‹ Dictionnaire de médecine dogmatique ou Recueil des principales maximes d'Hippocrate, rangées selon l'ordre alphabétique des matières auxquelles elles sont applicables, et présentant l'indication des causes, des symptômes, des présages et du traitement des maladiesChapitre 23 sur 98 · La santé la plus parfaite, réunie à un · texte numérisé non relu

La santé la plus parfaite, réunie à un

état de plénitude extrême, est un état dan-* » gereux pour ceux qui se livrent habituelle-. » ment à des exercices très-pénibles , en même » temps qu’ils se gorgent de nourriture ; leurs » vaisseaux tendus outre mesure , n’étant plus » en état de recevoir de nouveaux fluides , ces » personnes ne peuvent continuer leur &enre » de vie sans que leur santé ne s’altère sensible- » ment. Il est donc avantageux de détruire , le » plutôt possible , cette plénitude excessive (par » la saignée et les purgatifs ) afin de mettre le s corps en état de recevoir de nouvelle nourri- » ture* Néanmoins, toute évacuation excessive >> est dangereuse. Il faut, avant d’administrer » un purgatif, examiner s’il convient à la eonsti- » tution du malade qu’on juge en avoir besoin. » Mais si les évacuations excessives sont dange- » reuses , les alimens trop nourrissans , pris en » trop grande quantité, ne le sont pas moins » lorsqu’il s’agit de réparer les forces épui- » sées. » Aph. f. 5. a. 68.

5. Il faut juger les matières évacuées , non par leur quantité , maïs bien par leur qualité et par la facilité avec laquelle les malades supportent l’évacuation. On peut même, (quand il est né-

i2Ô Evacuation. Excès .

cessaire), pousser ces évacuations jusqu’à la défaillance, pourvu que le malade puisse les supporter. Aph. j. 23. a. 71.

6, Les évacuations abondantes et promptes sont dangereuses. Aph. ij. l. i. a. 76.

Vov. Hoquet, 11.0 2, Purgation, surtout les *i,os 2, 22, Refroidissement, n.° 9, Sueur, n.° 54 et Vomitif, surtout le n.e 5.

EVANOUISSEMENT. ( Animi deliquium 3 lipothymia.) Voyez Défaillance.

EXACERBATION. ( Exacerbatio .) Voyez

Paroxysme.

EXCÈS. (Excessus , immoderatio.)

Il est dangereux d’évacuer ou de remplir , d’échauffer ou de rafraîchir beaucoup et promptement , ou de mouvoir tout - à - fait le corjDS, de quelle manière que ce soit; car tout exces contrarie les opérations de la nature; mais ce que l’on fait lentement, est toujours plus certain ; sur-tout lorsqu’on procède petità-petit d’un objet à un autre. Aph. ij. 5i. a.

Voyez Rêplêtion.

EXCRÉMENT. ( Excrementum , excretio , eoâcreturn .) Voyez Déjection.

EXCROISSANCES Flottantes. (Eerrucce pensiles. )

Les enfans qui ont passé l'âge, de la denti-

Exercice. 127

lion, sont sujets aux excroissances flottantes (i). Aph. iij. xxvj. i, 8. a. 80.

EXERCICE. ( Exercitatio , exercitium , motus ).

1. L’exercice ne convient pas à ceux qui ont besoin de nourriture. Aph. ij. 16. a. 73.

2. En tout mouvement du corps , pousse jusqu’à la douleur, un prompt repos fait cesser le sentiment de lassitude qui en est la suite. Aph. ij. 48. A. 76.

3. L’oisiveté , la paresse affaiblissent le corps etl’humectent; mais le travaille dessèche et le fortifie. De diœt. ij. xxxvij. i3 et xxxviij. 1. a. a33.

4. Le travail et un régime modéré entretiennent une bonne santé. Epid. vj. iv. 41*

5. Il faut prendre de l’exercice avant le repas. Epid. vj, iv. 53. a. 809.

Voy. Habitude, n.° 2 , Pleurésie, n.° 21.

EXPECTORATION. (Anacatharsis, expectoration exscreatio. )

Voyez Crachat , Crachement.

EXPÉRIENCE. ( Experientia , Experimen tum.) Ou épreuve.

L’expérience est dangereuse. Aph. j. j. 4.

( 1 ) Espèce de verrues allongées, étroites à leur base.

128 ÈXTÉNVATtOft t

EXTÉNUATION. (Colliqualio , extenüatiô , innutritio ).

1. Dans une fièvre, si le corps est exténué outre mesure , cela annonce une faiblesse extrême qui durera long temps. Aph. ij. xxviij. i , 4 , 7. a. 74.

3. Les femmes grosses qui ont une fièvre aiguë , et qui maigrissent beaucoup , sans cause évidente , accouchent difficilement et dangereusement ; ou elles risquent d’accoucher avant leur terme. Aph. 5. 55. a. 9$.

S. Les urines qui contiennent quelque chose de semblable à une toile d’araignée , désignent un état d’exténuation. Coac* 49. a. 582* Voy. Rate , n.° 9.

Voyez Abattement , Phthisie.

EXTREMES Remèdes. ( Extrema remédiai) » Dans les maladies aiguës portées à leur » plus haut degré de vigueur , l’abstinence' >> absolue de toute nourriture , suivie avec' » la plus grande exactitude , est le remède le' » plus puissant. » (Traduction de Bosquillon.) Aph. j. 6. a. 69.

Extrémités du corps. ( Extremitates. )

Pronostic. Mauvais signes. 1. Dans les maladies aiguës, le réfroidissement des extrémités est de mauvais augure Aph. vij. i. a. iq5.

2. Le changement rapide qui se manifeste' aux extrémités du corps, annonce un état dangereux*

Face. 129

gereux. Prœd. j. vj. 4. a. 474 et Coac. j. 77. a. 5^6.

Voy. Froid, n.os 7, 8, 10, 11.

Voyez Mains , Pieds.

FACE. (Faciès, vu l tus. )

Diagnostic, i. Le teint animé et des sueurs, chez ceux qui n ont pas de fièvre , dénotent que les matières fécales sont retenues dans les intestins, ou de l’irrégularité dans le régime. Coac. ij. 1 1 2. a. 54o.

2. Ceux qui ont du dégoût pour les alimens , h la suite de douleur au côté, éprouvent uue cardialgie avec sueurs. S’ils ont le visage rouge et le ventre relâché , il leur surviendra bientôt une suppuration pulmonaire. Coac . iij. 234. a.

Voy. Yeux, n.oS 4» 7, 8.

Pronostic. Bons signes. 3. Dans les maladies aiguës, si le visage est comme dans l’état de santé , principalement s’il est le même qu’avant la maladie , c’est un bon signe. Prœn. ij. 1,2,

4. Le bon état du visage est toujours avantageux dans les grandes maladies. Epid. vj. ij. 61. a. 802.

Voy. Rougeur , n.° 3 , Voix, n.° 1.

Mauvais signes. 5. Dans les fièvres, la pulsation accélérée des veinqs ( artères ) tempo-

i3o Face.

raies, avec un visage naturellement coloré et avec dureté de l’hypocondre, annonce que. la maladie sera longue. Coac. j. i8o.a. 53 t.

6. Le teint animé, le regard farouche, sont de mauvais augure dans les maladies aiguës. Coac. ij. i io. a. 54o , et Prœd. j. vj. i3. a.

Signes mortels. 7. Le visage décomposé est •tin signe mortel ; mais si cette altération est oe- •Càsiontiée par des insomnies , ou par la faim, ou par des troubles du ventre, elle est bien moins dangereuse; car elle disparaît du jour au lendemain. Voici donc les signes de cette décomposition : le nez est effilé , les yeux sont enfoncés, les tempes déprimées, les oreilles froides et retirées ; la peau est endurcie et de couleur pâle ou noirâtre. Si, outre ces signes,, on apperçoit de la lividité aux paupières , aux lèvres où au nez , le malade est près de sa fin. Coac. ij. io5 et seq. a. £>4q et prœn. ij, 5 et seq. a. 448'

Voy. Peau , n.° 5 , Tempes , n.° x.

Présage d'autres maladies. 8. Chez ceux qui ont la fièvre, les rougeurs du visage, avec une violente douleur de tête , et un pouls trèsélevé , présagent une forte hémorragie (nasale). Coac. j. 199. a. 53a.

9. Ceux qui, ayant le visage rouge et enflammé , deviennent pâles et rendent par le bas des' matières fétides, abondantes et. rougeâtres, sont menacés de manie. Coac. vj. 7 3. a. 587.

Faim . i3i

Voy. Front , n° 2.

Voyez Couleur, Pâleur.

FAIBLESSE. ( Débilitas . ) Voyez Abattement , Défaillance.

FAIM. {Famés, inedia.)

Pronostic, i. La faim occasionne sur le visage une altération semblable à celle qui précède la mort; mais cette altération ne dure que vingt -quatre heures. Coac. ij. io5 ad 107. a.

Thérapeutique. 2. La faim a une grande influence sur la nature de l’homme ; car elle peut rétablir sa santé , ou l’affaiblir , ou le faire mourir. De vet. med. xv. 10 ad i3. a. 21.

5. Les vieillards (de 5o à 60 ans) supportent facilement le défaut d’alimens ; ceux du moyen âge (de 28 à 49) le souffrent moins; les adolescens ne peuvent l’endurer , encore moins les eu fans , ceux principalement qui sont les plus vifs. Aph. j . i3. a. 70.

4. La faim est nuisible lorsqu’elle excède les bornes de la nature. Aph^ ij. 4. a. 72.

5. Celui qui a faim ne doit pas se livrer au travail. Aph. ij. 16. a. 73.

Page 1