‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 44 · MARC · texte numérisé non relu

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VIA.BLE, adj. , viabilis ; qui est susceptible de vivre, qui possède la viabilité. Voyez ce mot.

VIBICES , s. f. pl. , vibices. Ce mot latin , employé quelquefois dans le langage de la science , est synonyme de vergeture , qui n'en est que la traduction. .Voyez ce mot.

VIBRAJVT, adj., vibrans. On désigne ainsi le pouls, lorsque l'artère bat avec force , qu'elle donne en même-temps au doigt qui la palpe l'impression d'une sorte d'oscillation. Voy. pouls.

VIDIEN , NNE, adj. , vidianus ; nom donné à deux conduits percés dans la base des apophyses ptérygoïdes , et qui ont été découverts par Vidus-Vidius, médecin de Florence. Ces conduits livrent passage à des vaisseaux et des nerfs qui portent aussi le nom de Vidiens ou ptérygoïdiens.

VIE , s. f. , vita , |<»j. La vie , sur laquelle les médecins , les philosophes et même les poètes ont tqnt écrit et si vainement disserté , regardée comme un être particulier, tour à tour appelé soufle , esprit , âme sensitive , émanation divine , principe de vie, force vitale, etc., etc. ; la vie, disons-nous, que nous ne pouvons que sentir , qui reste inconnue dans sa nature et insaisissable dans son essence , ne frappe les esprits doués" de quelque sévérité que par les. seuls phénomènes propres ou caractéristiques des corps qui l'ont en partage.

Pénétrés de cette vérité, plusieurs physiologistes , à l'avis desquels nous nous sommes rangé, rejetant comme une pure abstraction, sans aucune sorte d'utilité, l'idée de la vie comme principe, ou force vitale unique (voyez force), n'ont essayé de la définir que d'après les pliénomènes organiques qui s'y rattachent. C'est ainsi que la vie n'est pour Bichat que l'ensemble des phénomènes qui résistent à la mort; ou, d'après M. Ricberand , qu'une collection de phénomènes qui se succèdent , pendant un temps limité , dans les corps organisés.

VIE 3at Mais ces deux définitions peuvent paraître mériter quelques reproches. La première, est évidemment vicieuse , attendu qu'elle fait jouer un rôle actif à la mort, inconnue en elle-même, et vraie qualité négative qui résultant, comme on sait, de la seule absence de la vie , ne saurait dès lors motiver la sorte de résistance ou de lutte supposée. Quant à la seconde, nous ferons remarquer qu'elle n'est pas exclusive à l'objet défini; car toute fonction de l'économie, isolément envisagée, d'autres phénomènes encore, comme la putréfaction, par exemple, développée dans les substances animales et végétales, présentent sans doute encore autant de collections de faits se passant pendant un temps déterminé, dans les corps- organisés , et qui certes ne constituent pas la vie. Si donc il importait de définir la vie , voici quelle serait pour nous la définition que nous proposerions, comme propre à la caractériser, ou ne convenant qu'à elle seule. « La vie est cette manière d'être dans laquelle les corps qui en jouissent obéissent à des forces propres qui les soustraient, pendant un temps limité, à l'empire absolu des lois physiques ordinaires. » Mais essayons de justifier les différens termes de cette définition. C'est un fait incontestable que, parmi les corps, ceux-là seulement qui sont organisés présentent cette manière d'être qui nous donne l'idée de la vie; mais tous sa»s exception ne sont, ne se développent, ne manifestent les fonctions qui forment leur essence et assurent leur conservation, qu'à l'aide de forces spéciales qui leur sont inhérentes, telles que- l'impressionnabilité avec ou sans conscience, la motilité, et l'affinité vitale , qui pénètrent les solides et les fluides de l'organisme. Ces forces propres j^papables d'altération, de diminution, d'une durée déterminée et variable suivant la nature de chaque être , qui commence et finit, ne soustraient celui-ci que pour un temps limité à l'empire des forces physiques générales. Elles l'abandonnent en effet à la mort et là commencent les phénomènes cadavériques , qui annoncent l'empire absolu que reprennent les forces universelles de la nature. Pendantda vie, ces dernières n'avaient pas sans doute perdu leur puissance , ou suspendu leur action sur le corps vivant; mais les phénomènes ordinaires qui résultent de cette action, sans cesse contre-balancés, détruits ou masqués par ceux qui dérivent immédiatement de l'exercice des propriétés actives des organes, ne jouaient qu'un rôle secondaire et tout-à-fait xxi. ai

3a2 VIE

auxiliaire dans la production des actes de la vie. Rien, en effet, ou presque rien, ne se passe dans l'organisme vivant sous l'empire des forces physiques ou chimiques.

Quoi qu'il en soit de la justesse des définitions que l'on peut essayer de aonner de la vie , cette importante modification de la manière d'être de certains corps se caractérise principalement par les particularités attachées à leur mode d'origine , à leur développement et à leur fin. Tous les êtres vivans ont un commencement appréciable ; ils sont formés par génération , proviennent d'individus en tout semblables à eux , et naissent , en un mot, en se séparant d'une manière plus ou moins immédiate de ceux dont ils tiennent la vie. Après la naissance que précède la germination ou la fécondation, les êtres vivans se développent en s'ernparant des substances alibiles au milieu desquelles ils se trouvent; mais ils les altèrent, se les approprient, et enfin les appliquent à leur propre substance par un ordre de mouvement du dedans au dehors, nommé d'intussusception; tandis que tous les corps ordinaires au contraire augmentent leur masse par simple superposition ou juxta - position de molécules. La fin des corps organisés n'est pas moins caractéristique de la vie ; elle a lieu par la mort. Les phénomènes de la vie viennent à cesser par la raison même qu'ils ont commencé , et la mort qui signale leur disparition se montre comme Une conséquence nécessaire de la vie , dont la durée temporaire contraste avec l'état immuable ou l'existence éternelle des corps ordinaires.

Les rapports de la vie avec les différens degrés de l'organisation montrent que l'entretien de cette dernière s'allie avec toutes les nuances de simplicité et de complication organique. L'on observe à ce sujet, soit dans la vie végétative, soit dans celle des animaux, que plus l'organisation est simple, plus chaque partie de l'être vivant offre en elle-même les diverses conditions de son existence. Dans l'organisation la plus complexe, l'individualité se prononce davantage , et la vie exige plus impérieusement le concours ou l'action simultanée de toutes les parties. C'est, toutefois, chez l'homme, pour lequel la nature a le plus multiplié les rouages nécessaires à l'entretien de la vie, que les médecins ont été conduits à sous-di viser pour ainsi dire la vie universelle en la vie particulière de chacun des organes. C'est ainsi que l'on parle de la vie propre du cerveau, de celle

VIE 3*3 du cœur, du poumon, de l'estomac, etc. , .que l'op distingue encore lu vie de chaque tissu , etc. Mais ces diverses manières de s'exprimer n'ont rien de rigoureux , et ne signifient autre chose , sinon que tel ou tel organe qui se distingue par des fonctions spéciales jouit par lui-même d'un état de forces qui le rend capable de cette particularité d'action. C'est ainsi, par exemple, que, tandis que le cerveau est le centre de la vie intellectuelle , l'estomac et l'intestin sont celui de la vie matérielle. Ceci nous conduit naturellement à parler de la brillante division adoptée par Bichat, et qui consiste à partager la vie générale , suivant la diversité de son but ou de ses fins , en vie individuelle ou relative à la conservation de l'individu, et en vie de l'espèce , ou qui se rapporte au maintien de la race. Cet auteur a d'ailleurs encore so'us-divisé la vie individuelle en vie organique ou nutritive, qui tend à assurer le bon état des organes , et en vie animale, extérieure ou de relation , qui établit spécialement les rapports de l'homme avec le monde extérieur. Cette division lumineuse, et qui sert de base à la distinction établie entre les grandes classes de fonctions , ne doit cependant pas être prise à la lettre, car l'on ne tarderait pas à s'apercevoir qu'à la rigueur elle sépare des choses réunies , et en confond d'entièrement analogues. Mais c'est là un des inconvéniens communs à la plupart de nos divisions artificielles.

Ce que nous avons dit aux articles accroissement , âge , longévité, auxquels nous renvoyons, de la durée de la vie, et des termes ordinaire et moyen de la vie humaine en particulier, nous dispense d'entrer maintenant dans de nouveaux détails à ce sujet. L'histoire des probabilités de la vie, c'est-à-dire des chances diverses que tout individu bien portant et d'un âge donné, a de parvenir 'à un autre âge déterminé, trouverait naturellement sa place ici ; mais les résultats de ce genre, si connus et si bien appréciés en Europe, où ils ont permis l'établissement des diverses tontines ou assurances mutuelles sur la vie , nous dispensent encore de les repro'duire. Nous nous contenterons donc de renvoyer ceux qui pourraient désirer des détails circonstanciés sur les calculs qui fondent les différentes probabilités de la vie humaine, à l' Histoire naturelle de Buffon, aux travaux de ML Mourgues de Montredon et aux mémoires de Deparcieux , insérés parmi ceux de l'Académie des sciences.

( RULLIER. )

3a4 VIG

VIEILLESSE, ». f. , senectus. C'est l'âge avancé de la vie, la dernière période de l'existence des êtres vivans. Elle suit la virilité confirmée, et précède la mort naturelle ou sénile. La vieillesse survient plus ou moins vite, suivant une foule de circonstances, et elle se prolonge également plus ou moins longtemps. Beaucoup d'hommes ont, suivant leur constitution et leur genre de vie , une vieillesse hâtive , prématurée , sont vieux avantl'âge, tandis que d'autres conservent, dans un âge avancé, la vigueur de leur corps et la jeunesse de leur esprit. Les causes de ces différences ont été exposées au mot longévité, auquel nous renvoyons. La vieillesse hâtive, ou retardée, lougue ou courte, n'en offre pas moins dans son cours trois degrés différens, qui sont la première ou la verte vieillesse, la caducité , et la décrépitude qui conduit à la mort. Mais nous avons exposé ailleurs les phénomènes anatomiques , physiologiques et morbides de ces trois états, avec assez de détails, pour qu'il soit superflu de les reproduire ici. Nous nous contenterons dès lors de renvoyer à l'article âge , ainsi qu'à ceux consacrés aux mots

ACCROISSEMENT, MORT et NUTRITION. ( RULLIER. )

VIF, adj, , virosus. On désigne ainsi le pouls qui réunit les caractères de promptitude , de fréquence et de force sans dôreté. Voyez pouls.

VIGNE , vitis vinifera. ( L. Iiich. , bot. med. , t. II, p. 711.) Arbuste sarmenleux faisant partie de la famille des vinifères. La vigne est trop connue pour que nous croyions nécessaire d'en donner ici la description. On ne sait pas encore positivement Vo-rigine et la patrie primitive de cet arbrisseau précieux , dont la découverte se perd dans la nuit des temps fabuleux. Quelquesuns la croient originaire d'Arabie , d'autres de l'Asie mineure , d'où elle passa successivement en Grèce et en Italie. Ce furent, les Phéniciens qui la transportèrent dans les Gaules, au moment où ils vinrent fonder une colonie sur les bords de la Méditerranée aux environs de Marseille. Quoi qu'il en soit de celte origine , restée encore incertaine , la vigne est aujourd'hui naturalisée et cultivée en abondance dans tout le midi et le centre de l'Europe. Ainsi on la trouve partout en Italie, en Espagne, en Autriche et une partie de la France. Relativement à ce dernier pays , nous ferons remarquer que la vigne ne croit que dans une partie du territoire français, mais vers le nord elle s'avance plus profondément du côté de l'est que de l'ouest , de manière à

former une ligne obliquement transversale, qui partant vers l'ouest, un peu au-dessus de l'embouchure de la Loire , s'étend en passant à douze ou quinze lieues au nord de Paris , jusqu'à quelques lieues au-dessus du confluent de la Moselle dans le Rhin. Il résulte de cette disposition que la Bretagne, la Normandie, la Picardie, en un mot toutes les provinces au nord de cette ligne sont privées de vignes , qui y sont remplacées par le pommier.

La vigne est une des conquêtes les plus précieuses que la culture ait faites sur la nature sauvage. Aussi le nombre des variétés de raisins est-il extrêmement considérable, et chaque jour encore les soins du cultivateur, ou d'heureux hasards en font découvrir de nouvelles. La vigne et ses nombreux produits seraient uu sujet inépuisable pour celui qui voudrait l'envisager sous t ms. les points de vue :. mais nous nous contenterons ici d'indiquer ceux des produits qui sont employés en médecine.

Lorsqu'au retour du printemps on retranche de la vigne ses rameaux devenus inutiles-, il suinte des plaies qu'on y a faites, un liquide incolore et limpide , sans odeur ni saveur marquées, et qui est la sève qui des racines s'élève vers les parties supérieures du végétal. Ce liquide est fréquemment employé dans la médecine populaire ,.pour le traitement des ophthalmies chroniques. On l'a aussi mis en usage comme diurétique. D'après l'analyse de M. Deyeux, il contient une matière végé^o-animale , de l'a cide acétique et d'acétate de chaux. C'est un remède presque inerte, qui par conséquent ne peut causer ni grand bien ni grand mal.

Les feuilles de la vigne, lorsqu'elles ont atteint leur plus haut degré «le développement, ont une saveur acerbe. Les animaux herbivores en sont très-friands. Quelques auteurs en ont recommandé l'u3age dans la diarrhée , et en général dans les catarrhes chroniques.

Parvenus à leur parfaite maturité , les raisins sont un des meilleurs fruits qui mûrissent dans nos climats. Ils joignent àuue saveur douce , sucrée , rafraîchissante, un arôme extrêmement agréable et très-développé dans certaines variétés, comme dans les raisins muscats par exemple. Ils ne sont pas seulement un fruit des plus agréables, mais par leur chair succulente et fondante ils tempèrent les effets de la chaleur animale, et peuvent devenirun moyen diététique fort puissant. Mangé en trop grande quantité,

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