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COMA. DIAGNOSTIC TATHOGÉNIQUE ; PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE

qui se passent dans l'organisme, si la pathogénie des phénomènes est mieux appréciée. La chimie, par ses analyses, nous donne la composition à peu près exacte des liquides, elle nous fait connaître les échanges incessants qui se produisent au sein de nos tissus ; la physiologie, à l’aide des expérimentations, nous a révélé bien des problèmes inconnus. Sans prétendre que ces deux sciences soient arrivées à leur apogée et qu’elles aient résolu , d’une manière satisfaisante , tous les désidérata qui existaient et qui existeront peut-être longtemps encore, il ne faut pourtant pas se dissimuler qu’elles nous ont donné, dans bien des cas, de beaux résultats. Je n’en veux pour preuve que les travaux sur le sang. Est-ce qu’aujourd’hui on ne connaît pas mieux les altérations que ce liquide peut subir? Est-ce qu’on n’apprécie pas mieux les phénomènes morbides qui en découlent, et, partant, quelles sont les meilleures médications qu’il convient de leur apporter? Mais je laisse ce sujet, car il m’entraînerait trop loin, et je reviens à l’action que paraissent exercer les globules du sang sur les fonctions cérébrales.

On sait, aujourd’hui, que le fait le plus essentiel des actes physiologiques accompli par le sang dans son passage à travers les organes, à travers l’encéphale en particulier, celui du moins dont la suspension en compromet le plus immédiatement l’activité, consiste à porter, avec ses globules, de l’oxygène au sein des tissus, et ramener dans son sérum, pour le rejeter au dehors, l’acide carbonique qui s’y est produit. « L’aptitude à agir, dit Potain, auquel j’emprunte cette description, est absolument subordonnée dans le cerveau, dans les nerfs, dans les muscles, ainsi que l’ont prouvé les ingénieuses expériences de Brown-Séquard, à cette influence du sang oxygéné sur la substance vivante; elle s’anéantit dès que le sang ne peut plus y affluer, qu’il y arrive dépourvu d’oxygène, ou qu'il cesse de s’y renouveler. Cette influence est tellement évidente que, dans l’ischémie, il suffît, pour dissiper les accidents qui en sont la conséquence, d’injecter dans les vaisseaux du sang défibriné et battu au contact de l’air. » De tout ceci il ressort, sans qu’il soit besoin de donner de plus amples explications, que les globules sont nécessaires pour que l’activité cérébrale se produise. Aussi on comprend que des états contradictoires en apparence s’accompagnent des mêmes phénomènes. Qu’il existe un empêchement quelconque à ce que le sang arrive dans le cerveau, que le sang y arrive dépourvu de ses qualités voulues, comme cela a lieu dans les grandes hémorrhagies , l’oxygène ne sera plus en quantité suffisante pour que les fonctions cérébrales puissent s’exécuter. Que le sang cesse, au contraire, de se renouveler dans le cerveau, comme cela arrive dans la congestion, dont je n’ai pas besoin ici de rechercher les causes, la fonction dévolue aux globules sanguins sera également entravée; l’oxygène, qu’ils sont destinés à porter dans les parties les plus intimes de la substance nerveuse, fait défaut. Dès lors on ne peut être surpris de voir le résultat se confondre avec les effets de l’anémie cérébrale.

Si on admet, d’après ce que je viens de dire, que telle est l’explication de la pathogénie du coma dans l’anémie et l’hyperémie cérébrale, deux

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