I. — ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Anatomie. — Le cœur est situé dans la poitrine, immédiatement derrière la paroi thoracique antérieure à laquelle il transmet ses battements, et ei»avantde la colonne vertébrale dont le séparent l’aorte descendante et l’œsophage. Il occupe entre les deux poumons, qu’il contribue à tenir écartés, un espace que limitent les plèvres et qui porte le nom de médiastin. En bas, il repose sur le diaphragme, qui forme comme une cloison entre lui et la cavité abdominale, et par l'intermédiaire duquel il communique ses pulsations à l’épigastre. En haut, il reste à une certaine distance de la racine du cou, dont il est séparé par l’évasement supérieur du médiastin où se voient les gros vaisseaux qui se portent vers lui ou qui en émanent, et auxquels il paraît suspendu.
Le cœur n’est maintenu dans cette situation par aucun lien qui l’y fixe d’une manière invariable. Au contraire, contenu comme il l’est dans un sac séro-fibreux qui porte le nom de péricarde, et qui est beaucoup trop grand pour le loger, il jouit d’une facilité extrême pour accomplir ses mouvements soit intrinsèques, soit extrinsèques. Ses déplacements pourraient être très-fréquents si la plénitude même de la cavité thoracique ne l’immobilisait en quelque sorte dans la région qui lui est réservée. Lorsque la pression intérieure de la poitrine vient à augmenter sur un point, le cœur se trouve naturellement refoulé du côté opposé ; il obéit de même aux variations dépréssion qui surviennent dans la cavité de l’abdomen. Les conséquences des épanchements pleurétiques , des pneumatoses abdominales, etc., se devinent donc aisément, et leur influence sur les déplacement du cœur rentre dans l’ordre des faits les mieux connus de la clinique. Mais ce qui importe à savoir pour le physiologiste, c’est que le cœur, placé entre les deux poumons, est sans cesse sollicité par la rétractilité de ces organes et par le jeu naturel de la respiration. Il en résulte pour son fonc-
CŒUR. — conformation extérieure.
bonnement certaines circonstances qui ont déjà été appréciées (voy. Cu curation, t. VII, p. 711), ou que nous apprécierons plus tard.
A. Conformation extérieure. — Le cœur, vu en situation avec le péri carde ouvert et envisagé dans son aspect général, a la forme d’un côn renversé dont l’axe est oblique de haut en bas, d’arrière en avant et d droite à gauche. La base du cône tournée en haut correspond à peu prè au deuxième espace intercostal ; elle déborde un peu à droite le ster num dont elle tend à s’éloigner pour se rapprocher de la colonne verté braie : elle répondrait à la cinquième vertèbre dorsale. Le sommet, ai contraire, s’applique plus exactement à la paroi thoracique ; il vient battu au-dessous du mamelon gauche dans le cinquième espace intercostal.
Le cœur est un peu aplati d’avant en arrière et présente par conséquen deux faces et deux bords. La face antérieure est convexe; c’est elle qu est en rapport avec la paroi thoracique antérieure, ou plus exaotemen avec le sternum et avec les cartilages des quatrième, cinquième et sixièmi cotes gauches et avec les espaces intercostaux correspondants. L’ étendu* de ces rapports est variable et se trouve subordonnée à la portion plus oi moins grande de poumon qui s’interpose entre le péricarde et la paro pectorale, soit du côté droit, soit du côté gauche. Il s’ensuit que la surfaci de matité par laquelle on évalue approximativement le volume du co'ui chez le vivant est elle-même très-variable. Bouillaud estime qu’en général cette surface, qui a la forme d’un losange, a de 1 pouce 1/2 à 2 pouces (41 à 54 millim.) en travers et verticalement. 11 est très-rare que les poumons recouvrent entièrement la face antérieure du cœur. Au contraire, pour peu que cet organe s’hypertrophie, la surface de matité s’accroît dans des limites quelquefois très-considérables et jusqu’à atteindre 5 à li pouces carrés. (Bouillaud.) Il en est de même dans les épanchements liquides du péricarde et dans des proportions encore plus larges. Nous donnons, d’après Piorry, les lignes plessimétriques indiquant sur le vivant les dimensions du cœur et ses rapports avec la paroi thoracique antérieure (fig. 16).
La face postérieure du cœur est plane ; elle repose sur le centre aponévrotique du diaphragme, et, à vrai dire, elle est plutôt horizontale que verticale, et mérite bien le nom de face inférieure que lui donnent la plupart des auteurs.
l)es deux bords du cœur, le droit, qui est mince, se dirige presque horizontalement en s’appuyant sur le diaphragme; il se recourbe et devient vertical seulement près de la base de l’organe. Le bord gauche est vertical dans toute sa hauteur; il est beaucoup plus épais que le bord droit ; il se loge dans une excavation que lui ménage le poumon gauche.
Il résulte de ce qui précède que lorsqu’on a déterminé la position du sommet du cœur, ce qui est toujours facile sur le vivant, il suffit de tirer de ce point deux lignes à angle droit, l’une horizontale et l’autre verticale, pour obtenir un angle dans lequel le cœur se trouve inscrit.
Le volume du cœur est peu considérable. D’après Laennec, le cœur, y compris les oreillettes, doit avoir un volume un peu inférieur, égal nu
fitEUK. COIN FORMATION EXTÉRIEURE.
de très-peu supérieur au volume du poing du sujet. Cette approximation vraiment utile pour les cas les plus ordinaires, devient insuffisante lors-
I'ig . 16. — Lignes plessimétriques et dimensions du cœur à l'état normal. Ces dimensions varient suivant les âges, les constitutions diverses, et les proportions de sang existant dans l’organisme. (Piorry.)
qu’on aborde les faits pathologiques, et qu’on a lieu de soupçonner une atrophie ou une hypertrophie de l’organe. 11 faut non-seulement déterminer avec exactitude son volume total, mais encore les dimensions de chacune de ses parties.
Pans le premier cas, lorsqu’il s’agit de cuber le cœur, on pourrait avoir recours à la méthode hydrostatique, suivie par Leblanc (d’Alfort), pour divers animaux, tels que le bœuf, le cheval et le chien. Le cœur étant plongé dans l'eau , on calcule son volume d’après le poids de l’eau déplacée.
Chez l’homme, les observateurs ont de préférence mis en usage la mensuration directe. Lobstein, Bouillaud, Bizot, Vernois, etc., ont donné des chiffres nombreux qui témoignent de beaucoup de patience dans leurs recherches, mais qui démontrent en même temps, par l’extrême variabilité des mesures obtenues, qu’on ne doit pas leur accorder une valeur absolue. Comme exemple des résultats acquis par ce moyen, nous emprunterons à J. Bizot le tableau dans lequel sont indiquées, pour l’état normal, les trois dimensions du cœur dans les deux sexes et aux divers âges.
CCEUK. — CONFORMATION EXTÉRIEURE.