‹ Dictionnaire de mâedecine et de chirurgie pratiquesChapitre 87 sur 113 · COLIQUE. VALEUR PRONOSTIQUE · texte numérisé non relu

COLIQUE. VALEUR PRONOSTIQUE

chacun de ces articles le complément de celui que je mets sous ses yeux.

Ces réserves étant faites, est-il possible, d’après les caractères de la colique, de remonter à sonorigine, de savoir, en un mot, la maladie qui lui a donné naissance? Non, à neconsidérer que la douleur, on ne peut arriver à la connaissance del’état morbide. Si, comme manifestation du plus grand nombre des affections intestinales, les coliques nous sont connues; si, même, j’ai pu en expliquer la physiologie pathologique ; si, enfin, j’ai essayé à donner quelques-uns des caractères qui paraissentappartenir àtelleou telleespèce, je le dis sans hésitation aucune, il faudrait être bien osé pour prétendre qu’une colique intestinale est sous l’influence de telle ou telle maladie. Je sais bien que les coliques qui viennent se surajouter à une douleur abdominale continue, indiquent d’une manière presque certaine une intlam mation intestinale. Mais est-ce suffisant? Ne vaudrait-il pas mieux connaître la nature de l’inflammation? Ace point de vue, la colique ne nous apprend rien. De même, si le ténesme qui accompagne la colique qui se montre dans les inflammations du gros intestin peut en faire soupçonner le siège, s’ensuit-il qu’il faille admettre immédiatement qu’elle soit due à l’existence de la dysenterie. Pas un médecin, je pense, n’oserait émettre une telle supposition, car le ténesme se montre dans d’autres maladies intestinales? Par ces quelques réflexions, qu’il n’est nul besoin de développer plus longuement, on voit que la colique ne sert en aucune façon à éclairer le diagnostic nosologique. Quant aux coliques sympathiques, l’impossibilité est peut-être même encore plus grande. Aussi pour résoudre ce troisième problème, le clinicien doit avant tout s’enquérir de la cause, rechercher avec le soin le plus minutieux l’existence d’autres symptômes ; et c’est lorsqu’il est parvenu à bien connaître la maladie qui a donné naissance à la colique, qu’il peut se hasarder à poser les bases du pronostic et du traitement. Seulement il faut se rappeler que ce diagnostic n’est pas toujours facile, même pour un esprit des plus exercés ; et, pour ne citer qu’un exemple, je prendrai l’occlusion intestinale. Est-il, en effet, possible de reconnaître toujours la nature de la cause qui a produit l’occlusion ? Doser la question c’est en montrer la difficulté, et je crois ne pas trop m’avancer, en disant, qu’il est bien peu de cliniciens qui se hasarderaient à la résoudre d’une manière satisfaisante.

Valeur pronostique. — De même que j’ai essayé de montrer que la colique n’avait pas par elle-même une grande valeur diagnostique, surtout lorsqu’il s’agit de différencier une maladie d’une autre, de même on peut difficilement établir sur la présence de ce phénomène un pronostic. Le plus souvent ce phénomène ne doit être envisagé que comme un cri d’alarme de l'organisme qui menace bien d’un danger celui qui en est atteint, mais qui ne spécifie pas, dans sesmanifestations, la nature de ce danger. Le plus ordinairement la mort, lorsqu’elle survient, est le résultat de l’état pathologique dont la colique est le symptôme. Cependant dans certaines occasions, on a vu la mort survenir par le fait seul de la colique. Plusieurs auteurs, Bouillaud entre autres, en rapportent des exem-

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