‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 96 sur 336 · BUL · texte numérisé non relu

BUL

Budget, mot anglais, emprunté an \-\eu\lrmçnisbni/r/effe,\^ei\ie ])onrse, petite poche.

Aujourd'hui bouge désigne un mauvais réduit.

En anglais, bougelte a pris le sens de « hourse du roi » , trésor royal.

Il nous est revenu sous sa forme nouvelle, et a été employé ol'ficielleraent, pour la première fois, dans le rapport au roi sur les finances, du l^r avril 1814.

Buée, du latin buo, imbuo. tremper, imliiber. D'où le provençal bugada, buau (^héal) : buandei'ie. En vieux français débuer (Villon.)

Buffet, armoire de salle à manger; de buffet, coup sur la joue, soufllet.

De là aussi bouffer, manger, causes qui enflent les joues. Peut-être de buvette (?).

Rabelais se sert de buffeter dans le sens de frelater le vin avec de l'eau.

Les marchands de vin étaient appelés buffetiers (mais aussi buv'etiers).

Buissonnière (Faire l'école) ; de buisson, petit bois, particulièrement de buis. Ne pas aller travailler.

Le 6 août 1552, le Parlement rendit un arrêt contre les écoles buissonnières. On appelait ainsi les cours d'enseignement religieux que les protestants allaient suivre dans les campagnes, pour échapper aux poursuites de l'autorité.

Bulle, du latin bulla, petite boule d'or ou d'argent qui servait de parui-e aux dames romaines et aux enfants.

On a depuis appliqué ce nom aux signes de métal, en or, argent ou plomb, appelés souvent sceaux, que l'on attachait par un cordon à certains actes publics : d'où bulletin, qui signifie proprement écrit scellé.

— Les ordonnances des papes s'appellent l)ulles, brefs ou encycliques.

A Rome, bulle, connue en Angleterre bill, signifient loi, à cause de la boule de métal suspendue au parchemin où la loi est écrite.

— La Bulle d'or est la loi fondamentale de l'empire d'Allemagne, que Charles IV donna en 1366, à la diète de Nuremberg, afin de détruire les abus qui se produisaient à l'élection des empereurs.

BUR lis

Bureau, de bure, étoffe grossière de laine. Il vient, comme bourrique, du mot .arec purrhos, roux, de feu. Plus tard, il s'est pris pour la talile de travail recouverte de cette étolTe, et pour le cabinet qui renferme cette table.

Bureaucratie, mot liybride, grotesque, mal fait, puisqu'il soude une queue grecque à une tète française. C'est plus qu'un barbarisme ; c'est un monstre fait à l'image de certains animaux fabuleux.

Burette, pour buirette, de l'ancien substantif buire. Vase en forme d'aiguière.

Buridan (Être comme l'àne de) : irrésolu. • Locution qui date d'une époque où la pliilosopbie s'exerçait à résoudre des questions très subtiles, telles que celles où Ton cbercbe à prouver qu'un âne même est doué du Ubre arbitre.

Jean Buridan. de Bétbune, dialecticien et recteur de l'académie de Paris, supposait un âne également pressé par la faim et par la soif, placé entre un seau d'eau et une mesure d'avoine, et demandait : « Que fera cet âne? » Si on lui répondait qu'il se tournerait d'un côté plut()t que d'un autre, Buridan concluait : « Il a donc le libre arbitre. «

Connaissez-vous cette histoire frivole

D'un certain âne, illustre dans TEcole ?

Dans réciirio on vint lui présenter

Pour son dîner deux mesures égales.

De même forme, à pareils intervalles :

De deux côtés l'âne se vit tenter

E -alement, et, dressant les oreilles,

Juste au milieu des deux formes pareilles.

De l'équilibre accomplissant les lois.

Mourut de faim, de peur de faire un choix.

iVoi.TAinE, PucpUp, Ch. XU, 16.)

— Dans le roman de Quentin Durward (cli. YII), un arcber de la garde écossaise, doublement captivé par le son d'un lutb et la cloche du dîner, ne peut se décider à prendre un parti. Il dit : « Je restais là... — Gomme un âne, Goutbric, lui dit son commandant, ton long nez flairant un souper, tes longues oreilles entendant la musique, et ton jugement trop court ne te permettant pas de décider à quoi tu devais donner la préférence. » (W. Scott.)

— Il y a des gens qui, moins embarrassés que l'àne de Buridan. mangent à deux picotins, ... et s'en trouvent bien.

Burlesque, en italien burlesco, de burlare, se moquer. Littérature triviale et plaisante, inconnue des anciens, et créée

i% BUS ,

par les Italiens. Elle tourne en ridicule les hommes et les clioses, en parodiant les sujets sérieux. C'est une sorte de libertinage de l'esprit. Il tire ses etlels de l'opposition entre la prandeur du fond et la trivialité de la forme.-

Sarrazin se vantait d'en avoir usé le premier en France. C'est sous Louis XIII et Louis XIV qu'il nous est venu d'Italie. Il eut une grande vogue, qui se changea en dégoût par l'abus qu'on en fit, et qui avait été poussé si loin, qu'en 16i9 parut un livre intitulé : La Passion de A^.-S. J.-C, en vers burlesq.ies.

Scarron est chez nous le prince des poètes burlesques. Il est vrai que c'est une pauvre royauté ; mais il a mis beaucoup de talent et presque du génie dans sa Gigantomachie et dans son Virgile travesti. Parmi les effets qu'Enée avait sauvés du sac de Troie, il y avait :

La béquille de Priamus,

Le livre de ses oremus,

Un almanach fait par Cassandro,

Où l'on lie iiouvait rion comprendre...

Benserade mit l'histoire romaine en rondeaux. (En réalité ce sont les Métamorphoses d'Ovide.)

Mais laissons le burlesque auv plaisants du Pont-Neuf.

(Boilem;.)

— La première édition à'Âtala contenait cette phrase singulière sur le P. Au])ry. « Son nez aquihn, sa longue barbe avaient quelque chose de sublime dans leur quiétude, et comme d'aspirant à la tombe par leur direction naturelle. »

— Avec l'asticot de l'ignorance on est sujet à pêcher le goujon de l'erreur dans l'océan de l'incertitude.

La modestie est une ceinture élastique, destinée à contenir l'embonpoint du talent, et à le protéger contre les enlhires de l'amourpropre.

Tôt caplta, tôt sensus : autant de capitalistes, autant de sangsues.

Castlfjat rldendo mores : le rideau cache les murs.

Ugolin déjeune avec sa famille. Il mange ses tils pour leur conserver un père... Il n'a pas de fdles : c'est bien heureux pour elles.

Je te renie pour mon enfant, je maudis le jour où je te l'ai donné.

— Prendre ses jambes à son cou. (Amphigouri.)

Buse. On ne peut faire d'une buse un épcrvier, d'un cygne un oison.

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