ÉPAISSEUR
ans.
millim.
ans.
millim.
De t à 4.
De 5 à 9.
De 10 à 15.
De 16 à 29 .
De 50 à 49.
De 50 à 79.
De 50 à 89.
Les dimensions inscrites dans ce tableau sont des moyennes calculé d’après un certain nombre de sujets. La hauteur se mesure du somm au milieu de la base du cœur ; la largeur et l’épaisseur, au niveau de base des ventricules.
On voit que le volume du cœur ne cesse pas de s’accroitre depuis naissance jusqu’à l’âge le plus avancé, et qu’il est toujours moindre ch la femme que chez l’homme, même dès les premières années de la vi alors que l’influence de la sexualité ne se fait pas encore sentir. On pe encore conclure de ces données, bien qu’on n’en puisse juger que par comparaison des sexes, que le volume du cœur est jusqu’à un certa point subordonné à la taille de l’individu.
On ne serait pas en droit de conclure du volume du cœur à sa mas et à la quantité de substance musculaire qu’il renferme ; car les dime sions plus considérables de l'organe, chez les vieillards surtout, poi raient très-bien n’indiquer qu’une dilatation passive des cavités, et p conséquent n’offrir que des apparences trompeuses. Il faut encore av< le poids du cœur. Pour l’obtenir avec exactitude, on doit supposer q les cavités cardiaques sont vidées du sang qu’elles peuvent contenir que les gros vaisseaux sont coupés à leur origine même. Dans ces com lions, voici les chiffres que les auteurs ont donnés : J. Cruveilhier estii que le poids du cœur est, chez l’adulte, de 7 à 8 onces (219 à 250 gramme: Lobstein, de 9 à 10 onces (281gr,25 à 512ïr,50) ; et enfin Bouillaud,
8 à 9 onces (250 à 281sr,25). Ces résultats concordent dans leur var bilité même, car ils prouvent simplement qu’il y a sous le rapport poids du cœur de grandes différences individuelles. Il est à regret qu’on n’ait pas dressé de ces différences, suivant les âges et suivant sexes, des tableaux comme ceux qu’on a faits pour les dimensions liné res; car l’hypertrophie et l’atrophie du cœur ne sont que relatives à ci
CŒUU. CONFORMATION EXTÉRIEURE.
taines données. Il ressort pourtant, comme lois générales, des exemples rapportés par Bouillaud : lu que le cœur n’atteint son entier développement qu’après l’âge de vingt-cinq ans ; 2° que son poids est subordonné à la taille et à la constitution de l’individu ; 3° enfin qu’il est un peu moindre chez la femme que chez l’homme.
Le cœur étant ainsi mesuré et pesé, occupons-nous maintenant de quelques derniers détails de sa conformation extérieure.
Sur une grande partie de la hauteur de la face antérieure du cœur règne un sillon vertical qui la divise eu deux parties inégales, l’une droite plus étendue, et l’autre gauche plus étroite. Ce sillon se reproduit sur la lace postérieure de l’organe qu’il partage en deux moitiés égales. En se continuant d’une face à l’autre, il échancre le sommet du cœur qui parfois parait bifide. La signification de cette rainure se rapporte à la dualité du cœur. Elle correspond exactement à la ligne de séparation des deux ventricules et à la cloison interventriculaire. Elle est occupée et en partie comblée par des vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques. En avant, on remarque l’artère cardiaque antérieure et la racine d’origine de la grande veine coronaire ; en arrière, on trouve l’artère cardiaque postérieure et une veine tributaire de la grande coronaire. Du tissu adipeux plus ou moins abondant se dépose le long de ces vaisseaux et les masque en partie.
Les limites supérieures du grand sillon vertical sont fixées par un sillon horizontal qui contourne le cœur presque entièrement. Il n’est interrompu qu’en avant par les origines de l’artère pulmonaire et de l’aorte ; et encore ces deux vaisseaux laissent-ils derrière eux une gouttière qui parait en être la continuation. Il est plus large et plus profond que l’autre , il marque la séparation des oreillettes et des ventricules, comme le vertical indiquait celle des ventricules eux-mêmes. Son plan est plutôt oblique que vraiment horizontal, et tellement incliné qu’il regarde en arrière et en haut. Aussi la face antérieure de la portion ventriculaire du cœur est-elle plus haute que la postérieure, avec une différence que Cruveilhier évalue à 15 lignes (56 millimètres) environ. Dans ce même sillon, on voit les branches horizontales des artères cardiaques, et, dans sa moitié gauche, le tronc lui-même de la grande veine coronaire. Du tissu adipeux contribue aussi à le remplir.
Toute la portion du cœur qui est située au-dessus du grand sillon circulaire appartient aux oreillettes. La face antérieure de ces organes représente un demi-cylindre creux, limité aux deux extrémités de son diamètre transverse par des appendices llottants et en forme d'oreille de chien, ce qui leur a valu le nom d 'auricules. L’auricule droite, courte, triangulaire , s’avance moins en avant que l’auricule gauche , qui est longue, mince, bien détachée du corps de l’oreillette, et recourbée deux fois sur elle-même comme une s italique. Dans la concavité ménagée par la face antérieure des oreillettes et par les auricules, on trouve, sur un premier plan, l’artère pulmonaire qui continue une sorte de prolongement du ventricule droit que nous connaîtrons sous le nom d Hnfundi-
(XEUR. CONFORMATION INTÉRIEURE.
bulum , el qui se porte obliquement à gauche et eu haut. Sur un secoin plan, on voit l’origine de l’aorte, qui est d’abord masquée par Farter pulmonaire, et qui se dirige en haut et à droite, en s’entre-croisant ave< celle-ci comme les deux branches d’un X.
La face postérieure de la portion auriculaire du cœur est convexe e divisée en deux parties par un sillon vertical qui semble continuer b sillon interventriculaire et qui correspond également à la séparation de oreillettes. A droite de ce sillon, on voit l’embouchure de la veine cavi inférieure, et au-dessous celle de la grande veine coronaire.
La face supérieure présente la continuation du sillon interauriculaire A droite de ce sillon, on observe l’embouchure de la veine cave supé rieure ; à sa gauche, celle des quatre veines pulmonaires divisées en deu: groupes : celui des veines pulmonaires droites près du sillon lui-même tandis que celui des veines pulmonaires gauches se rapproche des limite: extrêmes de l’oreillette du même côté.
La face inférieure des oreillettes prises dans leur ensemble se confoni avec la base des ventricules.
B. Conformation intérieure. — Nous savons déjà quelle doit .être h disposition générale de l’intérieur du cœur, et comment il se fait qu’il es partagé en quatre compartiments. Le cœur est double, avons-nous dit l’un des deux cœurs est situé sur le trajet du sang noir, et l’autre su: celui du sang rouge. Leur séparation est formée par une cloison verticah qui est complète chez l’adulte et même chez l’enfant qui a respiré. Chacui des deux cœurs se compose d’une oreillette et d’un ventricule : une cloi son membraneuse, perforée et disposée en valvule, marque les limite: entre ces cavités. Nous avons donc à étudier deux ventricules et dem oreillettes, plus les orifices par lesquels ces organes communiquent en semble, et ceux par lesquels ils communiquent avec le système vasculaire
Un premier point important consiste à comparer entre elles les quatn cavités cardiaques sous le rapport de l’épaisseur de leurs parois et d< leur capacité.
Les parois du ventricule gauche, épaisses el charnues, l’emportent d< beaucoup sur celles du ventricule droit, et celui-ci à son tour laisse biei loin au-dessous de lui les oreillettes, qui semblent réduites à l’état d< membranes dont la nature musculaire a paru contestable à plusieurs auteurs. Voici du reste quelques chiffres :
D’api'ès Bouillaud, l’épaisseur moyenne des parois du ventricule gauche, prise à la base, est de 15 à 16 millimètres; celle du ventricule droit, ai même niveau, de 6 millimètres. La cloison interventriculaire a 16 millimètres d’épaisseur; l’oreillette gauche n’a que 5 millimètres, et l’oreillette droite 2 millimètres seulement. Ces mesures sont calculées chez des sujets adultes et bien constitués.
Les résuhats obtenus par Bizot sont en général inférieurs à ceux de Bouillaud : c’est ainsi que l’épaisseur du ventricule gauche à la base n’est plus en moyenne que de 10 à 11 millimètres, et celle du ventricule droit (jue de 4 à 5 millimètres. Mais au lieu de reproduire des calculs intermi-
CŒUR. CONFORMATION INTÉRIEURE. 257
nables, nous aimons mieux dégager du travail de Bizot les lois qu’il en a déduites lui-même.
1° Les parois du ventricule gauclie s’accroissent avec lage , chez l’homme et chez la femme, non-seulement pendant la jeunesse, mais encore pendant l’âge adulte et jusque dans la vieillesse;
2° L’épaisseur des parois du ventricule gauche est moindre chez la femme que chez l’homme ;
5° Le maximum d’épaisseur du ventricule gauche se trouve à la partie moyenne ; vient en second lieu la hase, puis la pointe ;
4U L’épaisseur de la cloison ventriculaire suit les mêmes modifications que celle de la paroi du ventricule gauche-,
5° Pour le ventricule droit, l’âge, le sexe, le volume du cœur, la capacité de plus en plus grande de sa cavité, n’ont que bien peu d’influence sur l’épaisseur de la paroi, qui reste à peu près stationnaire, tandis que celle du ventricule gauche va sans cesse en s’accroissant;
0° Plus ou se rapproche des premiers instants de la vie, plus les deux ventricules se ressemblent sous le rapport de leur épaisseur; à la naissance et déjà un peu avant cette époque, le gauche est légèrement plus épais, et chez l’embryon l’épaisseur des deux ventricules est à peu près la même.
Bizot n’a pas mesuré les oreillettes qui, il est vrai, en raison de leur minceur même, échappent à toute appréciation rigoureuse.
La capacité des cavités du cœur a été déterminée par deux procèdes différents, soit par la mensuration des diamètres, soit par le poids d’une matière quelconque dont on les remplit. C’est ce dernier procédé que Legallois a d’abord mis en usage, pour les ventricules au moins. Il les remplissait de mercure et pesait ensuite ce qu’ils en avaient pu contenir. Dans une de ses expériences sur un cœur d’adulte, on voit que le ventricule droit en a renfermé jusqu’à 1,172 grammes, tandis que le gauche n’a pu en recevoir que 1,068 grammes. Cette inégalité persiste même lorsqu’on ne peut plus invoquer la distension du ventricule droit par les progrès de l’asphyxie, et que l’animal a, par exemple, péri par hémorrhagie. On la retrouve encore lorsque le ventricule gauche a été mis dans le relâchement le plus complet, après que son état de rigidité cadavérique a cessé.
Cette même conclusion ressort encore des mensurations pratiquées par J. Bizot. Voici quelques chiffres : chez l’homme adulte, le ventricule gauche offre, à l’intérieur, une hauteur de 78 millimètres et une largeur de 122 millimètres, tandis que pour le ventricule droit ces mêmes dimensions s’élèvent respectivement à 84 et à 1 85 millimètres. Ainsi la capacité du ventricule droit est beaucoup plus grande que celle du ventricule gauche. On voit encore, dit Bizot, que les ventricules sont plus larges que longs. Ces mêmes résultats se maintiennent à tous les âges de la vie et dans les deux sexes. Enfin, la capacité des deux ventricules va sans cesse en s’accroissant depuis le moment de la naissance jusqu’à l’âge le plus avancé.
NOUV. IlICT. J1ÉU. ET UHIH.