BRE
Breloque, bagatelle, chose de peu de valeur. C'est la corruption de banchquc, cloche ou beffroi.
— Battre la breloque, signifie divaguer. Se dit aussi d'une horloge qui va mal.
— La batterie de tam])our appelée « la breloque » annonce les repas, les distributions.
C'est une batterie d'un rvtlime irrégulier, Itrisé à contre-temps, comme le pouls brisé par la fièvre.
— Le peuple dit berloque : il bat la berloque.
Génin dit que berloque est composé de ban cloque, la cloche du ban, la cloche d'alarme, sonnerie irrégulière et entrecoupée.
— Bar est un radical (ou plutôt un préfixe), qui ajoute un sens péjoratif. Il devient ber ou bre, comme dans berlae y en italien barlume, lumière douteuse.
Barguigner, marchander, vient de bar et de gain : mauvais gain.
Barbouiller. On disait bouille pour boue. Bouiller, c'était remuer la vase avec une perche, pour chasser le poisson dans les filets. Les lois de la pèche défendaient de bouiller, ou pêcher en eau trouble.
Barbotter représente la même idée.
Bredouiller (le peuple dit herdouiller), de bre et douille, doliuni
tonneau (?), mal articuler, dans l'ivresse, quand on est plein comme
un tonneau.
Puis, ronds comme des futailles, Du corps battant les murailles.
Escortés de cent canailles Ils regagnent les maisons.
Bren, mot celtique; résidu de la farine blutée.
Par métaphore ou a appliqué ce mot aux résidus de la digestion,
aux matières fécales de l'homme.
En provençal, bren a conservé le sens de son.
Rabelais (l, 2.) l'emploie de même: « Faisoyt de l'asne pour avoir
du bren. »
En temps de famina.
Tant se vende lou bren counio la Jariiia.
(Trov. provençal.)
— Bren de scie : sciure de bois.
Au figuré, on dit : embrené dans de mauvaises alïaires. Breneux, sali d'ordures. {Moyen de parvenir) Autant en dit un turelupin de mes livres, mais bren pour lui. (Rabelais.)