COLCHIQUE. TOXICOLOGIE
ment, d’accidents convulsifs, tremblements, crampes, secousses. Nous n’avons en effet trouvé mentionnés ces accidents que dans trois observations, et nous ne pensons [tas qu’ils puissent être considérés comme caractérisant l’empoisonnement par le colchique.
Lorsque les malades guérissent, ils restent pendant longtemps affaiblis, prostrés; le ventre est douloureux, les selles fréquentes avec épreintes, et on ne saurait mieux comparer les accidents consécutifs à l’empoisonnement qu’à la convalescence de la dysenterie.
Lésions anatomiques. — On a rencontré la muqueuse gastro-intestinale ramollie, injectée; d’autres fois il n’existe aucune lésion appréciable : au cœur et dans les veines se trouve un sang noir, demi-coagulé ; le cerveau est congestionné. Warneke voit, dans le ramollissement de la moelle (qui n’a guère été observée que par lui), la lésion anatomique caractéristique de l’empoisonnement. En résumé, il n’y a pas de lésion anatomique caractéristique de l’empoisonnement par le colchique.
Recherches du poison : Analyse. — On ne peut guère compter que sur l’analyse chimique pour déceler le poison; aucune réaction physiologique ne permet d’en aflirmer l’existence.
La colchicine (de Gunther) est une poudre amorphe d’un jaune soufre, son goût est fort amer, son odeur se rapproche de celle des foins coupés. Insoluble dans l’éther, elle se dissout dans l’alcool et dans l’eau.
On devrait épuiser les organes par de l’alcool faible, filtrer, concentrer à feu doux ; la colchicine ne dialyse pas.
Nous ne savons si elle précipite par l'iodhydrargyrate de potasse.
Il faudrait rechercher, dans la solution alcoolique, la colchicine en soumettant cette solution aux réactifs suivants :
Les acides minéraux et les alcools , qui donnent une coloration jaune intense.
Le chlorure d'or , qui détermine la formation d’un précipité jaune floconneux.
Le chlorure de mercure , lequel donne un précipité blanc. Une réaction facile à produire serait la suivante : la colchicine, dans X acide sulfurique , le colore en jaune foncé; si à ce moment, on introduit dans la solution un bâton de verre trempé dans Y acide nitrique , tout autour du verre on voit la coloration passer du bleu foncé au violet , au brun jaune, puis redevenir jaune.
En ajoutant de Y ammoniaque, la coloration, de jaune devient rouge pelure d’oignon; elle redevient jaune par addition d’acide.
Telles sont les seules réactions connues delà colchicine; quelques-unes appartiennent à d’autres alcaloïdes; aucune n’est assez caractéristique pour qu’il soit possible de faire autre chose que soupçonner la présence de l'alcaloïde lorsqu’on sera parvenu à reproduire, dans une solution, les réactions précédemment décrites.
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