CŒUR. — RÉTRÉCISSEMENT RE LORIFICE AORTIQUE
Mais vienne un moment où, pour une raison ou pour une autre, le ventricule gauche se trouve au-dessous de sa tâche; il commencera par se dilater; puis, après lui, l’oreillette gauche, non pas que la dilatation ventriculaire puisse aller, comme on l’a dit, jusqu’à permettre le reflux du sang dans l’oreillette à travers la valvule mitrale devenue insuffisante, mais parce que l’oreillette aura, plus de peine à se vider dans le ventricule déjà distendu par un excès de sang. Finalement, la dilatation s’étendra au cœur droit.
Ainsi donc, sauf les cas de dilatation générale et ultime, le cœur affecté de rétrécissement aortique est remarquable par un hypertrophie portant presque exclusivement sur le ventricule gauche, et qui tend à donner à l’organe une forme plus ou moins globuleuse.
Symptômes. — A. Signes physiques. — Les uns sont la conséquence des modifications secondaires que nous venons d’étudier ; les autres appartiennent en propre au rétrécissement lui-même.
Ainsi : voussure précordiale quelquefois nulle, rarement très-considérable ; choc du cœur perceptible plus bas et plus à gauche qu’à l’état normal, souvent en dehors du mamelon, avec une intensité exagérée, mais ne soulevant pas la paroi thoracique dans une grande étendue; — matité précordiale peu exagérée, quelquefois même normale ; ce sont là des signes d’une hypertrophie modérée du ventricule gauche et qui varient d’ailleurs en intensité avec le degré de cette hypertrophie.
S’y joint-il de la dilatation, l’impulsion cardiaque diminue, en même temps que la matité gagne en étendue.
Par l’auscultation, on perçoit l’existence d’un bruit de souffle, de scie, de râpe, pouvant parfois présenter à un haut degré le caractère musical et même être entendu à distance. La vibration qui le constitue se traduit souvent par un trémissement très-appréciable à la main. Ce bruit est évidemment produit par le passage du sang à travers l’orifice rétréci, au moment où le cœur se contracte pour le lancer dans l’aorte. Il est donc systolique , c’est-à-dire qu’il correspond exactement au premier bruit du cœur. De plus, il a son maximum d’intensité à la base du cœur, et, d’une manière plus précise, dans un espace qui s’étend de l’insertion sternale du troisième cartilage costal gauche jusqu’au deuxième espace intercosta droit. Il se prolonge dans les grosses artères du cou, et même dans les artères très-éloignées. — Le deuxième bruit du cœur peut subsister dans son état d’intégrité. Cependant, même dans le cas que nous supposons ici, c’est-à-dire en l'absence d’insuffisance concomitante, il est rare que ce deuxième bruit ne soit pas plus ou moins affaibli ou étouffé en raison de l’altération des valvules, qui s’oppose à la netteté du claquement de ces replis membraneux. Mais, il est plus rare encore qu’en auscultant à distance on ne retrouve pas le tic-tac naturel ; le premier bruit du cœur subsiste, en effet, dans la région de la pointe, et quant au second, comme il résulte, pour une moitié, du claquement des sigmoïdes de l’artère pulmonaire, il doit évidemment se retrouver dans les points où il n’est pas couvert par le murmure anormal.