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CŒUR. PATHOLOGIE GÉNÉRALE : COMPLICATIONS

cœur. Elles sont donc, à l’origine du moins, de nature mécanique, et reproduisent sur une grande échelle ce que l’on voit arriver dans le cas d’œdème partiel succédant à une oblitération veineuse. Toutefois, ici encore, il faut se garder des lois trop absolues: la cause mécanique a une puissance incontestable; mais elle n’est pas la seule. A ne vouloir considérer qu’elle, on rencontre des difficultés insolubles. En effet, l’anasarque n’est point en rapport constant avec la gravité et l’étendue de la lésion cardiaque. Elle peut être énorme chez les individus qui succombent avec un faible degré de rétrécissement d’orifice, tandis que chez d’autres, où la mort a été aussi le résultat de la maladie du cœur, il y a eu à peine de l’œdème aux extrémités, quoique à l’autopsie on rencontre un rétrécissement extrême et des congestions viscérales multiples. Chez beaucoup de sujets affectés de maladies du cœur, l’anasarque qui ne s’était jamais montrée survient tout à coup sous l’influence de causes débilitantes, d’un chagrin, d’une fatigue, d’un refroidissement, etc., sans que les autres symptômes de l’affection cardiaque présentent pour cela de l’aggravation. Sans doute, on peut invoquer, avec raison, l’insuffisance momentanée des compensations, et par suite l’accroissement de l’arrêt circulatoire ; mais cela même ne rend pas compte des nombreuses variétés auxquelles est sujet ce symptôme.

Il faut donc nécessairement faire intervenir des causes générales, des actes vitaux, des altérations dans la composition du sang, lesquelles sont bien elles-mêmes des effets éloignés de la lésion du cœur, mais qui arrivent, à la longue, à jouer un rôle essentiel dans la production des hydropisies. Dans ce nombre nous placerons, tout d’abord, l’albuminurie, qu’il est exceptionnel de ne pas rencontrer dans une période avancée des maladies du cœur, et l’abaissement corrélatif dans le chiffre de l’albumine du sang; en second lieu, les déperditions humorales de toute nature, l’imperfection de l’hématose par suite des lésions pulmonaires, en un mot, toutes les circonstances qui concourent à la production de la cachexie cardiaque, dont l’anasarque peut être à bon droit considérée comme un des principaux symptômes.

o° Flux. — Par suite de l’byperémie prolongée des membranes muqueuses, il se développe très-babituellement une exagération de sécrétion qui se traduit par un catarrhe chronique. Telle est, entre autres, l’origine de la bronchorrhée qu’il est si ordinaire de constater chez les sujets depuis longtemps atteints de maladie du cœur, et qui subit dans son intensité des variations en rapport avec l’état de la circulation dans les cavités cardiaques.

Mais c’est bien à tort que l’on voudrait généraliser à tous les organes glandulaires cette augmentation de l’activité sécrétoire. Il en est quelques-uns pour qui une pareille proposition ne supporterait pas l’examen, les glandes lacrymales et salivaires, par exemple. Gendrin admet que dans les maladies graves du cœur, et bien avant que le tissu cellulaire s’infiltre de sérosité, sans que l’on ait eu recours à l’administration des diurétiques, on observe une sécrétion augmentée des urines qu’il désigne

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sous le nom de diurèse colliquative. L’excès sur la quantité des boissons ingérées serait d’un sixième à un cinquième dans les cas peu avancés, et pourrait aller jusqu’à dépasser du double cette quantité. Nous ne croyons pas que cette manière d’apprécier la sécrétion urinaire d’après les boissons soit susceptible d'une grande rigueur. Elle a évidemment induit Gendrin en erreur. On ne peut, à cet égard, arriver à des résultats précis qu’en prenant pour base d’appréciation la quantité normale de l’urine sécrétée dans les vingt-quatre heures, et en suivant chez un même malade , pendant un certain temps, les variations de celte quantité. Or, on peut considérer aujourd’hui comme un fait bien démontré la diminution de la quantité des urines dans les circonstances signalées par Gendrin. Nous reviendrons bientôt sur cette question intéressante; mais nous ne pouvions laisser passer sans la signaler une erreur aussi sérieuse. En affirmant que « les retours de la diurèse deviennent plus fréquents et leurs intervalles moins longs à mesure que la maladie du cœur devient plus grave et se prolonge davantage, » ce médecin nous paraît avoir pris précisément le contre-pied de la vérité.

6° Gangrènes. — La gangrène, l’un des épiphénomènes les plus graves qui puissent survenir dans les maladies du cœur, revêt plusieurs aspects suivant le mécanisme qui préside à sa formation.

Elle trouve, on doit le reconnaître, une opportunité toute particulière dans cette détérioration générale et profonde des fonctions nutritives, que révèle l’anasarque, dans l’abaissement progressif de la vitalité de tous les tissus.

Lorsque les choses sont ainsi préparées, un incident, insignifiant en apparence, suffit à la produire. Un léger coup, une excoriation minime, quelquefois la seule pression exercée sur le siège par le poids du corps, voilà les causes occasionnelles qui lui servent de point de départ. Les scarifications faites avec la pointe d’une lancette ou même par une simple piqûre d’aiguille, dans le but de donner issue à la sérosité infiltrée dans les mailles du tissu cellulaire, donnent lieu très-souvent à une inflammation traumatique qui dégénère bientôt en sphacèle. Il est bon d’en être prévenu, afin de ne recourir qu’à la dernière extrémité à ce moyen de soulagement. L’état de tension où se trouve la peau par le fait de l’œdème, les éraillures du derme qui en sont la conséquence, favorisent singulièrement le travail de mortification. Nous avons indiqué plus liant la terminaison, par la gangrène, des érythèmes, des érysipèles, dont les membres inférieurs sont si fréquemment atteints à la période ultime des maladies du cœur.

La gangrène, une fois déclarée dans ces déplorables circonstances, prend ordinairement la formehumide; elle n’a aucune tendance à se circonscrire. Les eschares gagnent de jour en jour en étendue, le cercle d’inflammation éliminatoire ne se dessine qu’incomplétement, et il est presque sans exemple de voir les malades survivre à cette complication.

D’autres fois, la gangrène succède soit à une oblitération artérielle formée sur place, soit même à une simple ossification ou à un état atlié-

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