‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 78 sur 336 · BIE · texte numérisé non relu

BIE

Bienfaisance. La bienfaisance est la manifestation de la charité (de Gérando). C'est une inclination a faire du bien aux autres.

Bienfaisance indique une action ; bienveillance seulement une velléité. L'une est à l'autre ce que l'acte est au désir.

— Ce mot, assez nouveau dans la langue, date de 172o. 11 a été créé par l'abbé de Saint-Pierre, qui comprenait et pratiquait si bien la chose. 11 fut adopté tout d'abord ; mais, quoiqu'il ait remplacé le mot charilé dans un grand noml)re de cas, il dit moins que lui. Lu cbarité chrétienne exprime à la fois un sentiment de sympathie et une idée de devoir fraternel envers le prochain. C'est cette idée qui manque au mot bienfaisance.

En 1793, les institutions de charité reçurent officiellement le titre d'établissements de bienfaisance : et de nos jours ils sont devenus des établissements d'assistance publique, dénomination qui n'exprime plus qu'un fait matériel, dépourvu du sentiment humain et de l'idée divine de fraternité.

— Bienfaisance à la tire : quêtes à domicile, concerts, fêtes de charité ou dites telles.

— Un bienfait n'est jamais perdu... pour qui le reçoit.

Un bienfait ne demeure jamais sans récompense. C'est d'une récompense morale qu'il faut l'entendre ; d'une satisfaction du cœur et de la conscience. Une récompense d'une autre nature ôterait le mérite du sacrifice et en diminuerait la valeur.

Le bien qu'on fait la veille, fait le bonheur du lendemain.

Tout l»ienfait avec lui porte sa récompense. (Favart.)

Les bienfaits sont des trophées qu'on érige dans le cœur des hommes. (Xénophon.)

Les bienfaits s'inscrivent sur le sable, les injures sur l'airain.

Rien ne s'oublie si vite qu'un lùenfait : on oublie souvent jusqu'au bienfaiteur ; c'est pourtant à ce dernier seul qu'il est permis de manquer de mémoire. (Duplessis.)

Les injures pénètrent plus profondément que les bienfaits : Arctius injuriœ ([uam mérita descendant. "(Sénèqiie, Bienfaits, 1, 1.)

Un bienfait reproché tint toujours lieu d'otlense. (Racine, Ip/tif/énie, IV, 6.)

Souvent, l'obligé oublie un bienfait parce que le bienfaiteur s'en souvient. (De Ma les herbes.)

— Beaucoup de gens savent accorder un bienfait : peu savent se faire aimer ; c'est pour cela que la reconnaissance est si rare.

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