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COLIQUE. — traitement

pies. Ces faits, du reste, ne doivent nullement étonner, si l’on veut bien se reporter à ce que j’ai dit de la physiologie pathologique de la colique ; si l’on veut, surtout, tenir compte des phénomènes nerveux, tels que syncope, convulsions, qui font partie de l’ensemble des symptômes qui se montrent assez souvent, pendant un accès de colique. Ces phénomènes, en effet, n’indiquent-ils pas que pendant la colique le système nerveux est très-éprouvé? Ne peut-on pas attribuer la mort à la cause que Diculafoy invoquait dernièrement pour expliquer la mort subite dans la fièvre typhoïde? Serait-ce admettre une opinion hasardée que de penser qu’elle survient par action réflexe sur les nerfs pneumo-gastriques, lorsque pour moi la colique est, probablement dans tous les cas, le résultat d’une action réflexe? Ne peut-on pas de même rapprocher ces cas de mort survenant pour ainsi dire brusquement pendant le cours de la colique de ceux qui surviennent après une simple contusion abdominale, et dans lesquels, en l’absence de toute lésion, on admet qu’elle est le résultat de la commotion du plexus solaire? Dans ce cas, ne peut-on pas, de même, invoquer une action réflexe sur la pneumo-gastrique? Enlin, Delioux de Savignac n’a-t-il pas, dans ces derniers temps, appelé l’attention des médecins sur la paralysie qui se montre à la suite de la colique sèche, colique des navigateurs, qui pour lui, quant à l’étiologie, diffère complètement de la colique saturnine? Dans les faits qu’il signale, il a pu constater que cette paralysie coïncidait avec une altération médullaire. Quant à moi, je l’avoue, il ne me répugnerait nullement d’admettre une pareille explication. Seulement, je le répète, ces laits sont excessivement rares; le plus ordinairement la mort est le résultat de la maladie intestinale dont la colique n’est que le symptôme.

Si la colique, par elle-même, n’a pas une grande valeur pronostique; si pour établir le pronostic, il faut tenir compte, comme pour le diagnostic nosologique, de la cause, delà maladie qui lui a donné naissance, si, par conséquent, il est aussi variable que cette cause, il n’en est pas moins vrai que l’apparition pendant l’accès de colique, de certains phénomènes peut avoir une certaine influence au point de vue même du pronostic de la colique. Ainsi, Double rapporte que des sueurs copieuses, une urine abondante et sédimentcuse, sont d’un excellent augure. Par contre, s’il survient du hoquet, de la raucité de la voix, de l’aphonie, il faut craindre une terminaison fatale. De même, il considère les convulsions comme d’un fâcheux augure. Enlin, i! faut tenir compte de la violence, de l’intensité, de la durée de la colique, du nombre des accès. Je ne puis qu’indiquer toutes ces circonstances qui peuvent influer sur le pronostic. On comprend que je ne puisse poser des indications précises.

Traitement. — Les premières indications thérapeutiques qui seprésentent résultent évidemment de la connaissance de la cause, de la maladie dont la colique n’est que le symptôme. Traiter la maladie, ce sera traiter le symptôme. Par conséquent, je ne puis indiquer ici le traitement qui convient à chaque maladie qui s’accompagne de coliques; on le trouvera indiqué à propos de chacune d’elle.

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Toutefois je crois nécessaire de poser les indications thérapeutiques qui résultent du symptôme lui-même. En effet, il faut avant tout procurer du soulagement à l’individu qui souffre ; aussi, bien souvent dans la pratique, le médecin est-il obligé de s’adresser d’abord au symptôme, avant de connaître la nature de la maladie qui lui a donné naissance. Lorsqu’il se trouve en présence du symptôme douleur, il cherche d’abord à calmer celte douleur, puis il s’adresse à la maladie originelle. Pour la colique, rien n’est plus vrai, par conséquent il est de toute nécessité de connaître les moyens que la matière médicale nous fournit.

Dans les coliques qui surviennent lorsqu’il existe des flatuosités, des borborygmes, de la tympanite, il faut avoir recours aux médicaments connus sous le nom d’excitants spasmodiques; dans ce cas, les infusions d’anis, de menthe, d’angélique, rendent de grands services. Trousseau citait volontiers des faits où il avait vu les nourrices calmer les coliques de leurs nourrissons en buvant elles-mêmes une infusion d’anis.

La famille des Magnoliacées fournit une plante dont les propriétés thérapeutiques sont analogues à celles de l’anis, je veux parler de la badiane ou anis étoilé. Les fruits de cette plante s’emploient aux mêmes doses et de la même manière. Dans la famille des Labiées, la menthe, dans la famille des Synanthérées, la camomille, employées en infusion rendent de même de signalés services. II est à remarquer qu’une décoction de camomille, donnée en lavements, donne de meilleurs résultats.

Les lavements froids, glacés, les cataplasmes à la glace, employés suivant la méthode que le professeur Monneret a préconisée dans ces derniers temps contre la colique saturnine, donnent d’excellents résultats dans les autres espèces de colique.

L’asa fœtida, en lavements, ou donné en pilules, le castoréum, donné seul sous forme pilulaire ou uni avec le médicament précédent, ont été administrés avec le plus grand succès.

En terminant, je citerai l’opium, qui, donné contre les coliques survenant cà la suite d’un refroidissement, de l’humidité ou sous l’influence de l’affection rhumatismale, les calme avec la plus grande rapidité. Quant aux frictions faites sur l’abdomen avec des linges chauds, aux onctions faites avec de l’huile d’olives, ou de l’huile de camomille camphrée, on peut les employer ; mais il faut savoir qu’elles ne réussissent pas aussi bien que les moyens que j’ai préconisés plus haut. Enfin on ne négligera pas les précautions hygiéniques usitées en pareil cas. C’est ainsi qu’il faut surveiller l’alimentation des malades, les engager à ne faire usage que des aliments d’une facile digestion. Il faut, en outre, qu’il se prémunisse contre les variations de la température, contre l’humidité.

Mais, je le répète, tous ces moyens ne sont efficaces que si l’on traite immédiatement la maladie dont la colique est le symptôme.

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Voyez, en outre, la bibliographie des articles Biliaires (Voies), Foie, Reins, Utérus, Vessie, pour les coliques hépatiques, néphrétiques, cystiques, utérines, et des articles Cuivre, Plomb, pour les coliques minérales et en particulier pour les coliques observées dans la marine française.

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