AGORAPHOBIE
Voir l'article : Vertiges.
ALBUMINURIE
A reccA^oir. — 1° Tout proposant ayant été atteint d'une albuminurie traiisitoire survenue dans le cours ou en dehors d'une pyrexie, à la condition que cette albuminurie soit disparue depuis longtemps, que sa cause n'ait pas compromis la santé pour l'avenir et qu'elle n'ait aucune possibilité de récidive.
2° Toute femme parvenue à l'âge de la ménopause, par conséquent à l'abri certain d'une nouvelle grossesse, ayant eu autrefois une atteinte d'albuminurie gravidique disparue immédiatement et définitivement après l'accouchement.
ALBUMINURIE
A recevoir avec réserves. — 1° Tout proposant atteint d'albuminurie inlermiltenle dite physiologique.
2' Tout proposant a,yant été atteint d'une albuminurie Iransiloire survenue dans le cours ou en dehors d'une pyrexie, disparue depuis longtemps sans avoir laissé la moindi-e trace, mais dont on peut craindre le retour par une récidive de sa cause.
3° Toute femme non parvenue à l'âge de la ménopause,par conséquent susceptible de devenir enceiiilc, ayant eu autrefois une atteinte d'albuminurie gravidique disparue immédiatement et définitivement après l'accouchement.
A refuser. — Tout proposant atteint d'albuminurie chronique ou aiguë.
OBSERVATIONS
Il faut distinguer les albuminuries chroniques et les albuminuries transitoires ; les premières [albuminuries par modification mécanique de la circulation rénale, par altération du sang et par lésion rénale ; albuminuries toxiques) sont un motif absolu et constant de refus; les secondes [albuminuries des fièvres ; albuminurie gravidique; albuminurie intermittente dite physiologique) peuvent être acceptées après guérison, avec ou sans réserves suivant les cas. Toute femme guérie depuis longtemps d'une albuminurie gravidique est admissible : mais, si on peut l'admettre sans crainte alors qu'elle n'est plus en ùge de devenir enceinte, il ne faut l'accepter qu'avec
ALBUMINURIE
réserves dans le cas contraire. Sous l'influence d'une nouvelle grossesse l'albuminurie peut reparaître et devenir permanente avec tous les symptômes du mal de Bright. Quant à l'albuminurie intermittente physiologique, elle ne doit être acceptée par le médecin qu'avec réserves, car si elle ne paraît pas avoir de gravité par elle-même, elle peut en avoir par ses symptômes concomittants qui sont toujours, il est vrai, plus pénibles que graves; de plus, celte variété d'albuminurie indique une certaine faiblesse rénale pouvant ne pas résister aux diverses causes de la néphrite ; enfin, Talbumiaurie intermittente est souvent le résultat d'une dilatation de l'estomac.
D'autre part, lorsque l'urine ne renferme que des traces très légères d'albumine et lorsque le sujet ne présente aucun signe pouvant faire songer à une néphrite, il faut toujours avoir présent à l'esprit que cettealbuminepeutprovenir: chez l'homme, de la présence du sperme dans le canal de l'urèthre ou d'une biennorrhagie; chez la femme, d'une blennorrhagie ou d'une leucorrhée abondante. Enfin, l'usage du copahu et du santal produit dans l'urine, après addition d'acide azotique, un précipité résineux blanchâtre qu'il faut se garder de confondre avec celui de l'albumine. — Toutes ces circonstances ne peuvent évidemment pas faire exclure le proposant.
Pour analyser convenablement une urine, au point de vue de l'albumine, il est indispensable de prendre les précautions suivantes : 1'' filtrer soigneusement l'urine ; ^2" verser une égale quantité d'urine dans deux tubes à expérience; 3° chauffer
ALBUMIiNL'RIE
l'urine contenue dans l'un de ces tubes jusqu'à ébullition; 4" laisser refroidir un peu et ajouter cinq à six gouttes d'acide nitrique.
Si l'urine traitée est trouble ou même simplement opaline, comparée à l'urine du tube témoin, il y a de l'albumine. D'ailleurs, il est facile de contrôler par une seconde analyse avec du ferrocyanure de potassium en solution aqueuse et de l'acide acétique cristallisable. Ce réactif est très sensible : on verse dans un peu d'urine froide et filtrée cinq à six gouttes de la solution de ferrocyanure, puis douze à quinze gouttes d'acide acétique ; s'il y a de l'albumine dans l'urine, même des traces très légères, il se produit aussitôt un trouble caractéristique.
Quant au précipité résineux qui se forme dans l'urine des sujets faisant usage de copahu, il suffit, pour ne pas le confondre avec celui de l'albumine, d'ajouter un peu d'alcool qui le fait aussitôt disparaître.
L'urine peut contenir depuis des traces non dosables jusqu'à 20 grammes et plus d'albumine par litre.
L'albumine rétraclile (celle qui se précipite en fins grumeaux) doit être considérée comme plus grave que l'albumine non rétractile.
En général, une seule analyse suffit; toutefois, dans le cas d'albuminurie intermittente physiologique, il est utile d'analyser les urines du lever, du coucher, d'avant et d'après les repas, durant , un, deux ou trois jours suivant les circonstances.
L'analyse quantitative et la recherche des cylindres
ALCOOLISME
uriiiaires sont rarement nécessaires puisque la présence seule de l'albumine suffît pour faire rejeter l'assurance d'un proposant.
— C'est entre 40 et 60 ans qu'il succombe le plus d'albuminuriques.
Il meurt en moyenne par an, 13 albuminuriques sur 100,000 habitants.
— Voir les articles : Lithiase urinaire, Néphrites, P y élites, Urémie et Urine.
ALCOOLISME
A recevoir. — 1° Tout proposant issu de parents alcooliques, à la condition qu'il soit indemne d'alcoolisme et de névropathie.
2"^ Tout proposant, ancien alcoolique, qui a renoncé à boire depuis longtemps, et qui ne présente, au moment de l'examen médical, aucun trouble de la santé.
A recevoir aA^ec réserves. — Tout proposant issu de parents alcooliques, s'il est fort entaché de névropathie ou porté à boire soit par nature, soit par obligation professionnelle.
A refuser. — Tous les alcooliques sans distinction, à la condition, toutefois, qu'ils présentent un ensemble de symptômes ne permettant pas le doute.
ALOÛOLISMK
OBàlCRVATIONS
L'alcoolisme a une grande importance au point de vue héréditaire, car non seulement cette intoxication se retrouve très souvent chez les descendants, mais elle devient aussi pour euxlasource d'un bon nombre d'affections diverses parmi lesquelles il faut citer, en première ligne, les névroses, même les plus graves.
En général, les alcooliques n'avouent leur vice qu'avec une franchise relative. Il est donc indispensable que le médecin sache comprendre les aveux à demi-mot : une absinthe avouée en suppose généralement trois ou quatre, une bouteille de vin veut bien souventdire quelqueslitres. Quanta ceux qui avouent franchement qu'ils ont fait autrefois des excès, mais que depuis longtemps ils ne boivent plus, il faut leur appliquer impitoyablement le classique proverbe 1 qui a bu, boira » et le rappeler à la mémoire de la compagnie d'assurances.
Il n'est pas sans intérêt de s'enquérir de la nature et de la qualité de la boisson consommée. On suspectera particulièrement les vins et les bières alcoolisés ainsi que toutes les boissons alcooliques qu'on saura pouvoir contenir des alcools de qualité inférieure, comme les liqueurs très aromatiques qui permettent de masquer facilement les alcools de mauvais goût.
L'alcoolisme tend à devenir de plus en plus redoutable par suite de la fabrication artificielle des vins, eaux-de-vie et liqueurs qui se pratique aujourd'hui
ALCOOLISME
sur la plus grande échelle. Ainsi, les essences emploj'ées pour donner le bouquet aux vins, connues sous le nom d'huile de vin française ou allemande, sontdes poisons actifs; de même le furfurol qui entre dans la composition des eaux-de-vie de grain, d'avoine, de seigle ou d'orge, l'aldéhyde salicylique qui sert à fabriquer le bouquet de l'absinthe, du vermout ou du bitter, et l'aldéhyde benzoïque et benzonitrite qui donnent le goût si recherché de la liqueur de noyau.
D'expériences faites par le D' Laborde, il résulte que toules ces substances absorbées en quantité suffisante tuenten déterminant des attaques épileptoïdes ou hystériformes. De là ces phénomènes nerveux si redoutables qu'on observe chez les alcooliques de nos jours.
Nous ne citerons que pour mémoire les pituites matinales si caractéristiques, l'expression spéciale du visage (regard mouillé), le tremblement flbrillaire des lèvres, et les rêves professionnels. Ces divers .-ymptômes sont trop connus pour que nous insistions.
Les gens des pays froids sont plus enclins à boire que ceux des pays chauds ou tempérés.
Certaines professions sont presque condamnées à l'alcoolisme forcé, il fautciter : d'abord, celle demarchand devin, ensuite, toutes celles qui obligentà supporter de fortes chaleurs ou de rudes travaux, comme les métiers de boulanger, de cuisinier, de chuuHeur, de forgeron, de maçon, de charpentier, etc., puis, les professions qui obligent à boire pour faire des affaires, comme celle de commis-voyageur, enfin,
ALCOOMSME
les militaires et en particulier ceux qui sont retraités.
— Les statistiques de certaines compagnies anglaises d'assurances sur la vie démontrent qu'il existe une différence importante dans la longévité des personnes qui s'abstiennent d'alcool et de celles qui en font un usage modéré.
La United Kingclom tempérance and General Provident Instiluiion qui rejette systématiquementjout sujet suspect d'alcoolisme a constaté en âi ans 5,6-21 décès dans la section des buveurs modérés (il en avait été prévu o,78o) et 2,579 décès dans la section des abstinents (il en avait été prévu 3,655). Le nombre des décès des abstinents est donc de 26 p. 100 audessous du chiffre prévu. Les bonis encaissés par les abstinents ont été de 24 p. 100 plus élevés que ceux des buveurs modérés.
D'après une statistique basée sur l'examen de
4,234 décès, la British médical Association classe
ainsi les buveurs au point de vue de la durée moyenne
de leur existence :
1° Total abstainers (abstinents absolus) : ol ans,
22 jours;
2" Hahitually temperate drinkers (buveurs modérés) : 63 ans, 13 jours; 3" Careless drinkers (buveurs par imprudence) :
59 ans, 67 jours;
4« Free drinkers (buveurs habituels) : 5/ ans,
59 jours; \ c
5" Decidly imperate drinkers (ivrognes) : oô ans,
13 jours. .
Les abstinents vivraient donc, fait étrange, moins
ALIÉNATION MliNTALK — AMAUROSli 15
longtemps que les ivrognes. Nous croyons, néanmoins, que les compagnies feront bien de ne pas s'en rapporter à cette curieuse statistique.
— C'est entre 35 et 50 ans qu'il succombe le plus d'alcooliques.
Il meurt en moyenne par an, 10 alcooliques sur ■100,000 habitants. Sur 100 alcooliques adultes, des deux sexes, il en succombe environ 12 par an; sur 100 hommes alcooliques, on compte 12 de'cès annuels ; sur 100 femmes, 9 décès.