‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 13 sur 44 · V,ER · texte numérisé non relu

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rière la symphyse des pubis , en se gardant bien de tirer sur le tronc, avant d'être parvenu à donner à la lêle cette situation. On déprime de plus en plus la face , et ou la dégage enfin , en élevant le tronc vers le pénil. Quelques efforts de la femme aideront puissamment la sortie de la tète; mais on ne doit jamais exercer de fortes tractions sur le tronc , la mort de l'enfant , s'il est encore vivant , et la déchirure ainsi que la séparation du cou, s'il est mort, pouvant être le résultat immédiat des tractions. Encore moins doit-on faire tirer sur le corps du fœtus par un aide ; car cet aide ne pourrait coordonner ses tractions avec les mouvemens des parties qui sont à l'intérieur, et les modérer à temps. Si on en emploie un , il ne doit que soutenir le corps. Si la tête éprouve quelques difficultés un peu notables à travers les détroits ou l'excavation du bassin , on ne doit pas hésiter à appliquer le forceps , suivant les principes qui ont été développés en parlant de cet instrument [voyez forceps). Ce qui vient d'être dit prouve l'utilité de cette pratique , qui est recommandée par tous les accoucheurs habiles.

Je suis entré sur le manuel de la version du fœtus dans des détails que quelques personnes trouveront peut-être trop minutieux ; mais j'ai voulu dans l'exposition de ces préceptes généraux prévoir tous les cas particuliers que la nature de cet ouvrage ne me permettait pas de parcourir. J'espère y avoir réussi, et je suis persuadé que les jeunes praticiens trouveront qu'il n'y a pas un de ces préceptes qui soit superflu , et dont l'omission ne puisse avoir de graves inconvéniens. En les suivant , je n'ai jamais trouvé d'accouchemens impossibles, je n'ai jamais été dans la nécessité de mutiler le fœtus , je n'ai jamais eu à remédier à la fracture ou à la luxation de ses membres.

( DESOEMEATJX. )

VERT-DE-GRIS. Voyez cuivre (acétate de).

VERTÉBRAL, ALE, adj. vertebralis ; quia rapport aux vertèbres.

vertébral ( canal ). V oyez ra'chis.

vertébrale (l'artère) est une des branches les plus considérables de la sous-clavière. Voyez ce mot.

vertébrale (la colonne ) est une longue tige osseuse formée par la réunion des vertèbres, et qu'on nomme aussi rachis- Voyez ce mot.

VERTÉBRALE (moelle) OU Él'ITflÈRE. VoyCZ MOELLE.

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Vertébraux ( les ligamens), sont deux bandes ligamenteuses qui régnent dans toute la longueur durachis, et qu'on distingue, d'après leur position , en antérieur et postérieur.

Le ligament vertébral antérieur, placé au devant du corps des vertèbres , s'étend depuis l'axis jusqu'au sacrum ; sa forme est celle d'une longue bande aplatie, d'un aspect nacré et luisant, composée de fibres qui sont superficielles, moyennes et profondes. Les premières se fixent, d'une part, au corps ou au (ibro -cartilage d'une vertèbre, et de l'autre part au corps ou au fibro -cartilage de la quatrième ou cinquième vertèbre située au-dessous; les secondes s'étendent d'une vertèbre, ou d'un fibro - cartilage, à la troisième vertèbre , ou au troisième fibro-cartilage placé plus bas ; les fibres profondes se portent d'une vertèbre ou d'un fibro-cartilage à celle ou à celui qui est immédiatement au-dessous. Dans la région cervicale seulement, on voit sur les côtés du ligament vertébral antérieur , et au niveau de chaque articulation, un faisceau ligamenteux oblique qui s'étend de la vertèbre supérieure à celle qui est au-dessous. Ces différentes fibres s'insèrent en général moins aux vertèbres qu'aux fibro-cartilages avec le tissu desquels elles se confondent, et elles laissent entre elles de petits intervalles irréguliers qui livrent passage à des vaisseaux.

Le ligament vertébral antérieur est très-étroit dans la région cervicale, un peu plus large dans la région dorsale, et bien d'avantage dans la région lombaire ; il a peu d'épaisseur dans la première région et dans la dernière , mais il en offre davantage dans la seconde. Au cou , il est recouvert par le pharynx et l'œsophage ; au dos , par ce dernier , par l'artère aorte , la veine azygos et le canal thoracique; aux lombes, par l'aorte et la veinecave inférieure; sur les côtés il correspond aux muscles droits antérieurs et aux longs du cou dans la région cervicale, et aux muscles psoas dans la région lombaire.

Le ligament vertébral postérieur, situé le long de la face postérieure du corps des vertèbres , à l'intérieur du canal vertébral , s'étend de la partie postérieure du corps de l'axis, et du ligament occipilo nxoïdien, avec lequel il s'entrelace, jusqu'au sacrum ; il offre plus de densité et une texture plus serrée que le précédent. Les fibres qui le composent sont superficielles et profondes : les premières occupent l'intervalle de quatre ou cinq vertèbres ou fibro-cartilages , tandis que les secondes s'étendent xxi. x8

du corps d'une vertèbre à celui de la seconde au-dessous, puis à celui-de la vertèbre contiguë , enfin tout-à-fait profondément au fibro cartilage qui naît de cette même vertèbre.

Le ligament vertébral postérieur est plus étroit et plus épais d ins la région dorsale que dans les deux-autres; on remarque que dans son trajet il s'élargit un peu au niveau de chaque fibro-cartilage inter-verlébral, et qu'il se rétrécit au contraire vis-à-vis le corps de chaque os , d'où il suit que son aspect général est celui d'une longue bande dont les bords sont ondulés uniformément. Adhérent en avant aux vertèbres et à leurs ligamens inter-artirulaires, il est contigu en arrière à la dure-mère racbidienne , dont il n'est séparé que par un tissu cellulaire filamenteux , dans lequel on n'observe jamais de tissu adipeux.

Ces deux ligamens ont pour usage d'affermir les articulations du corps des vertèbres dans toute l'étendue du rachis.

vertébraux (nerfs) ou rachidiens , spinaux. Voyez, pour leurs caractères communs, l'article nerf.

VERTÈBRE, s. f . , vertebra ; nom donné aux os qui constituent , par leur réunion , la colonne vertébrale , le rachis.

Les vertèbres sont au nombre de vingt-quatre, superposées les unes aux autres; leur forme est symétrique, quoique chaque portion, située sur les côtés de la ligne médiane, soit extrêmement irrégulière. Leur volume augmente généralement d'autant plus qu'elles deviennent plus inférieures; mais cet accroissement n'a pas lieu d'une manière tout-à-fait uniforme , puisque le rachis offre, comme nous l'avons vu (voyez ce mot), une épaisseur moindre dans le haut de la région dorsale , que dans la région cervicale. Toutes les vertèbres sont placées horizontalement dans la station verticale du corps, et on les distingue par le nom numérique qui indique le rang qu'elles occupent dans la série ; la première et la seconde cervicales seules ont une dénomination particulière. On appelle la première atlas , et la seconde axis. Les vertèbres présentent dans leur conformation générale des caractères communs que nous allons examiner d'abord; nous ferons connaître ensuite les différences que ces os peuvent offrir dans telle ou telle région du rachis.

Sur chaque vertèbre on observe d'avant en arrière, et sur la ligue médiane en premier lieu, le corps de l'os, qui constitue la plus grande partie de sa niasse totale, ayant la forme d'un segment cylindrique ou ovalaire, large et épais, adhérent par ses

VER a?5 faces supérieure et inférieure aux ligamens inter-vcrtébraux ; plus ou moins convexeantérieuremént, et creusé.en même temps par un enfoncement transversal dans le fond duquel on voit des trous plus ou moins larges qui livrent passage à des vaisseaux ; plane ou concave dans sa partie postérieure qui fait partie du canal vertébral, et sur laquelle on remarque aussi des orifices vasculaires ; continu latéralement avec le reste de l'os par une partie rétrécie; derrière le corps delà vertèbre, le trou nommé vertébral, ovale ou triangulaire, qui concourt à former le canal vertébral, et dont la circonférence est surmontée postérieurement par une apophyse saillante en arrière, qu'on nomme épineuse, dont la direction et la forme varient suivant les régions du rachis.

De chaque côté du corps de la vertèbre sont les masses latérales ou apophysaires , sur lesquelles on voit, d'avant en arrière , deux échancrures , une supérieure assez superficielle, une inférieure plus profonde , creusées sur le pédicule rétréci qui se joint au corps, et formant pat le rapprochement des vertèbres les trous de conjugaison ou inter-vertébraux ; deux apophyses articulaires , distinguées en supérieure et inférieure , correspondant à celles de la vertèbre voisine ; une apophyse transverse, plus ou moins saillante , dirigée en dehors, et donnant attache à des muscles; enfin, une lame aplatie, variable en épaisseur et en largeur, réunie angulairement ayec celle du côté opposé.

Cette conformation généVale des vertèbres est diversement modifiée' dans les régions cervicale, dorsale et lombaire du ra^ chis , et surtout dans la partie moyenne de chacune de ces régions. Les vertèbres cervicales sont au nombre de sept ; leur corps est alongé transversalement , un peu plus épais en avant qu'en arrière ; sa face supérieure, plus étendue que l'inférieure, est surmontée.Iatéraleruent par deux petites lames; sa face inférieure est creusée de deux échancrures superficielles , et antérieurement il offre trois surfaces distinctes, l'une moyenne, qui correspond au ligament vertébral antérieur , et deux latérales aux muscles longs du cou. Les trous vertébraux ont la forme d'un triangle à angles arrondis ; les apophyses épineuses ont une direction horizontale et leur sommet bifurqué. Les échancrures sont antérieures aux apophyses articulaires ; les apophyses articulaires inférieures sont ovales, et dirigées en avant et en bas ;

les supérieures, en arrière et en haut. Les apophyses transversê» sont courtes , bifurquées à leur sommet , creusées supérieurement en gouttière dont les bords donnent attache aux muscles inter-transversaires, et traversées à leur base par un trou qui livre passage à l'artère vertébrale. Les lames des vertèbres cervicales sont plus longues et moins larges que celles des autres régions.

Les vertèbres dorsales sont au nombre de douze ; leur corps a moins d'étendue transversalement que d'avant en arrière, plus d'épaisseur en arrière qu'en avant, convexe en avant, légèrement concave en arrière j offrant dans la plupart deux demifacettes sur les côtés pour son articulation avec les côtes. Remarquons ici que le corps des premières vertèbres dorsales diminue progressivement jusqu'à la cinquième , et augmente successivement depuis cette dernière jusqu'à la douzième. Le trou vertébral est plus petit que dans les vertèbres cervicales, et arrondi. L'apophyse épineuse est longue , prismatique, % dirigée obliquement en bas et .en arrière. Les échancrures placées.au devant des apophyses transverses sont plus grandes que celles des vertèbres du cou. Les apophyses articulaires supérieures sont verticales , dirigées en arrière , tandis que les inférieures le sont en avant. Les apophyses transverses sont longues , épaisses , obliques en arrière , à sommet tuberculeux qui s'articule avec la tubérosité des côtes; les lames sont larges et épaisses.

Enfin , tes vertèbres lombaires , qûi sont au nombre de cinq , ont le corps très-volumineux, plus haut et plus large que celui des vertèbres dorsales , coupé horizontalement en haut et en bas^ Le trou vertébral est triangulaire, et augmente de largeur; l'apophyse épineuse est très-large, aplatie latéralement, horizon^ taie , quelquefois à peine marquée dans la dernière lombaire ; les échancrures sont profondes; les apophyses articulaires sont larges, saillantes; les inférieures sont convexes, ovales, dirigées en dehors, tandis que les supérieures, également ovales, sont concaves et tournées en dedans ; les apophyses transverses sont minces, longues , horizontales; les lames sont plus épaisses, plus larges, et moins étendues transversalement que dans les autres régions.

Ces caractères, communs aux vertèbres d'une même région , présentent quelques différences dans plusieurs de ces os; tels-

sont, parmi les vertèbres cervicales , la première, la seconde et la septième.

La première vertèbre cervicale , ou l'atlas , représenté un anneau, ovalaire transversalement, dont le contour est formé antérieurement par un arc aplati, convexe et tuberculeux en devant, concave en arrière, et offrant une facette articulaire qui correspond à l'apophyse odontoïde de l'axis ou seconde vertèbre, Cet arc osseux donne attache , par sa partie supérieure, aux liganiens qui unissent la vertèbre à l'occipital , et par sa partie inférieure , à des ligamens qui s'insèrent d'autre part à la seconde vertèbre. Le trou vertébral est très large , et divisé par le ligament transverse. L'apophyse épineuse est remplacée par un tubercule auquel s'attachent les muscles petits droits postérieurs de la tête. Les échancrures sont situées derrière les apophyses articulaires , et celles qui sont supérieures livrent passage au nerf sous- occipital et à l'artère vertébijale : quelquefois une lamelle osseuse les convertit en trou. Les apophyses articulaires sont horizontales et larges; les supérieures, oblongues, concaves, s'articulént avec les condyles de l'occipital ; les inférieures sont planes , et répondent aux facettes supérieures de l'axis. Les apophyses transverses ont peu de longueur, et ne sont pas bifurquées. Les lames forment un arc double de l'antérieur.

La seconde vertèbre cervicale , ou l'axis , est: remarquable par la hauteur de son corps , dont la face antérieure est divisée par une ligne verticale et saillante qui sépare deux enfoncemens dans lesquels s'attachent les muscles longs du cou. La face supérieure du corps de l'os est surmontée en arrière par l'apophyse odontoïde , qui s'élève verticalement, articulée en avant avec l'atlas , correspondant en arrière au ligament transverse , et dont le sommet donne attache aux ligamens odontoïdiens. Le trou vertébral est triangulaire, l'apophyse épineuse très-prononcée, les échancrures supérieures sont placées plus en arrière que les inférieures ; les apophyses articulaires supérieures sont larges, planes, à peu près horizontales ; les inférieures sont ovales ; légèrement concaves, tournées en avant et en bas. Les apophyses transverses sont courtes," non bifurquées ; les lames ont beaucoup d'épaisseur. La septième vertèbre cervicale se distingue des autres parla saillie considérable de l'apophyse épineuse, qui lui a fait donner le nom de proéminente ; elle offre dans son ensemble beaucoup d'analogie avec les premières dorsales.

Parmi ces dernières qui sont au nombre de douze, il en est quatre qui présentent quelques variétés : ainsi, le corps de la première dorsale est plus étendu transversalement que d'avant en arrière, et l'on voit sur ses parties latérales une facette arliculaire complète en haut , et une demi-facette en. bas; son apophyse épineuse est longue, presque horizontale, à sommet tuberculeux. La dixième n'a le plus souvent qu'une seule facette articulaire entière en haut, et. dans les deux dernières chaque corps n'a qu'une facette entière sur les côtés pour chacune des deux dernières côtes. Les cinq vertèbres lombaires ont toutes une conformation à peu près semblable, à l'exception delà cinquième, dont le corps est coupé obliquement en bas pour s'accommoder à l'inclinaison de la base dn sacrum.

Les articulations des vertèbres offrent, pour la plupart, une disposition semblable dans les ligamens qui les unissent, et dans les rapports de contiguité q\je ces os ont entre eux. Quelquesuns présentent seulement des différences que nous indiquerons, après avoir fait connaître, dans une description générale, les caractères communs à ces diverses articulations. Toutes les vertèbres s'articulent entre elles par leur corps , par les apophyses articulaires, par les lames et par les apophyses épineuses. Le mécanisme du rachis , que les vertèbres forment par leur rapprochement, exigeait une grande résistance dans les moyens d'union de ces os entre eux ; aussi leurs articulations sont-elles maintenues par des ligamens à lafois très nombreux et très-forts. Deux grands ligamens régnent en avant et en arrière du corps des vertèbres dans toute la longueur- du rachis , et contribuent à affermir la jonction de ces os dans leur ensemble: ils ont été décrits précédemment. Voy. vertébral (ligament).Chaque corps vertébral est uni à celui qui l'avoisine par un tissu ligamenteux très-flexible, qu'on trouve depuis l'articulation de la deuxième vertèbre cervicale avec la troisième , jusqu'à celle qui réunit la cinquième lombaire avec le sacrum. Ce tissu , qu'on appelle ligament ou fibro-icarlilage inter-vertébral , a une forme semblable à celle du corps des vertèbres qu'il unit , et une épaisseur plus grande en avant qu'en arrière au cou et aux lombes, tandis qu'on observe l'inverse dans la région dorsale. Les ligamens inter-vertébraux sont composés à leur circonférence défibres et de lames très-serrées , qui leur donnent une apparence cartilagineuse ; plus en dedans , ces fibres et ces lames sont plus

molles, plus lâchement réunies ; leurs aréoles sont imbibées d'uu liquide visqueux. Au centre, il n'y a qu'un tissu aréolaire très-mou, spongieux , élastique , dont les vacuoles sont remplies de la même humeur qu'on y trouve en abondance. En dessus et en dessous, les corps inter-vertébraux présentent à peu près les mêmes gradations dans leur structure, seulement au milieu de chaque face la substance solide est très -mince. Il résulte de cette disposition que chacun de ces corps inter - vertébraux renferme dans son centre une sphère liquide; et comme chacun d'eux est très-solidement fixé par ses faces aux deux vertèbres qu'il réunit, on peut considérer, suivant la remarque de Béclard, chaque espace inter-vertébral comme contenant dans son centre un globe solide sur lequel deux vertèbres, munies chacune d'une espèce de cavité cotyloïde formée par la portion solide du corps inter-vertébral , se meuvent ensemble ou isolément , selon la variété des mouvemens. La disposition que nous venons de décrire est surtout apparente dans la région lombaire. Quant aux apophyses articulaires, elles sont revêtues d'une couche mince de cartilage, et une poche synoviale se réfléchit sur les deux facettes contiguës, dont le rapprochement est maintenu par des fibres ligamenteuses disposées assez irrégulièrement et adhérentes en dehors à leur circonférence.

Les lames des vertèbres sont unies entre elles depuis la deuxième jusqu'au sacrum par des faisceaux fibreux qu'on nommé ligarnens jaunes, dont le tissu est éminemment élastique. Ils complètent en arrière le canal vertébral , en remplissant l'espace qui sépare chaque lame. Chaque ligament jaune èst partagé en deux portions, l'une droite et • l'autre gauche, réunies à angle vers la base dé l'apophyse épineuse : ils sont fixés par leur bord supérieur à la face interne de la lame de la vertèbre qui est au-dessus, et par l'inférieur, au bord même de la lame placée audessous. En arrière, ils semblent se continuer avec les ligarnens inter-épineux. Les fibres qui les constituent ont une direction verticale; elles sont de la même nature que celles qui forment la membrane moyenne des artères. Elles jouissent d'une force de ressort très-prononcée.

Les apophyses épineuses des vertèbres sont unies par des ligarnens nommés inter-épineux et sus-épincux. Les premiers son t situés dans les intervalles des apophyses épineuses, au dos et ■'mx lombes : dos muscles les remplacent dans la région cervi-

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cale; ils sont étroits et triangulaires au dos, larges et quadrilatères aux lombes, fixés d'une part à la partie inférieure de l'apophyse épineuse supérieure, et inférieurement au bord supérieur de l'apophyse épineuse qui est au-dessous. Us sont composés de fibres qui s'entrecroisent de telle sorte que quelques-unes de leurs fibres s'insèrent d'un côté à la base d'une apophyse épineuse, et de l'autre au sommet de l'apophyse correspondante ; ils reçoivent plusieurs fibres des ligamens sus-épineux. Ces derniers sont au nombre de deux , qu'on désigne sous les noms de cervical et de dorso-lombaire ; ils ont été déjà décrits. Voyez sus-épineux.

Cette description générale des articulations vertébrales n'est pas applicable en tous points à celle de l'articulation de la première vertèbre cervicale avec la seconde. Quant au mode de jonction de la tête avec le rachis , on l'a fait connaître précédemment (voyez OCCIPITO-ÀTLOÏDIEN, OCCIPITO-AXOJDIEN et ODON-

toïdien). Dans l'articulation atloïdo - axoïdienne , l'apophyse odontoïde , qui est maintenue par les ligamens occipito-axoïdiens et odontoïdiens, présente en avant et en arrière deux facettes articulaires convexes, qui correspondent l'une à une facétie située à la partie postérieure de l'arc antérieur de l'atlas , l'autre qui glisse contre le ligament transverse. Ce ligament est un faisceau fibreux, épais, aplati, plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités , qui se fixent à la partie interne des surfaces articuculaires de l'atlas; ce ligament décrit un quart de cercle, et forme ainsi , avec l'arc antérieur de cette vertèbre , une espèce d'anneau qui reçoit l'apophyse odontoïde. Le ligament trans-verse est contigu en arrière au ligament occipito-axoïdien , et en avant aux ligamens odontoïdiens. Les deux facettes articulaires de l'apophyse odontoïde sont revêtues d'une capsule synoviale. L'articulation du corps des deux vertèbres a lieu par deux surfaces articulaires analogues à celles que présentent les autres vertèbres; elle est maintenue en avant par un ligament antérieur qui s'attache en haut au bord inférieur du petit arc de l'atlas et à son tubercule antérieur, en bas à la base <Je l'apophyse odontoïde et au-devant du corps de l'axis. Ce ligament est un peu recouvert par les muscles grands droits antérieurs. En arrière , l'articulation correspond à un ligament postérieur qui est trèsmince , extrêmement lâche pour permettre les dirers mouvemens de rotation de l'atlas sur l'axis ; il s'attache en haut au grand

arc de la première vertèbre , et en bas aux lames de l'axis. 11 répond en avant à la dure-mère , et en arrière aux muscles obliques inférieurs.

Chaque vertèbre est en général formée de trois points osseux primitifs : l'un antérieur qui par son développement en fait le corps ou la partie solide , et deux latéraux qui constituent les masses apopbysaires , et qui , réunis entre eu* et avec le premier, forment l'anneau vertébral. En outre, chaque vertèbre est complétée par plusieurs points secondaires. Les recherches de Béclard , dont nous ne rappellerons ici que les résultats généraux , ont fait voir qu'entre trente-cinq et quarante jours de la vie intra-utérine , les cartilages d'ossification des vertèbres sont opaques et consistans à la partie supérieure des faces latérales , et vers le milieu de la face antérieure du rachis. C'est entre quarante et quarante-cinq jours que l'ossification commence dans les vertèbres ; les masses latérales ou apophysaires commencent à s'ossifier avant le corps , et successivement de là première à la dernière vertèbre. L'ossification du corps commence par un point impair pour chacune , au bas de la région dorsale , et s'étend delà dans les autres vers les deux extrémités du rachis. A quatre mois et demi le corps des deux vertèbres supérieures du cou est encore cartilagineux ; à six mois la seconde cervicale commence à s'ossifier par deux points verticaux ; à la naissance , l'arc antérieur de l'atlas a commencé à s'ossifier. Ainsi, l'on voit que le rachis s'ossifie dans sa partie tubulée de haut en bas , et dans sa partie solide ou pleine , du milieu vers les extrémités.

La septième vertèbre cervicale présente , dès les premiers jours du troisième mois de la vie utérine , un point d'ossification costiforme devant le pédicule de son apophyse transverse , et qui, vers cinq ou six ans , s'unit par son extrémité interne avec la partie antérieure du pédicule , et la partie latérale du corps, tandis que par son extrémité externe il se joint au sommet simple de l'apophyse transverse. Dans la seconde vertèbre ou l'axis, les deux points osseux qui se forment en avant, et qui apparaissent vers six mois, sont superposés ; l'inférieur qui doit former le corps apparaît quelques jours avant le supérieur qui naît quelquefois par deux germes : ce dernier prend ensuite plus d'accroissement, et constitue à la fois la partie supérieure du corps et l'apophyse odontoïde. Ces deux parties se réunissent à deux ou trois ans ; l'atlas se développe ordinairement p;ir

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trois points comme les autres, et quelquefois par quatre. Ainsi, l'arc antérieur qui n'a le plus souvent qu'un ppint médian., enoffre deux latéraux , une fois sur quatre ou cinq sujets. On observe aussi dans certains cas une épiphyse lenticulaire derrière l'arc postérieur.

En résumé, l'ossification des vertèbres a lieu par trois points principaux ; et dans la réunion de ces trois points , celle des deux masses apopbysaires entre elles précède toujours celle du corps avec ces masses. La réunion des masses latérales en un anneau a lieu , à quelques exceptions près, comme le développement de ces masses, dans les vertèbres supérieures d'abord , et successivement dans les inférieures. Les corps vertébraux, dont les surfaces supérieure et inférieure sont long- temps convexes, rugueuses , continuent de croître en hauteur. A dix-huit ans ils ne sont pas encore achevés, et une partie du cartilage d'ossification s'en sépare si on veutMes isoler par la macération des substances intervertébrales. Au même âge, on trouve les apophyses épineuses , les apophyses transverses, de toutes les vertèbres, et quelques unes des apophyses articulaires supérieures des vertèbres lombaires , surmontées d'une épiphyse lenticulaire, formée dans le sommet du cartilage d'ossification de ces parties. De vingt à vingt-cinq ans, le corps des vertèbres présente deux épiphyses ; chacun de ces points secondaires est circulaire,' étroit, aplati de haut en bas. Il est appliqué sur le contour des deux surfaces planes du corps de chaque vertèbre. A cet âge, les épiphyses du corps des vertèbres sont soudées avec elles. Entre vingt-cinq et trente ans , les épiphyses du corps des vertèbres sont réunies à lui , et l'ossification des vertèbres , ainsi que l'accroissement du rachis, sont achevés. Chez les vieillards, les vertèbres subissent plusieurs changemens remarquables ; elles augmentent d'épaisseur dans leur circonférence paj l'ossification qui envahit successivement le contour des corps intervertébraux, et de cette transformation résulte le défaut de souplesse et d'élasticité du rachis. Entre les vertèbres, ainsi soudées, ou voit au centre du corps intervertébral ossifié des aréoles larges encore au milieu de quelques filets osseux; c'est le lieu où existait la matière liquide centrale du fibro-cartilage. En outre le corps des vertèbres diminue sensiblement de hauteur; les cellules, dont il est creusé, s'agrandissent et forment quelquefois une large excavation qui envahit toute leur épaisseur.

Le rachis, que les vertèbres forment par leur réunion, est susceptible de différens mouvemens qui ont été indiqués ailleurs (voyez progression, hachis, station). Mais indépendamment de ces mouvemens d'ensemble, il existe pour chaque vertèbre des mouvemens partiels , qui sont généralement obscurs ; aussi n'est - ce que de l'assemblage de plusieurs que résulte un effet notable. Ces mouvemens ont lieu dans le sens de la flexion , de l'extension et de la réunion latérale. Toutefois la circumduction isolée ne peut être sensible, et la rotation est aussi à peu près nulle; ces deux mouvemens ne peuvent avoir lieu que dans une région étendue du rachis ou dans sa totalité. L'atlas et l'axis font seuls exception à cette règle, car ils jouissent d'une rotation isolée, et peuvent conséquemment éprouver un déplacement partiel : la tète accompagne toujours la première vertèbre dans les différens mouvemens que celle - ci exécute sur la seconde. Ces divers mouvemens sont toujours une rotation , mais une rotation très-étendue : de cette disposition résulte la possibilité d'une luxation de la première vertèbre sur la seconde , déplacement qui le plus souvent enlraîne immédiatement la mort. Voyez luxation.

( c. p. ollivier. ) VERTÉBRO - ILIAQUE, adj. , vertebro-iliacus , qui est relatif aux vertèbres et à l'os iliaque. On a donné le nom d'articulation vertébro-iliaque à la jonction de la dernière vertèbre lombaire avec l'os iliaque, par l'intermédiaire du ligament iléolombaire, qui s'étend de l'apophyse transverse de cette vertèbre à la partie supérieure et postérieure de la crête de l'iléon.

VERTEX, s. m. ; mot latin employé dans notre langue comme synonyme de synciput, pour désigner le sommet ou la partie supérieure de la tête.

VERTIGE, s. m-. ,■ vertigo, devertere, tourner; sensation particulière qui fait croire aux individus qui l'éprpuvent que les objets tournent autour d'eux, ou qu'ils sont eux-mêmes entraînés dans un mouvement de rotation. Ce symptôme, commun à plusieurs affections du cerveau, et qui dénote toujours une congestion cérébrale, s'accompagne souvent d'un sentiment de défaillance et de palpitations. On a distingué deux espèces de vertiges : i" le vertigo simplex, dans lequel le malade voit les objets qui l'entourent ; et a° le vcriigo tenebricosa, dans lequel la vue est obscurcie , et qui s'accompagne de perle

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de connaissance plus ou moins complète. Voyez congestiow,

APOPLEXIE, ÉPILEPSIE , etc.

VERUMONTANUM, s. m. Mot latin composé de deux autres, veru broche, dard, et monlanurn, élevé. On donne ce nom à la crête uréthrale. Voyez pénis. ( maejolin.)

VERVEINE , s. f., verbena officinalis : (L. Rich. , Bot. méd. , t. i, p. 242. ) Plante de la famille des verbénacées et de la didynamie angiospermie , qui croît communément dans les lieux incultes et sur le bord des chemins. Sa racine, qui est bisannuelle , donne naissance à une tige d'un pied à dix-huit pouces de hauteur, carrée, striée, presque simple, légèrement pubescente et comme visqueuse, portant des feuilles opposées, profondément incisées, surtout les inférieures, et velues; les supérieures sont lancéolées, et simplement dentées à leur base. Les fleurs sont très - petites , violacées, formant un long épi simple à la partie supérieure de la tige. A ces fleurs succèdent de petits fruits tétragones tronqués, à quatre loges monospermes et indéhiscentes. Ces fruits sont renfermés dans le calice qui est persistant.

L'odeur de la verveine est presque nulle ; sa saveur , assez fade, est légèrement amère et astringente. Cependant cette plante a joui pendant long- temps d'une réputation prodigieuse. Sans parler ici de son emploi dans l'art des enchantemens et de la sorcellerie , sans rappeler le respect qu'avaient pour elle les peuples de Rome et d'Athènes , et les Druides qui la faisaient entrer dans l'eau lustrale ; en un mot , en laissant de côté tous les titres de la verveine à la crédulité et .à la superstition des anciens , nous ne pouvons nous empêcher de remarquer l'influence que ces idées mensongères ont exercée sur les prétendues propriétés médicales de cette plante. Ainsi, elle a long-temps été considérée comme une sorte de panacée universelle, ainsi que l'indique le nom vulgaire A' herbe à tous maux, sous lequel on la désigne communément. On l'a tour à tour vantée comme très-efficace dans l'ictère , l'hydropisie , la pleurésie , les ulcères , et une foule d'autres maladies aussi différentes les unes des autres. Mais les médecins observateurs, réduisant à leur juste valeur les éloges prodigués à cette plante, la considèrent simplement comme une plante légèrement émolliente , qui peut être utilement employée pour faire des cataplasmes que l'on applique sur les parties affectées d'inflammation; mais c'est un remède à peu.

VÉSt iM près inusité. Cependant les liabitans des campagnes préparent , avec ses feuilles bouillies dans le vinaigre , |des Cataplasmes ru- , béfians qu'ils appliquent sur le côté douloureux dans la pleurésie. Ce moyen dérivatif est quelquefois assez efficace.

(a. RICHARD.)

VÉSANIE, s. f. , vesania fureur, extravagance, délire. SdiiS ce nom on comprend généralement toutes les affections qui consistent en un dérangement des facultés intellectuelles et morales j mais les divers nosologistes qui l'ont employé comme expires-sion générique ont plus ou moins étendu son acception. C'est ainsi que, pour nous borner à l'un des principaux, Sauvage rapporte à sa huitième classe de maladie, sous le titre vesaniœ, i° ld vertige, la berlue, la diplopie, le tintouin, l'hypocondrie, le somnambulisme ; 2° le pica , la boulimie, la polydipsie, l'antipathie , la nostalgie , la panophobie , le satyriasis , la nymphomanie, le tarantulisme , la rage; 3° le délire, la démence, la mélancolie, la manie , la démonomanie; 4° l'amnésie i l'agrypnie. Cullen ne comprit sous le même titre que la folie et ses divers genres. Pinel y ajouta le somnambulisme et l'hdrophobie. Aujourd'hui que les classifications ne jouissent plus de la même vogue, il est à peu près indifférent de discuter sur le plus ou moins d'extension qu'il est permis de donner à un mot aussi vague que celui de vésanie. Voyez folie , hypocondrie , etc.

VÉSICAL , ALE, adj. , vesicalis, qui a rapport à la vessie.

vésical (trigone). Voyez vessie.

vésicale (luette). Voyez vessie. ,

vesicat.es (les artères) offrent dans leur nombre et leur origine beaucoup"de variétés; mais ces branches appartiennent toutes à un tronc commun , l'hypogas trique ou iliaque interne. Voyez iliaque.

vésicales (les veines) sont bien plus nombreuses que les artères du même nom; elles s'ouvrent dans le plexus veineux hypogastrique. (marjolin.)

VÉSICANT, vesicans, adj., pris quelquefois substantivement. Ce nom s'applique à tous les moyens thérapeutiques qui peuvent déterminer une inflammation vésiculeuse sur la peau. Différent agens minéraux, végétaux ou animaux, produisent des inflammattens cutanées vésiculaires. Parmi les moyens minéraux on remarque surtout le calorique accumulé à l'aide d'un verre convexe, d'un corps incandescent, de l'eau bouillante, les

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acides minéraux concentrés , certains oxydes, quelques sels, l'ammoniaque. Un grand nombre de végétaux jouissent de la propriété vésicaute; elle s'y trouve même répandue par familles i l'écorce et les feuilles de presque tous les daphne et particulièrement des daphne mezereum , laureola , gnidium , etc. , produisent un effet vésicant sur la peau; plusieurs plumbago sont dans le même cas ; les corymbifères a'romatiques qui contiennent beaucoup d'huiles essentielles aromatiques, comme les armoises, les tanaisies, les anthémis, les matricaires , etc., ont une action vésicante très-marquée, lorsqu'on applique leurs fleurs ou leurs feuilles pilées sur la peau. La plupart des renonculacées contiennent des sucs qui déterminent également une inflammation vésiculaire : dans ce nombre on trouve surtout les genres renoncule, clcrnalite , hellébore. Parmi les crucifères, les graines des sinapis, les feuilles des lepidium, des cochlearia, etc., jouissent particulièrement de cette propriété. On trouve dans la famille des urticées le ficus toxiçaria , et le genre anthiare qui contient plusieurs espèces pourvues d'un suc acre très- vésicant. Un grand nombre de végétaux fort différens les uns des autres , et qui appartiennent à des familles qui n'ont entre elles aucun rapport d'organisation , sont également pourvus de la propriété vésicante à un degré plus ou, moins prononcé; les plus connus sont les euphorbes, la chélidoine vulgaire, la lobélie brûlante, le rhus toxicodendron , le fruit de l'anacarde, connu sous le nom de noix d'acajou. Dans la classe des animaux vésicans se trouvent particulièrement les cantharides, les mylabres, les meloé et plusieurs autres espèces de coléoptères dans lesquels M. Bretonneau a également reconnu la cantharidine.'

La propriété vésicante, dans tous les corps que nous venons d'indiquer, dépend de beaucoup de principes immédiats très différens les uns des autres, et qui n'ont entre eux aucune espèce d'analogie. TaDlôt l'agent immédiat de la vésication est le caiorique libre ou combiné; tantôt un acide, un alcali, un sel. Dans la classe des végétaux, la propriété vésicante dépend encore d'un plus grand nombre de principes immédiats ; on y retrouve des huiles essentielles , des principes particuliers , tels que la strychnine, la vératrine, et divers principes végétaux dont les propriétés chimiques n'ont pas encore été bien appréciées f les animaux ne présentent jusqu'à présent qu'un seul principe immédiat bien connu pour vésicant, c'est la cantharidine.

La diversité des causes vésicantes détermine des différence assez remarquables dans-leurs effets locaux : tantôt la vésicalion est formée par de grandes ampoules remplies d'une sérosité abondante et limpide , comme dans la vésication produite par l'eau bouillante, les solutions huileuses de cantharidine et l'ammoniaque; tantôt, au contraire, ce sont de toutes petites vésicules grosses comme des lentilles ou des grains de millef; c'est ce que l'on observe dans l'actioùjda la renoncule acre , des clématites et du garou. Dans quelques cas ces vésicules sont encore beaucoup plus petites et semblables à celles qui appartiennent au genre eczéma ou à la miliaire; c'est ce qu'on retrouve dans l'action vésicante de la noix d'acajou. La sérosité dans ces vésicules varie suivant la nature des stimulans; elle est ordinairement transparente à la suite de l'application des cantharides. Celle. qui succède à l'emploi du garou est louche et puriforme; enfin les vésicules produites par l'émétique contiennent un liquide souvent sanguinolent. La vésicalion ne varie pas seulement par la forme des vésicules et la nature «des liquides qu'elles contiennent, elle est différente encore par la marche et l'étendue de l'inflammation qui les accompagnent : dans certains cas, la surface seule du corps muqueux participe à l'inflammation qui est circonscrite, comme on l'observe dans l'action des vésicatoires; dans d'autres circonstances, l'inflammation s'étend au loin, et détermine une espèce d'érythènie : c'est ce que l'on voit dans l'action des sinapismes et de la noix vomique; enfin, quand on emploie l'eau bouillante ou les acides concentrés, le derme lui-même est brûlé et détruit au-dessous de la vésicule; l'inflammation est alors circonscrite par l'escarre de la peau. .

Les effets généraux des vésicans sont en rapport avec leurs effets locaux : toutes les fois que l'inflammatiou vésiculaire est légère et circonscrite, ils se rapprochent de la manière d'agir des rubéfians ; si leur action est plus profonde, elle ne diffère pas de celle des vésicatoires; et si enfin le derme est cautérisé au-dessous de la vésicule, l'escarre, en se détachant, donne lieu à un véritable exutoire. Voyez ces mots pour éviter des répétions inutiles.

VÉSICATOIRE, s. m., pris adj., vesicalorium ; de vesica vessie, ampoule. On donne le nom de vésicatoire, tantôt à certains topiques irritons dans lesquels entrent je plus ordïnai-

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renient les cantharides , et tantôt à la plilegmasle elle-même déterminée par ces topiques.

On trouve dans les ouvrages de pharmacie et de matière médicale les formules d'un grand nombre d'emplâtres vésicatoires. Celui de Janin, tout-à fait inusité aujourd'hui, se composait d'une partie de cantharides pulvérisées , d'une demi-partie d'euphorbe, de trois parties de mastic, et d'autant de térébenthine. Après s'en être servi, on le lavait, et il pouvait être employé de nouveau dans l'occasion, ce qui lui avait mérité le nom de vésicatoire perpétuel. Deux emplâtres ont été substituées au précédent dans le Codex; l'un est formé de trois parties de poix blanche, une de térébenthine, deux et ua quart de cire jaune, et une et demie de cantharides réduites en poudre fine. Avant de l'appliquer, on le saupoudre encore de cantharides : c'est l'emplâtre vésicatoire ordinaire. L'autre, nommé vésicatoire anglais, et mieux vésicatoire par incorporation, est généralement préféré : il consiste dans un mélange à parties égales^d'emplâtre de cire , d'axonge de porc et de cantharides bien pulvérisées. Ces dernières y entrant en proportion plus considérable , il est inutiîe d'en saupoudrer encore la surface, comme on le fait pour le vésicatofre officinal. Une autre formule d'un emplâtre à peu près Analogue a été donnée il y a déjà fort long-temps par M. Louyer- Villermay, qui fut un des premiers à rappeler l'attention des praticiens sur ce genre de vésicatoire et les avantages qu'il présente; la voici : Poix blanche, une partie; résine, une demipartie; cire jaune, une partie et demie; térébenthine, une demipartie; onguent basilictim, deux parties; cantharides pulvérisées , deux parties ; le tout aromatisé avec suffisante quantité d'huile de lavande. On a imaginé aussi dans ces derniers temps certains sparadraps agglutinatifs rendus vésicans , qui peuvent assez bien remplacer lés emplâtres dont nous venons de parler. L'un des plus efficaces est celui de M. Baget, qui en a tenu jusqu'ici la composition secrète. D'après ce pharmacien, il ne contiendrait pas de cantharides ; mais je ne sais jusqu'à quel point il est permis de croire à cette assertion , puisqu'il donne quelquefois lieu à une véritable dysurie. La formule suivante , insérée dans le Codex, est due à M. Guilbert, professeur à l'école de pharmacie : Ecorce de garou divisée, vingt-quatre parties ; faites bouillir dans quinze cents parties d'eau ; passez au tamis et ajoutez à la colature cantharide en poudre f myrrhe et euphorbe pulvé-

VÈS 289 risée, de chaque vingt-quatre parties; faites chauffer jusqu'à fébullition, et évaporez jusqu'à ce que ce mélange ait acquis une consistance suffisante pour être étendu avec un pinceau sur du taffetas. Le sparadrap suivant, proposé par M. Boullay, paraît encore préférable : Cantharides en poudre, une partie; huile d'olive, une partie et demie. Faites macérer quatre jours à quarante degrés de chaleur , passez et mettez à la presse. Pour composer l'emplâtre , on prend une partie de cette huile, vésicante, et on la mêle à une partie et demie de cire jaune et de résine fondues ensemble. On étend ensuite selon l'art sur du taffetas ou de la toile. D'autres personnes ont conseillé, pour préparer un taffetas analogue, de se servir d'une solution de cantharides dans l'éther acétique ou l'alcool , à laquelle on mélange de la cire et de la résine. Ces divers sparadraps , qui offrent le grand avantage d'adhérer à la peau, et de s'adapter plus exactement aux différentes formes des parties, paraissent toutefois moins sûrs et moins énergiques dans leurs effets. Les cantharides, au reste, ne sont pas les seuls insectes dont on puisse se servir pour composer les vésicatoires. M. Bretonneau, dans un mémoire qu'il a dernièrement présenté à l'Académie des sciences, vient de prouver qu'une espèce de coléoptères du genre mylabre ( différant peu du mylabre de la chicorée), jouissait d'une activité plus grande que les cantharides elles-mêmes. Diverses expériences , répétées par MM. les commissaires chargés du rapport , lui ont fait reconnaître aussi que les mêmes propriétés vésicantes appartenaient à toutes les espèces du genre de méloé ou scarabée. En effet, guidé par les préceptes d'analyse donnés par M. Robiquet, il est parvenu facilement à isoler de ces insectes la cantharidine, seul principe actif, comme on sait, des cantharides. Cette substance particulière, étendue dans une huile fixe , a servi ensuite à imbiber un morceau de papier qui a donné lieu à tous les effets du vésicatoire le plus énergique. De tous les moyens dont nous venons de parler, le plus généralement usité maintenant est le vésicatoire par incorporation , dont on peut augmenter l'activité en en diminuant même les inconvéniens , si , comme le recommande M. Bretonneau , on le recouvre, avant de l'appliquer, d'une feuille de papier joseph légèrement imbibée d'huile. La solubilité de la cantharidine dans l'huile rend parfaitement raison de l'avantage attaché à cette interposition , depuis fort long temps

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connue, et mise . en usage sans qu'on eût jamais cherché peutêtre à l'expliquer.

Le choix de l'emplâtre étant fait, le lieu où il doit être apposé, déterminé d'après l'indication particulière à remplir, on procède de la manière suivante à son application. Après avoir exactement rasé la, partie, si elle est recouverte de poils, afin d'épargner des douleurs au malade lors de la levée du vésicatoire, on ta" frotte avec un linge sec , ou imbibé de vinaigre, jusqu'à ce qu'elle rougisse; puis on y place l'emplâtre, qui s'y maintient facilement, si on a eu soin de le faire entourer d'une petite bordure de diachylon gommé , ou bien encore , si , au lieu de l'étendre, comme on le fait ordinairement, sur un morceau de peau ou de linge, on f applique sur du sparadrap agglutinatif, dont on laisse cinq ou six lignes de libre. Pour plus de sûreté , on l'assujétit ensuite avec des compresses et un bandage approprié à la forme des parties. Lorsque cette forme ne se prête pas à l'emploi d'un bandage convenablement serré , ou que le genre de maladie ne permet point d'en Taire usage, on se borne à recouvrir l'emplâtre de bandelettes de diachylon , croisées en différens sens, et assez longues pour le dépasser de côté et d'autre de deux à trois pouces environ. Il faut, en général, éviter d'eiercer sur l'emplâtre une consfriction trop forte , car il est d'observation que dans ce cas l'effet du vésicatoire est absolument nul. Quelques heures après l'application du vésicatoire, le malade éprouve ordinairement, dans la partie qui est couverte , de la chaleur , de la cuisson , et un sentiment de tension plus ou moins pénible. Si alors on enlève l'emplâtre , on aperçoit à la place qu'il occupait une rougeur uniforme trèsprononcée; la température y est sensiblement augmentée, et il existe une tuméfaction légère qu'il est facile de reconnaître aux limites de la partie phlogosée. Que l'application au contraire soit continuée, et bientôt l'épiderme se trouve soulevé, dans toute l'étendue dala peau enflammée, par de la sérosité sécrétée au-dessous de lui a, la surface réticulaire du derme. Ce liquide, presque incolore, ou de couleur ambrée , un peu visqueux, inodore et de saveur salée, offre quelquefois l'apparence d'une gelée transparente qui s'écoule rapidement lorsqu'on vient à percer la bulle. La surface du derme ainsi dénudée est d'un rose vif tirant un peu sur le jaune, tendue et douloureuse au plus léger contact; on y distingue une multitude de petites stries

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ronges très- rapprochées , et des gouttelettes tout-à-fait limpides.

Chez certains individu», à ces phénomènes locaux, se joint un trouble général plus ou moins marqué; le pouls s'accélère ainsi que la respiration; il survient de l'agitation-, de la soif, et dans quelques circonstances , les malades éprouvent des ardeurs, suivies quelquefois de dysurie, de strangurie, et même d'hématurie. Sis à huit heures d'application suffisent , dans les cas ordinaires, pour que l'action du vésicatoire soit complète; toutefois on a coutume de laisser écouler douze à vingt-quatre heures avant de procéder au pansement. Après avoir enlevé le bandage avec soin, on relire aussi l'emplâtre , en évitant de déchirer l'épiderme en même temps. Si l'on veut guérir la plaie en quelques jours , ou en d'autres termes , si l'on n'a dessein que de produire un vésicatoire volant , il faut ouvrir la bulle dans sa partie inférieure ; ou bien y faire quelques petites mouchetures, afin de donner issue à la sérosité qui la distend, laisser ensuite l'épiderme en place, et recouvrir la surface vésicatoriée d'un morceau de linge, de papier brouillard, ou d'une feuille depoirée, enduits de beurre ou de cérat. A l'aide de ce pansement , répété une seule fois en vingt-quatre heures , pendant quatre à cinq jours, on voit bientôt un nouvel épiderme se former, et il ne reste d'autre trace du vésicatoire qu'une rougeur qui ne tarde pas ordinairement à s'effacer. Le pansement est différent , lorsqu'on se propose d'entretenir ou faire suppurer cette plaie artificielle. Dans ce cas , on enlève toute la portion soulevée d'épiderme, après l'avoir coupée à la circonférence de la bulle , ou bien si le malade est trop excitable, on la laisse en place, pour ne point exposer à l'air les houpes nerveuses, et le lendemain on l'enlève. Dans les cas où l'on veut produire une vive excitation, il est nécessaire de l'arracher surle-champ. Voici d'ailleurs comment doit se faire le pansement : on taille un morceau de linge de la forme du vésicatoire, mais un peu plus grand, et on l'enduit de beurre frais ou de cérat; ensuite on le couvre d'une feuille de poirée , dont les côtes ont été enlevées ou aplaties, et sur laquelle on a étendu une légère omehe de beurre. Au lieu de linge on peut se servir de deux feuilles de poirée accolées l'une à l'autre. On applique ce petit appareil sur la plaie, et on l'y maintient à l'aide d'une compresse pliée en plusieurs doubles, et d'un bandage approprié. Si l'on

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