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RUPTURES

Anatomie pathologique. — Le siège de prédilection des ruptures spontanées est le ventricule gauche; le ventricule droit, si exposé aux ruptures traumatiques, présente rarement des ruptures spontanées. La paroi musculaire offrant moins d’épaisseur à la pointe, c’est en ce lieu que sembleraient devoir se produire le plus grand nombre des déchirures. (Laennec.) On les voit, cependant, siéger aussi souvent à la base qu’à la pointe; mais, dans les trois quarts des cas (Elleaume), elles occupent la face antérieure au voisinage de la cloison.

L’oreillette droite est un peu plus souvent rompue que la gauche. (Friedreich.)

Les ruptures des colonnes charnues et des tendons valvulaires ne sont pas très-rares; Peacock a pu en réunir onze cas en 1852.

Celles des artères coronaires ont été très-rarement observées. Cependant Aran et Heuse en ont rassemblé quelques cas. Une fois la veine coronaire variqueuse a été trouvée rompue. Mais les altérations des artères, ossification ou thrombose, ont été plus souvent notées en même temps que la rupture des parois.

L’étendue de la déchirure extérieure est très-variable; elle peut avoir depuis quelques millimètres jusqu’à plusieurs centimètres. Le journal d’Hufeland mentionne un cas où elle existait de la hase à la pointe.

Le plus souvent la rupture est parallèle aux faisceaux des fibres musculaires, mais elle peut aussi être transversale.

L’aspect en est irrégulier, déchiqueté, frangé, rarement net; l’orifice interne, ordinairement plus petit que l’externe, est quelquefois caché entre les colonnes charnues. On a vu un seul orifice interne correspondre à deux orifices extérieurs.

Le trajet qui réunit les deux orifices est souvent oblique, étroit, anfractueux. La plus grande étendue de la déchirure extérieure avait porté Rlaud (de JBeaucaire) à admettre que la rupture se faisait des parties superficielles aux parties profondes; mais l’opinion inverse parait plus vraisemblable.

On trouve généralement un caillot entre les lèvres de la rupture ; en même temps le péricarde est plus ou moins distendu par le sang épanché; avant qu’on ne l’ouvre, il oltre une coloration bleuâtre due au sang vu par transparence.

Le nombre des ruptures varie; le plus souvent il n’en existe qu’une seule. Cependant Andral et Blaud en ont compté cinq sur un même cœur. Dans l’observation de Dolbeau, rapportée dans la thèse d’Elleaume, il en existait deux sur le ventricule gauche et une sur le ventricule droit.

A côté des ruptures complètes, il n’est pas rare d’en observer ^incomplètes, qu\ n’intéressent qu’une partie de l’épaisseur des parois. 11 suffit de les signaler.

Symptômes. — C’est aux ruptures du cœur que sont dues les morts les plus subites. Les individus tombent en général, immédiatement; ils présentent quelques respirations incomplètes , quelques mouvements convulsifs, une grande pâleur du visage et meurent en quelques instants.

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