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Beaucoup de professions sont nuisibles à la santé. D'autres, sans être malsaines, obligent à faire des excès, soit par tentation, soit par nécessité.
Tous les excès ont une influence pernicieuse ; les excès alcooliques sont particulièrement dangereux et fréquents. Ce sont eux, surtout, qu'il faut redouter.
L'état de santé des personnes qui vivent avec le proposant n'a pas une importance aussi directe ; néanmoins, il intéresse le médecin expert à cause de la transmission possible d'une maladie contagieuse, notamment de la phtisie pulmonaire.
— Ce n'est qu'après avoir terminé l'interrogatoire que le médecin doit commencer l'examen physique du proposant. Il doit y procéder par une exploration méthodique de chaque appareil.
Du côté de l'appareil respiratoire, il faut s'inquiéter principalement de l'état du larynx (phtisie laryngée), des sommets pulmonaires (tuberculose) et des bases (pleurésies), etc..
Du côté de l'appareil circulatoire, il faut examiner d'abord le cœur, constater s'il est hypertrophié et si ses orifices valvulaires sont lésés,
INTRODUCTION
puis les vaisseaux, vérifier s'ils sont atteints d'atlîéromasie ou d'un anévrysme, etc..
Tous les appareils doivent être explorés de la même manière : appareils nerveux, digestif, génito-urinaire, cutané, et les divers sens, en particulier ceux de l'ouïe et de la vue.
Cet examen physique du proposant demande un grand tact et une grande réserve de la part du médecin. Lorsqu'il s'agit d'un homme, comme c'est le cas habituel, il ne faut jamais hésiter à le prier de se déshabiller ; mais lorsqu'il s'agit d'une femme, il est difficile de lui demander de retirer ses vêtements en dehors de son corsage.
Cependant, si le médecin a des raisons sérieuses de soupçonner une affection organique grave, nécessitant une exploration plus intime, son devoir l'oblige à laisser tout scrupule de côté et à exiger un examen direct.
Quant aux urines, il faut en faire systématiquement l'analyse, quel que soit le sexe du proposant. Le proposant peut être diabétique ou albuminurique sans le savoir et sans qu'aucun symptôme ne puisse le faire supposer; d'autre part, il peut vouloir cacher qu'il est atteint de l'une ou l'autre de ces maladies.
Pour cette dernière raison, il convient de faire
uriner le proposant au moment de l'examen médical et de ne jamais accepter les urines apportées dans un flacon. Le médecin peut expliquer qu'il est indispensable d'opérer sur des urines chaudes fraîchement émises, ou bien simuler une maladresse, briser le flacon.
A celui qui déclare ne pouvoir uriner, il peut répondre que la sécrétion urinaire étant constante et égale à 1,500 grammes environ par ving-t-qiiatre heures, la vessie contient forcément 15 grammes d'urine au bout d'un quart d'heure, qu'en c(fïiversant quelques minutes il pourra par conséquent obtenir une miction suffisante. Cet argument, peu physiologique, a une apparence scientifique qui ne trouve jamais de réplique.
C'est surtout lorsqu'il est obligé de se rendre au domicile du futur assuré que le médecin doit craindre la supercherie ; rien n'est plus facile, en efTet, que de lui remettre de l'urine d'une tierce personne. Dans son cabinet, il n'a pas à compter avec cette difficulté; toute substitution est évidemment impossible.
— Le rapport médical doit être aussi concis et catégorique que possible. Il faut se garder des réponses dubitatives ou des formules vagues.