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RUPTURES

le ventricule droit et trois seulement sur le ventricule gauche. Nous verrons que l’inverse a lieu pour les ruptures spontanées. Les traumatismes peuvent encore produire la rupture des oreillettes, et peut-être plus souvent celle de l’oreillette gauche que celle de l’oreillette droite; ils donnent lieu quelquefois aussi à des désordres plus étendus : dans une observation de Ludwig, un jeune homme mort subitement d’un coup de pied de cheval reçu en pleine poitrine, présentait une rupture de l’oreillette droite avec une rupture incomplète du pourtour de l’orifice auriculo-ventriculaire et une fissure de la cloison interauriculaire au niveau du trou de Botal.

La plupart des ruptures traumatiques ont été observées chez des sujets jeunes. Les hommes, à cause de leurs travaux, y sont plus exposés que les femmes ; sur dix-huit observations, seize se rapportent à des hommes et deux seulement à des femmes. (Elleaume.)

Pour tous les autres détails d’anatomie pathologique et pour ce qui se rapporte à la symptomatologie et au diagnostic, nous renvoyons à ce qui concerne les ruptures spontanées, rappelant seulement que ce qui distingue essentiellement de celles-ci les ruptures traumatiques, c’est l’intégrité préalable du tissu du cœur, et c’est aussi leur siège ordinaire sur le ventricule droit. Quant à la terminaison, elle est aussi généralement mortelle.

Ruptures spontanées. — Les différents points des parois du cœur peuvent être, bien que dans proportions différentes, atteints de ruptures spontanées ; nous aurions donc à considérer :

1° Les ruptures des parois ventriculaires et auriculaires ;

2° Les ruptures de la cloison interauriculaire ou interventriculaire ;

5° Les ruptures des muscles papillaires et des tendons des valvules:

4° Les ruptures des vaisseaux coronaires.

Il faudrait encore distinguer les ruptures complètes et les' ruptures incomplètes ; mais comme les ruptures complètes des parois qui mettent en communication les cavités cardiaques avec la cavité du péricarde sont les plus graves et paraissent les plus fréquentes, il importe de les étudier particulièrement; ce sont elles que nous aurons surtout en vue dans ce chapitre.

Pathogénie. — Il v a trente ans, les ruptures sans altération préalable du tissu du cœur étaient admises sans contestation par les auteurs. Dezeimeris, dans son mémoire, Ollivier, dans le Dictionnaire en 50 volumes , les auteurs du Compendium de médecine croient à l’existence de ces ruptures. Mais depuis que le microscope est venu nous révéler dans le tissu musculaire des altérations et des dégénérescences qui ne se traduisent pas toujours à l’œil nu par des changements d’aspect appréciables, les observations anciennes sur lesquelles on s’appuyait, et qui manquaient de ce moyen de contrôle, perdent toute leur valeur, Aujourd’hui on rejette complètement l’existenre des ruptures spontanées sans altération préalable des parois.

CCEUH. — RUPTURES.

Si les parois saines du cœur ne peuvent se rompre, sans altération préalable, toute modification capable d’affaiblir leur résistance devient une cause de rupture ; la division que nous avons donnée pour la pathogénie des anévrysmes du cœur nous paraît encore applicable ici. Nous dirons donc que les ruptures du cœur peuvent succédera l’inflammation (myocardite), à la transformation fibreuse des fibres musculaires, à la dégénérescence graisseuse de ces fibres, à des causes accidentelles (apoplexie, kystes, abcès, anévrysmes).

La dégénérescence graisseuse est la cause la plus fréquente; sur soixante-huit cas, Quain l’a trouvée vingt-cinq fois. Nous savons avec quelle facilité celle dégénérescence succède à l’altération des artères coronaires. Tout récemment même, Tachard a émis l’opinion que l’altération de ces artères est la cause unique de l’apoplexie et des anévrysmes du cœur, et que les abcès des parois succèdent toujours à une embolie d’une de leurs branches. Dans une observation de rupture due à Malmsten, cette oblitération a été constatée comme unique lésion.

Il faut tenir compte aussi des lésions cardiaques antérieures, telles que les obstacles valvulaires, les dilatations des cavités, le rétrécissement de l’orifice aortique, l’étroitesse congénitale de l’aorte. (Bamberger.) D’après le même auteur, l’adhérence complète du cœur au péricarde serait, au contraire, un obstacle à la rupture des parois.

On a beaucoup discuté pour savoir si la rupture se produit pendant la diastole ou pendant la systole. Il serait difficile aujourd’hui de ne pas admettre, avec Rokitansky, que cette rupture a lieu seulement au moment de la systole.

Etiologie. — Les ruptures spontanées sont surtout fréquentes après soixante ans ; pour une série de quarante-huit observations, la moyenne de l’àge était soixante-cinq ans. (Elleaume.)

Les hommes sont plus exposés que les femmes à ce genre de lésion, mais dans une proportion assez faible cependant.

D’une façon générale, les affections cardiaques prédisposent aux ruptures; il est rare de ne pas trouver à l’autopsie, chez ceux qui succombent ainsi, quelque lésion valvulaire.

On sait aussi quelle est l’influence des habitudes alcooliques sur les dégénérescences du tissu du cœur.

La syphilis pourrait-elle agir d’une façon analogue? Nous croyons qu’on ne pourrait l invoquer avec certitude que dans les cas où l’on aurait affaire à une tumeur gommeuse bien manifeste.

Les cuuses occasionnelles des ruptures sont, dans un certain nombre de cas, parfaitement appréciables. On a vu les ruptures survenir à la suite d’un bain froid (Portai), d’un accès de colère, des efforts de la défécation, de la toux, du vomissement, pendant le coït (Vater, Allix), dans une attaque d’épilepsie. (Trousseau.) Mais, assez souvent aussi, aucun effort n’a pu provoquer la rupture; les individus ont été frappés au lit, pendant le sommeil.

CŒUR

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