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PATHOLOGIE : APERÇU HISTORIQUE

Stii.i.é, American Journal of medical Science. Juillet 1844.

Cruveilhier (J.;, Traité d’anat. patliol. gén., t. II, p. 460 et suiv. Paris, T 8 5 ^ .

Bamberger, Lehrbuch der Krankheiten des Herzens, p. 570. Wien, 1857.

Peacock, Ou malformations of the human lleavt. London, 1858.

I ôrster, Die Missbildungen des Menschen, p. 157. Iena, 1801.

On trouvera en outre un très-grand nombre de faits particuliers dans les Bulletins de la Société anatomique.

PATHOLOGIE

Aperçu historique. — C’était chez les anciens une opinion fort accréditée que le cœur n’est jamais malade. Hippocrate passait pour l’avoir dit, et la tradition le répétait après lui. Source de la vie, siège de l’âme et des passions, foyer du calorique inné, un organe si noble ne devait éprouver ni souffrance ni lésion. Ce qu’est le soleil au milieu de l’univers, le cœur l’était au sein de l’économie : pas plus pour l’un que pour l’autre on n’eût admis la possibilité d’une défaillance.

L’immortelle découverte de Harvey, au commencement du dix-septième siècle, en révélant le merveilleux mécanisme qui préside au mouvement et à la répartition du fluide nourricier, ouvrit donc à la pathologie une voie à peu près inexplorée. Mais il fallut de longues années avant que la nouvelle doctrine parvînt à se faire accepter sans contestation, et, pendant ce temps, l’attention du monde médical fut presque totalement absorbée par la question physiologique. Ce n’est guère que vers la fin du dix-septième siècle et le commencement du dix-huitième, que l’étude des maladies du cœur entra dans la phase véritablement scientifique. C’est l’époque mémorable où l’enseignement des Albertini et des Valsalva jetait sur les écoles d’Italie un si vif éclat, où Lancisi, dans son beau livre sur les anévrysmes, réalisait l’alliance la plus heureuse entre l’anatomie et la clinique; où Lower, en Angleterre, poursuivait l’œuvre de Harvey; où, parmi nous, Bonct et Vicussens recueillaient les matériaux d’une pathologie cardiaque, le premier dans son Sepulchretum , vaste compilation anatomo-pathologique, aride quant à la forme, mais féconde par l’impulsion qu’elle communiqua aux sciences médicales d’alors; le second dans des écrits concis, mais riches en vues originales et profondes. On reste vraiment surpris en rencontrant déjà sous la plume du célèbre anatomiste de Montpellier des considérations pleines de justesse sur les conséquences des altérations de la valvule mitrale, une description très-exacte de ce pouls si caractéristique auquel plus tard Corrigan donnera son nom en l’assignant à l’insuffisance aortique, et vingt autres aperçus où se révèle la sagacité la plus pénétrante.

Mais ces premiers essais devaient être dépassés : bientôt apparaissent deux des plus belles productions médicales du dix-huitième siècle et de tous les temps: les admirables Lettres de Morgagni, et le Traité de Sénac, De la structure du cœur , de son action et de ses maladies. Tout ce que l’investigation cadavérique peut découvrir, abandonnée à elle-même et sans le secours des moyens perfectionnés que la science moderne a mis au service de l’anatomie pathologique, on peut dire que Morgagni l’a vu.

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Son livre, où brille une érudition immense, est un trésor inépuisable de faits soigneusement étudiés et décrits avec une vérité saisissante; il n’est guère d’altérations du cœur qui ait échappé à son examen. L’interprétation peut être souvent en défaut, l’observation jamais. — Sénac est avant tout clinicien ; s’il cultive l'anatomie normale et l’anatomie pathologique, c’est pour les faire converger l’une 'et l’autre vers la science du diagnostic et la recherche des indications; il lutte, avec un singulier bonheur, contre 1, 'insuffisance manifeste des moyens d’exploration dont il dispose, et il y supplée de son mieux par le sens pratique qui ne l’abandonne jamais, et par le mélange de hardiesse et de prudence qui préside à ses inductions. Le premier il soupçonne le rôle considérable de l’inflammation dans la production des maladies du cœur, et dessine à grands traits l’histoire de la péricardite.

Au total, ce qui caractérise cette période, c’est un contraste frappant entre des notions relativement avancées sur la nature des lésions dont le cœur peut être le siège, et la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, de mettre à profit ces connaissances au lit du malade. On parvenait à une approximation, parfois très-remarquable, par l’étude attentive des phénomènes fonctionnels : on notait, avec un soin minutieux, l’expression de la physionomie, le décubitus, les caractères de la dyspnée, de l’expectoration et de la toux, les palpitations, les lipothymies. L’état du pouls occupait une place considérable dans l’ensemble symptomatique, et la sphygmique de cette époque était, à elle seule, devenue toute une science. En fait de signes physiques, on n’allait guère au delà de l’appréciation du choc du cœur, de la voussure précordiale et du gonflement des veines jugulaires. Qu’avec de si pauvres éléments de diagnostic on arrivât, dans maintes circonstances, à une précision digne de surprendre, c’est ce dont il serait facile de fournir de frappants exemples. Mais cette exactitude, ainsi que le remarque fort bien Bamberger, restait le privilège d’un très-petit nombre. Ce qui manquait essentiellement , c’était un ensemble de faits et de doctrines qui rendit la science des maladies du cœur accessible à la généralité des médecins instruits et attentifs. *

Cette révolution appartient à notre siècle. Elle commence, dès les premières années qui l’inaugurent, avec les travaux de Corvisart. L’avénement en avait été préparé près de cinquante ans auparavant par un médecin de Vienne dont le nom, longtemps obscur, fut alors seulement tiré de l’oubli, Avenbrugger. En empruntant à l’inventeur de la percussion le procédé dont il avait doté la séméiotique, Corvisart fut plus qu’un vulgarisateur; il sut en généraliser l’emploi, en régler les applications aux principales maladies du cœur, créer une méthode en un mot. Nonseulement il tira de cette méthode un immense parti pour la délimitation plus précise d’espèces morbides confondues avant lui; mais surtout, et c’est là son principal mérite, il imprima aux esprits une direction nouvelle, en les habituant à chercher des éléments de certitude dans l’analyse des phénomènes objectifs présentés par les malades. Lui-même donnait l’exemple en indiquant le premier la valeur de quelques-uns des signes

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