COMA. — VALEUR PRONOSTIQUE
maladie dont la lésion est la conséquence. Aussi peut-on dire que le coma, pas plus, du reste, que les autres phénomènes morbides pris isolément, ne peut éclairer le clinicien sur la nature de la maladie pendant laquelle il se montre. Le plus ordinairement on ne trouve pas, dans la forme qu’il présente, dans la marche qu’il affecte, des indices qui puissent guider 1 observateur. Aussi le médecin est-il obligé d’étudier attentivement les phénomènes morbides concomitants, afin de pouvoir résoudre ce problème si important au point de vue du pronostic et du traitement. Toutefois, il est des cas, bien rares il est vrai, où, en examinant attentivement la manière dont il débute, la marche qu’il affecte, on peut affirmer, ou du moins soupçonner, qu’il s’agit de telle ou telle maladie. Qu’il me suffise de citer la méningite tuberculeuse, la fièvre intermittente pernicieuse. Dans ces cas, en effet, si on veut bien se reporter à la description que j’en ai donnée, il est bien évident que la marche du coma est assez caractéristique pour qu'il soit possible de diagnostiquer la maladie dont il est le symptôme. Mais, hors ce cas, je le répète, le diagnostic nosologique ne peut être porté qu’en s’appuyant sur l’existence des autres phénomènes morbides. C’est, de même, en tenant compte de ces phénomènes, que le clinicien pourra arriver à suspecter la cause qui produit le coma, surtout lorsqu’il s’agit du coma réflexe. Ces quelques réflexions suffisent, je l’espère, pour indiquer la règle de conduite que le clinicien devra observer en pareille occurrence.
Valeur pronostique. — Le pronostic du coma varie suivant la cause, suivant la lésion, suivant la maladie; dans le premier cas, il est bien évident que le coma sympathique est moins grave que le coma symptomatique. Pourtant, dans l’un et l’autre cas, il y a des réserves à faire. Ainsi, le coma dû à l’ivresse est bien moins à redouter que celui qui survient dans l’urémie; le coma qui est le résultat d'une congestion cérébrale ou d’une anémie, est moins grave que celui qui dépend d’une inflammation des méninges ou d’une hémorrhagie cérébrale. Suivant la maladie, on peut, de même, dire que le coma, par exemple, de la méningite aiguë simple, présente moins de gravité (pie celui de la méningite tuberculeuse. Je ne peux encore ici que poser des indications, car le coma étant le symptôme de maladies très-diverses, il est difficile de déterminer avec justesse la valeur pronostique qu’il peut avoir. Il faut tenir compte des circonstances qui président à son développement, il faut faire entrer dans cette appréciation la connaissance des troubles qui le compliquent, avant de porter un jugement. Ce que l’on peut dire, d’une manière générale, c’est que, pris en lui-même, le coma même accidentel est d’autant plus redoutable qu’il est plus profond, d’une durée plus prolongée et moins interrompue par le délire ou par tout autre accident. Tous les auteurs sont d’accord là-dessus. On peut ajouter encore que, si le coma s’associe à un ralentissement marqué de la circulation, à l’inégalité et à l’irrégularité des mouvements respiratoires, au développement d’un râle trachéal abondant, à une calorification incomplète et mal proportionnée, mal répartie, à la paralysie des organes de la déglutition,