I.N'TIÎODUCTION
Les compagnies ne demandent point à leurs médecins de dissertations savantes; elles les prient seulement de leur dire si la personne qui désire s'assurer est bonne ou mauvaise, et en cette occurrence, pourquoi elle est mauvaise.
Dans le cas où le médecin doute de son diagnostic, ou ne veut pas prendre la responsabilité d'une acceptation ou d'un refus, il doit donner les raisons de ses craintes et laisser toute liberté d'action à la compagnie.
— Les questionnaires adoptés par les compagnies sont tous conçus dans un même esprit; ils diffèrent insensiblement les uns des autres.
Les moins compliqués sont les meilleurs; mais nous ne pensons pas, comme quelques médecms, qu'ils pourraient être supprimés sans aucun inconvénient. Il est indispensable, en effet, que le médecin ait un guide qui l'oblige à examiner chaque proposant d'une façon méthodique et complète.
Le questionnaire doit évidemment être en concordance avec l'état de la science; celui qui était parfait hier, peut donc être insuffisant demain.
Actuellement, par exemple, le médecin sait se servir du microscope et des instruments spéciaux, de l'ophtalmoscope et du laryngoscope; il doit
INTRODUCTION
également faire des analyses qualitatives et parfois même quantitatives, ainsi que quelques préparations histologiques. Son instruction est étendue non seulement à la connaissance des maladies spéciales, mais aussi et surtout à celle de la médecine générale et de la pathogénie.
— Nous avons dit précédemment que le médecin attaché à une compagnie d'assurances sur la vie doit se considérer comme un expert et non comme un praticien. 11 n'a donc pas à s'inquiéter du secret professionnel en ce qui concerne les déclarations qu'il a à faire dans son rapport. Le proposant n'est pas son client; il n'a qu à répondre à la compagnie.
Il est évident que le médecin expert ne peut être tenu aux mêmes obligations que le médecin traitant.
Je ne puis terminer ces lignes sans remercier M. Edouard Yermot de l'aimable préface qu'il a bien voulu écrire en tête de celle publication.
Paris, 20 mars 1890.
DICTIONNAIRE DK MÉDECINE
A l'usage des