COMA — DIAGNOSTIC NOSOLOGIQUE
très-légers mouvements ; ils ouvrent les yeux seulement et les fixent sur tel ou tel objet; si on leur parle à haute voix, ils ne répondent plus. Cet état précède la mort de quelques heures.
« Dans la seconde forme, à invasion brusque, à marche rapide, le coma est le premier symptôme observé: il est complet de prime abord; mais le malade, comme dans la seconde forme de la première période, peut encore entendre, comprendre ce qu’on lui dit, et manifester par des signes non équivoques que l’ intelligence n’est pas anéantie. La marche est trèsrapide dans cette forme, et le calme le plus profond succède vite au coma ; la mort arrive peu après.
« Depuis l’attaque jusqu'au coma, ajoute Hillairet, il y a des intermittences de coma, de sommeil des facultés, et de retour à la veille ; le malade ouvre spontanément les yeux, regarde autour de lui, peut répondre aux questions et retombe bientôt dans son premier état. Ces alternatives peuvent se manifester deux ou trois fois. Sans aucun doute, le coma se montre le plus habituellement dès le début, tantôt progressif, tantôt subit; mais aussi il peut ne se montrer complet qu’à la fin, c’est-à-dire peu d’heures avant la mort. »
Je n’ai nul besoin d’insister sur les différences existant entre cette marche du coma de l’hémorrhagie cérébelleuse et celle qu’il présente dans l’hémorrhagie cérébrale; le lecteur les aura vite saisies. Seulement, je ferai remarquer que, de même que le coma manque quelquefois dans l’hémorrhagie cérébrale, il fait défaut, parfois, dans l’hémorrhagie cérébelleuse.
Dans le coma sympathique, il est très-important, de même, de savoir s’il est le résultat d’une congestion cérébrale, d’une anémie cérébrale, si les matériaux du sang sont intacts. Cette importance est grande, surtout au point de vue du traitement. Aussi faut-il tenir encore un grand compte des phénomènes concomitants ; c’est sur eux que le clinicien s’appuiera, par exemple, pour savoir s’il y a congestion ou anémie cérébrale. Je me suis étendu sur les caractères qui accompagnent le coma, résultant de l’anémie; aussi n’y reviendrai-je pas. C’est de même, en recherchant par l’analyse les caractères de l'urine, qu’il parviendra, dans le fait d’un coma urémique, à le rapporter à sa véritable cause, et ici, le médecin connaît, non-seulement la cause, mais encore la nature du coma, ce qui pour lui est plus important au point de vue du pronostic et du traitement.
J’arrive maintenant à la troisième question que tout clinicien doit se poser. Une fois qu’il a reconnu le coma, qu’il a essayé d’en interpréter la nature et la lésion, il se demande quelle est la maladie sous l’influence de laquelle telle ou telle lésion s’est produite? il procède, en un mot, au diagnostic nosologique.
Diagnostic nosologique. — De même que j’ai essayé de montrer la difficulté qui existe, pour le clinicien, à distinguer la lésion cérébrale rien qu’à la simple observation du coma, de même il existe une grande difficulté, pour ne pas dire une impossibilité absolue, à reconnaître la