CŒUR. INSUFFISANCE DES VALVULES DE L’ARTÈRE PULMONAIRE
pouls de Corrigan, marcher de pair, que le désaccord entre les résultats de l’auscultation et ceux de l’exploration du pouls est toujours un fait digne de fixer l’attention.
Fig. 52. — Pouls de l’insuffisance de l’orilicc pulmonaire.
Au total, on voit qu’en tenant compte de l'ensemble des signes que nous venons d’énumérer, il n’est pas impossible d’arriver à un diagnostic précis. Nous croyons pourtant, avec Stokes, qu’en raison de l’extrême rareté de l’insuffisance pulmonaire, un vrai clinicien hésitera toujours bien longtemps avant de se prononcer d’une manière absolue dans ce sens. L’adage rara non sunt artis trouve ici son application.
Dans ce qui précède, nous avons eu en vue l’insuffisance causée par les lésions organiques des valvules semi-lunaires. L’inocclusion peut-elle être amenée par un simple trouble fonctionnel? Selon X. Gouraud, le fait se produit assez souvent comme conséquence secondaire, non-seulement des lésions du cœur gauche, mais des maladies du poumon. Voici, dit-il, par quel mécanisme.
Le sang noir, gêné dans sa circulation progressive, revient en partie sur lui-même, et tend à forcer le passage des soupapes membraneuses qui s’opposent à son cours rétrograde. En tout cas, le ventricule droit se contracte sur une quantité de sang supérieure à celle sur laquelle il est habitué à agir. Il cède à la longue, et il arrive un moment où l’ampliation des diamètres de la cavité ventriculaire finit par intéresser cette partie de la paroi cardiaque qui constitue l’infundibulum. Celui-ci, en s’évasant à sa partie supérieure, distend l’anneau fibreux et l’orifice pulmonaire, et les valvules finissent par laisser un espace libre entre leurs bords plus ou moins écartés. D'un autre côté, l’obstacle qui réside dans le poumon a pour effet d’augmenter la colonne sanguine comprise dans l’artère pulmonaire, et par suite d’amener la dilatation de ce vaisseau, en triomphant de son élasticité. A son tour cette dilatation porte sur l’anneau fibreux de l’orifice qui se trouve ainsi soumis à deux forces distensives agissant dans le même sens, provenant l’une de la dilatation du ventricule, l’autre de la dilatation de l’artère pulmonaire.
La théorie est acceptable, mais les faits contenus dans le travail de X. Gouraud ne nous ont pas paru suffisamment démonstratifs. Nous ne connaissons qu’une observation de Stokes où l’insuffisance pulmonaire, dûment constatée par l’autopsie, paraisse reconnaître le mécanisme en question. Pour les autres cas, Stokes dit bien avoir plusieurs fois rencontré dans l’emphysème la dilatation de l’artère pulmonaire ; mais il a soin d’ajouter : « Chose remarquable, elle ne s’accompagnait d’aucun phénomène inusité. » Gouraud lui-même reconnaît qu’il est exceptionnel que l’on puisse constater aucun symptôme, même un murmure au second