CLIMAT. CLIMATS CHAUDS
presque complètement les noirs. En revanche, ces derniers sont infiniment plus exposés au pian et à la lèpre. Ce sont eux qui peuplent la léproserie de l’Accarouany, qui comptait encore 118 malades en 1856. On y rencontre pourtant quelques blancs, mais pas un Indien. Toutes les races, au contraire, sont également sujettes à l’ulcère phagédéniqne de la Guyane, qui ressemble à celui de la Cochincliine, et dont il sera parlé dans le même article. Sa fréquence est telle, qu’en 1861, sur 8,575 transportés admis dans les hôpitaux de la colonie, le docteur Chapuis, médecin en chef de la Guyane, a compté 1812 ulcères, sans parler de ceux qui étaient traités dans les infirmeries.
Les Indiens qui habitent les grandes plaines traversées par les affluents de rOrénoque et de l’Amazone, sont surtout décimés par les fièvres éruptives. La variole est leur plus terrible fléau: en 1565, elle en fit périr 50,000, et détruisit six colonies de jésuites. On cite depuis cette époque un grand nombre d’épidémies analogues ; cependant elles sont devenues moins fréquentes et moins meurtrières, depuis une soixantaine d’années que la vaccine a été introduite au Para. La scarlatine et la rougeole ne sont guère moins redoutables au milieu de populations nomades, exposées à toutes les vicissitudes de l’atmosphère. Leur genre de vie rend également compte de la fréquence et de la gravité des maladies de poitrine, que la syphilis et l’ivrognerie viennent aggraver encore. Leur mauvais régime, l’abus qu’ils font du piment et du gingembre, déterminent souvent chez eux des dysenteries meurtrières ; enfin, c’est parmi ces peuplades qu’on rencontre le plus de géophages. Dans toutes les contrées de la zone torride, comme le fait observer de Humboldt, les hommes ont un désir étonnant et presque irrésistible de manger de la terre ; mais cette habitude est surtout répandue parmi les habitants des provinces septentrionales du Brésil. Les Ottomaques se nourrissent d’une argile ferrugineuse qui a été analysée par Vauquelin, et dans laquelle il n’a trouvé rien de nutritif. Les Indiens des bords de l’Amazone mangent de la terre glaise, même alors qu'ils peuvent se procurer d’autres aliments. Les jésuites ont parlé, depuis longtemps, de la voracité avec laquelle les Tapuyas mangent leur vaisselle de terre, lorsqu’on n’exerce pas sur eux une surveillance sévère. Ce n’est donc pas la faim qui les pousse : ils obéissent à un goût dépravé. C’est une forme de piea qu’on retrouve également chez les nègres atteints de malcœur, et qui détermine, à la longue, des désordres analogues.