‹ Dictionnaire de mâedecine et de chirurgie pratiquesChapitre 11 sur 113 · CLIMAT. CLASSIFICATION 1)FS CLIMATS · texte numérisé non relu

CLIMAT. CLASSIFICATION 1)FS CLIMATS

logique se rétrécit et plus les unités qui le composent acquièrent d’importance. Les pays tempérés, au contraire, se font remarquer par la variété et par le nombre des espèces morbides, en n’attachant à ce mot que le sens figuré que nous lui avons attribué, par la mobilité des éléments qui les constituent et par leur bénignité relative, qui devient surtout frappante, lorsqu’on les compare aux redoutables endémies des régions torrides.

Nous aurons l’occasion de revenir avec plus de détails sur ces faits généraux, de les développer et d’en faire T application, en passant en revue les différentes zones climatériques, dont il nous reste maintenant à déterminer les limites.

ClaNsiftcsnioii clos clamais. — Toule division des climats est nécessairement arbitraire, puisqu’il n’existe pas entre eux de ligne de démarcation, mais elle doit être logique. La base la plus rationnelle qu’on puisse choisir est la température, puisque c’est l’élément dominant delà climatologie. Tant qu’on a pu penser qu’elle décroissait d’une manière régulière, en marchant de l’équateur vers les pôles, il a été naturel de prendre la latitude pour point de départ : aujourd’hui, cela n’est plus possible et nous sommes surpris de voir les hygiénistes hésiter encore à suivre l’exemple des météorologistes et à adopter, pour base de leurs classifications, le tracé des lignes isothermes. Louis Fleury, dans son Cours d’hygiène fait à la Faculté de médecine de Paris, Michel Lévy, dans la dernière édition de son beau Traité d’hygiène publique et privée, s’en tiennent encore à la latitude et à la vieille division en trois zones. Les auteurs qui les ont conservées ne s’entendent même pas sur les limites à leur assigner. Ainsi, tandis que le plus grand nombre limite les pays chauds au 50e degré, d’autres, à plus juste titre, les font remonter jusqu’au 55e. Les pays tempérés s’étendent, pour les uns, jusqu’au 50e, pour d’autres jusqu’au 55e; il en est même qui vont jusqu’au 60e. En bornant les pays chauds au 50e degré, on en exclut tout le nord de l’Afrique, la Syrie, la Turquie d’Asie, etc. En prolongeant les pays tempérés, jusqu’au 60e degré, on y comprend toutes les contrées du nord de l’Europe, de telle façon que cette zone renferme à la fois le Maroc, l’Algérie, les Régences et la majeure partie de la Russie. Quelles sont les considérations d hygiène et de pathologie, qui peuvent s’appliquer à la fois au delta du Ail et aux bords de la Néva, à Stockholm et au Caire, à Tripoli et à Saint- Pétersbourg? Les médecins ont si bien senti les vices de cette classification, qu’ils s’en sont complètement affranchis, mais pour tomber dans un excès contraire. Tous ceux qui, depuis vingt ans, s’occupent si activement de climatologie, au point de vue de la prophylaxie et du traitement de la phthisie, ont pris l’ habitude d’étendre la dénomination de pays chauds à tout le midi de l'Europe. Ils y comprennent l’Italie, l’Espagne, le littoral méditerranéen de la France, la Grèce, etc. , et les placent ainsi sur la même ligne que les contrées situées entre les tropiques. On conçoit facilement où doit conduire cette déplorable logomachie ; chacun parle sa langue et personne ne se comprend plus. Nous avons eu maintes fois

CLIMAT. — CLIMATS TORRIDES

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l’occasion de Taire ressortir ces inconséquences, dans la polémique que nous avons eu à soutenir à l’occasion de notre mémoire sur la Marche de la tuberculisation pulmonaire. On ne peut, sans tout confondre, réunir dans une même zone les délicieuses contrées du midi de l’Europe et les régions presque inhabitables situées sous la zone torride. Les bords du Gapeau ne ressemblent pas à ceux du Niger et le climat d’ilyères n’est pas celui de Tombouctou.

Pour échapper à cette confusion qui rend toute élude stérile, la climatologie doit, de toute nécessité, multiplier scs divisions, et sans tomber dans le morcellement illimité des climats partiels, sans descendre sur le terrain de la topographie, il ne faut pas hésiter à pousser la segmentation plus loin qu’on ne Ta fait jusqu’ici, à admettre un plus grand nombre de zones et à les subdiviser elles-mêmes en régions naturelles, dont la géographie physique s’est chargée de tracer les limites.

Nous proposons donc de partager l’espace compris entre l’équateur et les pôles en cinq zones climatériques séparées par des lignes isothermes présentant entre elles une différence de 10 degrés de température, et d’admettre cinq espèces de climats :

1° Les climats torrides, s’étendant de l’équateur thermal à la ligne isotherme de -+- 25° ;

2° Les climats chauds , étendus de la ligne de -+- 25° à celle de

5° Les climats tempérés, compris entre celles de -+- 15° et de -+- 5U;

4° Les climats froids, entre celle de H- 5° et celle de — 5";

5° Les climats polaires, entre — 5° et — 15°.

Cette division ne crée, par le fait, que deux zones nouvelles pour les climats extrêmes; elle a l’avantage de conserver aux autres le sens que l’usage leur a fait donner dans le langage médical, et de se prêter h des considérations plus pratiques et plus naturelles en hygiène et en pathologie.

Quant aux régions climatériques que nous avons cru devoir admettre à titre de subdivisions, on en trouvera l’indication détaillée dans le tableau suivant (p. 70 à 75).

Abordons maintenant l’étude des climats en particulier.

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