COLIQUE. — DIAGNOSTIC NOSOLOGIQUE
Je dirai seulement que chez le cheval, il existe une colique, connue sous le nom de coliques rouges, tranchées rouges , qui paraît être la plus fréquente et la plus grave de toutes. Elle est caractérisée par un afflux sanguin considérable sur les parois intestinales ; de même nous avons vu que, chez l’homme, la colique qui survient dans l’hémorrhagie intestinale était très-violente. Certains auteurs lui ont donné le nom de tranchées rouges.
Diagnostic nosologique. — Après l’étude que je viens de faire du symptôme colique, des différentes circonstances étiologiques qui lui donnent naissance, il me reste à résoudre une question plus intéressante, mais en même temps plus difficile, à savoir : quelle est la maladie qui lui adonné naissance? C’est là, en effet, le troisième problème que je me suis posé, et que tout clinicien doit se poser à son tour. Lorsqu’il se trouve en présence d’un malade atteint de coliques, il se demande tout d’abord si c’est bien à une colique qu’il a affaire; il recherche quel est l’organe affecté; puis, une fois convaincu de l’existence du symptôme, de son siège, il en recherche la cause. Il se demande si la colique est sous l’influence d’une inflammation intestinale, d’une occlusion de l’intestin, etc., ou bien si elle est la conséquence, d’un refroidissement, de la constipation, de la diarrhée, d’un état névropathique général ; ce nouveau problème étant élucidé, il lui en reste un bien plus difficile à résoudre, ai-je dit, il faut qu’il sache quelle est la maladie intestinale qui existe? est-ce une inflammation simple ou spécifique? Est-ce une entérite aiguë ou chronique? Est-ce une dysenterie, une fièvre typhoïde ? Est-ce le choléra?
L’occlusion intestinale est-elle le résultat d’un corps étranger, ou d’une invagination ou d’un étranglement interne? Ou bien cette colique est-elle simplement sympathique, et dans ce cas est-elle sous l’influence d’une sécrétion exagérée de gaz, du liquide intestinal? Ou bien est-elle le résultat d’un refroidissement ou d’une dyspepsie?
J’ai essayé de résoudre les deux premiers, j’ai montré les caractères qui paraissaient appartenir à la colique développée par suite de telle ou telle influence, et qui par conséquent peuvent les faire ditférencier les unes des autres. Je ne sais si j’ai réussi à faire saisir cette différence; du moins j’ai fait tous mes efforts pour projeter un peu de lumière sur un point aussi difficile et aussi obscur. En outre le lecteur trouvera, peut-être, qu’il y a beaucoup de lacunes, et que par exemple toutes les causes de coliques n’ont pas été énumérées ; que la description de certaines coliques fait complètement défaut; mais en cela, je ne suis nullement fautif, car, je le répète, je n’ai eu en vue dans cet article que la colique intestinale, et encore même ai-je dû en élaguer les coliques minérales. Un cadre m’était imposé; j’ai cherché à le remplir. On a pensé qu’il serait préférable de décrire les coliques hépatiques, néphrétiques, cystiques, utérines, à propos de chacun de ces organes, qu’il serait de même préférable de décrire les coliques minérales à propos de chacun des métaux qui les engendre. J’ai dû m’incliner, par conséquent le lecteur trouvera dans