BOU
Parler de foin à propos de boites, est un jeu de mots sur les homonymes hotte ^ chaussure, et hotte, paquet.
Rabelais appelle « gens bottés de foin », des gens grossiers comme ces pauvres paysans, qui, à défaut d'autres bottes, s'en font avec du foin cordelé.
Bouc. On dit: barbu, lascif, puant comme un l»ouc.
— C'est le bouc émissaire : sur qui retombent toutes les peines. A la fête des Expiations, chez les Juifs (10 septembre), le grand-
prétre chargeait la tête d'un bouc de toutes les iniquités d'Israël et proférait des imprécations contre lui. On ne le tuait pas, de crainte qu'il ne parût immolé à l'esprit infernal, mais on le cliassait iemissus).
La fête des Expiations était une espèce d'amnistie morale.
Bouche, en latin hucca : en provençal houque.
— Comme la l»ouche reçoit les aliments pour les introduire dans l'estomac, il y a plusieurs locutions qui rappellent cette fonction importante et la sensation de plaisir qui l'accompagne.
Etre à bouche-que-veux-tu : avoir al)ondance de tout. Etre sur sa bouche : gourmand. Faire la petite bouche : refuser une chose dont on a envie. Faire venir l'eau à la ])Ouche : faire venir le désir de quelque chose. Garder pour la bonne bouche : réserver pour la lin une chose qui parait la meilleure.
— En l^lin : Satloam jiiovere. (Sénèque.)
— A la vue d'un mets, la bouche se mouille, et tout l'appareil papillaire est en titillation, depuis la pointe de la langue, jusque dans les profondeurs de l'estomac. (Brillât-Savarin.)
Grande bouche, bouclie comme un four, qui semble vouloir mordre les oreilles : « Euda, vous avez mieux dit qu'un four, et si, n'avez pas la goule si grande. » (Bér. de Verv., Moyen de imrvenlr.)
Ou a appelé les maîtres d'hôtel des grandes maisons <. les ofhciers de bouche » .
L'abbé de Choisy, dans son voyage à Siam, dit que la reine de ce pays fait coudre la liouche aux dames de sa cour qui parlent trop, et qu'elle la leur fait fendre jusqu'aux oreilles quand elles ne parlent pas assez.
Synonymie : Angoulêine (argot), gueule.
Et Gargantua avait déjà engoulé cinq des pèlerins. (Rabelais.)
— La rue au pain (argot).
Bouclier. Ce mot vient de la courroie à boucle qui était derrière
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l'écu, et qui servait ;i l)Oiicler cette arme défensive au liras du comljattant.
On a dit escu hurler.
Écii, en provençal escu, du latin scutum: a donné écuelle.
Boudoir, petite pièce réservée pour bouder sans témoin dans les moments d'ennui. Rabelais dit rècoir.
TaiitiH somln-e et rêveuse et comme en ton iioiidoir. Tu renfonrais ton gris et me montrais ton noir.
(Du Ckhc.rau.)
Bouffon, acteur de la comédie antique, qui paraissait sur la scène avec les joues enflées, ponr recevoir des soufllels, alin que le coup fit plus de bruit et excitât davantage l'iiilarité du public.
Somaize, Ménage, Yossins dérivent ce mot du latin huffo, soufflet ; d'où poufTer de rire {piiffen en allemand), boulïee.
— En provençal, bouff'et signifie soufflet à feu.
D'où bouffer, manger avidement, rendre les joues bouffies en remplissant la l)0ucbe d'aliments ; et bouffer, souffler très fort, à joues enflées.
On a aussi bouffi d'orgueil.
Bouf figue signifie vessie en provençal.
Bougie. On a donné ce nom aux ciiandelles de cire, à la fin du xviic siècle, parce qu'on tirait alors beaucoup de cire de Bougie, en Afrique.
Bougre, vient de Bougrie, ancien nom de la Bulgarie.
Vers la lin du xii<= siècle, parut en Bulgarie une sorte d'bérétiques mauicbéens, qui se mêlèrent aux Yaudois et aux Albigeois. La malignité populaire fit peser sur eux d'absurdes accusations de bestialité. Le dictionnaire de Trévoux les appelle sodomltœ, c'està-dire non ^conformistes en amour.
Bougre est aujourd'lmi une expression injurieuse, aussi banale et aussi vague c^u'elle est basse et triviale.
Le Moyen-Age se montra toujours intolérant pour les sectes dissidentes et les bérétiques. Juif, Arabe personnifient l'usure, l'avarice; Turc, la cruauté.
Bouillie. Faire de la bouiUie pour les chats : une cliose dont personne ne se soucie.
Les chats ne mangent pas la bouillie, dans la crainte de se salir les barbes (?).