C'est dans ce sens qu'on prenait bellement, tout beau, pour doucement.
On employait aussi par déférence beaux frères mineurs, et moines caloyers (beaux vieillards). C'était peut-être par corruption de beati, frères bienlu^ureux.
— Qui aura de beaux cbevaux, si ce n'est le roi? — A cbaircuittier bonne saucisse.
Beaux-Arts (voy. ai^t.) Expression prétentieuse et exclusive ; comme belles-lettres, beau monde.
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Les eens du bel air {Dict. des Précieuses), uens du l)eau, du meilleur moude..., et, par une opposition peu polie, la lie du peuple, les petites gens, les gens de bas étage, la populace, la canaille.
— Il y a aussi des nuances injurieuses entre les expressions monsieur et homme : monsieur et sieur, en terme de palais ; femme et dame, fille et demoiselle; c'est un regain des préjugés de ran(;ien régime, de la dilîérence du vilain et du gentilbomme.
Un vieux proverbe dit : « Tous gentilliommes sont cousins, et tous vilains, compères. »
Beauce ; gentilbomme de Beauce, garde le lit faute de cbausses, c'est-à-dire est très pauvre.
Rabelais dit : « Encore de présent, les gentilsbommes de Beauce déjeunent de l)aisler, » c'est-à-dire se contentent de bailler comme les allâmes.
— Gentilbomme de Beauce. qui vend ses cliiens pour avoir du pain.
Nous étions alors de la noblesse de Guny, la soupe et le liouilli ; ■après nos reA^ers, nous sommes passés à celle de Firon-Martin. va te coucber! tu souperas demain.
Beaucoup, du latin bella copia : ou bien plutôt de beau et de coup.
Coup signifie abondance, et se prend aussi pour une action rapide : un coup de main, faire un bon coup, un beau coup au jeu.
Beaucoup, qui est assez mal formé (?) a remplacé l'ancien moult. du latin multum, qui a laissé sa trace dans multitude, multiplier.
— On disait autrefois aussi : à grand foison, à planté (de plenitatem, abondance), d'où Vanghis plentij :
Amour, dont j'ai si grand planté.
Me fait être en jolieté.
(Tl.lSTAN.)
Ben coiz soit sainz Augiistins :
Des bons morsiaux et des Iwns vins
Ont si ciianoine (ses clianoines) à grand planté.
(Bible de Cniijot.)
Vivons, Catin, et suivons Les plaisirs, tpie d'une main Plantureuse Amour procure.
Sans que jamais ayons cure.
Toi et moi, du lendemain.
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— Beaucoup, dans le langage populaire, est exprimé d'une manière pittoresque par les expressions :
Il n'y en a pas épais... pas mal. — Il travaille à inort... — Et le pouce... — Excusez du pou ! expression ironiquement admirative. — Plus qu'il n'y a de pommes en Normandie.
Beauté. La beauté du dial)le : la jeunesse. Se dit d'une femme qui n'a qne la fraîcheur de la jeunesse : sorte d'euphémisme poui' dire qu'elle n'est pas belle.
Le temps de la jeunesse du diable est celui oi'i il était au rang des anges dans le ciel, d'oii il fut précipité pour sa rébellion.
Physiquement, elle n'est ni jjien, ni mal, on ne se retourne pas pour la voir, on ne se détourne pas quand on l'a vue.
Beauté bruyante... toilette tapageuse (voy.)
La l)eauté passe, mais la laideur reste. Formœ dignitas aut morbo deflorescit, aut vetustate extinguitur. (Cicéron, Herennius, IV.)
« Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse... » Ronsard a dit : « Le temps s'en va, le temps s'en va. Madame... »
Beau souUer devient laide savate.
La l)eauté est une courte tyrannie. (Socrate.)
La beauté est un capital, dont chaque jour voit décroître le revenu. (Rougemont.)
La beauté est un bien pour les autres. (Biou.)
La beauté est une lettre de recommandation, dont le crédit n'a pas de dui-ée.
La beauté est une reine sans gardes. (Garnéade.)
Beauté n'est qu'image fardée.
La beauté est trompeuse : Frontl nu/la fuies. (Perse.)
— La tête de l'Apollon du Belvédère, type de grâce et de beauté, peut arriver, par une suite de modifications progressives et insensibles, à présenter la tète d'une grenouille.
— Beauté et chasteté sont rarement d'accord, dit Juvénal.
... Raru est concordin fonnœ Atqne piuHdliœ ..
(Beauté et folie \ont souvent de compagnie.)
Gratlor est pulchro ceniens in corpore vivtus. (La vertu est plus précieuse quand elle habite dans un beau corps.)
Un peu de laideur fait plus d'Iionnètes femmes que beaucoup de vertu.