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La décence commence où finit la beauté. (A. Karr.)
Les femmes sont vertueuses, ou par leur laideur, ou par celle de leurs amoureux.
Il y a des femmes anguleuses dont les uenoux et les coudes semblent destinés à donner le goût de la vertu.
Lady Montacne s"élonnait que l'Apollon du Belvédère, et je ne sais quelle Vénus antique, pussent être en présence dans le même musée, sans tomber dans les liras l'un de l'autre.
C'est ofi-andpitié Quand beauté faut à cœur de bonne volonté.
(Marot, Se êpilaphe.)
La beauté sans fjonté est une Heur sans parfum. (Saniel.) ... La noblesse de sa figure sert si lieureusement de correctif à l'inconvenance de ses paroles, qu'on n'a pas la force de lui en vouloir de sa fatuité.
Bébé, nourrisson, de bibere, lioire. En anglais babij, d'où l)abiole, jouet d'enfant.
Bébé existe depuis longtemps dans la langue, comme mot d'amitié. « Je compterai toujours sur ton cœur, mon bon ])ébé, mon ancien et .éternel ami. » (Sopb. Arnould, 1793.)
Bec, blanc-bec ou béjaune. nom des oiseaux très jeunes, qui ont encore le bec jaune ou blanc.
Au figuré, jeune liomnie sans expérience.
— Coup de l)ec, trait satirique.
Se prendre de bec : se quereller.
Avoir liée et ongles : être en état de se défendre.
Passer la plume par le bec. Linere labrn. (Martial.)
Tenir quelqu'un le l»ec dans l'eau : lui donner des espérances vaines.
Bécasse, écbassier auquel sa tète comprimée et ses yeux placés en arrière, donnent un air sîupido qui n'est guère démenti par ses habitudes.
Bedaine, ventre, bedon. Iiedoudaine : en provençal bedeau et eabedeou, gros peloton de tU.
La bedaine était la pierre arrondie, ou boulet, que lançait la catapulte, nommée bedondaine. Le mot bedaine resta, dans le langage familier, pour exprimer la rotondité. (Ambert.)
Il jectait bedaines et quarreaux e iipennez d'assier. (Rabelais.)
Pour mieulx tenir cliaulde su bedondaine. (Rabelais, 1, 4.)
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Peste! il mettrait clans sa Ijedaine un carrosse et quatre chevaux. (Théâtre italien.)
Bégueule, pour Ix'c gueule, cjtii haille : italien hailare, respirer en ouvrant la l)Ouche.
Au propre, c'est un oiseau qui tient le Ijec ouvert et n'avale même pas sa béquée. Au tiguré, fanfaronne de vertu (?).
Faire la héoueule, c'est affecter des airs de discrétion et de modestie, faire la mijaurée, la sucrée, la minaudière, faire des momeries, des singeries.
Béguins. Béyuines. Ordres rehgieux fondés par sainte Bègue, sœur de sainte Gerfrude.
Religieux des Flandres, dont les capuchons ont été appelés béguins, d'où le nom appliqué à une sorte de coitïe pour les enfants, cjui s'attache soijs le menton.
Beignet, du vienx mol bigne ou beugne qui a signifie bosse, enflure.
Puis luy enfournoyent en gueule beugnets. (Rabelais, lY, 60.)
Bélître, du latin balatro, hateleur (?), ou de l'allemand bettler, gueux, mendiant.
Les quatre ordres mendiants (voy.) avaient aussi le nom des quatre ordres de l)élîtres. Ral)elais cite ces deux vers macaroniques (lY, 18) :
Hic est de patria, nalus de génie helitra. Qui solet antiquo bribas porlare bisacco.
Belvédère, mot italien signifiant beau voir, belle vue. Construction en forme de pavillon, qui domine une maison, et d'où la vue s'étend au loin.
Bénédicité, prière qui se fait avant le repas, et dont le premier mot est benedlciie: bénissez.
« Il est du quatorzième bénédicité » (Ral)elais), c'est-à-dire liète, stupide. Cette singuhère expression vient de ce que le quatorzième verset du cantique des enfants dans la fournaise est ainsi conçu : « BenecUcite, omnes bestlœ et pecora., domino », et que les versets précédents commencent par le même mot benedicite.
Bénédictins, religieux de l'ordre de Saint-Benoît, fondé en o29. On dit aussi moines noirs, de la couleur de leur costume. Yœux : pauvreté, obéissance, chasteté.
Le monastère du Mont-Gassin, en Italie, fut le berceau de cette
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congrégation, qui n rendu d'immenses services anx lettres et aux sciences.
Les l)énédictins sont les seuls érudits du Moyen-Age: ilsontconservé à rimmanité les chefs-d'œuvre littéraires de la Grèce et de Rome.
Bénédictin est devenu synonyme de savant.
Bénéfice, de beneficiiun, profit.
— Terme de droit canonique. C'est une certaine portion des biens de l'Eglise, qui est assignée à un ecclésiastique, pour en jouir.
— Les chevaux courent les bénéfices, les ânes les attrapent. C'est comme : « Un bon os ne va jamais à un l)on chien. «
— On connaît les vers attribués à Virgile :
Sic vos non cnln's.., n'uHfu-alis, aves ; Sic vos non rnlilx.,, icllrra jCiiis oces ; Sic vos non nihis... [rrlis unilra, boves ; Sic cos non coins... ntcUijicatis, npes.
De Marolles les a traduits ainsi :
Ainsi, pour vous^ oiseaux, vos nids vous no dressez: Ainsi, mouches, pour vous les I'Iimu-s vous ne sucez ; Ainsi, pour vous, nioiihnis, muis ih' pdi-lcz la laine: Ainsi, pour vous, taiin'aiiv \ous nCcorclnv. la plaine.
— Il en porte le nom, mais n'en mange pas les chapons ; c'est-àdire il porte le nom d'une terre, sans jouir du revenu.
Maritus possidet, et fruit ur adulte7\
Benêt (sans féminin), sot, du latin henus pour bonus (?) : d'où le provençal benesif, ])énit, pour bon enfant
Benesit sert à désigner un niais, un pauvre d'esprit, à qui revient de droit le royaume des cieux.
— Benêt est une forme dialectale de Benoit, il signifie bénit en normand.
Ce mot à été pris en dérision par sa ressemblance avec bénin.
Benêt a pris ce sens péjoratif comme Biaise ; Claude, dont on a fait Godiche, Nicaise, Nicodème, Nicolas et Colas, qui out une certaine analogie avec Nigaud (?). (Voy. noms.)
— Comment! me prenez-vous ici pour un benêt? {Femmes savantes, V, 2.)
Un grand lienét de fils, aussi sot que son père, {/.es Fâcheux. IL 7.)
Bénir, ancien bénéïr, benedicere.
Le pape, donnant la bénédiction du haut de l'estrade de saint Pierre, prononce ces paroles : Urbi et orbi (à la ville et à l'univers), pour montrer l'étendue du pouvoir de l'Eglise.
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— Dieu vous bénisse ! souhait adressé à ceux qui éternuent. L'éternuement, chez les anciens, était un signe augurai regardé comme de l)on présage.
Les poètes disaient en parlant d'une belle femme, que les amours avaient éternué à sa naissance; et à Rome, un amant disait à sa maîtresse, pour lui faire compliment: Siernuit tibirnuor. (L'amour a éternué pour vous.)
Pline dit que Tibère est le premier qui ait voulu être salué quand il éternuait ; mais les Grecs avaient déjà fait usage do souhaits en pareil cas. On disait : « Jupiter soit avec toi ! — Que Jupiter te conserve et t'assiste! » {Anthol. II, 12), formules auxquelles les chrétiens ont substitué le nom de Dieu.
Ne fût-ce (jue pour l'heur d'avoir i{v\\ vous salue, D'un Dieu vous soit en aide, alors qu'on éternué.
[Cocu im. .s.)
— D'après Montaigne, « parce que l'éternuement vient de la tête, nous lui faisons cet aimable accueil. Ne vous moquez pas de cette sul)tilité, elle est d'Aristote. » En elîet, Aristote dit : « Quand vous éternuez, on vous salue, pour marquer que l'on trouve votre cerveau le siège de Tesprit et de l'intelligeuGe. »
Béotien, habitant de la Béotie, province delà Grèce, située entre la Locride, la Phocide et l'Attique; du latin bos. (Yoy. Ovide, Métamorphoses, III, 10. (?)
Cette étymologie tirée du mot bœuf s'exphquait par la pesanteur d'esprit des Béotiens, qui était passée en proverbe.
Cicéron fde Fatoj dit : « Le ciel de Thèbes est grossier : c'est pourquoi les Thébains sont forts et stupides. »
Horace, parlant du peu de goût d'Alexandre pour les œuvres d'art, dit que, si on lui avait demandé son opinion sur un ol)jet d'art, on aurait juré qu'il -était né dans l'air épais de la Béotie :
Bifolum in crasso jurares aère nutum.
(Ep. II, 244.)
— C'est en Béotie cependant que la Mythologie a placé le séjour des Muses.
Il y a beaucoup de Béotiens dans Athènes (Yoy. Champenois.)
Berceau, du latin cersare, tourner, qui est mobile. Le berceau vacillant qui reçoit l'enfant à sa naissance, sorte de nacelle oi'i commence la navigation de la vie... (Max. du Camp.) Tel dans le berceau, tel dans le tombeau. (Prov. russe.)
BER lâ7
Ce qu'on apprend au berceau, dure jusqu'au tombeau. (Ce qu'on apprend au bcr, dure jusqu'au ver.)
Quum semel est imhttln recens, sercahil odorem Testa diu.
(HOKACE, Ep. II. 63.)
Ces proverbes enseignent qu'on doit donner aux enfants des principes et une éducation sérieuse, et que le premier devoir des pères et des trouvernements est de ne jamais l'oul)lier.
Berger, du latin berbicarins, de berbix, brebis.
L'beuredu bercer (l'beure du rendez-vous damour). Le moment favorable, qu'un amant ne doit pas laisser écbapper.
Le crime le plus irrémissible qu'un Iiomme puisse commettre envers une femme, est d'en pouvoir jouir et de n'eu rien faire. (Rousseau, Confessions, liv. o.)
Lamour carillonne Et j'entends qu'il sonne Du haut du clocher L'heure du herger.
(Théâtre italien.)
Berlue, de varlo hune, lumière qui varie.
Avoir la berlue, c'est voir un objet qui n'existe pas.
La bévue consiste à y voir double. Il vaut mieux n'y pas voir, que voir de cette façon.
Le vulgaire remplace ces locutions par l'expression pittoresque : se fourrer le doigt dans l'œil.
C'est un berlu, il agit comme qui a la berlue.
Berner, c'est le mot vanner, prononcé à la gasconne, par le cbangement de v en 6.
De l'espagnol bernia, étoffe de laine grossière venant de ///6e;'/? m (Irlande), pays où elle se fabriquait.
— Portoyt bernes à la moresque. (Rabelais).
Berne est le burnous des Arabes ; mais il est proJjalile que c'est burnous qui vient de berne, contrairement à l'opinion de du Cange.
— Faire sauter quelqu'un en l'air dans une couverture. Berne a signifié couverture, et c'est le sens du mot provençal vanne.
Berner est une sorte de jeu, où quatre personnes, tenant les coins d'une couverture, y. font sauter quelqu'un.
Les cris alTreux que faisait le miséralde berné, allèrent jusqu'aux oreilles de son maître. [Don Qulchotle, 16.)
Monsieur, dit Sanclio à son maître, ôtons-nous d'ici, et cbercbons