‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 12 sur 44 · MARJOLIN · texte numérisé non relu

MARJOLIN

VÉNULE. Voyez vkinule.

VÉRA.TRI1NE , s. f. Base salifiable végétale, découverte eu 1319 par MM. Pelletier et Caventou , et à peu près à la méîne époque par Meissner. Elle est composée de 66,75 de carbone, de 5,o7, d'azote, de 8,54 d'hydrogène, et de 19,60 d'oxygène. On la trouve dans les graines du veralrum sabadilla , dans les racines de Yellébore blanc et des colchiques.

Propriétés physiques et chimiques. — Elle est solide, blanche, pulvérulente, inodore, d'une saveur excessivement acre , sans mélange d' amertume. Lorsqu'on l'applique, même à petite dose, sur la membrane pituitaire , elle détermine des éteruumens violens ; 'ce caractère , ainsi que la saveur , suffisent pour distinguer là véralrine des autres bases salifiables. Elle entre en fusion à 5o° th. c. , et offre l'apparence de la cire , ce que ne

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font ni la strychnine ni IaY:inclionine ; par le Refroidissement, elle se prend en une masse translucide de couleur ambrée ; l'eau bouillante n'en dissout que To-Vs de son poids, et acquiert une dereté sensible. L'éther et surtout l'alcool la dissolvent facilement : on sait au contraire que l'éniétine pure n'est pas sensiblement soluble dans l'éther. Elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide, et sature les acides, avec lesquels elle forme des sels incristallisables et toujours acides : on sait au contraire que plusieurs des sels de quinine, de cinçhoninç, de brucine et de strychnine sont cristallisables. L'acide nitrique ne la rougit point, et la décompose facilement s'il est concentré et en assez grande quantité : la brucine et la morphine sont au contraire rougies par l'acide nitrique. Le per-hydrochlorate de fer ne la bleuit point , tandis qu'il communique cette couleur à la morphine. Les alcalis ne dissolvent point la vératrine. C'est à elle que l'ellébore blanc, le colchique et la cévadille doivent leurs propriétés vénéneuses. ( Voy. poison.)

M. Magendie a proposé de substituer la vératrine à l'ellébore, au colchique et à la cévadille , dans tous les cas où ces médicamens sont indiqués ; il dit en avoir retiré de bons effets chez quelques vieillards dont les gros intestins contenaient une quantité considérable de matières fécales très-dures. Il propose de l'administrer en pilules, dissoute dans l'alcool, à l'état de sulfate et de pommade. Cette dernière préparation doit surtout être employée dans les cas de rhumatismes chroniques, d'anasarque et de goutte. La dose de vératrine à l'intérieur est de 1/8 à i/4 de grain pour commencer. Jusqu'à présent les praticiens n'ont guère paru disposés à faire usage de ce médicament.

Préparation. — On épuise la cévadille par l'éther, qui dissout une matière grasse, un acide odorant, une matière colorante ; on traite le résidu par l'alcool bouillant à plusieurs reprises ; à mesure que les dissolutions alcooliques se refroidissent, il se précipite de la cire ; on filtre et on évapore jusqu'en consistance d'extrait que l'on reprend par l'eau froide ; on évapore la solution aqueuse, et l'on remarque qu'il se dépose une matière jaune orangée à mesure que l'évaporation a lieu. Lorsque la liqueur est suffisamment, concentrée , on la précipite par l'acétate de plomb; on filtre, et l'on obtient un liquide presque incolore ; on y fait passer un courant de gaz .acide hydrosull'urique , pour décomposer l'acétate de plomb en excès. On filtre,

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on concentre Ja liqueur par l'évaporation , on la traite parla

magnésie , <t un la fillre de nouveau , le précipité magnésien

contient la vératrine : onl'épuisc par l'alcool qui dissout la vé-

ratrine. Il suffit d'évaporer la dissolution pour obtenir cette base,

que l'on purifie eh la dissolvant de nouveau dans l'alcool.

( orfila. )

VERGE. Voyez Pénis.

VERGETURES, s. f. pl., vibex, vibices. Cette dénomination, qui ne devrait s'appliquer qu'aux ecchymoses que produisent les coups de verges , de fouet, a été employée dans d'autres acceptions. Ainsi, par analogie d'aspect , on a donné le nom de vergetures aux lividités cadavériques qui se présentent sous la forme linéaire , par suite de liens étroits qui ont été appliqués à certaines parties du corps, ou par l'effet des plicatures des vétemens qui l'enveloppaient, "<a. des inégalités du sol sur lequel il a reposé. On a donné le même nom aux petites raies rougeâtres qui subsistent après une forte distension de la peau , enfin à des tacbes violacées linéaires qui se rapportent au scorbut, au pourpre bémorrbagique.

VERJUS, s. m. On appelle ainsi le raisin encore vert, et non parvenu à sa maturité. Voyez vigne. ( a. richard.)

VERMICULAIRE , adj. , vermicularis , quia de la ressemblance avec un ver.

vermiculaire ( appendice), ou caecal. Voyez intestin.

vermicul aires ( éminences ) ; saillies médullaires situées à la face inférieure du cervelet. Voyez encéphale. • VERMIFUGE , s. m. et adj. , vermifugus. Cette expression est ordinairement considérée comme synonyme d'anthelmintique et ces deux mots sont indistinctement employés l'un pour l'autre. Cependant , l'étymologie semblerait indiquer que le nom de ■vermifuge devrait être exclusivement réservé aux agens thérapeutiques qui tuent les vers ou peuvent en provoquer l'expulsion au dehors; tandis qu'on rapporterait aux anthelmiDtiques , non-seulement tous les moyens à l'aide desquels on peut solliciter l'expulsion des vers , mais aussi ceux qui sont mis en usage pour s'opposer à leur développement : celte distinction grammaticale n'a pas été adoptée. Les vermifuges , considérés d'une manière générale , sont extrêmement nombreux ; si nous jetons en effet un simple coup d'œil sur la liste des médicamens

qui ont été à tort ou à raison décorés de ce nom, nous y trouvons des émolliens , des astringens , des toniques , des excitans , des diffusibles, des purgatifs et des narcotiques : on peut donc dire que toute la pharmacologie a été mise à contribution pour combattre les vers intestinaux; et les faits ne manquent jamais , comme déraison, pour confirmer les croyances populaires sur ce sujet, de même que sur beaucoup d'autres ; mais cependant tous les moyens thérapeutiques qui peuvent concourir à l'expulsion des vers ne doivent pas être considérés comme vermifuges. Ces animaux se rencontrent souvent dans différentes sortes de maladies , et les moyens particuliers qui sont employés pour combattre ces affections moi-bides peuvent souvent agir secondairement en déterminant l'expulsion des vers intestinaux. Ainsi, supposez le développement des ascarides lombricoïdes avec une entérite aiguë , les moyens antiphlogistiques , les boissons émollientes , qui tendent à diminuer cette inflammation en calmant l'irritation intestinale et les vomissemens , ramènent nécessairement le mouvement péristaltique naturel , et favorisent l'expulsion des matières fécales et des vers intestinaux ; les émolliens et les saignées deviennent donc dans ce cas des espèces de vermifuges, sans avoir cependant aucune action directe sur les vers. Dans des circonstances opposées, lorsqu'un simple état saburral compliqué de vers intestinaux a lieu , les purgatifs, en provoquant les contractions de l'intestin , expulsent les vers intestinaux , comme les autres corps étrangers qui peuvent s'y rencontrer. Enfin , dans le cas d'une atonie remarquable des organes gastro-intestinaux, compliquée d'ascarides, les toniques et les stimulans peuvent à leur tour passer pour des espèces d'anthelmintiques. Ces divers moyens thérapeutiques ne peuvent cependant pas être considérés comme de véritables vermifuges ; ils n'agissent que secondairement sur les vers intestinaux. Les vermifuges proprement dits ont une action plus ou moins directe sur ces animaux, une sorte de spécificité anti vermineuse.il est à la vérité assez difficile de bien constater cette propriété: en effet, les vers intestinaux meurent spontanément comme ils se développent, et sont souvent expulsés, même vivans, du canal intestinal ou des autres organes par les seuls efforts de la nature. Il est en conséquence presque impossible de faire la part de ce qui-peut être attribué à l'action du médicament, et de ce qui dépend de toute autre cause. Ensuite,

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les agens thérapeutiques qui agissent comme vermifuges, ne le sont pas également pour toutes les espèces de vers; certaines substances n'agissent que contre le ténia, d'autres que contre les ascarides : néanmoins , quand des agens médicamenteux sont employés contre les mêmes espèces dans des circonstances différentes , et favorisent constamment l'expulsion des vers , il n'est pas possible alors de se refusera admettre une sorte d'action spécifique. Mais comment agissent-ils sur chaque espèce ? c'est ce qui est extrêmement obscur; les expériences qui ont été faites par Andry, Bréra, et beaucoup d'autres, pour apprécier la manière d'agir des différens vermifuges hors du corps de l'homme , n'ont pas conduit à des résulats satisfaisans. La plupart des vers intestinaux meurent à l'instant même, ou peu après qu'ils sont sortis de l'intestin ; les expériences sont donc à peu près insignifiantes pour ceux-ci : et quant aux ascarides lombricoïdcs, qui sont les seuls dont la vie se prolonge quelque temps, l'action de l'air, ou de l'eau dans laquelle on les plonge, accélère toujours leur mort. Ils ne sont plus aussi impressionnables par les mêmes stimulans; les médicamens avec lesquels on peut les mettre en contact, ne sont plus d'ailleurs modifiés comme ils le sont dans l'intestin par leur mélange avec une foule de substances très-différentes. Il est donc impossible de comparer la manière d'agir des vermifuges dans l'intestin ou hors de l'intestin : nous sommes réduits à observer leurs effets sur l'homme sain ou malade. Il est bien évident qu'on ne peut rapporter cette propriété vermifuge ni à une action mécanique ( il n'y a point d'agent médicamenteux qui agisse dans l'intestin d'une manière purement mécanique), ni à une simple propriété stimulante , purgative ou autre. La propriété vermifuge est en dehors des autres propriétés immédiates des agens médicamenteux, et entièrement indépendante de celles-ci. Les médicamens les plus stimulans , comme les alcoolats de mélisse, de cannelle, de gingembre, et les purgatifs les plus énergiques, tels que le jalap, la gomme-gutte, l'aloès , etc. , n'ont qu'une action trèsfaible sur les vers intestinaux, et comparable à celle de beaucoup d'autres médicamens; tandis que la mousse de Corse, la fougère mâle , l'écorce de la racine de grena'dier , qui jouissent certainement de propriétés immédiates bien moins prononcées, présentent néanmoins la propriété vermifuge à un très - haut degré, et d'une manière incontestable. Il n'est donc pas vrai-

VÉR 2^5 semblable que cette propriété vermifuge consiste dans la manière d'agir du médicament sur nos organes, mais plutôt sur les vers eux-mêmes , qu'ils affectent d'une manière désagréable, qu'ils irritent, qu'ils .font fuir ou qu'ils tuent par une action directe et particulière encore peu connue.

D'après ces considérations, nous restreindrons à un très-petit nombre de substances les antbelmintiques ; encore dans ce nombre peut-être en est-il dont l'action directe sur les vers est très-faible, et doit être de nouveau constatée par l'expérience. On peut ranger provisoirement au nombre des vermifuges , parmi les substances minérales, le zinc, l'étain , le deutochlorure de mercure, le sulfure de potasse , les eaux salines et sulfureuses et l'eau glacée. Dans les végétaux se trouvent l'ail, l'assafaelida , l'absintbe, la tanaisie, et la plupart des corymbifères aromatiques, le chenopode antbelmintique , le camphre, la cévadille , le semen-contra, la fougère mâle, la mousse de Corse, l'écorce de racine de grenadier , le brou de noix, les geoffreyca inermis et surinamensis, l'huile de térébenthine , et la plupart des huiles essentielles. Parmi les substances mixtes minérales et végétales, l'éther n'est pas sans effet. Enfin , au nombre des substances animales vermifuges, on range l'huile animale de Dippel , et l'huile empyreumatique de Chabert. Voy. , quant à la manière d'employer ces différens vermifuges, chacun de ces articles en particulier, et l'article général vers. (guersent.)

VERMIFORME , adj. , vermiformis ; qui ressemble à un ver. Cette expression, synonyme de vermiculaire, s'applique aux mêmes parties que ce dernier mot. (marjolin.

VERMINEUX, adj. verminosus ; qui est produit par les vers: maladies , affections vermineuses. Voyez vers.

VÉROLE, s. f. ; nom vulgaire de la syphilis.

VÉPtOLE (petite); nom vulgaire de la variole.

VEROLETTE , s. f. ; nom sous lequel a été quelquefois désignée la VARICELLE.

VËROLIQUE, adj.; synonyme de syphilitique.

VÉRONIQUE , s. m. Genre de plantes de la famille des aritirrhinées , et de la diandrie monogynie , très-facile à reconnaître à sa corolle monopétale , rolacéc à quatre lobes inégaux , à ses deux étamines , et à sa capsule lenticulaire comprimée, à deux loges polyspermes. Plusieurs espèces de ce genre ont été employées en médecine ; nous citerons ici les suivantes :

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vÉftONiyUE officinale, veronicu ojficinalis ; ( L. Rich. , Bol. méd., t. i , p. ïii.) Plante vivace à tige étalée et rampante ; portant des feuilles opposées, ovales, obtuses, dentées, pubescenles, des petites fleurs d'un bleu très - pâle formant des épis axillaires et pédonculés. Cette plante , que l'on connaît sous le nom de thé d'Europe, est commune dans les bois aux environs de Paris, où elle fleurit pendant une partie de l'été. On emploie les feuilles et les jeunes tiges de cette plante , qui ont une saveur un peu amère et aromatique. Leur infusion théiforme est assez agréable , et forme une boisson légèrement excitante et diaphorétique.On l'administrait jadis dans tant de maladies différentes, que les modernes en ont à peu près abandonné l'usage. Ainsi, on l'a tour à tour employée contre l'ictère, la gravelle, les catarrhes chroniques, la colique néphrétique, etc.; mais nous le répétons, on a à peu près cessé de l'administrer.

véronique beccabunga , veronica beccabunga. (L. Rich., Bot. méd. , 1. 1 , p. 23 1. ) Cette espèce, qui est également vivace , croît dans les ruisseaux. Elle est glabre dans toutes ses parties , et ses fleurs sont petites, mais d'une teinte plus bleue que dans l'espèce précédente. Les feuilles fraîches de cette plante ont une saveur légèrement âcre et piquante , qui a quelque analogie avec celle d'un grand nombre de crucifères. Aussi les emploie- t-on comme antiscorbutiques; on en exprime le suc, que l'on administre à la dose de deux ou trois onces. Par son action excitante, le suc de beccabunga agit aussi comme diurétique.

Plusieurs autres espèces de ce genre, comme les Veronica chamœdrys , Ver. leucrium , ont encore été employées dans des circonstances à peu près analogues à celles de la véronique officinale. Mais leur usage est tout-à- fait abandonné aujourd'hui.

( A. BICHARD. )

VERRE D'ANTIMOINE, s. m. On désigne ainsi un verre transparent, couleur d'hyacinthe, formé de protoxyde d'ar '.imoine, de sulfure d'antimoine, d'alumine, de silice et de fer oxydé. Il est décomposé par le charbon à une tempérai ure élevée, et il fournit de l'antimoine métallique. Si après l'avoir pulvérisé on le chauffe avec de l'acide hydrochlorique pendant quelques minutes, il se dissout en eniier, à moins qu'il ne renferme une trop grande quantité de silice , et il se dégage du gaz acide hydrosulfurique : la dissolution contient de l'iiydrocldorate d'antimoine décomposable par l'eau en blanc, et en orange rou-

VER 2^7 geâtre par l'acide hydrosulfurique; d'où il résulte que , pendant la dissolution du verre d'antimoine dans l'acide hydrochlorique , l'eau a été décomposée ; et que ,* tandis que son oxygène a oxydé la portion d'antimoine qui était à l'état de sulfure, l'hydrogène s'est combiné avec le soufre de ce même sulfure. Le verre d'antimoine est employé pour préparer le tartre émétique et le vin aatimonié ; il est rarement administré seul , du reste il est fortement émétique. Hoffmann rapporte qu'il a déterminé l'empoisonnement et même la mort chez certains individus , à la dose de sept à huit grains.

On obtient ce verre en faisant griller le sulfure d'antimoine avec le contact de l'air, pour transformer une partie de soufre en acide sulfureux , en même temps que l'antimoine passe à l'état d'oxyde. Ce produit, ainsi grillé, est fondu dans un creuset de terre, et maintenu en fusion pendant long-temps; puis on le .coule. Si la fusion n'était pas assez prolongée, on n'obtiendrait qu'un produit brun-marron, d'une.cassure vitreuse, non transparent, c'esl-à dire, du crocus metattorum( safran des métaux , safran d'antimoine). Le verre d'antimoine doit sa transparence à la silice du creuset, qui a été attaquée pendant la fusion : en effet, que l'on fasse chauffer dans un creuset de platine du sulfure d'antimoine grillé , on n'obtiendra qu'une masse opaque ; que l'on mette, au contraire, un mélange du même sulfure et de silice dans le même creuset , on ne tardera pas à former du verre transparent. (orfila. )

VERRUE, s. f. , verruca ; petit tubercule plus ou moins arrondi, indolent, à surface ordinairement granuleuse ou sillonnée pour peu qu'il soit ancien, se développant sur certaines régions de la peau ou des membranes muqueuses, comme aux mains, au visage et aux parties sexuelles. Cette tumeur, dont la substance est dure et comme cartilagineuse, pénètre plus ou moins profoudément, par des espèces de racines, dans la partie sur laquelle on la voit naître, et quelquefois même jusqu'au tissu cellulaire sous-cutané ou sous rauqueux. Il en survient communément plusieurs chez un même individu.

Ces espèces de végétations , qui ont pour l'ordinaire une couleur plus pâle que celle des surfacessur lesquelles elles sont implantées, ont depuis long temps reçu desnoms différms, suivant les formes qu'elles présentent. Quand elles sont peu élevées audessus du niveau des parties où elles siègent, et qu'elles y tiennent

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par une large base , on leur donne, d'après Celse , celui de verrues proprement dites [acrothymion , d>c(o(ufil<»i). On les voit le plus ordinairement aux mains. Sont-elles, au contraire , portées sur un pédicule alongé , leur corps présentant un renflement plus ou moins sillonné à l'extrémité libre de ce pédicule? on les appelle poireaux. Enâa , lorsque le renflement dont il vient d'être parlé n'existe pas , et que l'excroissance végétative se termine par une extrémité libre aussi grêle que sa base , les anciens auteurs lui ont donné le nom d' 'acrochor don (dx.poxop£a>). C'est le plus souvent au cou et à la face que ces deux dernières espèces s'observent, et quelquefois en assez grand nombre.

Les verrues surviennent à tout âge; mais c'est plus particulièrement pendant l'enfance qu'on les observe. Les peaux fines et délicates des individus à cheveux blonds ou roux m'ont toujours paru en être plus fréquemment affectées que les autres. Du reste , les irritations répétées de la peau des mains par ua travail un peu rude, sont généralement regardées comme propres à les faire naître. Quelques personnes sont affectées d'un si gTand nombre de ces tumeurs, et elles se reproduisent et pullulent si opiniâtrement, après avoir été enlevées ou détruites par un moyen quelconque, que plusieurs médecins sont disposés à croire qu'elles tiennent , dans ces cas particuliers , à l'existence d'une diatbèse regardée comme étant de nature herpétique. Mais il paraît plus rationnel, dans l'état actuel de nos connaissances, de les considérer comme un désordre purement local. Les seules exceptions qu'on puisse admettre à cette manière d'envisager ces sortés de tumeurs, se trouvent dans les cas où elles sont évidemment produites par l'action du virus syphilitique. Alors elles se développent presque exclusivement aux parties génitales; et lorsqu'elles persistent, ce qui arrive souvent, après l'administration d'un traitement spécifique suffisamment prolongé pour en détruire la cause virulente , elles rentrent dans la catégorie des autres espèces de verrues. Dès lors il ne faut plus les considérer que comme une affection locale. Foyez végétations et excroissances syphilitiques.

Ce qui sera dit ici du traitement des verrues en général se bornera donc à indiquer les moyens locaux qui ont été conseillés jusqu'à ce jour pour les guérir. Ainsi , des frictions répétées deux ou trois fois par jour sur ces petites tumeurs avec le sel ammoniac , la poudre de Sabine , le muriale de soude . l'eau

VER 2^9 de chaux , l'eau de Goulàrd, l'eau phagûdéniqùé, la solution de sublimé, les sucs de citron, d'oignon cru, de grande chélidoine, d'euphorbe, ou avec toute autre substance irritante, parviennent souvent à les faire disparailre, à moins qu'elles ne soient d'une consistance par trop dure. Cependant tous ces remèdes sont loin de réussir d'une manière constante, et l'on regarde avec raison comme plus siires et plus efficaces la ligature , l'excision ou l'application des divers caustiques.

Le premier de ces moyens, la ligature, ne convient que contre les verrues pédiculées, c'est-à-dire les poireaux. On embrasse avec un fil cix'é la base de chacune de ces tumeurs, le plus près possible de la peau ou de la muqueuse à laquelle elles sont attachées, afin d'en prévenir plus sûrement la reproduction.

L'excision , qui peut être employée dans tous les cas d'excroissances verruqueuses, se pratique avec des ciseaux courbes sur leur plat, et doit comprendre une portion du derme ou de la membrane muqueuse sur lesquels elles se trouvent implantées. La même attention doit être ubservée lorsqu'on fait cette excision avec des petits ciseaux à pointes fort aiguës. Celte opération réussit presque toujours de la manière la plus complète, surtout aux parties extérieures de la génération ; mais comme dans beaucoup de cas le point d'implantation ne peut être tota lement enlevé, ainsi qu'il arrive presque constamment pour les verrues qui siègent sur les mains , parce que les racines en sont très-profondes, on est obligé de cautériser le point excisé, dans la vue de prévenir plus efficacement la réapparition de ces productions morbides. Cette cautérisation s'opère le plus communément alors avec le nitrate d'argent, caustique qui me paraît un des plus convenables pour ce second temps du traitement des verrues, parce qu'il se développe presque toujours sous l'escarre noire et parcheminée qui résulte de son application , une inflammation qui réduit en un petit foyer, de suppuration toutes les radicules filamenteuses de ces végétations. Quelquefois cependant on se sert avec avantage du sulfate de cuivre.

Les verrues peuvent aussi être exclusivement traitées par d'autres caustiques plus actifs, qui, en raison de leur forme plus ou moins liquide, peuvent être employés sans excision préliminaire. Les acides nitrique et sulfurique, le nitrate acide de mercure , la potasse caustique , l'ammoniaque pure, l'hydrochlorate d'antimoine, telles sont les substances dont on fait le

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plus ordinairement usage. Il suffit de loucher une ou plusieurs fois , en laissant dans le second cas deux jours d'intervalle entre les cautérisations, chaque verrue avec un petit morceau de bois aiguisé en forme de cure-dent, après en avoir trempé l'extrémité dans l'un de ces liquides. Quand on se sert pour celte opération de la potasse concrète , il faut s'opposer à son action sur les parties saines environnantes, en les couvrant avec un peu de sparadrap de diachylon gommé au milieu duquel on aura pratiqué une ouverture proportionnée au volume de la verrue qu'on veut détruire. ( l. v. i.agneau.)

VERS ( pathol. ). La pathologie des vers intestinaux est beaucoup moins avancée que leur histoire naturelle, et les progrès qu'a faits dans ces derniers temps l'helminthologie, n'ont eu que très-peu d'influence sur la connaissance des maladies vermineuses. Nous n'avons encore rien de satisfaisant sur les symptômes auxquels les vers intestinaux peuvent donner lieu , et sur les moyens de distinguer les accidens qu'ils produisent de ceux qui dépendent d'autres causes. Op trouve dans la plupart des auteurs beaucoup d'erreurs ou même de relations fabuleuses sur ce sujet, et peu de notions précises. Plusieurs praticiens ont été tellement frappés de cette vérité, qu'ils sont tombés dans une sorte de scepticisme relativement aux maladies vermineuses, et les ont à peu près rayées du catalogue de la pathologie, tout en considérant néanmoins l'étude des vers intestinaux comme très-curieuse, et même importante sous le rapport de l'anatomie pathalogique et de l'histoire naturelle de l'homme. Cette opinion est celle de plusieurs hommes très-distingués , et même de ceux qui, comme Rudolphi, Bréra , Breraser , se sont le plus occupés des affections vermineuses. Sauf quelques exceptions , j'engage les praticiens, dit Bremser, à ne pas attacher trop d'importance à la présence des vers , et encore moins à une évacuation de ces animaux , quand il s'agit de déterminer la cause d'une maladie. C'était aussi la manière de voir d'Albers de Biemen, qui s'en expliquait avec moi dans une conversation que nous eûmes lors du dernier voyage qu'il fit à Paris. Il est certain, en effet, qu'on a très-souvent attribué à la présence des vers plusieurs maladies auxquelles ces animaux sont entièrement étrangers. C'est surtout dans l'étude de la pathologie des enfans qu'on est le plus à même de be convaincre de cette yérité. On a touiours fait iouer un rôle beaucoup trop important

aux entozoaires dans les maladies du premier âge. A mesure que celte partie de la pathologie se perfectionne , on reconnaît que la plupart des enfans qui succombent après avoir rendu des vers, ou même en en ayant encore, sont affectés de maladies aiguës ou chroniques qui laissent après la mort des traces incontestables de leurs effets , et qui par elles-mêmes sont nécessairement mortelles.

Indépendamment de cette source fréquente d'erreurs , beaucoup de praticiens , peu versés dans l'étude de l'helminthologie , ont très-souvent pris pour des vers intestinaux une foule de corps qui n'en sont pas. La classe des pseudo-helminthes, comme les désigne Bremser , est assez nombreuse. L'ouvrage de Bréra renferme un catalogue assez complet d'observations sur ce sujet. On peut diviser les pseudo - helminthes , en substances animales et végétales. Il n'est pas très-rare de voir sortir du canal intestinal des larves de mouches qui ont été introduites avec les alimens, et qui ensuite ont été décrites comme des vers particuliers. Bréra lui-même est tombé dans cette erreur, en désignant sous le nom de cercosome une larve d'éristale qu'il avait prise pour un vers intestin. Dans d'autres cas, de simples concrétions fibrineuses , à la suite d'hémorrhagïes internes, des portions de larynx d'oiseaux rejetées par les vomissemens , ou rendues parles selles , ont été prises pour des vers intestinaux; et des corps savans ont même été la dupe de semblables erreurs. Dans d'autres circonstances , des insectes tombés accidentellement au milieu des matières fécales , ou dans les vases de nuit , ont été regardés comme sortis du canal intestinal ou de la vessie. Parmi les substances végétales qui ont été décrites comme des vers , on peut citer d'abord le diacanthos polycéphale de Stiébel qui ne paraît être autre chose qu'une rafle de raisiu; les prétendus vers des dents, qui, comme l'a très-bien prouvé Bremser , ne sont que des graines germées de jusquiame. Le ditruchyceros deStulzer (bicorne hérissé de Blainville) n'est peut-être lui-même aussi qu'une graine., quoique celte opinion ne soit pas généralement adoptée par tous les naturalistes.

Les praticiens pourront éviter le plus souvent ces méprises, en observant avec grand soin les differens corps rendus avec les crachats, les selles, les urines et les divers écoulemens utérins. Après les avoir d'abord lavés dans l'eau tiède pure ou légèrement acidulée , et les avoir séchés dans un linge, il sera facile xti. 16

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de s'assurer si ces corps appartiennent ou aux végétaux ou aux animaux ; la plus simple combustion, à l'aide d'une bougie, suffira pour décider la question. Je me suis servi plusieurs fois de ce moyen , et particulièrement dans un cas où je voulais prouver à un de mes confrères que des fragmens de betterave rendus par les selles, et qu'il avait pris pour des vers intestinaux , n'en étaient pas. Lorsqu'il est reconnu que les corps qu'on observe appartiennent réellement au règne animal , il ne s'agit plus, pour constater si ce sont de véritables helminthes, que de vérifier si ces corps sont réguliers , symétriques, mous, dépourvus d'organes articulés , caractères communs à tous ces animaux.

Au reste , quoique les méprises soient souvent possibles, et qu'on ait , dans beaucoup de cas , pris des corps particuliers pour des vers intestinaux ; quoique d'une autre part on ait aussi rangé à tort , dans le catalogue des maladies vermineuses, beaucoup d'affections cérébrales , pulmonaires , ou gastro-intestinales très - tranchées , qui étaient tout-à-fait indépendantes de la présence des vers , il est toutefois incontestable que le développement de ces animaux dans les cavités , ou au milieu du lissu même de nos organes , donne quelquefois lieu à des phénomènes morbides très-variés, et parfois même assez graves pour entraîner la mort. C'est donc à tort que l'on prétendrait devoir borner la partie médicale de l'étude des vers , à cejle de l'anatomie pathologique ; la nosographie ne doit pas dédai-» gner de s'en occuper. L'étiologie des maladies vermineuses e;t au moins aussi obscure que l'histoire de leurs symptômes. Quant aux moyens thérapeutiques qu'on leur oppose, ils sont pour la plupart purement empiriques, et cette partie importante de la pathologie se ressent nécessairement beaucoup du peu de progrès que la science a fait jusqu'à ce jour sur ce point.

Nosographie des affections vermineuses. — Les phénomène? physiologiques et les altérations pathologiques auxquels donne lieu le développement dos vers intestinaux 5 varient nécessairement beaucoup , suivant la différence des organes qu'ils occupent et des appareils auxquels ces organes appartiennent. Les vers qui se rencontrent le plus ordinairement dans le canal intestinal de l'homme sont l'ascaride lombricoïde, l'ascaride \crraiculairc ou oxyure vermiculaire , le trichocéphale dispar, les, tœnia solium et lata. Les symptômes que ces animaux peuvent

VER 2'<3 déterminer, sont ou locaux ou généraux. Parmi les premiers, on remarque surtout ceux-ci: la langue est blanche ou saburrale, la salive épaisse, plus abondante que dans l'état de santé parfaite , l'haleine à jeun est acide ou fade, comme à la suite d'un accès fébrile. Le malade se plaint quelquefois d'une espèce de resserrement au pharynx , d'une sensation de reptation le long de l'œsophage, qui s'accompagne dans certains cas dune espèce de picotement vers la gorge. L'appétence pour les alimens est nulle ou très-vive , et en général très - variable. Souvent le malade a des nausées , des éructations avant le repas, et parfois ces nausées sont suivies d'un vomissement de matières liquides ef purement muqueuses ; des coliques de différentes espèces , tantôt sourdes, tantôt aiguës, se font souvent sentir, principalement vers la région ombilicale. Au lieu de coliques , les malades se plaignent quelquefois de mouvemens de reptation, de picotemens et de morsures dans l'intestin; mais il faut bien se garder de s'en laisser imposer par des sensations souvent imaginaires, sur lesquelles le malade s'abuse lui-même; car, comme l'observe très-bien Bréînser, presque toutes ces sensations sont le résultat de l'imagination des malades, qui ont entendu parler de la morsure des vers, des accidens graves qu'ils peuvent pro duire , et qui se persuadent qu'ils sont tourmentés par ces animaux lors même qu'ils n'en ont point. Le ventre, chez les individus affectés de vers, est quelquefois ballonné, plus ou moins dur et douloureux à la pression; les matières fécales sont liquides ou solides , et souvent accompagnées, surtout chez les enfans , de matières glaireuses , quelquefois mêlées de sang, et de couleur d'un vert jaunâtre. Enfin, les matières stercorales, ainsi que celles qui sont rejetées par le vomissement, "contiennent souvent des vers ou de^ portions de vers. Ce dernier caractère est le seul vraiment certain , tous les autres, même réunis, pouvant appartenir à des maladies différentes , et la présence des vers dans le canal intestinal ne donnant souvent lieu, dans beaucoup £e cas, à aucune altération des fonctions digeslives. Les vers qui siègent plus particulièrement vers le rectum , tel que l'oxyure vermiculaire , provoquent ordinairement des accidens particuliers , tels que le ténesme , le prurit et la démangeaison de l'anus , qui s'accompagnent surtout le soir de beaucoup d'agitation et d'insomnie.

Les symptômes généraux et sympathiques que peuvent pro-

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daire les vers développés dans le canal intestinal, sont très-variables. Le corps maigrit , la face est pâle , hâve, les paupières cernées, les pupilles très-tlilatées et souvent inégalement; une démangeaison très-incommode, et revenant par accès, se fait sentir vers l'orifice des fosses nasales; les ailes dune/ sont quelquefois gonflées. Il ne faut cependant pas attacher trop d'importance à !a démangeaison du nez , surtout chez les enfans, parce qu'ils se frottent presque toujours cette partie, quelle que soit la nature de la maladie dont ils sont atteints , par la raison que ne pouvant point se moucher , il leur est impossible de rejeter au dehors les mucosités qui se concrètent dans le nez, et qui par leur présence causent une démangeaison assez désagréable.

Le système nerveux, principalement chez les enfans, est souvent sympatliiquement affecté par la présence des vers dans le canal intestinal. Indépendamment des changemens notables des yeux que nous avons indiqués en parlant des altérations de la face , il survient quelquefois des mouvemens convulsifs partiels , et même des convulsions générales qui simulent dans certains cas l'épilepsie et la chorée. Cependant ces convulsions sont certainement beaucoup plus rares et moins graves qu'on ne le pense généralement ; je n'ai vu jusqu'ici qu'un seul cas dans lequel des convulsions mortelles ont paru déterminées par la présence d'ascarides lombricoïdes. Un enfant qui se plaignait de coliques légères fut bientôt après pris de convulsions qui furent suivies d'une mort prompte; à l'ouverture du cadavre, nous ne trouvâmes aucune altération dans le cerveau, dans le prolongement rachidien et dans les organes contenus dans la poitrine et dans le ventre; on reconnut seulement que deux ascarides de sept à huit pouces de longueur avaient pénétré par le canal hépatique , et s'étaient, iitroduits profondément dans les canaux biliaires. Comme les convulsions avaient immédiatement suivi les coliques , nous «avons pensé que l'introduction brusque et instantanée de ces deux animaux dans les conduits biliaires avait été la véritable cause de ces Convulsions. Dans Iotis les cas où j'ai retrouvé des phénomènes nerveux , et des convulsions mortelles chez des enfans affectés devers, il existait évidemment une maladie cérébrale , pulmonaire ou gastro-intestinale , indépendante de la présence de ces animaux.

La fièvre est rarement causée par la présence des vers dans l'intestin , à moins cependant qu'ils ne soient en très- grand

VER > a/,5

nombre, et aloss ils déterminent une sorte d'entérite , et s'accompagnent de la sécheresse de la peau et d'une grande prostration. Cette espèce d'entérite , qu'on pourrait appeler vermineuse , offre tous les caractères de l'entérite adynamique ; mais ici , comme dans beaucoup de cas, les vers intestinaux sont ils cause ou effet , ou sont-ils étrangers à l'un et à l'autre : c'est ce qu'il est impossible le plus souvent de déterminer.

On a regardé la toux sèche qui survient principalement à jeun ou avant le repas, comme un signe indicatif de la présence des vers ; ce signe se rencontre quelquefois en effet, mais il est loin d'être constant. En général les vers intestinaux n'agissent que très-rarement sur les organes de la respiration. Cependant , quand les ascarides lombricoïdes remontent de l'estomac dans l'œsophage, ils produisent le plus souvent une toux sèche sympathique , qui peut être suivie de vomissemens ou de l'expulsion de ces animaux par la bouche ou par les fosses nasales. Les ascarides lombricoïdes s'introduisent aussi quelquefois dans le larynx, et pénètrent même dans la trachée artère et les bronches, surtout chez les malades très-prostrés et peu sensibles à l'action des stimulans extérieurs. Lorsque cette introduction a lieu avant la mort, elle peut donner lieu à. une sorte de suffocation, qui accélère la perte des malades, sur tôt* lorsqu'ils sont déjà très-affaiblis. Nous avons trouve quelquefois de ces animaux dans la trachée-artère , et jusque dans les dernières divisions des bronches ; mais il nous a été impossible de déterminer si celte introduction avait eu lieu avant ou après la mort , celle-ci n'ayant été précédée d'aucuns symptômes, qu'on puisse attribuer au passage de quelques corps étrangers dans l'intérieur des voies aériennes.

Les altérations pathologiques produites directement par les vers développés dans le tube digestif, sont le plus souvent peu remarquables. Les trichurides , en quelque quantité qu'ils soient dans le cœcum ou dans le colon , agissent peu sur la membrane muqueuse de ces intestins , et déterminent tout au plus une légère injection. Il en est de même pour l'oxyure vermiculaire ; quoique souvent en quantité considérable dans le rectum, à peine remarque - 1 - on que la membrane interne soit rouçe. Il ne parait pas que le tcei.ia, presque toujours isolé, produise d'inflammation remarquable , quoiqu'il adhère souvent par sa bouche à la paroi interne de l'intestin. Les ascarides lombri-

coïdes en grand nombre, souvent entrelacés sous forme de pelotes, donnent lieu à l'injection capillaire de tous les vaisseaux qui pénètrent dans les parois de l'intestin. La membrane muqueuse, dans ce cas , est d'une couleur violacée, uniforme, qui n est pas celle des entérites ordinaires; elle présente au-dessus et au-dessous de ces agglomérations une plus ou moins grande quantité d'un mucus écumeux , d'un jaune verdâtre, analogue par la couleur au nostoc ou aux conferves qui flottent dans les eaux croupissantes, ou mieux encore au mucus intestinal qui est le produit de l'action du caiomel. Lorsque les ascarides sont" isolés ou en très - petit nombre , on n'observe pas ordinairement d'injection notable de la membrane muqueuse ; mais les liquides contenus dans 'l'intestin sont écumeux et dégagent souvent , comme dans le premier cas , une odeur alliacée. Les ascarides lombricoïdes parcourent facilement toute l'étendue du tube digestif et sortent souvent par la bouche. Après la mort on les trouve quelquefois engagés dans l'œsophage ou dans l'estomac ; mais ils séjournent plus ordinairement dans l'intestin grêle , plus rarement dans le gros intestin. Leurs extrémités pointues et assez résistantes leur permettent de s'introduire facilement par les ouvertures les plus étroites. J'en ai fréquemment rencontré»un ou deux dans l'appendice cœcal. Philibert Gmelin en a trouvé un de trois pouces de long engagé dans le canal pancréatique. Laè'nnec a observé sur un individu les canaux biliaires distendus par un grand nombre de ces vers, dont plusieurs remplissaient lu vésicule biliaire ; ils habitaient même de petites cavités qu'ils s'étaient pratiquées dans le parenchyme du foie. M. le professeur Cruveilhier a eu l'occasion de rencontrer une disposition à peu près semblable. Enfin , j'ai parlé moi-même plus haut de deux ascarides lombricoïdes de huit pouces de longueur, qui avaient pénétré en entier par le canal hépatique dans les canaux biliaires. On trouve quelquefois même aussi des ascarides lombricoïdes dans la cavité du péritoine. Ce fait est constaté par un assez grand nombre d'observations. On en a même observé jusque dans le mésorectum , et dans la vessie à la suite d'ulcération de l'intestin. Il n'est pas au reste plus extraordinaire de voir passer les ascarides lombricoïdes dans le péritoine ou dans la vessie par suite de raruollissemens ou d'ulcérations, qu'il ne l'est de les voir sortir au dehors par des anus contre nature, ou par suite d'abcès qui ont per-

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foré les parois abdominales et l'intestin, comme on en trouve des exemples rapportés par Heister, Baldinguer , etc., etc. Mais les ascarides lombricoïdes peuvent- ils perforer l'estomac et les intestins lorsqu'ils sont parfaitement sains, comme le prétendent plusieurs praticiens. On cite à l'appui de cette opinion plusieurs observations remarquables. M. Gautbier de Claubry , îe père, affirme, entre autres, avoir vu l'estomac et les intestins perforés par plusieurs ascarides lombricoïdes qui avaient passé à moitié dans la cavité péritonéale., et qui étaient tellement pressés par l'ouverture qu'ils avaient faite , qu'on ne pouvait les retirer qu'avec peine. Cependant il ne décrit pas d'une manière satisfaisante l'état des membranes , ne parle ni de leur couleur , ni de leur consistance , et il serait possible que des ulcérations ou des ramollissemens partiels, comme on en observe quelquefois, eussent pu livrer un passage plus ou moins facile à ces animaux: une description très - exacte de l'état des parties était donc absolument nécessaire pour dissiper tous les doutes. La plupart des helminthologistes pensent en effet que les ascarides lombricoïdes ne sont point pourvus d'organes propres à perforer les membranes saines ; les espèces d'aiguillons cornés qu'on remarque autour de leur boucbe peuvent bien faciliter leur passage au milieu de très-petites ulcérations qui auraient détruit une partie des membranes , et altéré ou ramolli les autres ; mais on conçoit difficilement qu'ils puissent percer d'outre en outre des membranes saines, qui sont d'ailleurs résistantes quoique cédant à la plus légère pression, et sur lesquelles ils doivent glisser d'autant plus facilement, qu'elles sont sans cesse lubrifiées par des liquides onctueux. J'ai ouvert certainement plus de deux cents enfans qui avaient des ascarides lombricoïdes dans le canal intestinal, et chez plusieurs de ces individus, j'en ai trouvé jusqu'à cinquante , soixante, et même davantage , et je n'ai jamais remarqué qu'un seul de ces animaux ait pénétré dans la cavité abdominale , quand l'intestin était sain. Je ne prétends pas cependant révoquer en doute les faits contraires, parce que je ne les ai pas observés ; mais je pense qu'ils ne sont pas encore assez circonstanciés, pour qu'on puisse admettre comme certaine là perforation des membranes intestinales dans l'état tain. Si les tubercules cornés des ascarides étaient susceptibles de perforer ainsi d'outre en outre l'intestin, cet accident devrait avoir lieu fréquemment, surtout quand ces animaux s'engagent d.ms

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l'appendice ccecal, puisque le mouvement naturel de reptation devrait les porter à franchir cet obstacle ; et cependant c'est ce que personne n'a encore rencontré , quoiqu'il ne soit pus rare d'observer plusieurs de ces animaux dans l'appendice ccecal.

Les organes accessoires de la digestion sont quelquefois envahis par différentes espèces de vers intestinaux. On a trouvé des fascioles dans la vésicule et les canaux biliaires; des acéphalocystes ont été observés dans lara^e, le foie, et même dans des kystes développés sous le péritoine en dehors de ces organes. Mais le diagnostic de ces altérations pathologiques est extrêmement obscur. Les accidens produits par ces animaux sont ordinairement très-analogues à ceux que déterminent les hépatites et les splénites chroniques , maladies qui d'ailleurs accompagnent toujours le développement des acéphalocystes. On ne peut donc alors que soupçonner la présence de ces animaux, sans avoiraucune certitude sur leur existence, à moins que le malade n'en ait rendu. On trouve, dans les auteurs et dans les journaux de médecine, un grand nombre d'observalions dans lesquelles des acéphalocystes développés, ou dans la rate ou dans le foie, ont été rejetés au dehors, soit par les selles, soit par des abcès ouverts sur les parties latérales du ventre , soit enfin par l'expectoration.

Les cysticerques et les acéphalocystes se rencontrent quelquefois dans les poumons, les mamelles, le cerveau , le canal rachidien , entre les muscles, dans les os, et même jusque dans les articulations. Mais dans tous ces cas rien ne peut nous éclairer d'une manière positive sur le diagnostic de ces diverses altérations, que la présence même de ces animaux.

Plusieurs vers intestinaux peuvent se développer dans les organes urinaires ; on retrouve quelquefois des acéphalocystes dans le parenchyme élu rein , et alors ils donnent souvent lieu aux symptômes d'une néphrite chronique. Le strongle géant a été quelquefois rendu par les urines , ou reconnu dans le rein lui-même. Les symptômes par lesquels s'annonce la présence de ces vers jusqu'à ce qu'ils soient expulsés, ne diffèrent point ordinairement de ceux des autres affections chroniques des reins.

On a observé dans l'utérus deux espèces d'acéphalocystes , dont le diagnostic est souvent assez obscur ( voyez acéphalo-

VER a49 cxste). Enfin la vulve elle vagin contiennent dans quelques cas des oxyures vermiculaires, qui viennent du rectum , niais qui en passant dans ces parties donnent lieu à un prurit extrêmement incommode, et par suite à une insomnie qui ne se calme que par la destruction de ces animaux. Quant aux accidcns produits par les vers qui se rencontrent exclusivement dans le tissu cellulaire et sous la peau, voyez, pour éviter des répétitions inutiles , l'article filaire.

Êtiologie des affections vermineuscs. — Les causes qui président à la formation des vers intestinaux sont ou prédisposantes et plus ou moins éloignées, ou prochaines et efficientes. Les premières sont relatives à l'âge, au sexe, à la constitution, au climat et à la manière de vivre.

Les très-jeunes enfans à la mamelle sont rarement affectés de vers intestinaux avant l'âge de six mois. Les exemples qu'on cits comme contraires à celte expression générale des faits ne sont que des exceptions. Au-dessus de l'âge de six mois , on les rencontre déjà, mais très - rarement; à peine trouve -t - on un ou deux ascarides, sur plusieurs centaines d'enfans du premier âge ; tandis que depuis trois ans jusqu'à dix , on en trouve sur un vingtième , et dans quelques saisons même sur un plus grand nombre. Dans l'adolescence les vers intestinaux sont plus rares , et encore plus rares dans la vieillesse. Mais si on rencontre moins souvent des vers dans le canal intestinal des adultes et des vieillards que dans celui des enfans, d'un autre côté c'est plutôt sur les hommes d'un âge mûr et chez les vieillards , qu'on observe des acéphalocystes et des cysticerques qui compliquent souvent chez eux les affections organiques des viscères abdominaux.

Les femmes , parmi les adultes , sont plus fréquemment exposées aux ascarides, aux tœnias, aux oxyures, que les hommes ; et on remarque que les hommes qui ont la peau très-blanche, les cheveux blonds et une constitution efféminée, sont en général plus fréquemment atteints de ces vers intestinaux que les autres. Une constitution sèche, robuste, un tempérament bilieux , semblant s'opposer au développement des vers intestinaux, tandis qu'au contraire le tempérament lymphatique, et surtout celui dans lequel prédomine le système muqueux en général , est surtout favorable à la production de ces animaux. Celle constitution, qui dispose primitivement aux affections vermineuses ,

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peut être, même transmise par la génération : on a souvent remarqué que les enfans de ceux qui étaient affectés de maladies vermineuses, en étaient eux-mêmes atteints comme leurs parens.

Le climat influe certainement sur le développement des vers intestinaux. On les observe en général plus fréquemment, toutes choses égales d'ailleurs, dans les pays humides et froids, ou chauds etohumides , que dans les climats dont la température est enUèrement différente. Les ascarides sont très-communs en Hollande; dans certaines contrées de la Suisse, la plupart des femmes sont affectées du tœnia. Ne doit-on pas attribuer aussi la fréquence de cette espèce de vers intestinal , dans la ville du Caire , à l'humidité chaude qui règne dans ce pays pendant la saison des inondaiions. De toutes les causes éloignées prédisposantes , il n'en est peut-être pas de plus efficaces que celles qui dépendent de*la manière de vivre. Tous les médecins ont remarqué depuis long - temps, que les ascarides lombricoïdes sont beaucoup plus communs en été et en automne , dans tous les pays où l'on mange une grande quantité de fruits et de légumes , surtout lorsque l'influence de ce régime végétal n'est pas contrebalancée par l'usage des boissons fermenlées. C'est par cette raison sans doute, que dans plusieurs cantons de la Normandie, où les enfans des campagnes vivent presque exclusivement de laitage et de pommes , et ne boivent que du cidre ou de l'eau , les affections vermineuses sont en général très- fréquentes.

Toutes les causes que nous venons d'indiquer prédisposent prochainement au développement des vers intestinaux, et surtout à celui des ascarides ; mais il est en outre une cause ca'chée, qui favorise plus particulièrement chez tel individu que chez tel autre la formation de ces animaux , et qui les fait naître. On retrouve parmi les vers intestinaux tous les modes de génération : les uns ont des sexes séparés; les autres sont androgynes, quelques-uns, comme les acéphalocystes, semblent se multiplier par des espèces de gemmes ou de bourgeons qui se détachent de l'individu; ainsi il faut bien admettre pour les uns des espèces d'œufs, et pour les autres des gemmes ou des germes qui sont plus ou moins répandus , qui circulent avec nos humeurs ou séjournent dans les parties les plus déliées de nos organes, et s'y développent spontanément. Il n'est pas de notre

VER aûl objet d'entrer ici dans la grande question de la génération des vers; mais , soit qu'on la regarde comme spontanée, ou comme le résultat d'ovules développés par une génération quelconque, il n'en faut pas moins admettre comme cause efficiente, la disposition particulière de tels ou tels organes, propre à favoriser le développement des œufs ou des germes. C'est à cette cause latente, qui dépend de plusieurs circonstances qui sans doute échappent à nos sens , qu'appartient véritablement la production des affections vermineuses; et toutes les causes prédisposantes peuvent se rencontrer réunies et être sans effet , lorsque celle-ci, qui est vraiment efficiente et prochaine, ne se retrouve pas.

Thérapeutique des affections -vermineuses. C'est seulement contre les vers qui se rencontrent dans le canal intestinal, que les moyens thérapeutiques peuvent être dirigés avec quelque espérance de succès. Tous les vers qui se développent dans le tissu de nos organes , et aux dépens mêmes de ces tissus, qui le plus souvent leur servent de kystes , ne sont point attaquables a l'aide de moyens directs ; à moins qu'ils ne se fassent jour au dehors par des abcès, ou ne se développent dans un organe qui offre quelque communication extérieure comme l'utérus, ou enfin n'apparaissent sous la pëau comme lè filaire de Médine (voyez ce mot). Mais dans tous les autres cas, les agens thérapeutiques vermifuges qui ont été vantés, comme les mercuriaux, et qui ne peuvent pénétrer que par absorption, n'agissent en général que très-faiblement sur les vers intestinaux.

Les moyens que l'art nous fournit pour combattre les vers qui se développent dans le canal intestinal, sont ou médicamenteux ou hygiéniques. Parmi les premiers se trouvent d'abord ceux qui jouissent de quelques propriétés spécifiques, et que nous avons indiqués à l'article vermifuge ; les autres , qui n'ont qu'une action secondaire, appartiennent particulièrement à la classe des purgatifs, des toniques et des excitans. C'est souvent a la combinaison de ces divers moyens réunis que sont dus les succès des traitemens antiverarineux : mais les mêmes substances n'agissent pas delà même manière sur les différentes espèces de vers; chacune d'elles réclame un mode de traitement particulier. Les .ascarides lombricoïdes occupant toute l'étendue du canal intestinal , et remontant quelquefois jusque dans l'estomac et l'œsophage , il est utile , pour les combattre , d'administrer

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les inédicamens par la bouche. Parmi les différens moyens qu'on peut mettre en usage, se rencontrent particulièrement le semencontra , la cévadille, le calomel , l'huile empyreumatique de Chabert, l'huile animale de Dippel , etc., etc. Le semen-contra n'agit comme vermifuge contre les ascarides, qu'à une trèsforte dose, et seulement quand les fleurs sont très- odorantes ; il en est de même de la tanaisie, de l'absinthe. La cévadille, qui jouit de propriétés plus énergiques, ne peut être employée qu'avec beaucoup de ménagemens , à cause de son action fortement purgative, chez les enfans et les adultes, dont l'intestin est très-irritable. Le calomel , qu'on peut facilement administrer sous toute sorte de formes, en pastilles, en bonbons, dans des biscuits, dans des macarons, etc., et qui, par celte raison est très -usité, offre le grand inconvénient d'être un médicament infidèle , et a de plus celui de provoquer, quelquefois à très-petites doses, une salivation opiniâtre. On peut, avec plus d'avantage, recourir à de fortes décoctions de mousse de Corse bien choisie, qu'on peut administrer chez de jeunes enfans , sous forme de confitures. Si tous ces moyens sont insuffisans, on aura recours à l'huile de térébenthine , ou à l'huile empyreumatique de Chabert édfflcorée avec du sirop de limons pour la rendre moins désagréable ; on peut encore les combiner avec différentes poudres vermifuges sous forme d'électuaire. On pourra enfin recourir aux élecluaires composés de vermifuges et de purgatifs , analogues à ceux qu'a proposés Bremser ; mais la plupart de ces moyens sont peu praticables chez les enfans , à cause de la difficulté de les leur faire avaler. Le traitement qui convient aux ascarides lombricoïdes serait également applicable aux fascioles, si on en avait observé dans les évacuations alvines.

Tous ces moyens vermifuges peuvent être mis en usage sans inconvéniens , lorsque les vers intestinaux ne sont compliqués d'aucune espèce de maladie; mais s'il existe une complication quelconque, il faut avant tout combattre la maladie principale par les remèdes appropriés; car les vermifuges spécifiques ou accessoires jouissent toujours de propriétés générales aitringentes , stimulantes ou purgatives , etc. , etc. , qui ne pourraient être que très nuisibles dans la plupart des maladies aiguës , cl surtout dans les affections intestinales. La maladie principale détruite, on peut alors employer les vermifuges, sans craindre de nuire ; mais dans tous les cas douteux , il vaut mieux

VER arj3 s'abstenir. Il n'est pas rare de rencontrer dans la pratique des exemples funestes de l'oubli de cette sage précaution : j'ai vu souvent des affections intestinales aggravées par l'administration imprudente des vermifuges. On peut en direautant des complications des vers avec des affections de poitrine et du cerveau. Toutes les fois qu'il existe des caractères tranchés d'entérite, de pneumonie, accompagnés de la présence de vers, il faut négligerla complication vermineuse , mêmê dans les épidémies, jusqu'à ce que les symptômes de l'affection principale soient détruits. Il y a quelques cas, cependant, où une affection gastro-intestinale peu inflammatoire peut être entretenue parla présence d'une grande quantité d'ascarides, et alors il devient nécessaire, pour combattre même la plilegmasie , d'expulser les vers intestinaux. Dans celte circonstance délicate, il est prudent d'abord de commencer par l'emploi des vermifuges appliqués extérieurement; on se servira avec succès des onctions faites sur le ventre avec les huiles essentielles de semen contra, de tanaisie , dissoutes dans des huiles fixes camphrées ; on pourra recourir également aux cataplasmes préparés avec la tanaisie, l'absinthe, l'ail pilé , et aux autres substances réputées pour vermifuges. J'ai vu dans plusieurs cas, où l'on avait lieu de craindre l'emploi des vermifuges à l'intérieur, à cause d'une plilegmasie intestinale , ces différens topiques procurer l'expulsion des vers, sans augmenter l'irritation des organes abdominaux.

Les oxyures vermiculaires , n'occupant le plus ordinairement que le rectum et le vagin , ne réclament que des moyens locaux. Les vermifuges introduits par la bouche seraient insignifians dans ce cas, à cause de la longueur du canal intestinal, à l'extrémité duquel ces animaux se trouvent placés. Les lavemens à l'eau froide, ou préparés avec des infusions chaudes d'absinthe, de tanaisie, ou mieux encore avec une solution de six à douze grains de sulfure de potasse dans huit onces d'eau , sont ordinairement suffisans pour détruire ou chasser ces vers incommodes. Lorsqu'ils occupent la vulve, les bains d'eau salée et les bains sulfureux sont les moyens les plus efficaces.

Les trichocéphales , ne donnant jamais lieu à aucun accident remarquable, ne réclament aucun moyen thérapeutique.

Quant aux diverses espèces de teenia , les traitemens particuliers qu'ils exigent, ayant été exposés à l'article tof.nia même, nous y renverrons pour éviter des répétitions inutiles.

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Les moyens médicamenteux que nous venons d'indiquer doi- ' I vent être secondés par un régime approprié; on évitera dans le traitement des affections vermineuses l'usage des alimens relâchans , et particulièrement celui du laitage, des fruits, des corps gras , des farineux ; et après l'expulsion des vers , on aura recours à un régime tonique et excitant. On permettra les viandes bouillies et rôties, le vin, les amers. Le changement de régime seul suffit souvent pour procurer l'expulsion des vers. J'ai vu des enfans qui étaient tourmentés par des ascarides lombricoïdes , pendant le temps qu'ils étaient à la campagne nourris de lait et de fruits ; de retour à la ville , et mis à l'usage des potages, au bouillon de viande, ils rendaient des quantités considérables de vers, et en étaient ensuite complètement débarrassés.

Les moyens préservatifs des affections vermineuses consistent principalement dans l'éloignement de toutes les causes prédisposantes qui peuvent les faire naître , et que nous avons indiquées en traitant de leur étiologie ; mais c'est surtout dans l'emplbi du régime animal et d'une administration bien réglée des toniques et des excilans, qu'on trouvera le plus sûr moyen prophylactique des affections vermineuses. (guersent. )

VERS VÉSICUL AIRES, s. m., pl. Sous ce nom sont compris les êtres que les naturalistes ont désignés également par la dénomination à' hjdatidcs , et qui se rangent sous les cinq genres suivans : cysticerque , polycéphale , ditrachjceros, echinococcus et acephalocysie , Cliacun de ces genres de vers vésiculaires a été décrit au mot qui lui appartient, à l'exception de l'echynococcus , qui, ayant été omis, a été traité à l'article hydatiue. Enfin, pour compléter l'histoire de cette partie de la pathologie , nous indiquerons l'article oeuf (pathologie), tome xv, page 38i , dans lequel il est traité plus particulièrement des acéphalocystes qui se développent dans l'utérus, et auxquels les médecins assignent plus communément le nom générique d' hydatides.

VEUSION DU FOETUS. Pour que l'accouchement se termine par les seules forces de la nature, il faut le concours de plusieurs conditions; il faut principalement que le fœtus présente, à l'orifice de l'utérus et aux détroits du bassin , l'une des extrémités de Tovoïde qu'il représente tant qu'il est contenu dans l'utérus. Toutes les fois que c'est un autre point de la surface du fœtus

qui répond à ces ouvertures , qu'il est placé en travers par rap. port à elles,. l'accouchement est impossible; il faut , pour qu'il puisse s'effectuer, changer la position du fœtus, le faire tourner dans la matrice : c'est ce qu'on appelle opérer la version du fœtus. Dès que les médecins ont commencé à s'occuper des accouchemens , ils ont reconnu ce fait. Hippocratc l'exprime clairement dans son premier livre des Maladies des femmes , et cherche à le rendre sensible en comparant le fœtus à un noyau placé dans une fiole à cou étroit; noyau que l'on ne peut extraire, s'il est disposé en travers. Celse donne le précepte formel d'amener avec la main vers l'orifice de la matrice la tête ou les pieds du fœtus, quand ces parties ne s'y présentent pas naturellement; mais Celse ne parle que de l'enfant mort, car de son temps on ne songeait à employer quelque procédé opératoire dans l'accouchement, que quand l'enfant était mort. Aëtius et Paul d'Egine font l'application de ce précepte à l'enfant vivant. Cette pratique resta ignorée aux médecins du moyen âge. On n'en trouve aucune trace dans 1er ouvrages de Rhodion et de Rueff ; mais on la, voit reparaître dès que les ouvrages des anciens commencèrent à être connus. Elle est indiquée dans Y Harmonia gynceciorum de Wolf. Franco et A. Paré en parlent en peu de mots, non comme d'une chose nouvelle ou d'une découverte qui leur appartînt, mais comme d'une chose vulgaire. Cependant, quelques médecins ont discuté pour savoir auquel des deux doit être attribuée la gloire de cette découverte. On voit , par ce qui vient d'être dit , qu'elle n'est due ni à l'un ni à l'autre. Guillemeau a développé le précepte de Celse en l'appliquant aux différens cas qui peuvent se présenter; et il mériterait par là, à plus juste titre que ces prédécesseurs, la gloire de l'invention. Dans presque tous les cas, il donne la préférence à l'accouchement par les pieds, sur celui dans lequel on ramène la tête à l'orifice de l'utérus. Sa manière de voir a été suivie par les accoucheurs qui sont venus depuis lui. Toutes les fois que le fœtus se présentait mal , on introduisait la main dans la matrice pour aller saisir les pieds, et tirer sur ces parties afin de changer la position du fœtus et de 1' amener au dehors. Cependant, quand la tête était près de l'orifice de l'utérus, que le bassin était bien conformé , et que tout était bien disposé pour un accouchement naturel , on recommandait encore de repousser avec la main la partie qui

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se présentait à l'orifice de l'utérus, et de laisser descendre la tête ou même de la diriger avec la main, et de la placer vers cet orifice. Osiander, après avoir lu les ouvrages d'Hippocrate et de Celse , c'est-à-dire le petit nombre de lignes qu'ils ont écrites sur les accouchemens, crut devoir essayer la méthode de retourner V enfant sur la tétc; et l'ayant trouvée aussi avantageuse que facile à exécuter, il l'a pratiquée et enseignée publiquement. Voici le résumé de sa doctrine, relativement à ce point de pratique : « Ou la tête se trouve à la proximité de l'utérus, ou » elle en est éloignée ; si la tête se présente dans une mauvaise » position à la proximité de l'orifice de l'utérus, l'accoucheur » doit chercher à lui donner une position naturelle, en donnant » à l'occiput une position plus basse qu'au front, et en le tour- » nant, s'il est possible , vers le pubis. Si la tête est éloignée » de l'orifice de la matrice , et que le bassin soit bien con- » formé , on fera mieux de tirer l'enfant par les pieds , eu se ré- » servant, d'appliquer le forceps , si l'extraction de la tête offre « quelques difficultés. Au contraire, dans le bassin dont le » détroit supérieur est trop étroit , la version sur les pieds sera » toujours funeste à l'enfant ; il faudra, dans ce cas, se donner » toute la peine possible pour amener la tête dans ce détroit ; et » quand elle y sera parvenue , on terminera l'accouchement par » le moyen du forceps. Cependant, si le détroit supérieur du » bassin offre assez d'ampleur pour que la tête puisse s'y ïnga^ » ger et enclaver par de fortes douleurs, et qu'en même temps » le détroit inférieur soit trop rétréci par l'arcade du pubis trop » peu évasée et trop inclinée en dedans , on ne réussira pas à pou- » voir tirer la tête avec le forceps; en pareille occasion, c'est « par la version sur les pieds et l'application du forceps , quand » l'enfant est sorti jusqu'à la tête, qu'on parvient à tirer l'en- » fant sans le blesser. » Quelques accoucheurs, et notamment M. Flamant , ont adopté les idées d' Osiander à cet égard, et ont même été plus loin que lui. Le plus précieux avantage que l'on a cru trouver à cette méthode, est qu'elle présente souvent plus d'espoir et de moyens de conserver la vie à l'enfant. On s'appuie sur ce que l'on perd beaucoup moins des enfans que l'on amène au moyen du forceps , que de ceux que l'on amène par les pieds. On a admis ce résultat en lui-même , sans examiner de quelles causes il dépend, ou pour mieux dire, en l'attribuant à des causes bien incapables de le produire. Pour voir jusqu'à quel point

VER a57 il peut prouver en faveur de la version sur la tète , il faut considérer d'abord que l'accouchement naturel dans lequel l'enfant se présente par les pieds n'offre pas des chances sensiblement [moins favorables à la conservation de la vie de l'enfant, que celui dans lequel il présente à l'orifice de l'utérus le sommet de la tête; et ensuite, que dans la version par les pieds les dangers que court le fœtus sont en raison de la compression qu'il a éprouvée et qu'il éprouve encore de la part de l'utérus , en raison de la difficulté que cette compression oppose aux mouvemens qu'on doit lui faire exécuter , et des violences qui en résultent. Comme ces circonstances n'existent pas dans la version sur la tête, il n'y a pas de comparaison à établir entre elle et la version sur le^ pieds. En effet , suivant la remarque fort juste de M. Schweighœuser, pour que l'on puisse opérer la \ersion sur la tête , il faut que l'orifice de l'utérus soit suffisamment dilaté ou disposé à l'être, que dè fortes contractions de cet organe ne s'opposent pas à la manœuvre de l'opérateur, et même que le fœtus conserve encore une grande mobilité, car tout ce qu'on peut faire , c'est de soulever la partie qui se présente à l'orifice pour laisser tomber la tête vers cette ouverture, et ensuite de diriger la tête avec la main pour lui donner une position convenable. Cette partie n'offre pas à la main de l'opérateur une prise assez facile pour qu'il puisse exercer des tractions sur elle, comme il peut le faire sur les pieds , et vaincre des résistances s'il s'en présente. Aussi, on ne doit entreprendre cette opération que lorsqu'on est convaincu de la possibilité de donner à la tête une position telle, qu'on puisse ensuite confier son expulsion aux contractions utérines , ou l'extraire avec le forceps. D'après cela, on voit que les cas dans lesquels on peut, avec avantage pour la mère et pour l'enfant, ramener la tête à l'orifice de la matrice sont très-rares, même lorsqu'elle est près de cet orifice. Lorsqu'elle est éloignée de l'orifice, je ne pense pas qu'on puisse trouver plus d'avantages à l'y ramener qu'à extraire l'enfant par les pieds. Les. cas où on pourrait le faire seraient encore plus rares que les précédens, même en admettant les suppositions posées par M. Flamant, pour fortifier la proposition d'aller chercher la tête du fœtus quand il présente les fesses à l'orifice de l'utérus , et que le bassin .offre un défaut de proportion tel , que le fœtus périrait avant qu'on ait pu extraire la tête : tel est le cas où un fœtus monstrueux

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serait privé des membres inférieurs , ou ne présenterait que de petits moignons près des fesses, qui ne fourniraient point assez de prise aux mains de l'accoucheur pour tirer au dehors l'extrémité inférieure du tronc , et où la mobilité du tronc laisserait entrevoir la possibilité de faire descendre la téle en soulevant les fesses; tel est encore celui d'une femme dont le détroit abdominal ne présente que trois pouces et trois lignes de diamètre sacro-pubien , si elle a perdu plusieurs fœtus venus par les fesses , et qu'ils aient tous offert une tête plus grosse que dans l'état naturel , si l'on est obligé de rompre les membranes, ou si, peu de temps après l'écoulement des eaux , le fœtus parait assez mobile dans l'utérus. Sauf un nombre de cas fort limité, c'est donc à la version par les pieds qu'il faut avoir recours, quand le fœtus ne se présente pas convenablement à l'orifice de l'utérus; c'est d'elle que je vais m'occuper. Mais la forme de cet ouvrage ne me permettant pas d'entrer dans le détail de tous les cas particuliers , je me bornerai à tracer des règles générales précises, . mais cependant capables de diriger l'accoucheur dans toutes les circonstances , comme je l'ai fait en parlant du forceps. Denman, Baudelocque, Schweighœuser, et d'autres observateurs , ont rapporté des exemples de versions du fœtus qui se sont opérées spontanément : on lit même dans l'ouvrage de Louise Bourgeois qu'un fœtus laissa sortir son bras et le retira ensuite, et que l'accouchement ne se fit que deux mois après. Cette histoire passe toute croyance. Les cas de version spontanée sont trop rares pour qu'on puisse espérer de les voir se reproduire au besoin , et pour qu'on puisse compter en rien sur le pouvoir salutaire de la nature pour la terminaison heureuse de l'accouchement , lorsque Je fœtus est mal placé dans l'utérus. Ces changemens spontanés de position ne peuvent avoir lieu que quand l'utérus est encore distendu par l'eau del'amnios, et quand le fœtus est très-petit et par conséquent très-mobile. Il est impossible d'en assigner les causes , et je crois que ce serait bien en vain qu'on chercherait à imiter le procédé de la nature, en imprimant au corps de la femme des secousses en divers sens , comme il est recommandé dé le faire dans un fragment informe , faussement attribué à Hippocrate, et comme on prétendl'avoir fait nouvellement avee succès , pour changer une position transversale de la tête dans l'excavation du bassin. D'ailleurs ces changemens de position

VER a£g D'ont pas toujours été avantageux ; et Baudelocque, a cru devoir conseiller de rompre promptement les membranes, quand ie fœtus , après avoir pris successivement diverses positions , se présente enfin d'une manière convenable , voulant par là l'empêcher d'en changer encore : conseil qui me semble très-judicieux.

Les causes qui nécessitent l'extraction du fœtus parles pieds, ou qui rendent ce procédé préférable à tout autre , ont été exposées et appréciées à l'article dtstocie. Après avoir bien reconnu l'existence d'une de ces causes et la nécessité d'opérer , après avoir exactement déterminé la situation du fœtus dans l'utérus , l'accoucheur doit fixer le temps convenable pour entreprendre son opération. Quand il n'existe aucun accident pressant, et que la mauvaise position du fœtus est la seule cause qui force à recourir à l'opération , il faut attendre que l'orifice de l'utérus soit complètement dilaté , ou au moins qu'il soit aminci, souple, et suffisamment dilatable, pour permettre facilement le passage de la main de l'accoucheur et ensuite celui du fœtus. En agissant autrement, outre les difficultés que l'on rencontrerait soit pour introduire la main, soit pour la faire mouvoir ensuite dans l'utérus , soit pour extraire le corps du fœtus , on aurait encore le grave inconvénient de contondre et de déchirer les lèvres de l'orifice. On doit aussi opérer immédiatement après la rupture des membranes, et profiter de ce que la matrice, n'étant pas encore revenue sur elle-même, conserve toute son étendue. La facilité que l'on trouve alors à faire mouvoir le fœtus et à changer sa position est un si grand avantage, que quelques accoucheurs ont recommandé de ne pas rompre les membranes, mais de porter la main entre elles et la surface interne de l'utérus , jusqu'à ce qu'elle soit arrivée vers le fond de l'organe , pour les déchirer à cet endroit et opérer la version du fœtus. M. Morlanne a renouvelé ce précepte, il y a quelques années. On a fait plusieurs objections assez graves contre cette manière d'agir; mais elles doivent disparaître devant la considération de la facilité qu'elle donne en raison de la grande mobilité que le fœtus conserve. Peut-être pourrait- on redouter l'action de la main qui porte à nu sur la paroi de l'utérus ; peut-être pourrait-on craindre de rencontrer le placenta , et de déterminer son décollement prématuré ? Ces craintes sont I certainement exagérées. Pour s'en affranchir, cependant, on pour-

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rait rompre les membranes au centre.de i'orifice en introduisant la main; le bras de l'accoucheur, occupant l'orifice du vagin, s'opposerait à l'issue de l'eau de l'amnios; et l'on trouverait autant d'avantage qu'à ne percer les membranes que vers le fond' de l'utérus. J'ai supposé jusqu'à présent que l'accoucheur est maître de choisir le moment le plus favorable pour opérer. Il n'en est pas toujours ainsi : Une hémorrhagie utérine , ou tout autre accident qui met les jours de la femme dans un danger pressant, peut forcer d'opérer avant quel'orifice soit complètement dilaté, avant même qu'il ait commencé à se dilater. La crainte devoir la femme succomber en peu d'instans , la nécessité de la sauver, doivent l'emporter sur toute autre considération. Il faut dilater forcément l'orifice, mais apporter à cette opération tous les ménagemens qui peuvent en prévenir les mauvais effets. On introduira -d'abord un doigt , puis deux, puis trois, puis la main tout entière , convenablement disposée, en écartant doucement et avec précaution les bords de l'orifice. Dans d'autres cas, il n'existe pas d'accidens, mais les membranes se sont ouvertes prématurément, l'eau de l'amnios s'écoule , et la matrice se contractera d'autant plus que l'on attendra davantage. On est dans l'alternative d'avoir à lutter contre les difficultés qui résultent du resserrement de l'orifice de l'utérus, ou contre celles qui dépendent de la contraction du corps de cet organe. Il 'est un cas où ces deux sortes de difficultés se rencontrent fréquemment, c'est lorsque le fœtus présente l'épaule à l'orifice de l'utérus, et que son bras a franchi cet orifice avant qu'il ne soit dilaté. Le bras et l'épaule se tuméfient souvent, semblent remplir complètement le vide de l'orifice et opposer à l'introduction de la main un obstacle insurmontable. Cette circonstance a pendant long-temps fixé uniquement l'attention des observateurs; pour lever cet obstacle , plusieurs accoucheurs n'ont trouvé rien de mieux à proposer et à exécuter , que d'arracher le bras en le tordant , ou d'en faire l'amputation régulière ; et pour faire cette opération, on a'inventé divers instrumens. Ces pratiques barbares ont dû. devenir de plus en plus rares , et enfin disparaître entièrement, à mesure qu'on a mieux étudié la théorie des accouchemens laborieux ; et actuellement.il n'est plus permis à un homme instruit de les mettre en usage en aucun cas. L'idée d'un resserrement spasmodiqjue de l'orifice de l'utérus sur bras du foetus, de manière à y produire une sorte d'étranglé-

VER a&i ment, s'est également évanouie. On a reconnu que le bras n'est serré, ou ne paraît l'être, que parce qu'il s'est gonflé, et que l'orifice ne s'est pas encore assez dilaté pour lui rendre la liberté qu'il avait nécessairement avant de se tuméfier; qu'en attendant cette dilatation , le bras cessera de faire obstacle à l'introductionde la main, car il n'est jamais assez volumineux pour occuper .une partie notable du cercle de Forifice entièrement . ou presque entièrement dilaté. Il est vrai que, pendant que l'on attend ainsi, l'utérus, dont l'orifice ne se dilate que par l'effet des contractions du corps , s'applique de plus en plus sur le corps du fœtus, et l'étreint avec tant de force qu'on a toutes les peines du monde à faire pénétrer la main. Deleurye , qui avait bien reconnu cette difficulté, dit que dans un cas semblable , comme il ne pouvait porter la main assez avant pour atteindre les pieds , Péan lui conseilla de saisir la main du fœtus opposée à celle qui était descendue dans le vagin ; qu'il exécuta ce conseil , et

^qu'ayant, par des tractions exercées sur cette main, changé la position du fœtus , et dégagé le col de l'utérus , il put porter sa main sur les pieds T les saisir et les entraîner au dehors. De ce fait il déduit le précepte général d'agir de la même manière en pareille circonstance. ïiaudelocque n'approuve pas ce précepte, parce qu'il pense , avec raison, suivant moi , que si on peut introduire la main assez avant, pour saisir la main du fœtus, on pourra bien pénétrer un peu plus avant pour arriver .jusqu'aux pieds. Dans un cas semblable , pour lequel je fus appelé, l'enfant se présentait dans la deuxième position de l'épaule droite ( suivant la classification de Solayrès ) , les eaux étaient écoulées, èl le bras sorti depuis huit jours; l'utérus était fol lement collé sur la surface du corps du fœtus ; il repoussait ma main avec tant d'énergie, que je désespérai pendant quelque temps de parvenir à vaincre sa résistancej je ne parvins en effet à introduire la main qu'en écrasant la poitrine du fœtus qui était mort depuis quelques jours : mais dès que nia main eut pénétre

, dans l'utérus , je parvins , quoique avec peine, à saisir les pieds : je ne crois pas que j'eusse eu plus de facilité à saisir la main gauche. L'accoucheur, placé entre deux écueils , doit tâcher de garder un juste milieu et de saisir l'instant favorable ; mais pendant son expectationil doit mettre en- usage tous les moyens propres à prévenir et à combattre la trop grande rigidité des fibres du corps et du col de l'utérus, à relâcher et assouplir ces

parties, tels que les bains > les saignées , les erabrocations et injections émollientes et narcotiques. Les préparations de belladone , mêlées à de l'huile ou à un autre corps gras et doux , peuvent être portées avec avantage dans le vagin.

La situation à donner à la femme est la même que celle quia été prescrite pour l'application du forceps [voyez fokceps); les aides seront disposés de la même manière. L'accoucheur doit être appuyé sur un genou , être assis ou debout , selon la hauteur du lit sur lequel la femme est placée : il serait plus maître de ses mouvemens, s'il pouvait se tenir debout; mais pour cela il faudrait que la femme fût placée sur un lit assez élevé, car la main et l'avant- bras de l'accoucheur, pour pénétrer dans l'utérus, doivent inévitablement suivre l'axe du détroit supérieur, c'est-à-dire1, en raison de la situation de la femme, une ligne qui, considérée relativement à l'accoucheur, se porterait de bas en haut et d'arrière en avant.

Pour porter la main dans le vagin, et de là dans l'utérus, on doit choisir l'intervalle de deux contractions utérines , et profiter du relâchement où se trouvent alors les parties. On recommande d'introduire la main dans le vagin pendant la douleur, parce que la femme, en poussant, semble venir au devant d'elle , et qu'elle confond la douleur qui est produite par l'introduction de la main avec celle qui résulte de la contraction utérine ; mais on veut que l'on attende la cessation de la douleur pour pénétrer dans l'utérus. Cette distinction de deux temps me semble bien subtile , bien difficile à suivre dans la pratique , et inutile. Il faut disposer la main de manière qu'elle offre le moindre volume possible. Suivant le conseil généralement donné, les extrémités des cinq doigts doivent être réunies de manière à présenter le sommet d'un cône, dont la base est formée par les articulations des premières et des secondes phalanges entre elles. Mon père voulait que les quatre doigts fussent rap- • proches de manière à former une gouttière dans laquelle le pouce est reçu et s'efface, la main formant alors un cône beaucoup plus alongé , et dont la base est moins large. Cette disposition me semble la plus convenable; je me suis toujours bien trouvé de l'avoir adoptée , et je vois que les praticiens l'adoptent généralement. La surface dorsale de la main se trouve seule en rapport avec les parois du vagin et de l'utérus; elle doit seule être enduite d'un corps gras ou mucilagineux qui en

VER *63 facilite le glissement. La même précaution doit être prise pour la partie de l'avant-bras , que l'on présume devoir être introduite dans ces parties. On doit d'abord diriger la main suivant la direction de l'axe du détroit inférieur pour la faire pénétrer dans le vagin ; mais ensuite on doit la diriger en avant , suivant la direction de l'axe du détroit supérieur , pour là porter dans l'utérus. Quand on introduit la main dans le vagin , il faut qu'elle soit placée de champ, c'est-à-dire dans une situation moyenne entre la pronation et la supination. On la laisse dans cette situation, quand elle doit suivre la paroi latérale de l'utérus ; on la met en supination pour suivre la paroi postérieure , et en pronation pour glisser derrière la paroi antérieure. Dès que l'on commence à porter une main dans l'intérieur des organes génitaux, et jusqu'à ce que la version du fœtus soit opérée, il faut que l'autre main soit exactement appliquée sur la surface antérieure de l'abdomen, pour soutenir l'utérus et le maintenir appuyé sur le détroit supérieur. C'est une précaution qu'il ne faut jamais manquer de prendre, quand on doit introduire une main dans l'utérus ; faute de cette précaution, dans les efforts souvent assez violens que l'on est obligé de faire pour pénétrer dans la cavité utérine , on soulève , on repousse l'utérus , on distend la partie du vagin qui s'unit à cet organe, et on risque de la déchirer , ainsi que les parois utérines elles-mêmes. Cette main, placée à l'extérieur, sert en outre, dans certains cas, à imprimer une direction convenable à l'utérus et au fœtus qu'il contient, et même à ramener, pour ainsi dire, les pieds au devant de la main qui va les chercher. Elle peut aussi servir à éloigner du détroit supérieur, par de douces pressions, la tête ou les épaules du fœtus, si elles s'en rapprochaient, et tendaient à venir y former obstacle à rabaissement des pieds.

Le choix de la main qu'il faut introduire est toujours déterminé par la considération de la position du îfœtus dans l'utérus. On peut établir comme précepte général que l'on doit se servir de la main dont la paume regarde naturellement la surface antérieure du fœtus , et se porte le plus directement vers les pieds ; mais ce précepte souffre des exceptions. Je vais entrer dans quelques détails sur ce point qui est un des plus importans. Quand l'enfant présente à l'orifice de l'utérus une des deux extrémités de son grand diamètre , ou une des régions de ses surfaces latérales, si sa surface antérieure regarde plus ou moins

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directement la partie latérale droite de la mère, c'est la main gauche qu'il convient d'employer; c'est au contraire la main droite, quand la surface antérieure est tournée à gauche; et quand elle est tournée directement en avant ou en arrière , ce qui est assez rare, il est indifférent de se servir de l'une ou de l'autre main. Il en est de même, quand un des points des surfaces antérieure ou postérieure du fœtus répond à l'orifice de l'utérus , et que les pieds sont portés directement en avant ou en arrière ; mais quand dans ces cas les pieds occupent la partie latérale droite de l'utérus, on porte la main droite pour les saisir, et' au contraire la main gauche, quand ils occupent la partie latérale gauche de l'utérus. Dans les positions de l'épaule, et des autres régions des surfaces latérales du corps , dans lesquelles le fœtus est placé suivant le diamètre transversal du grand bassin, quand les pieds sont situés vers la fosse iliaque droite, si l'abdomen regarde en arrière, il fqut introduire la main droite; et s'il regarde en avant , on introduit au contraire la main gauche. La raison de cette différente manière d'agir est fondée sur ce que , dans ces positions transversales , la main ne peut point passer facilement entré le corps du fœtus , et la partie postérieure des pubis, tandis qu'elle pénètre facilement en arrière le long des gouttières qui sont sur les côtés de l'angle sacro-vertébral. Or, dans le premier cas, la main droite, glissant entre l'abdomen du fœtus et.la région sacrée du bassin , arrive directement sur les pieds , et les ramène aussi facilement vers l'abdomen : dans le second cas, cette même main, glissant entre le dos du fœtus et la région sacrée du bassin, arriverait difficilement sur les pieds, et ne pourrait les ramener que vers le dos du fœtus , direction dans laquelle les cuisses ne peuvent se fléchir; la main gauche, au contraire, introduite entre les mêmes parties, sera facilement ramenée d'arrière en avant, le long des fesses du fœtus , en suivant la partie droite du grand bassin , et entraînera avec elle les membres inférieurs qu'elle fléchira sur l'abdomen, et attirera dans le vagin, ensuite au dehors, en faisant tourner le corps du fœtus sur lui - même. L'inverse aura lieu, si' les pieds sont situés vers la fosse iliaque gauche.

Si on.porte la main dans l'utérus, sans s'être auparavant bien rendu compte de la disposition du fœtus, bien que la cavité de > cet organe soil assez rétrécie , qu'elle le soit souvent beaucoup

trop, on s'y trouve comme perdu, on ne sait où se diriger. J'ai

VER a65 entendu des personnes dire qu'il faut aller à la recherche des pieds ; il me semblait voir des navigateurs errans dans les mers immenses du pôle austral , en cherchant les traces de l'infortuné Lapeyrouse. Cette expression rend cependant assez bien l'incertitude d'un accoucheur qui agit sans méthode. Au contraire , celui qui connaît son art , en introduisant sa main dans l'utérus y empoigne la partie qui se présente à l'orifice, la soulève, l'éloigné du détroit supérieur; puis il suit le côté du fœtus qui répond à la face palmaire de sa main , et arrive ainsi sur les fesses dont les pieds se trouvent rapprochés; il saisit les membres inférieurs r et les ramène dans le sens naturel de leur flexion. Il ne faut pas craindre d'introduire la main trop profondément; il faut se ménager la faculté d'agir avec aisance, et ne pas atteindre les pieds seulement du bout des doigts. Après que la main de l'accoucheur est arrivée sur les fesses du fœtus, il doit saisir, empoigner cette partie, en portant le pouce dans le pli de l'aine, et l'abaisser de manière à augmenter la courbure naturelle du corps en avant» à la pelotonner, selon l'expression pittoresque d'un de nos plus célèbres professeurs , à lui donner une forme globuleuse qui facilite sa rotation dans l'utérus. On commence ainsi à opérer véritablement la version. Pour la terminer avec le plus de facilité possible , et par conséquent avec le moins de douleuE possible pour la mère et le moins de risque pour lefœtus , il faut que l'accoucheur ait continuellement présens à l'esprit les faits suivans : la colonne vertébrale rie peut se fléchir que sur sa partie antérieure; c'est en avant aussi que s'opère la flexion de la tête et celle des cuisses ; c'est aussi dans ce sens qu'il faut ramener les membres inférieurs dans tous les cas. Si on les développait en arrière, le corps dufœtusne formeraitplus qu'une lignedroite, longue, inflexible, areboutée par ses deux extrémités contre les parois de l'utérus et celles du grand bassin , et par cela même immobile , comme j'ai eu occasion de le voir , ce qui m'a rendu bien plus difficile la terminaison de l'accouchement , car il m'a fallu commencer par réduire le fœtus à sa disposition primitive. L'abduction des cuisses est très-bornée; et, si on veut la pprter un peu loin , on s'expose à luxer ou à fracturer le fémur ; l'adduction est au contraire facile, et peut sans inconvénientêtre portée assez loin; c'est, donc dans le sens de l'adduction qu'il faut .porter le membre inférieur, quand on ne peut d'abord en saisir et en dégager qu'un seul. Le diamètre transversal du

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grand bassin, et celui du détroit supérieur, étant ceux qui ont le plus d'étendue , c'est dans leur sens qu'il faut ramener le grand diamètre du corps du fœtus. La partie postérieure da l'utérus , appuyant contre la surface saillante du corps des vertèbres lombaires, ce n'est jamais de ce côté qu'il faut tourner le dos .de l'enfant, mais bien vers les parties supérieure ou antérieure de cet organe qui , ne répondant qu'à des parties molles et flexibles, peuvent facilement s'accommoder à la courbure de la colonne vertébrale du fœlus. Enfin, pour que la terminaison de l'accouchement soit facile et avantageuse, quand le fœtus vient les pieds les premiers , il faut que la surface antérieure de son corps corresponde à la région postérieure du bassin (voyez accouchement). La méditation de ces faits servira à résoudre les questions les plus importantes , telles que celle du choix de la main à employer , celle de savoir quel pied on doit amener, quand on n'en peut saisir qu'un seul, dans quel sens il faut diriger les pieds, /qu'elle direction on doit imprimer au corps du fœtus, et pour cela sur quel pied il convient d'exercer les plus fortes tractions , ou si on doit tirer également sur tous les deux.

Il y a toujours beaucoup d'avantages à saisir les deux pieds et à les amener ensemble dans le vagin; mais on ne peut pas toujours y parvenir , on ne peut pas même toujours réussir à dégager le premier pied que l'on a. choisi, car les deux pieds sont quelquefois croisés l'un sur l'autre, et il faut bien commencer par amener celui qui est en- dessus. Quand un pied est ainsi amené, on l'entraîne dans le vagin et même hors de la vulve, si on peut, et on y attache un lacq (voyez ce mot), non dans l'intention d'exercer immédiatement de fortes tractions sur le membre, mais pour pouvoir facilement l'attirer simultanément avec l'autre, quand celui-ci aura été amené à son tour. Pour arriver sûrement et sans hésitation sur le second pied, dans ce cas, il faut suivre le côté externe du membre déjà dégagé, et remonter ainsi sur les fesses vers lesquelles on trouve le second. Si on ne prenait celte précaution on serait exposé à prendre le pied d'un second enfant, s'il y en a deux dans l'utérus , et si leurs membranes se trouvent déchirées en même temps. Une fois que les deux membres se trouvent développés sur la région abdominale, on les saisit en plaçant le doigt indicateur entre les jambes, au-dessus des malléoles internes, le pouce et les autres

VER 367 doigts au-dessus des malléoles externes, et on les entraîne à travers l'orifice de l'utérus, le vagin et la vulve, en tirant également sur les deux pieds , s'il convient d'amener le corps dans la direction où il se trouve, ou en exerçant de plus fortes tractions sur l'un des deux , si l'on veut abaisser un des côtés du corps du fœtus pour le déterminer à tourner sur lui môme. A mesure que l'on entraîne les pieds , les hanches du fœtus descendent et abandonnent le lieu qu'elles occupaient; la partie supérieure du corps remonte et vient occuper ce même lieu. La version du fœtus est opérée , et son expulsion peut être confiée aux seuls efforts de la nature. Le mouvement de rotation que l'on doit faire exécuter au fœtus éprouve cependant quelquefois des difficultés , parce que la tête reste appuyée sur le bord du grand bassin; plus on tire sur les pieds, le corps étant plié sur luimême , plus on attire en même temps la tête vers le détroit supérieur. On doit alors chercher à la diriger, par de douces pressions exercées de bas en haut avec la main qui est à l'extérieur sur la saillie que la tête et les épaules forment à travers les parois de l'abdomen ; on peut aussi la repousser avec le talon de la main qui tient les pieds, ou même quitter les pieds qu'on retrouvera toujours facilement, et saisir la tête pour la porter vers le fond de l'utérus.

Je viens de dire que lorsqu'une fois la version du fœtus est opérée, on peut confier son expulsion aux seuls efforts de la nature. Mais doit-on le faire? ou pour mieux dire, dans quels cas doit-on le faire? telle est la question qu'il s'agit d'examiner. En abandonnant à la nature la terminaison de l'accouchement, a-t-on dit, le fœtus n'éprouve pas de tractions qui puissent lui être nuisibles; le passage dç la vie intra-utérine à la vie extrautérine n'est pas brusque, il est lent et gradué, comme dans l'accouchement naturel; l'utérus n'est pas vidé subitement, on n'a pas à craiudre qu'il reste dans un état d'inertie, et par suite qu'il se renverse sur lui-même ou devienne le siège d'une héroorrhagie ; on n'a pas à craindre que le col utérin, se resserrant sur le cou du fœtus, apporte de grandes difficultés au passage de la tête. Les craintes sont- elles bien fondées? Les avantages sont-ils aussi grands qu'on l'a supposé ? Si l'on a opéré quand l'orifice était complètement dilaté, on ne doit pas craindre qu'il se resserre de nouveau; si on a été forcé d'opérer avant cette époque, les bras retenus par le resserrement même de l'orifice,

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ne se trouveront-ils pas étendus sur les parties latérales du cou et de la tête , et ne soutiendront-ils pas les bords de cet orifice ? Quant à l'inertie, est-elle vraiment à redouter? Un organe éminemment contractile, comme est l'utérus, après avoir été vivement excité par la présence de la main de l'accoucheur et par les mouvemens qu'il a fait exécuter au fœtus , reste.ra-t-il dans l'inaction? N'observe-t-on pas plus communément qu'il se contracte fortement, et qu'il seconde puissamment, par son action, les efforts de l'accoucheur ? Le cas où on pourrait se croire fondé à appréhender cette inertie de l'utérus , ne me semble pas devoir être celui où on devrait attendre de la nature la terminaison de l'accouchement; car alors le fœtus, restant arrêté trop long-temps au passage , courrait risque de périr par suite de l'interruption de la circulation dans le cordon ombilical, qui serait frappé par l'air extérieur et comprimé par le ressort des parties de la mère. D'ailleurs il serait facile d'obvier aux inconvéniens d'un accouchement trop prompt, en graduant lentement l'extraction du fœtus, et en faisant usage des moyens propres à ' solliciter la contraction de l'utérus. Excepté un petit nombre de cas où il faut^agir avec promptitude, pour soustraire la femme au danger pressant résultant d'une hémorrhagie foudroyante ou de quelque autre accident semblable , on doit procéder à l'extraction du fœtus, avec lenteur , sans i secousses sans violence, attendant l'effet des contractions utérines , secondant leur action plutôt que cherchant à les prévenir. Par ce moyen , on évitera des tractions trop fortes sur la colonne vertébrale et la moelle épinière, et la naissance du fœtus ne sera pas trop, précipitée. D'ailleurs dans un igrand nombre d'accouchemens naturels, l'expulsion du fœtus n'est-elle pas beaucoup plus rapide que ne peut l'être son extraction dans l'accouchement artificiel , sans cependant qu'il en résulte des inconvéniens pour sa santé? De ce qui vient d'être dit, il résulte que si dans quelques cas il faut se hâter d'extraire le fœtus, le plus souvent on peut confier son expulsion à la nature, mais qu'il vaut mieux suivre une voie moyenne, également éloignée de trop de lenteur et de trop de précipitation. On aura ainsi l'avantage de tirer plus promptement la femme de l'anxiété où elle est sur son sort et »ur celui de son enfant, depuis l'instant où elle a- consenti à se soumettre à l'opération, ce qu'elle n'a fait que dans l'espoir d'être bientôt délivrée de ses souffrances.

VER »6y Pour l'extraction du fœtus , l'accoucheur a un guide qui ne peut l'égarer, c'est la nature; il doit imiter en tout le procédé qu'elle suit dans l'expulsion du fœtus qui se présente par les pieds. Aussitôt que les pieds sont arrivés à l'extérieur , il faut les saisir séparément, après les avoir enveloppé* d'un linge sec pour empêcher qu'ils ne glissent entre les doigts. Le pied qui est situé vers la partie antérieure de la vulve sera tenu avec la main, dont la paume regarde la partie antérieure du fœtus, et l'autre avec la main du côté opposé. On doit avoir soin d'appliquer sur les parties du fœtus de larges surfaces des mains , pour diminuer les effets de la pression en la répartissant sur un plus grand nombre de points, et de reporter les mains successivement sur les parties au fur et à mesure qu'elles se montrent à l'extérieur, pour éviter l'inconvénient d'une pression trop longtemps continuée sur les mêmes parties , et de tractions faites sur les mêmes articulations. Les tractions doivent être faites avec douceur, d'une manière soutenue et non par saccades, en ligne droite, et non en portant le corps alternativement de droite à gauche, ou d'avant en arrière, ou en lui faisant décrire des mouvemens de circonduction. Ces mouvemens que quelques personnes exercent , et même avec brusquerie , dans le but de désengréner pour ainsi dire la surface du corps du fœtus, sont inutiles, car cette surface, enduite d'une matière céruminéuse, et mouillée par l'eau de l'amnios, le sang et les mucosités qui s'échappent de l'utérus , ne peut être retenue par un frottement considérable; ils peuvent être très nuisibles par leur effet sur la moelle épinière. Le corps de l'enfant sera porté en bas et en arrière, en l'appuyant sur le bord du périnée, pour lui faire suivre , autant qu'il sera possible , la direction de l'axe du détroit supérieur; et, en le faisant avancer, on lui fera décrire une spirale qui le ramène de plus en plus dans une situation télle que son dos réponde à une des branches de l'arcade des pubis , et- l'abdomen au ligament sacro-ischiatique, du côté opposé: situation qu'il prendra d'autant plus facilement qu'on aura déjà dù l'y disposer en opérant la. version. Le fœtus disposé de cette manière présentera les épaules, et ensuite le diamètre bipariétal, suivant l'un des diamètres obliques du détroit supérieur, et le diamètre occipito-bregmatiquc, suivant le diamètre oblique opposé, le face regardant- la courbure du sacrum : disposition qui a été démontrée être. la plus favorable à l'accouchement

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( voyez Accouchement). Lorsque les hanches ont dépassé 1 a vulve , on porte une main sur la partie antérieure du bassin , et l'autre sur la partie postérieure. Les mains doivent rester appliquées sur cette partie, qui seule présente des os pour point d'appui. Placées plus haut, les mains porteraient sur l'abdomen, et confondraient inévitablement les organes contenus dans cette cavifé. Aussitôt que l'abdomen s'avance à la vulve, pour éviter que le cordon ombilical, retenu par la pression qu'il éprouve, ne soit tiraillé, et qu'à cause de l'angle aigu qu'il forme, il ne se déchire à l'endroit de son insertion, il faut le saisir avec le pouce et le doigt indicateur de la main qui répond à l'abdomen, et attirer au-dehors une portion de sa partie placentaire, suffisante pour former une anse dont le développement corresponde à la longueur du corps du fœtus. Cette anse sera portée vers la partie postérieure de la vulve où elle sera à l'abri de la compression. On aurait de même l'attention de tirer la portion placentaire du cordon, si ceiui-ei était passé entre les cuisses; on tâcherait même de faire passer dans l'anse du cordon le membre qui est vers le périnée. S'il n'était pas possible d'en attirer au-dehors une quantité suffisante pour prévenir sa tension , qu'il fût tendu et menaçât de se rompre ou de détacher et d'entraîner le placenta , il ne faudrait pas balancer à le couper, en ayant soin de mettre la plus grande promptitude à terminer l'accouchement.

Les épaules qui auront franchi le détroit supérieur en s'y présentant suivant un des diamètres obliques , devront, une fois qu'elles seront descendues dans l'excavation , être ramenées dans la direction du diamètre antéro-postérieur ; et alors, en tirant sur le corps du fœtus , l'accoucheur le porte vers la partie antérieure de la mère. Les épaules s'engageront bientôt au détroit inférieur, celle qui est vers le périnée avançant plus que celle qui est sous la symphyse des pubis. Avec le doigt indicateur et le pouce de la main qui répond au dos du fœtus, il va saisir l'épaule, qui est en arrière, pendant qu'il soutient le corps avec l'autre main; il l'abaisse en la faisant glisser sur le tronc; puis il porte le doigt indicateur et celui du milieu sur toute la longueur de l'humérus, qu'il protège ainsi contre le danger d'être fracturé , et appuyant l'extrémité de ces doigts sur le pli du coude, il force le bras à descendre le long du thorax, et à sortir vers la partie postérieure de la vulve. Ce bras étant dégagé,

VER 27* il l'applique le long du corps de l'enfant, en l'enveloppant du même linge , et soutient ce corps avec la main qui vient d'opérer, tout en l'abaissant vers le périnée. Il peut alors procéder à l'extraction du membre qui est derrière les pubis, et qui, jusque là, resserré entre les branches de ces os, ne se serait dégagé qu'avec la plus grande peine. Avec le doigt indicateur et le pouce de la main qui est libre et qu'il tient dans une pronation forcée , il saisit et abaisse l'épaule , et portant deux doigts étendus sur l'humérus , en même temps qu'il appuie sur le pli du coude, il dirige le bras vers la partie postérieure de la vulve, là où se trouve la plus grande largeur du détroit inférieur; en même temps il élève le côté opposé du fœtus, en le faisant tourner, sur son axe. Le bras se trouve bientôt dégagé et extrait de la manière la plus facile et la plus favorable ; et on le place le long du tronc, comme on l'a fait pour le bras qui a été dégagé le premier.

Il ne reste plus à extraire que la tête , qui , lorsque le détroit supérieur est vaste, se trouve déjà descendue au détroit inférieur, mais qui quelquefois* ne peut être amenée à ce point qu'avec ln plus grande difficulté. Dans les circonstances favorables, on doit confier son expulsion aux efforts de la femme, en se bornant à lui donner une direction convenable; mais si la femme court quelque risque imminent, et du côté de l'enfant, si la circulation dans le cordon ombilical cesse ou s'affaiblit, si la respiration, qui s'était établie, devient gênée et laborieuse , et parait entravée par quelque obstacle, il faut procéder à l'extraction de la tête. Pour cela, il faut lui faire exécuter les mêmes mouvemens qu'elle aurait suivis d'elle-même dans l'accouchement naturel. On y parvient , en portant deux doigts de la main qui répondu la partie antérieure du fœtus, en arrière le long de la face, jusque sur les parties latérales du nez. Ces doigts appuieront sur la mâchoire supérieure, qui leur offre un point d'appui solide, pour abaisser la face, pendant qu'avec deux doigts de l'autre main on repoussera l'occiput. Après avoir ainsi saisi la tête, entre ces doigts, on ramène son diamètre occipito-bregmatique dans un des diamètres obliques du détroit supérieur; et faisant alors de légères tractions sur le tronc, que l'on soutient avec les paumes des mains et les autres doigts, on la fait descendre dans l'excavation ; puis on lui imprime un léger mouvement de rotation qui place l'occiput der-

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