COMA. — VALEUR PRONOSTIQUE
de la miction, à la production d’une sueur abondante et visqueuse, il constitue l’un des signes les plus graves que l’on puisse constater. (Monneret.) Si, malgré sa présence, ajoute cet auteur, les fonctions de circulation, de respiration, de calorilication, les exhalations et les sécrétions ne sont pas troublées, il est non-seulement peu redoutable, mais même quelquefois réparateur.
Eu outre, au point de vue du pronostic, surtout lorsqu’il s’agit du coma sympathique, il faut tenir compte de la manière dont il procède, de sa plus ou moins grande intensité. Ainsi, d’après Rostan, le coma qui survient dès l’invasion d’une maladie aiguë, est un accident du plus redoutable augure. Dans certains cas, la torpeur, la somnolence, font prévoir au clinicien l’invasion de nouveaux accidents cérébraux. Ainsi, Graves rapporte que dans le typhus fever tacheté, si le coma survient entre le huitième et le dixième jour, si le malade dort presque continuellement, si, lorsqu’on le réveille pour lui parler ou le faire boire, il retombe dans sa torpeur, il faut craindre l’invasion d’accidents cérébraux redoutables. Qui ne sait enfin que, suivant que le coma se montre à différentes époques dans le cours des fièvres éruptives, sa valeur pronostique est bien différente. Ainsi, dans la variole discrète , si dès le début, pendant la période d’invasion, on n’observe chez un enfant qu’une tendance au sommeil, il ne faut pas s’alarmer; si, au contraire, il existe un véritable coma, si surtout il ne se dissipe pas au moment où l’éruption apparaît, si enfin il survient au sixième ou septième jour de la maladie, sa valeur pronostique est très-grande ; le médecin peut, à coup sur, prédire une terminaison fatale, qui survient ordinairement le huitième ou le neuvième jour de la maladie. Sydenham, van Swieten, Borsieri, Trousseau, sont d’accord pour signaler, dans ce cas, la gravité extrême de la variole discrète. Il s’agit, en effet, d’une variole anormale maligne.
Dans la variole confluente , l’apparition du coma dès le début de l’éruption ou pendant son cours, annonce un pronostic extrêmement grave.
Dans la scarlatine , si dès le début on observe un coma profond, si ce coma existe en même temps que d’autres phénomènes cérébraux, le médecin doit prévoir une terminaison promptement fatale. Il en sera de même si le coma persiste au moment de l’éruption. Lorsqu’il survient, dans la convalescence, il est d’un fâcheux augure. Pour Trousseau, les accidents nerveux, et parmi eux le coma, qui surviennent dans le décours de la scarlatine, ont une signification bien autrement terrible qu’ils n’en avaient dans la première période, et pourtant ils indiquaient déjà une gravité excessive.
Dans la rougeole , s’il suit la disparition intempestive de l’éruption, il est d’une gravité extrême; s’il se montre pendant la convalescence, ce qui est, du reste assez rare, il est d’un fâcheux augure.
Telles sont les seules considérations que j’ai cru devoir signaler sur la valeur pronostique du coma. M’étendre plus longuement sur ce sujet, serait entrer dans des redites sans fin, et puis, on le comprend, il me
COMA. BIBLIOGRAPHIE
serait impossible d’indiquer tous les problèmes qui peuvent surgir; il me serait impossible, surtout, de les résoudre d’une manière satisfaisante. L’observateur attentif peut seul, au lit du malade, tirer des indications plus ou moins favorables pour l’issue de la maladie dont le coma est le symptôme, la complication.
Traitement. — Avant tout, il faut traiter la maladie dont le coma est le symptôme. Ce n’est qu’en agissant ainsi que l’on aura l’espoir de combattre le coma. Par conséquent, il est difficile d’indiquer quels sont les moyens thérapeutiques qu’il faut employer. Ces moyens varient autant que les causes si diverses du coma, et ils seront signalés à propos de chacune des maladies que j’ai indiquées comme se compliquant le plus ordinairement du phénomène morbide en question.
Indications thérapeutiques générales. — Si le coma résulte de la compression de la masse encéphalique, on le combattra à l’aide des moyens préconisés en pareil cas; il faudra recourir, par exemple, à la déplétion du système vasculaire, exercer une révulsion sur le tube intestinal à l’aide de purgatifs énergiques, faire, de même, une révulsion sur le tégument externe à l’aide de frictions énergiques, de sinapismes, de vésicatoires; au contraire, si le coma résulte d’une anémie cérébrale, il faudra bien se garder d’avoir recours à de pareils moyens, car, en les employant, on l'augmenterait. On devra, au contraire, recourir à des moyens toniques, reconstituants. Je ne veux pas terminer ce qui a trait au traitement, sans mentionner un moyen qui a été employé il y a quelques années, en vue précisément de faire cesser la compression cérébrale, je veux parler de la compression des artères carotides. On trouvera dans le Compendium de médecine , tout à la fois l’historique de ce procédé, et les résultats qu’il a paru donner. Quant à moi, me fondant sur ce que j’ai dit à propos de la physiologie pathologique, je crois que c’est un détestable moyen, et qu’aujourd’hui il doit être complètement abandonné, même lorsqu’il y a compression cérébrale.
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Consultez, en outre, les principaux ouvrages de pathologie interne, ainsi que les ouvrages qui traitent spécialement des maladies de l’encéphale.