‹ Dictionnaire de médecine dogmatique ou Recueil des principales maximes d'Hippocrate, rangées selon l'ordre alphabétique des matières auxquelles elles sont applicables, et présentant l'indication des causes, des symptômes, des présages et du traitement des maladiesChapitre 59 sur 98 · II. A · texte numérisé non relu

II. A

Voy. Pâleur , n.° 2.

PERCUSSION , ( Percussio ) , ou secousses de la poitrine ( 1 ).

Voy. Empyème , n.os 1 1 et 1 3 , Ongles , n.° 2.

PÉRIPNEUMONIE. ( Peripntumonia , pulmonum inflammatio ).

Diagnostic. Causes. 1 . Dans l’âge viril ( de vingt-huit à quarante-neul ans ) , on est sujet à la péripneumonie. Aph. iij . xxx. 1 ,4- A. 81.

2. La température de l’hiver produit des inflammations du poumon. Aph. iij. xxiij. 1 , 3. a. 80.

3. L’inflammation du poumon est sur-tout occasionnée par l’usage immodéré du vin , des poissons à grosse tête , ou de l’anguille. De intern. affect, vij. 2. b. 2o3.

(1) La percussion n’est pas un procédé nouveau en médecine. Les anciens employaient déjà un moyeu semblable; car ils secouaient fortement la poitrine de ceux chez qui ils soupçonnaient une suppuration intérieure , pour s’assurer °du lieu de la congestion , avant de pratiquer l’opération de l’empyème , soit avec l’instrument tranchant, soit par le moyen du cautère.

Péripneumonie. 2gX

Signes préseris . \. La péripneumonie se reconnaît aux signes suivans : fièvre aiguë , respiration chaude et fréquente , inquiétude , faiblesse , grande agitation des membres ; douleur aux épaules , aux clavicules , aux mamelles ; sentiment de pesanteur dans la poitrine et quelquefois du délire. Un voit des malades qui n 'éprouvent la douleur qu’après l’invasion de la toux : la maladie est alors plus grave et plus longue. De mor b. iij. xvj. i et seq. b. 106.

5. Si l’on n éprouvé de la douleur qu’à une clavicule, c’est de ce côté là que le lobe du poumon est enflammé à sa partie supérieure. Si les deux clavicules sont douloureuses , la portion supérieure des deux lobes est affectée. Si c’est vers la côte moyenne que la douleur se fait sentir , le poumon est malade dans sa partie moyenne. Si la douleur est fixée vers le diaphragme , l’affection pulmonaire est inférieure. Si tout un côté est douloureux , la totalité du lobe correspondant est malade. Coac. iij. \rjrj ad jgj. A. 56i.

6. Si les deux lobes sont tellement enflammés , qu’il se forme une adhérence d’un côté , il s’opère une résolution de ce côté là et il paraît une tache livide à l’extérieur des côtes. Les médecins anciens appelaient ces malades, frappés ou meurtris. Mais si l'inflammation n est pas assez violente pour former l’hadhérence , la douleur est plus répandue , la résolution n’a pas lieu , et l’on n’apperçoit pas de tache livide. Coac. iij. 182 ad 184» A. 56 1.

292 PÉRIPNEUMONIE.

7. Dans les suppurations pulmonaires , les douleurs que l’on éprouve quelquefois à l’abdomen et aux clavicules , avec anxiété et respiration stertoreuse , indiquent une collection de matières dans les poumons. Coac. j. 26.

Pronostic. Bons signes. 8. Dans toutes les affections douloureuses de la poitrine et du poumon , l’expectoration doit se faire promptement et facilement ; les crachats doivent être d’une couleur jaune mélangée. Prœn. xiij. 1 , 2 , 3. a. 458.

9. Dans le commencement des inflammations pulmonaires , les crachats jaunes , mélangés d’un peu de sang , sont salutaires et trèsconvenafiles. Ils sont moins favorables lorsqu’ils ne paraissent que le septième jour ou plus tard. Prœn. xii. 12, 1 3. a. 45q et Coac. iii. 14 ]. a. 558.

10. Supporter facilement la maladie, respirer librement , n’éprouver aucune douleur, tousser et cracher sans peine , avoir tout le corps d’une chaleur et d’une souplesse égales , n’avoir pas soif; uriner avec aisance, aller facilement à la selle, dormir convenablement, sont autant de signes avantageux. Prœn. xiv. 7 ad 14. a. 4^9 et Coac. iij. i56 , 157. a. 55p.

11. Dans les maladies inflammatoires du poumon , les parotides qui suppurent , ou les dépôts fistuleux qui se forment aux extrémités inférieures, annoncent la guérison. Prœn. xviij- 1 , 2. a. 462.

Péripneumonie. 3g3

i 2. Ceux qui ont une suppuration pulmonaire à la suite de la pleurésie , ou de la péripneumonie , guérissent ordinairement en peu de temps , si la fièvre les quitte après la rupture de l’abcès , s’ils reprennent de l’appétit, s’ils expectorent facilement une matière blanche , purulente , inodore , légère , de couleur uniforme et sans pituite ; enfin s’ils ont des petites déjections de matières compactes. Coac. iij. 204 ad 206. a. 56a et Prœn. œvij. 9. a. 4^2*

Voy. Abcès , n.° a5, Crachats, n.os 5, 6, Hémorroïdes , n.° 9 , Langue , n.° 7 , Soif , n.° 4-

Mauvais signes. 1 3. La diarrhée est mauvaise dans la péripneumonie et dans la pleurésie ( déjà avancées ). Aph. vj. 16. a. 99.

14. La péripneumonie qui se joint à la pleurésie , est dangereuse. Aph. vij. 1 1. a. io3.

15. C’est un bien mauvais signe, lorsque le malade n’expectore pas. Le poumon ne rejetant rien s’engorge de matières qui font effervescence dans le gosier ( et rendent la respiration stertoreuse). Prœn. x iij. 9. a. 458.

16. Toute maladie du poumon précédée ou suivie de corysa ou d’éternuement , est dangereuse. Prœn. xiij. to. a. 4^8.

17. Une anxiété considérable avec respiration grande et fréquente , une douleur constante , l’expectoration presque nulle , une soif qu’on ne peut appaiser , une inégalité de chaleur fébrile ; une grande chaleur au ventre

Péripneumonie.

et à la poitrine , accompagnéé de fraîcheur au front, aux mains et aux pieds ; enfin le mauvais caractère des urines, des déjections, du sommeil et des sueurs , sont autant de mauvais symptômes dans l’inflammation des poumons. Prœn. xv. 2 ad 11. a. 460.

18. Si l’expectoration se fait mal, si les urines ne déposent pas un sédiment convenable , il est à craindre que le malade ne devienne boiteux , ou qu’il n’éprouve beaucoup d’embarras dans une articulation. Prœn. xviij. 17, 38. a. 4 65 et Coac. iij. 169. a. 56o.

19. Dans les maladies ( aiguës ) du poumon , le sang très-rouge qui coule goutte à goutte des narines, est un mauvais symptôme. Coac. iij. 220. a. 563.

20. Une évacuation de crachats visqueux, salés , accompagnée d’enrouement est de mauvais présage. S’il se manifeste quelque tumeur à la poitrine , c’est plus mauvais ; les douleurs cervicales qui se font sentir après la résolution de ces tumeurs , sont encore pires. Coac. iij. i2 1 ad 12$. a. 563.

21. Les péripneumonies sèches sont effrayantes , lorsqu’on ne rend , par les crachats, que peu de matières cuites. Coac. iij. 226. a. 565.

22. Vouloir rester assis est un signe dangereux dans les maladies aiguës ; il l’est encore plus dans les péripneumonies. Coac. iij. 564* A.'Bfi.

Péripneumonie 2g5

25. L’urine des péripneumoniques , qui présente dès ie commencement des signes de coction , et qui s’éclaircit après le quatrième jour, est de mauvais augure. Coac. v. 36. a. 58i.

Voy. Crachats , n.os io, n, 12, i3, 14 ; Frénésie, n.° 17, Soif, n.* 5, Urine, n.° n.

Signes mortels. 24. Si les abcès des jambes disparaissent par répercussion, et que la fièvre subsiste sans expectoration , cet état est dangereux , car on peut craindre le délire et la mort. Prœn. xviij. 19 , 20. a. 4^3 et Coac. iij. 170. a. 56o.

25. Presque tous les sujets avancés en âge ( au dessus de trente-cinq ans ) , meurent des suppurations intérieures qui résultent de la péripneumonie. Les jeunes gens, au contraire, périssent des autres suppurations causées par cette maladie. Prœn. xviij.- 21 , 22 a. 4^3.

26. Lorsque tout le poumon et le cœur sont enflammés , au point de former une adhérence latérale , les malades sont dans un état d’affaissement général ; ils sont froids , insensibles et ils meurent le deuxième ou le troisième jour. Mais si l’inflammation n’affecte que le poumon , ou que le cœur ne soit que légèrement enflammé , les malades meurent plus tard ; on en voit même qui en réchappent. Coac. iij. i85 ad 187. A. 56 1.

2 7 . Les suppurations intérieures qui résultent de la péripneumonie , sont mortelles , lorsque la fièvre est permanente , que le malade a

296 Péripneumonie.

toujours soif, qu’il manque d appétit , qu’il crache des matières purulentes , livides , ou d’un vert-pâle, ou pituiteuses, ou écumeuses, et qu’il a en outre des déjections liquides. Prœn. xvij. i5 ad ig. A. 462 et Coac. iij. 207. A. 502.

Voy. Crachats, n.° 16, Gestes, Pleurésie, ïi.° 21 , Urine, n.° 23.

Présage de suppuration. 28. Les douleurs péripneumoniques qui 11e se dissipent ni par l’expectoration , ni par les déjections, ni par les saignées , ni par un régime convenable , ni par les moyens pharmaceutiques, présagent une suppuration intérieure. Prœn. xiv. 1. a. 459 et Coac. iij. 162. a. 55g.

29. Après 1 inflammation du poumon , on voit paraître des abcès aux parties inférieures, lorsque le malade a eu les hy^ocondres enflammés. D’autres fois ces abcès se forment aux parties supérieures, lorsqu’il n’y' a eu ni tumeur ni douleur aux hypocondres , et lorsque la dyspnée a cessé sans cause évidente, après avoir duré un certain temps. Prœn. xviij. n, 12. a. 463 et Coac. iij. i65. a. 55g.

30. Les péripneumoniques qui n’expectorent pas à l’époque des crises , et qui passent le quatrième jour , ayant du délire , sont menacés de suppuration. Coac. iij. 171. a. 56o.

Voy. Crachats, n.° 20.

Signes de suppuration existante. 3i. Les douleurs fréquentes au ventre et aux clavicules , la respiration stertoreuse , avec anxiété continuelle , qui ont lieu lorsque le poumon

Péripneumonie. 297

est en suppuration, dénotent que ce viscère est rempli de matières. Coac. j. 26. a. 523.

Voy. Empyème , n.° 7, Pleurésie, n.° 25.

Thérapeutique. 32. Débarrassez d’abord la tête, afin que, delà, rien ne se porte sur la poitrine. Dès les premiers jours , ne donnez que de légères boissons adoucissantes; par ce moyen, vous mettrez en mouvement et vous délayerez les matières épaisses qui engorgent la poitrine. Le quatrième , le cinquième ou le sixième jour , vous n’emploîrez plus ces boissons douces , mais des substances onctueuses , capables de faciliter l’expectoration. Mais si le malade ne peut cracher convenablement, donnez un remède qui évacue par les voies supérieures. De morb. iij. xvij. 45 ad 5o b. 108.

33. Dans les quatre ou cinq premiers jours il faut purger par le bas , afin d emousser la fièvre et de diminuer les douleurs. Après cette évacuation, le corps étant un peu affaibli, on réitère le purgatif de trois jours en trois jours, afin de débarrasser les régions supérieures et de rendre au corps sa vigueur. De morb . iij. xvij. 5i ad. SS-. b. 108.

34. Il convient que le ventre ne soit pas resserré , afin que la fièvre soit moins aiguë ; il faut aussi qu’il ne soit pas relâché , afin que l’expectoration se fasse bien et que les forces se soutiennent. Employez plutôt les émétiques le sixième , le septième et le neuvième jour , et même plus tard. De morb . iij. xvij. 58 ad 60. b. 108.

2q8 Péripneumonie.

35. On emploie , dans la péripneumonie , un looch préparé avec le galbanum, la noix de pin (pignon) et le miel attique. De victu acut. Liij. 12. b. 3 12.

56. La purée de légumes (lentilles) préparée au gras , convient dans le traitement de la péripneumonie, lorsqu’il n’y a pas trop de chaleur (à la poitrine); mais s’il y a beaucoup de chaleur, au lieu de cette purée, on donnera des aiimens salés et gras; et du poisson de mer, plutôt que de la viande. De morb. ij. xùv. 20 ad 22. b. 68.

PESANTEUR du corps. ( Corporis gravitas). Voyez Corps.

PESANTEUR de tête. Voy. Tète, n.os 3 et suiv.

PEUR. ( Formido , metus , pavor^ terror, timor. ) Voyez Crainte , Frayeur.

PHLEGMASIE. ( Phlegmasia ). Voyez Inflammation.

PHLEGME. ( Phlegma .) Voyez Pituite.

PHLEGMON. ( Phlegmone . ) Voyez Inflammation.

PHRÉNÉSIE. {Phrenitis .) Voyez Frénésie.

PHTHISIE. ( Phthisis , tabes.)

Diagnostic. Causes. 1. Si l’été est sec et boréal, que l’automne soit pluvieux et austral»

Phthisie. 299

il y aura quelques phthisies pendant l’hiver suivant. Aph. iij. i5. a. 79.

2. La température de l’automne donne lieu à des phthisies. Aph. iij. xxj. 1,7 .a. 80.

3. La phthisie a lieu, le plus souvent, depuis l’âge de dix-huit ans jusqu’à trente-cinq. Aph. v. 9. A. 91; viij. 7. A. 1 10 etCoac. iij. 260. a. 565.

4. Les températures sèches favorisent la production de cette maladie. Aph. iij. xvj. 8 , 9. a. 79.

5. Dans la jeunesse, on est sujet à la phthisie. Aph. iij. 29. ^.81.

6. Ceux qui ont une suppuration interne , par suite de pleurésie, et qui ne sont pas débarrassés de la matière purulente , dans les quarante jours qui suivent la rupture de l’abcès intérieur , deviennent phthisiques. Aph. v. i5. a. 91.

7. La guérison des hémorroïdes peut produire la phthisie, lorsqu’on n’en laisse pas subsister une. Aph. vj. 12. A. 99.

8. Le crachement de pus est suivi de phthisie. Aph. vij. xvj. 1. A. io3.

9. Ceux qui ont des tubercules pulmonaires crachent le pus pendant les quarante jours qui suivent la rupture des abcès ; la plupart de ceux qui le crachent plus long-temps , deviennent phthisiques. Coac. iij. 210, 211. a. 562.

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