‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 2 sur 44 · M TYP · texte numérisé non relu

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matés d'éviter la grande chaleur, de ne se livrera aucun exercice violent, d'habiter dans des lieux élevés et aérés, loin des marécages, de s'abstenir d'un régime échauffant, d'êlre sobre et modéré en toutes choses. Il s'en faut qu'on ait prouvé l'utilité des diverses substances toniques que plusieurs personnes prennent en débarquant aux Antilles.

Faire nettoyer tout navire qui porte en lui un foyer d'infection, transporter ceux qui l'habitaient dans un lieu où existera une libre circulation d'air , disséminer dans la campagne les habitans d'une ville où règne la fièvre jaune, et surtout assainir cette ville, voilà les meilleurs moyens d'empêcher la fièvre jaune de prendre naissance, ou d'en arrêter la propagation, si déjà elle s'est déclarée. L'observation paraît maintenant avoir bien démontré que s'il est plus d'une fois arrivé que la fièvre jaune ait été transmise d'un individu à un autre, cette transmission se borne rapidement et s'arrête toutes les fois que les malades viennent à être placés au sein d'une grande masse d'air dont rien n'entrave le renouvellement; d'où il suit que les cordons sanitaires établis autour des lieux où règne la fièvre jaune aggravent la maladie, là où elle existe, et que leur suppression, éminemment utile pour le lieu infecté lui-même, ne saurait en entraîner plus loin le développement.

Typhus d' Afrique ou peste. — Nous avons indiqué dans les généralités de cet article les causes de cette maladie, les lieux où on l'a vue régner soit'endémiquement, soit d'une manière accidentelle; nous avons cherché à en pénétrer la nature que nous avons comparée à celle des autres typhus : il ne nous reste plus ici qu'à en retracer les symptômes.

Les symptômes de la peste sont aussi variables que ceux qui appartiennent aux groupes de maladies appelées^/?<?wej ataxoadjnamiques ; ils sont seulement remarquables par leur plus grand degré de gravité. Ce sont encore les mêmes symptômes que ceux qui apparaissent dans les deux autres typhus (typhus nosocomial et fièvre jaune) ; la peste offre même souvent les phénomènes caractéristiques de ces deux dernières maladies, savoir, les taches pétéchiales, les parotides, la teinte ictérique de la peau, le vomissement noir. Les phénomènes qui lui appartiennent et qui les distinguent sont les bubons et les anthrax.

Les bubons sont des tumeurs qui se développent aux aines, aux aisselles ou au cou , dans le tissu cellulaire qui entoure les

ganglions lymphatiques, ou dans ces ganglions eux-mêmes. Ces tumeurs, qui paraissent à des époques variables de la maladie, peuvent se terminer par resolution, par suppuration, ou par gangrène. On a dit que la suppuration en était la termimnson la plus heureuse, parce qu'elle constituait souvent une crise de la maladie. Les bubons peuvent exister chez des malades dont l'affection n'est pas d'ailleurs très-grave.

Les tumeurs gangreneuses ou anthrax ont été observés dans tous les points de la périphérie du corps , plus particulièrement aux cuisses, aux fesses, aux reins, aux membres supérieurs, à la poitrine, au cou, aux joues. Précédée d'une vive douleur, et de l'existence d'une tache rouge, au-dessus de laquelle s'élève une phlyetène remplie d'une sérosité jaune ou brune, la gangrène peut se borner ou s'étendre plus ou moins , soit en superficie, soit en profondeur. Les parotides et les pétéchies se manifestent fréquemment en même temps que les bubons et les anthrax; d'un autre côté, pendant le cours d'une épidémie de peste, il arrive que des malades meurent sans avoir présenté aucun de ces quatre grands phénomènes.

En raison des divers degrés d'intensité de la maladie , trois variétés de la peste ont été admises par M. Desgenettes. Dans une première variété on n'observe qu'un mouvement fébrile peu considérable, les symptômes nerveux sont là peine prononcés; la maladie légère ne se rapproche de la peste que par l'existence des bubons; soit que ceux-ci suppurent, ou se terminent par résolution, la maladie marche vers une guérison prompte et facile. Dans une seconde variété, la fièvre est plus intense, des symptômes nerveux se manifestent, il y a en particulier du délire; la maladie n'est encore caractérisée que par des bubons. La mort est souvent la terminaison de cette seconde variété; toutefois la guérison peut encore avoir lieu. Enfin, dans une troisième variété, on voit se joindre aux bubons des tumeurs charbonneuses et des pétéchies; les symptômes nerveux sont plus graves, le délire est plus considérable ; la mort a lieu le plus ordinairement du troisième au cinquième ou sixième jour : à ce degré on a vu encore quelques malades guérir. La durée de la peste ne s'étend guère au delà du terme que je viens de signaler; elle peut être beaucoup plus courte; ainsi touî les auteurs ont parlé d'individus qui, au milieu d'épidémies de pestes , étaient pris tout à coup des symptômes les plus graves

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de la maladie, et succombaient en quelques heures, quelquefois même presque instantanément, comme si chez eux un poison violent avait rapidement détruit la vie. L'ouverture des cadavres a montré dans la peste l'existence des mêmes altérations que dans les autres typhus. Quant au traitement de la peste, il est également semblable à celui qu'on a employé contre tout typhus; ce serait sans fruit que nous discuterions la valeur des diverses méthodes thérapeutiques qui, tour à tour, ont été opposées à la pesle, puisqu'aucune expérience directe n'a encore définitivement prononcé en faveur de l'une ou de l'autre de ces méthodes , et, d'après l'idée que nous nous sommes formée de la nature de la peste, nous nous contenterons de dire avec (Julien (Elémens de Médecine pratique) : Les indications à remplir dons la cure de la peste sont les mêmes que celles qui conviennent dans les fièvres en général. Tant qu'on n'aura pas d'ailleurs clairement démontré la non-contagion de la peste, il sera sage de chercher à préserver de ce fléau les différentes villes maritimes en soumettant à la quarantaine dans les lazarets tout individu, comme toute marchandise, qui vient des pays où la peste règne, soit endémiquement, soit accidentellement. Quant au système des cordons sanitaires, il n'est pas plus utile dans la peste que dans la fièvre jaune. (andral fils.)

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ULCÉRATION. On désigne sous ce nom tout travail morbide qui a pour résultat la solution de continuité d'un tissu ; elle peut avoir lieu dans les parenchymes des organes ou à leur surface. Pour en expliquer la production, on a supposé un surcroît d'activité de l'absorption interstitielle; nous ne savons pas encore comment s'opère une ulcération; tout ce qu'il nous est donné de saisir, ce sont les divers états qui, dans le lieu où elle se forme , précèdent son apparition. Ces états sont les suivans : i° une simple congestion sanguine tantôt occupant une grande étendue, tantôt n'existant que là où plus tard se formera l'ulcération ; elle ne consiste alors qu'en une sorte détache rouge ou de plaque circonscrite; 2° un état de ramollissement des tissus; 3° leur induration. Plus ou moins long-temps après que celleci a commencé, et lorsque déjà l'organe qui en est le siège est notablement modifié dans sa forme, dans son volume , dans son organisation même, une nouvelle congestion s'empare des tissus cbroniquement indurés, et il s'y établit un nouveau travail morbide, dont le résultat est une ulcération, qui tantôt reste stationnaire , et tantôt s'étendant rapidement ou lentement, soit en superficie, soit en profondeur, finit par détruire un grand nombre de parties. Dans beaucoup de tumeurs dites cancéreuses , on ne voit autre chose que la succession des phénomènes que nous venons de décrire. Ce sont le plus souvent, soit des masses de tissu cellulaire induré, soit d'autres tissus chroniquement engorgés, qui finissent par se transformer en une ulcération variable en étendue et en profondeur; /,° lorsque des sécrétions morbides se sont opérées en une partie quelconque où il y a rétention de leur produit, celui-ci agit à la manière d'un corps étranger; il tend à se faire jour au dehors ; les tissus avec lesquels il est en contact, d'abord simplement refoulés, sont ensuite irrités et détruits; le produit de sécrétion morbide se trouve éliminé à travers des voies nouvelles, accidentellement formées au milieu des tissus enflammés; et à la place qu'il occupait, existe ime ulcération. C'est ainsi que formés

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dans le tissu cellulaire subjacent à la membrane muqueuse intestinale, des tubercules se font jour à travers cette membrane après l'avoir perforée, et qu'elle se trouve ainsi consécutivement ulcérée. C'est encore ainsi que développés au sein du parenchyme pulmonaire, ces mômes tubercules déterminent autour d'eux un travail d'inflammation éliminatoire, dont le résultat est l'expulsion de la matière tuberculeuse à travers les parois bronchiques perforées, et la formation , dans le poumon , d'une cavité ulcéreuse qui peut ultérieurement ou se cicatriser, ou rester stationnaire, ou s'agrandir déplus en plus. Si cette dernière tendance existe, il peut arriver qu'un tubercule pulmonaire, très-peu considérable, soit le point de départ d'une excavation assez grande pour transformer un lobe pulmonaire tout entier en une simple poche à parois très-minces. On a mal compris, à mon avis, le mode de formation des cavernes pulmonaires , lorsqu'on a dit qu'elles étaient uniquement produites par le refoulement du parenchyme du poumon; il y a dans ce cas ulcération très-réelle. L'état des vaisseaux des parties ulcérées est souvent fort remarquable. Au milieu de la destruction de tous les tissus, ils restent fréquemment intacts , ou bien on les voit se transformer en cordons ligamenteux qui peuvent être ensuite impunément atteints par le travail d'ulcération; quelquefois cependant les parois de ces vaisseaux viennent k s'ulcérer, avant que l'oblitération de leur cavité n'ait eu lieu, et il en résulte des hémorrhagies tantôt légères, tantôt assez graves pour compromettre la vie des malades.

Les ulcérations appartiennent également à l'inflammation aiguë et à l'inflammation chronique. Mais , dans l'uu et dans l'autre cas, leur formation dépend de certaines conditions qu'il ne nous est pas donné de reproduire à volonté; ces conditions ne résident ni dans l'intensité, ni dans la durée de la phlegînasie. Souvent c'est à la suite d'une irritation très-légère, trèscourte , à peine appréciable, qu'une vaste ulcération prend naissance; d'autres fois une phlegmasie suraiguè', telle que celle que produit sur l'estomac l'ingestion d'un poison corrosif, une phlegmasie très-longue, telle que celle qui existe dans le tube digestif d'un malade atteint d'une ancienne diarrhée, ne déterminent la formation d'aucune ulcération. Il est certains cas où l'ulcération ne saurait plus être considérée comme une simple a/feelion locale : elle est la traduction, et comme la manifes-

ULC 29 tntion extérieure d'une affection plus générale. Ainsi, en même temps que chez les scorbutiques , il y a tuméfaction des gencives, hémorrbagie de toutes parts, incoagulabilité du sang , de nombreuses ulcérations parsèment l'enveloppe cutanée. En même temps que chez les scrofuleux il y a modification de toute nutrition et de toute sécrétion, des ulcérations se forment aussi chez eux sur la peau, sur les muqueuses, et jusque dans les os. Elles se produisent également dans ces mêmes tissus, lorsque du mercure a été pendant long-temps introduit dans l'économie; et chose remarquable, c'est que ce même mercure qui leur donne naissance a d'autres fois la faculté de les guérir.

La peau et les membranes muqueuses sont les deux tissus où se montrent le plus souvent des ulcérations. Celles de la peau , aDpelées proprement ulcères, seront décrites dans l'article suivant. Les ulcérations des membranes muqueuses se présentent partout avec le même aspect, elles paraissent avoir plus fréquemment leur siège dans les follicules, soit isolés , soit agminés, qui parsèment ces membranes; aussi les observe-t-on plus souvent là où ces follicules sont plus nombreux; elles sont beaucoup plus communes , par exemple, dans l'iléum, vers sa partie inférieure , que dans l'estomac , dans le larynx que dans les bronches. Leurs bords sont formés par la membrane muqueuse elle-même, et leur fond par les tissus subjacens à cette muqueuse. Si ces tissus s'ulcèrent tous à leur tour, il en résulte une perforation {voyez ce mot). Les ulcérations des membranes muqueuses présentent quelques variétés dignes de remarque sous le rapport de leur coloration. Ainsi , dans le plus grand nombre des cas, elles sont rouges ainsi que leurs environs; d'autres fois cette teinte rouge est. remplacée par une coloration noire qui existe sur leur bord ou sur leur fond; cette dernière coloration indique leur état chronique. D'autres fois l'ulcération seule est colorée, et autour d'elle la membrane muqueuse est très-pâle. Enfin il peut arriver que l'ulcération elle-même, ninsi que ses environs, soit entièrement décolorée. Il n'est pas rare, par exemple, de trouver le tube digestif ainsi parsemé d'ulcérations nombreuses , sans aucune trace d'injection vasculaiie, sans aucun indice d'autre altération que ces ulcérations elles-mêmes. Un pareil état s'observe surtout assez fréquemment chez les enfans, à la suite de longues diarrhées, ou dans certains cas où, aucun symptôme bien tranché

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n'ayant annoncé de lésion du côté des voies digestives, ils sont morts par le cerveau. D'ailleurs , il est maintenant bien démontré que les ulcérations des membranes muqueuses peuvent se former d'une manière aiguë ou chronique, sans être accompagnées d'aucune douleur; elles peuvent même exister sans produire aucun phénomène morbide. J'ai ouvert plusieurs fois des cadavres d'individus morts d'une affection aiguë du poumon, quelque temps après qu'ils avaient eu une gastro-entérite, dont ils étaient complètement guéris ; et j'ai trouvé encore quelques ulcérations à bords et à fond pâles, disséminées sur divers points de leur tube digestif. J'ai connaissance d'un cas dans lequel la convalescence paraissait complète, lorsque tout à coup survint une péritonite suraiguë qui entraîna rapidement l'individu au tombeau. À l'ouverture du cadavre on trouva vers l'iléum quelques ulcérations décolorées, sans injection autour d'elles ; mais de plus , il y avait perforation du fond d'une de ces ulcérations ; de là la cause de la péritonite.

Les ulcérations de la membrane muqueuse qui tapisse le vagin et le col utérin sont une des lésions que l'on a confondues sous le nom de cancer de la matrice. Voyez ce mot.

Des ulcérations se rencontrent quelquefois dans le système vasculaire ; on en a également trouvé dans le cœur , dans les artères et dans les veines. Les ulcérations du cœur sont rares; elles occupent un des points de la surface interne de ses diverses cavités. Commençant par la destruction de la membrane interne, elles peuvent ne pas s'étendre au-delà ; d'autres fois le tissu musculaire est lui-même envahi, et il peut en résulter une perforation du cœur (voyez ce mot). Les ulcérations des artères sont plus communes que celles du cœur; elles succèdent souvent à diverses lésions (soit concrétions osseuses ou cartilagineuses, soit dépôts de pus ou de tubercules, etc.) qui, ayant lieu primitivement au-dessous de la membrane interne , irritent celle-ci et la détruisent; d'autres fois il ne parait pas qu'aucune production accidentelle ait précédé l'ulcération. Un grand nombre d'anévrysmes faux reconnaissent pour point de départ de semblables ulcérations.

Bayle a désigné sous le nom de phthisie ulcéreuse une espèce de consomption déterminée par la présence d'un ulcère au sein du parenchyme pulmonaire, ulcère que Bayle regardait comme primitif, qu'il distinguait des cavernes qui suivent le ramollis-

ULC 3r sèment des tubercules, et que plus tard Laennec a démontré n'être autre chose qu'un résultat de gangrène du poumon. Cet ulcère s'établit après que l'escarre pulmonaire s'est détachée et a été éliminée à travers les bronches. Les signes qui annoncent l'existence d'un ulcère du poumon, suite d'un état gangréncux de son parenchyme, se tirent uniquement des crachais, qui sont d'une félidilé insupportable et d'une couleur d'un brun grisâtre caractéristique. Avant que l'expectoration n'ait pris ces caractères, il arrive souvent qu'une grande félidilé commence par exister dans l'haleine. En même temps il y a de la toux, le malade tombe plus ou moins promptement dans le marasme, la fièvre hectique s'allume, et la mort survient tantôt peu de semaines et tantôt plusieurs mois seulement après l'apparition des crachats signalés plus haut. A l'ouverture des cadavres, on trouve en un point des poumons une excavation remplie d'un liquide sanieux , d'où s'exhale une odeur semblable à celle des crachats. Les parois de celte excavation ne sont le plus ordinairement tapissées par aucune fausse membrane; elles sont rouges ou brunes, lisses ou rugueuses. Autour d'elle on trouve le parenchyme pulmonaire tantôt tout-à-fait sain, tantôt frappé d'inflammation chronique; cette excavation est le plus souvent unique, et aucun tubercule, si ce n'est dans quelques cas de complication, n'existe dans le poumon. (anbral fils.)

ULCERE, s. m., ulcus. On a donné différentes définitions de l'ulcère que nous ne devons point admettre, soit parce qu'elles ne s'appliquent pas à toutes les espèces de ce genre de maladie, soit parce qu'elles n'établissent pas une ligne de démarcation suffisante entre les ulcères et les plaies proprement dites qui suppurent.

Nous définissons l'ulcère, avec le professeur Chaussier et plusieurs pathologistes anciens et modernes,' une solution de continuité dans une partie molle ou dure; avec écoulement de pus, d'ichor, ou de sanie; entretenue par une cause locale ou générale; devant rester stationnaire, s'étendre ou se reproduire après une guérison temporaire, tant que celte cause locale ou générale n'aura pas été détruite.

Le caractère distinclif essentiel entre l'ulcère et la plaie se trouve donc dans une seule circonstance , mais elle est de la plus haute importance à signaler : la plaie tend à se cicatriser, et se cicatrisera spontanément, pourvu qu'elle ne soit pas exposée a

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l'action d'agens irrirans; l'ulcère reste stationnaire , s'étend ou se reproduit, parce qu'une cause locale ou générale, plus ou moins facile ou difficile à reconnaître, s'oppose à sa guérison. Nous conviendrons qu'il n'est pas toujours aisé de distinguer au premier coup-d'ceil quelques plaies anciennes, et guérissant lentement, de certains ulcères qui ne sont entretenus que par des causes locales ou générales peu graves, et qu'il arrive assez souvent qu'une plaie prend accidentellement le caractère d'ulcère sous l'influence des altérations de l'air, d'écarts de régime commis par le malade, de pansemens peu méthodiques, ou du développement d'une autre maladie, etc.

Si on étudie les ulcères sous le rapport de leur formation . on reconnaît que les uns succèdent à des blessures ou à des excoriations, que d'autres sont produits par la gangrène; que souvent ils sont la suite d'abcès, et que dans quelques cas ils sont le résultat d'une véritable érosion dont on ne peut guère se rendre compte qu'en l'attribuant a une absorption interstitielle anormale.

Nous rapporterons fous les ulcères à deux grandes divisions : dans la première, nous rangerons ceux qui sont entretenus par une cause locale; et dans la seconde, ceux qui sont l'effet de quelque cause interne.

Les espèces d'ulcères de la première de ces divisions sont les suivantes : i° l'ulcère fistuleux ; 20 l'ulcère calleux; 3° l'ulcère variqueux ; 4° l'ulcère fongueux ; 5° l'ulcère veri uqueux ; 6° l'ulcère vermineux ; 70 l'ulcère cancroïde; 8° quelques ulcères cancéreux.

Les ulcères que nous pensons devoir rapporter à la seconde classe sont : i° l'ulcère vénérien; 20 l'ulcère scrofuleux; 3° l'ulcère dartreux; /(° l'ulcère psorique; 5° l'ulcère scorbutique; 6° l'ulcère cancéreux; 70 l'ulcère cachectique.

Tous ces ulcères peuvent être aussi simples que le comporte leur nature , mais ils sont susceptibles d'être compliqués d'excès d'inflajnmation , de pourriture d'hôpital, de gangrène; et ces complications ont été considérées par quelques patbologistes comme des conditions suffisantes pour établir encore d'autres espèces d'ulcères qu'ils ont désignés sous les noms d' ulcères inflammatoires , esthiomenes , phagddêniques, rongeans, sordides, cacoëthes, gangreneux, etc. Si nous n'adoptons pas leur opinion, en considérant l'excès d'inflammation, la pourriture d'hôpital

U LC 33 ou typhus nosocomial des plaies, et la gangrène, comme des caractères distinctifs de certaines espèces d'ulcères, nous n'en pensons pas moins que ces états morbides se présentent fréquemment, qu'ils peuvent devenir très-graves, qu'ils présentent des indications spéciales et urgentes à remplir, quelle que soit l'espèce d'ulcère qui s'en trouve accidentellement compliquée. Voyez ces mots.

Les ulcères que l'on a nommés malins , rongeons, phagédéniques, sont dans quelques sujets excessivement douloureux; le genre de douleur dont ils sont le siège varie; cette douleur peut être brûlante, tensive, lancinante, continue, intermittente, etc.; notons qu'elle n'est pas toujours en rapport avec le degré d'inflammation de la surface ulcérée et des parties voisines; qu'elle païaît assez souvent dépendre du caractère spécial de la cause de l'ulcère , et dans d'autres cas , de circonstances indépendantes de cette cause et de l'inflammation. On ne peut guère donner de préceptes généraux applicables à cette complication, et déduits de l'observation : quelquefois cette douleur cède à des -émissions de sang générales ou locales indiquées par l'état pléthorique du malade, ou par la rougeur et le gonflement de l'ulcère et de ses bords; chez d'autres individus, les fomentations, les bains, les digestifs émolliens, relâchans , narcotiques, sont opposés avec plus de succès à ce symptôme. On pourrait citer bien des cas où l'on a vu disparaître cette douleur à la suite de l'administration d'un purgatif ou d'un vomitif rendu nécessaire par l'état saburral des premières voies. Des médicamens réputés spécifiques, tels que les préparations mercurielles pour les ulcères syphilitiques, agissent chez quelques sujets comme caïmans, et d'autres lois exaspèrent la douleur; enfin, il est des cas où l'on ne parvient à s'en rendre maître, et à borner les progrès de l'ulcération, qu'en désorganisant lu surface ulcérée, soit avec le fer rouge, soit avec un caustique puissant, tel que le beurre d'antimoine ou le niirale acide de mercure concentré.

Des ulcèhi;s locaux. Ces ulcères ont leur siège à l'extérieur ou sur les membranes muqueuses voisines de la peau. Nous devons cependant faire remarquer que la plupart des ulcères de ces membranes doivent être rapportés, d'après leur cause, à la seconde classe que nous avons admise. Les ulcèies locaux diffèrent entre eux relativement à leur situation, à leur larxxi. 3

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geur, à leur profondeur, à leur forme, à la quantité de liquide qu'ils .exhalent, à leur ancienneté, aux rapports qui peuvent exister entre eux et l'état de quelque viscère, à l'influence favorable ou nuisible qu'ils paraissent exercer sur toute l'économie.

Le plus grand nombre de^ ulcères entretenus par une cause locale se rencontre sur les membres inférieurs, qui doivent cette fâcheuse prédisposition à leurs images , à leur direction habituelle, à leur éloigncment du cœuj}, aux meurtrissures ou autres blessures dont ils sont souvent atteints; et ces ulcères sont en général plus difficiles à guérir que ceux du tronc ou des membres supérieurs.

La largeur et la profondeur des ulcères sont très-variables : quelques-uns occupent presque toute la surface ou le contour d'un membre, et pénètrent profondément au-dessous de la peau. Leur guérison est toujours très-lente; mais on peut facilement s'en laisser imposer sur la largeur , et surtout sur la profondeur réelle d'un ulcère, qui ne paraissent très- considérables qu'à cause du gonflement inflammatoire aigu ou chronique, ou d'un engorgement œdémateux qui existe dans la partie malade. La forme des ulcères est très-variable; ceux qui sont en même temps larges et arrondis guérissent plus lentement que ceux qui sont oblongs; on ne doit cependant pas en conclure qu'il conviendrait , pour obtenir une guérison plus prompte, d'enlever supérieurement et inférieurement une portion de peau triangulaire.

La quantité de pus ou de sanie que rendent les ulcères n'est pas toujours en rapport avec leur, étendue : les uns suppurent très-abondamment; d'autres, au contraire, ne donnent qu'une petite quantité de suppuration : dans le premier cas, les malades peuvent être promptement affaiblis , épuisés , pris de fièvre lente; dans le second, leur santé générale se conserve sans altération.

L'ancienneté des ulcères , les rapports que l'on observe chez quelques sujets entre les ulcères et l'état d'un ou de plusieurs viscères, l'influence que chez quelques individus les ulcères exercent sur toute l'économie, ont depuis long-temps fixé l'attention des praticiens, et fait naître les questions suivantes : Un ulcère ancien ne doit-il pas être considéré comme un organe excréteur accidentel dont les fonctions ne pourraient être supprimées ou déplacées sans danger? Ce danger ne serait il pas

VLC 35 plus grand si, chez l'individu affecté de l'ulcère, le foie, les poumons, l'estomac, l'intestin ou tout autre viscère, était le siège d'un engorgement, d'une inflammation chronique? Le même danger n'existerait-il pas si l'on faisait cicatriser l'ulcère sur un individu habituellement valétudinaire, et qui n'aurait recouvré une bonne santé que depuis que l'ulcération extérieure se serait établie?

Pour résoudre ces questions importantes, on a dû s'en rapporter aux résultats fournis par l'observation plutôt que d'en chercher la solution dans les théories qui ne sont pas toujours rigoureusement déduites des faits , et voici ce que l'observation a démontré.

Les ulcères anciens qui, depuis leur développement; n'ont pas eu d'influence appréciable sur aucune fonction, sur aucun organe, peuvent être guéris sans inconvénient, pourvu qu'à l'époque de leur cicatrisation le malade suive pendant quelque temps un régime un peu plus sévère que d'habitude et qu'on produise de légères révulsions sur le canal intestinal par des minoratifs. Quelques praticiens pensent même que ces minoratifs ne sont pas toujours nécessaires.

Lorsque les ulcères coexistent avec des maladies organiques ou avec des phlegmasies chroniques internes , il serait en général dangereux de les guérir complètement. On doit s'attacher particulièrement à diminuer leur étendue, à empêcher leurs progrès, à modérer la suppuration. Quelquefois cependant on a pu les guérir et les remplacer par un exutoire; mais cet exutoire artificiel n'ayant pas suppléé, chez tous les sujets, l'ulcère dont on avait obtenu la guérison, et la maladie intérieure s'aggravant , on a été forcé d'ouvrir avec un vésicatoir.e ou avec un caustique l'ulcère qui s'était fermé. Les mêmes phénomènes ont été observés dans des cas où un ulcère spontané exerçait une influence favorable sur l'ensemble des fonctions, et les mêmes préceptes de thérapeutique y sont par conséquent applicables.

i° De l'ulcère fistuleux ou sinueux. — Cet ulcère est entretenu par le décollement de la peau plus ou moins amincie, ou bien il pénètre plus profondément entre des muscles qui ont été isolés les uns des antres par la suppuration ou par la gangrène; dans d'autres cas, sa cicatrisation est relardée, empêchée par

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la dénudalion d'un tendon, d'une aponévrose, d'une portion de périoste ou d'os. Quelques auteurs ont rangé cet ulcère parmi les fistules, et nous avons déjà eu occasion d'en parler en traitant de ce genre de maladies. Lorsque la peau n'est que décollée, sans être amincie, on obtient sa réunion aux parties subjacentes par le repos, la compression méthodique, auxquels il faut associer quelquefois les injections stimulantes. L'amincissement de la peau est-il tel que sa réunion soit impossible, il faut en pratiquer l'excision : si les bourgeons charnus du fond de l'ulcère mis à découvert par cette excision sont mous., fongueux, on les touche avec la pierre infernale, ou avec un autre c'atbérétique; et lorsque l'ulcère a été ramené aux conditions d'une plaie simple avec perte de substance et en suppuration, on emploie pour lui le même mode de pansement.

L;i cure est plus difficile quand l'ulcère pénètre entre des muscles isolés les uns des autres, et surtout quand les malades sont affaiblis, amaigris, et que l'ouverture de l'ulcère n'est pas déclive ; on conseille dans ces cas la compression expulsîve, les douches thermales artificielles ou naturelles, l'établissement d'une contre-ouverture, l'introduction d'un séton, la section de tous les clapiers, de tous les sinus de l'ulcère. Tout ces moyens sont rationnels ; mais il faut accorder la préférence parmi eux à ceux dont l'emploi offre autant de chances de succès en exposant les malades à moins de douleur et à un moindre danger, et. nous répéterons ici ce que nous avons dit à l'article fistule, que souvent les malades ne peuvent guérir qu'après avoir recouvré, leurs forces et leur embonpoint, et que touîe opération qui leur serait pratiquée avant cette époque serait au moins inutile.

Lorsque l'ulcère est entretenu par la dénudatiou de quelque tissu fibreux ou d'une portion d'os, il faut se borner à des pansemens simples, et attendre patiemment que les parties dénudées se soient exfoliées ou recouvertes de bourgeons charnus.

a0 De l'ulcère calleux. — Ainsi nommé à cause de l'engorgement dur qui entoure et sur 'lequel repose la surface ulcérée, cet ulcère occupe le plus souvent les jambes ou les pieds. C'est aussi à lui que .l'on a donné le nom d'ulcère atonique ; Everard Home attribue les phénomènes qu'il présente à son siège sur des parties qui ont trop peu d'énergie pour qu'il

ULC 37 se forme des bourgeons charnus de bonne nature, que cette atonie soit due à l'état des parties elles-mêmes ou à la constitution.

On l'observe fréquemment chez les ouvriers qui travaillent habituellement clans l'eau, dans les égouts, dans les mines, les caves; chez ceux qui, occupés dans des lieux moins insalubres, sont habituellement assis ou debout sans marcher; les vieillards en sont plus souvent affectés que les adultes, et ceux-ci plus souvent que les jeunes gens et les enfans.

Les bords de cette espèce d'ulcère sont durs, élevés, tantôt pâles, tantôt bleuâtres, quelquefois légèrement rouges. Ils sont lisses, ou plus ou moins ridés; la surface de l'ulcère est ellemême lisse, d'un rouge pâle, ou couverte de bourgeons charnus, larges ^ peu saillans. Cet ulcère est ordinairement indolent ou peu douloureux. La quantité de pus qu'il fournit est peu considérable relativement à son étendue; ce pus est peu- consistant, quelquefois fétide ; quand cet ulcère est ancien et profond, on remarque souvent que le périoste et même que les os situés dans son voisinage sont plus ou moins tuméfiés; il est assez fréquemment compliqué de varices. Dans le plus grand nombre des cas cet ulcère est la suite d'une contusion, d'une entamure; il est très sujet, à récidive, surtout quand sa cicatrice est très-étendue , et que les malades, après leur guérispn, reprennent sans précaution leurs travaux accoutumés. Il est rare que cet ulcère ne soit pas curable; il ne devient tel que quand il est très-ancien, ajt qu'il est d'une très-grande étendue.

Le professeur Boyer attribue les phénomènes que présentent les ulcères calleux à la succesion fréquente d'inflammations qui n'ont pu se terminer complètement par induration , et. -qui ont donné lieu à l'accumulai ion et à l'épaississemcnt de la lymphe dans les mailles du tissu cellulaire.

La méthode curative qu'il conseille est déduite de cette opinion. « On recommandera au malade de garder le lit ; on appliquera sur l'ulcère un plumasseau enduit d'un digestif simple; on couvrira les environs d'un cataplasme de farine de graine de hn cuite dans une décoction de racine de guimauve; on réglera le régime, et l'on écartera toutes les causes d'irritation. Bientôt les- duretés se ramolliront; la surface de l'ulcère s'humectera et donnera un pus bien conditionné; les bords devien-

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dront souples et minces; le fond se couvrira de bourgeons charnus vermeils et d'une consistance naturelle; la cicatrisation s'annoncera et fera des progrès rapides. On pourra supprimer de bonne heure le digestif dont on chargeait le plumasseau dans le principe, pour lui substituer la charpie sèche; mais il faut continuer long-temps l'usage du cataplasme, et jusqu'à ce que les callosités des bords et des parties environnantes soient complètement dissipées , et que la souplesse naturelle des parties soit parfaitement rétablie. »

La compression, suivant le même praticien, ne convient pas dans le traitement des ulcères calleux, mais elle est très-propre, après la guérison, à prévenir la rechute, en soutenant la cicatrice, et en s'opposant au gonflement du membre. J'ai eu occasion d'observer à la Charité, à l'Hôtel-Dieu, dans la pratique particulière, un grand nombre de malades traités par cette méthode; je l'ai vue réussir dans le plus grand nombre des cas, quelquefois dans un espace de temps assez court, d'autres fois au bout d'un temps très-long. Cette méthode est-elle, comme le pense notre excellent maître, la seule qui soit convenable contre ce genre d'ulcères ? Plusieurs autres modes de traitement ont été mis en usage : nous allons passer successivement en revue les principaux.

Les anciens pratiquaient, et quelques chirurgiens pratiquent encore de nos jours, des mouchetures , et même des scarifications dans les callosités, pour les dégorger et accélérer leur résolution; ils emploient en même temps les topiques émolliens et relâchans. Cette méthode inutilement douloureuse, surtout quand il n'existe pas une tension inflammatoire aiguë dans les bords de l'ulcère, ne peut être mise en usage rationnellement que dans des cas très-rares.

On a préconisé, pour la prompte guérison des ulcères atoniques , des préparations emplastiques très-variées , mais plus particulièrement des emplâtres dans lesquels on trouve réunis à la cire, à des résines, à l'huile, aux oxydes de plomb, des substances aromatiques excitantes, telles que le camphre, le benjoin, l'encens, etc. J'ai vu ces préparations accélérer la guérison, employées lorsque les callosités avaient été ramollies par les topiques émolliens.

Les chlorures de soude et de chaux plus ou moins étendus

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d'eau ont été employés avec succès depuis plusieurs années , dans quelques hôpitaux de Paris, et dans- des circonstances semblables.

Une dissolution légère de nitrate d'argent, ou bien un mélange d'un scrupule d'acide nitreux dans huit onces d'eau, accélèrent beaucoup, suivant E. Home, la cicatrisation de ces ulcères; et ce praticien prétend que la cicatrice obtenue par l'acide nitreux est beaucoup plus solide que celle que l'on obtient par les autres modes de traitement.

On a également employé «avec succès les frictions sur les callosités, avec le calomel délayé avec de la salive, ou avec le suc gastrique d'animaux ruminans; les frictions légères avec l'onguent mercuriel; le mélange du précipité rouge de mercure avec l'onguent rosat- ou basilicum étendu sur des plumasseaux de charpie.

Une autre méthode de traitement des ulcères calleux , comptant beaucoup de partisans, et peut-être un aussi grand nombre d'antagonistes, consiste dans l'emploi de la compression circulaire. Cette compression, recommandée depuis long-temps contre les. ulcères variqueux, n'a été adoptée dans quelques hôpitaux de Paris, pour les ulcères calleux, que depuis que M. Roux a publié un ouvrage intitulé : Relation d'un voyage fait à Londres en 1814, ou Parallèle de la chirurgie anglaise avec la chirurgie française ; mais cependant, bien avant cette époque* un nommé M. Gaillard, qui. existe encore à Paris, la mettait en usage avec succès pour la plupart des ulcères des jambes. Loin de recommander le repos à ses malades, M. Gaillard les force a marcherai couvre les surfaces ulcérées avec des substances emplastiques plus ou moins excitantes, et se sert de bandes de linge pour exercer la compression suivant la méthode de Theden, c'est-à-dire sur le pied et sur la jambe. MM. Whately et Baynton ont spécialement préconisé en Angleterre la compres sion, mais ils ne l'exercent pas de la même manière Nous emprunterons à M. Samuel Coopcr les détails propres à faire conna.tre le procédé de chacun de ces deux praticiens

M. Whately emploie ordinairement un cérat dans lequel entre la Pierre calaminaire : * aXung. porcin, depur. Ul, \, empl

m' W ha tel ' ^ fi'*** *»• * ï A tt* ft££ Wha,e)y P" J°mI une ™" pour faire un cérat qui cWttient

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moins d'huile que Yuriguenturn tripharrnafium de l'ancien dispensaire, mais il est plus adliétif : on l'élend sur du linge, ou sur de la soie, ou sur de la charpie; cet emplâtre est si doux qu'il n'irrite jamais la peau : Emplastr. plutnb. lib. j; axung. porcin, dcpur. 3 vj ; aceli 3 iv : mince.

Les bandes doivent être en flanelle fine, douce,, peu serrée. Elles doivent avoir cinq'aunes de long et trois pouces de large pour les personnes qui ont les jambes grêles, et six aunes de longueur et trois pouces et demi en largeur pour les individus dont les jambes sont volumineuses. Ces bandes doivent être lavées souvent, et à l'eau chaude seulement, et on se borne à les suspendre pour les faire sécher. Les compresses ne doivent avoir que la longueur nécessaire pour que leurs extrémités se joignent sur le côté de la jambe opposé à celui où on les applique, et ne former aucun pli.

Lorsqu'on applique la bande, il faut faire le premier tour autour delà partie la plus inférieure de la malléole; le second doit être porté autour du pied; le troisième doit entourer le pied jusqu'aux orteils. Il faut ensuite reporler la bande du pied autour de la malléole et du coude-pied, pour faire le quatrième tour. En même temps il faut, sans la porter sur le sommet du talon , la conduire plus près de cette partie qu'on ne l'avait fait d'abord. Le cinquième tour doit repasser au-dessus de la malléole, et pas plus d'un demi-pouce plus haut que le quatrième tour. Les sixième, septième, huitième et neuvième tours doivent monter en spirale autour de la moitié inférieure de la jambe. Arrivés à celte hauteur, les tours de bande se recouvriront dans une moindre largeur, et au niveau de la partie inférieure du mollet il est en général nécessaire de faire un ou plusieurs renversés. Lorsque la bande aura été conduite jusqu'au 'genou, on en conservera environ une aune pour la ramener par des circulaires en spirale moins rapprochés jusqu'à la partie inférieure de la jambe, où on la fixe avec une épingle.

Dans plusieurs cas, il est nécessaire d'appliquer la bande par dessus le talon. Il faut la porter aussi bas que possible autour de la malléole; de là, le second tour doit passer du coude-' pied sur l'un des côtés du talon, pour être reconduit au coudepied en passant sur l'autre côté; le troisième tour doit passer de nouveau autour delà malléole, mais plus près du talon que

ULC 4i le premier. IL faut ensuite ramener la bande sur le pied pour y faire le quatrième et le cinquième tour; de là on revient sur la jambe pour achever le bandage comme dans le cas précédent.

Ces bandages doivent être appliqués avec le plus grand soin, car le succès dépend de leur application régulière et méthodique. M. Whately assure que l'on en obtient des résultats tellement avantageux/ même dans les cas les plus graves, qu'ils dispensent toujours, lorsque les ulcères sont variqueux, de pratiquer aucune opération chirurgicale sur les veines. Passons au procédé de M. Baynton : Il faut d'abord raser soigneusement la jambe malade; lorsque la suppuration est très abondante , et que les ulcères sont très - irrités , il peut devenir nécessaire de panser deux fois par jour; ce cas est très-rare. Le sparadrap ou emplâtre agglutinatif doit être préparé avec l'emplâtre de lilharge ou de diachylum étendu en couche assez mince sur de là toile ou sur du calicot. On taille les bandelettes d'un pouce et demi à deux pouces de largeur , el d'une longueur telle qu'après avoir fait le tour du membre, il reste encore un bout de quatre à cinq pouces. Le milieu de la bandelette ainsi préparée doit être appliqué sur la partie saine du membre, vis-à-vis la partie inférieure de l'ulcère, de manière que son bord inférieur puisse être placé un pouce audessous du bord inférieur de l'ulcère, et les extrémités croisées sur celui-ci, en exerçant graduellement une impression aussi forte que le malade pourra la supporter. Les autres bandelettes seront appliquées de la même manière, l'une par dessus l'autre, en se recouvrant dans la moitié de leur largeur, jusqu'à ce que toute la surface de l'ulcère et le membre, au inoins un pouce au dessous et deux ou trois pouces au-dessus, se trouvent complètement recouverts. Il faut ensuite appliquer des coinpresses en toile ou en calicot sur toute la jambe, et un bandage roulé depuis le pied inclusivement jusqu'au genou.

Si les parties sont très-enflammées et la suppuration trèsabondante, il faut avoir soin d'arroser le membre avec de l'eau froide, toutes les fois que la chaleur s'y fait sentir. Le malade peut se livrer à un exercice quelconque; ses douleurs en seront moins vives, et la guérison plus prompte.

Les antagonistes de ce mode de pansement prétendent que la guérison étant plutôt obtenue par le rapprochement forcé de&

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bords de l'ulcère que pour la formation d'une cicatrice en rapport avec l'étendue réelle de l'ulcération, l'ulcère doit trèsfacilement se rouvrir dès qu'on cesse l'usage de la compressio-n. cette allégation est dénuée de fondement : l'ulcère guérit principalement par l'affaissement de ses bords; la cicatrice qui le couvre n'est ni tendue, ni tiraillée ; elle est peut-être plus solide que celle que l'on obtient par les émolliens , par le repos et la situation horizontale; et s'il était vrai que cette cicatrice dût avoir moins d'étendue, ce serait plutôt un avantage qu'un inconvénient, parce qu'en général les cicatrices sont d'autant plus faibles et d'autant plus disposées à s'exulcérer qu'elles sont plus larges.

On a encore signalé un autre inconvénient résultant de l'emploi des bandelettes agglulinatives : c'est qu'elles produisent souvent des excoriations sur la peau voisine de l'ulcère , et que quelques sujets ne peuvent en faire usage sans être affectés d'érysipèle. Les excoriations ne sont graves qu'autant qu'elles sont situées sur le trajet du tendon d'Achille; en cet endroit elles sont quelquefois plusieurs semaines avant de guérir. Pour empêcher ces ulcérations de se produire, M. Baynton conseille de placer sous l'emplâtre agglutinatif un petit morceau de cuir mince.

Lorsque le diachylum produit une inflammation érysipélateuse , on peut le remplacer par l'emplâtre diapalme ou par l'emplâtre de Nuremberg.

Nous terminerons ces considérations relatives aux ulcères calleux en faisant remarquer que dans leur traitement, aussi bien que dans celui de la plupart des autres ulcères chroniques, il serait peu rationnel d'adopter une méthode curative exclusive; qu'il faut toujours avoir égard à l'état des chairs, à la quantité et à la qualité de la suppuration , au degré d'inflammation de l'ulcère et des parties voisines, et que l'on se trouve fréquemment conduit, par ces circonstances variables d'un jour à l'antre, à employer successivement plusieurs méthodes différentes pour procurer une prompte guérison. Nous ajouterons que la guérison est souvent retardée ou empêchée par les écarts de régime que commettent les malades; que dans quelque cas, lorsqu'on les astreint à un repos absolu de longue durée dans une situation horizontale , la plupart de leurs fonctions deviennent languissantes, et la cicatrisation de l'ulcère en est

ULC /,3 aussi plus difficile à obtenir. On conçoit facilement quel doit être le conseil à donner dans le premier cas; dans le second, nous pensons que les bains tièdes savonneux ou légèrement aromatiques, et surtout que les frictions sèches faites matin et soir sur tout le corps avec une flanelle ou avec une brosse douce, sont les meilleurs moyens pour suppléer à l'exercice actif auquel les malades ne peuvent se livrer. Lombard , dans son Traité des plaies , a rapporté des observations qui démontrent l'excellence de ce moyen beaucoup trop négligé dans le traitement d'un grand nombre d'affections chroniques.

3° Ulcère variqueux. — Les ulcères de ce genre sont moins fréquens que les ulcères calleux; on les observe cependant trèssouvent : ils ont presque toujours leur siège aux jambes, quelquefois sur la face dorsale des pieds, plus rarement sur les cuisses. Il ne faut pas confondre ces ulcères avec les ulcérations qui se forment sur les tumeurs que J. H. Petit nommait tumeurs variqueuses , et que l'on a désignées depuis sous les noms de tumeurs érkectiles , defongus sanguin, etc. Le mode d'origine des ulcères variqueux n'est pas toujours le même : tantôt ils succèdent à la rupture accidentelle ou spontanée d'une varice, ou à une entamure de la peau ou d'une cicatrice dans une région occupée par des veines variqueuses, et dont le tissu cellulaire est déjà plus ou moins engorgé; dans d'autres cas, ils ne sont d'abord que des ulcères simples que les malades négligent; à la longue, ces ulcères deviennent calleux, et l'engorgement du tissu cellulaire gêne la circulation dans les veines, elles se dilatent, deviennent variqueuses au-dessous de l'ulcère , à sa circonférence, et même sous sa base.

La plupart des ulcères variqueux anciens doivent être et sont en effet compliqués de callosités. Les bords de ces ulcères sont ordinairement élevés, bleuâtres , noueux; des veines variqueuses, flexueuses ou agglomérées en tumeurs bosselées existent au-dessous et autour de l'ulcération, et quelquefois sur toute la longueur du membre et même le long de la cuisse. L'ulcère est d'une couleur rouge livide, il ne fournit qu'une quantité médiocre de suppuration peu consistante , sanguinolente; ordinairement il est peu douloureux; il peut le devenir beaucoup lorsqu'il est enflammé.

L'ulcère variqueux n'est pas très difficile à guérir, mais il rcc.d.ve encore plus fréquemment que l'ulcère calleux. Pour

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eu obtenir la guérison sans le secours d'opérations chirurgicales, il faut, comme l'a conseillé judicieusement le professeur Boyer, dissiper l'engorgement qui s'oppose à l'affaissement de ses bords , et diminuer l'influence des varices sur la circulation de la lymphe.

Lorsque cet ulcère est compliqué d'inflammation, le repos dans une situation horizontale, les fomentations émollientes, les cataplasmes émolliens légèrement résolutifs , et même dans quelque cas la saignée, doivent être opposés à cette complication. Quand on l'a détruite, on traite l'ulcère par la compression, soit au moyen des bandelettes agglutinatives , soit par le bandage roulé. Nous avons décrit ces deux méthodes^en traitant des ulcères calleux.

Le malade guéri doit, pour prévenir la rupture de la cicatrice, continuer l'usage du bandage roulé, ou porter, comme l'a conseillé Wideman, un bas lacé en peau de chien chamoisée ou en Coutil fin; les bas de peau sont, quand ils sont neufs, plus souples, plus élastiques, mais ils deviennent durs quand ils ont été pénétrés par la sueur. Les bas de coutil ont moins cet inconvénient, et sont nettoyés avec plus de facilité.

Les ulcères variqueux rebelles, accompagnés de varices volumineuses, douloureuses, peuvent être guéris par une opération qui consiste soit à lier, soit à couper transversalement la veine saphène interne, soit à en réséquer une petite portion à la partie supérieure de la jambe ou à la partie inférieure de la cuisse. Ces opérations, connues dès le temps de Celse, conseillées par Paré, par Dionis, ont été pratiquées par un grand nombre de chirurgiens de nos jours. Elles seront décrites, et leurs' avantages ainsi que leurs inconvéniens seront signalés en traitant de"s varices. Nous nous bornerons à faire remarquer qu'elles sont, surtout la ligature, assez souvent suivies d'une inflammation dangereuse du tronc de la veine saphène, et que les malades ne sont pas aussi complètement qu'on l'a prétendu mis par elles à l'abri de la récidive de l'ulcération.

/(û Ulcère fongueux : il se reconnaît aux caractères snivans : sa surface est couverte de bourgeons charnus, larges, aplatis, quelquefois isolés les uns des autres, plus souvent confondus ou très rapprochés, tantôt roses pâles, d'autres fois bleuâtres, peu sensibles au toucher, fournissant une suppuration peu confcistante, et dont la quantité est très- variable : ces bourgeon»

ULC 45 charnus exubérans ont ordinairement une base large; quelquelois ils sont pédiculés. On les voit, dans quelques cas, prendre un développement tel qu'ils dépassent de plusieurs lignes la surface des bords de l'ulcère. L'état fongueux se développe souvent sur les ulcères des sujets éminemment lymphatiques. Le développement des fongosités est favorisé par l'emploi intempestif des topiques émolliens, relâchans/ des corps gras; par une alimentation trop abondante ou peu excitante, par l'influence de l'humidité, du défaut d'exercice. Nous ne devons pas parler ici des fongosités symplomatiques que. l'on observe si souveîit dans le cas de carie ou de nécrose des os, de dénudation îles tissus fibreux. On peut souvent guérir les ulcères qui ne sont que médiocrement fongueux par le moyen de la compression simple ou exercée avec une lame mince de plomb appliquée sur leur surface et soutenue par un bandage roulé. M. le. docteur Réveillé-Parise vient de publier récemment un mémoire dans lequel il cite des faits nombreux qui prouvent l'utilité de ce dernier mode de pansement, dont nous avons reconnu l'efficacité sur plusieurs malades. Les décoctions amèrcs, aromatiques, astringentes, l'eau salée, la rhubarbe en poudre, les emplâtres contenant des substances aromatiques, l'eau de chaux, un mélange de chaux et d'huile, les chlorures de chaux et de soude plus ou moins étendus d'eau , la dissolution de sulfate de zinc, la dissolution de deux à quatre grains de pierre infernale par once d'eau distillée, les acides minéraux étendus, l'eau phagédénique , le baume vert de Metz , 'le collyre de Lanfrnnc , l'alun calciné, la pierre infernale appliquée en poudre ou promenée lentement sur la surface de l'ulcère, le précipité rouge incorporé dans l'onguent rosat , la cautérisation objective recommandée par Faure, sont les principaux moyens dont on fait usage pour guérir les ulcères fongueux. Parmi ces moyens, que nous avons énutnérés en les plaçant successivement dans un ordre indiqué par leur énergie plus grande, les uns, ce sont les premiers, conviennent quand les fongosités son* peu développées; les autres, quand elles ont pris un accroissement et un volume considérables.

Lorsque les fongosités sont peu nombreuses et qu'elles sont pédiculées, il est plus expéditif et moins douloureux de les exciser ou de les lier que de les détruire par les calhérétiques. Quand les fongosités sont dures et douloureuses, on risque

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de les faire dégénérer en cancer en les irritant fréquemment. Ces fongosités doivent être excisées ou brûlées profondément avec le fer rouge.

Lorsque l'état fongueux des ulcères est entretenu par la constitution lymphatique des malades, un régime fortifiant, l'usage modéré du vin, les tisanes amères, les vins amers, les prépations martiales, les- frictions sèches aromatiques , l'insolation , les bains de mer, concourent puissamment à la guérison.

5° Ulcère verruqueux. — Je désigne par cette dénomination (à laquelle on en substituera une autre si on la juge défectueuse) des ulcères doDt les auteurs n'ont pas donné une description particulière, et qui présentent les caractères que je vais exposer. Leur surface est formée par un grand nombre de villosités coniques d'une texture dense, serrée, très- rapprochées les unes des autres, représentant en quelque sorte un velours de laine grossier; ces végétations paraissent naître du derme; l'épiderme qui entoure l'ulcère est épaissi, calleux et même corné , quelquefois divisé par des fissures profondes. Ces ulcères, que j'ai observés deux fois à la plante des pieds, une fois à la jambe, et une fois dans l'aine, laissent suinler en petite quantité un fluide visqueux, presque incolore, fétide, qui en se desséchant forme une croûte épaisse, dure, grisâtre, trèsadhérente, lis sont peu douloureux, ou même indolens, susceptibles de prendre une grande étendue en largeur.

Cette maladie assez rare n'est pas encore bien connue. J'ai vu un des individus qui en était affecté à la plante des pieds, guéri par l'abrasion de la surface ulcérée; sur un autre sujet où l'ulcère avait le même siège, l'abrasion n'a produit qu'une amélioration de courte durée. Le malade qui portait l'ulcère à la jambe n'a été guéri ni par l'abrasion ni par la cautérisation avec le fer rouge répétée plusieurs fois; enfin, celui dont l'ulcère est situé dans la régipn inguinale est encore en traitement; il est pansé avec le précipité rouge incorporé dans l'axonge. Son état actuel fait espérer qu'il guérira.

6° Ulcère vermineux. — Cet ulcèrene devrait peut-être pas être considéré comme formant un genre distinct. La présence ou le développement de vers sur une surface ulcérée n'est qu'une complication purement accidentelle et fort rare. On a trouvé des vers intestinaux dans des uloères qui communiquaient avec le canal intestinal. On a rencontré des larves d'insectes dans

ULC W les conduits auditifs ulcérés , dans des plaies ou des ulcères de diverses autres parties du corps, lorsqu'en été ou en automne ces plaies avaient été abandonnées à elles-mêmes, ou qu'elles n'avaient pas été pansées depuis long-temps, ou qu'elles avaient été couvertes avec de la charpie ou du linge malpropres. Des lotions avec les décoctions de tabac, de quinquina, de mercure, et des soins de propreté, font promptement disparaître cette complication.

7° Ulcères cancroïdes. — On donne ce nom à des ulcères qui offrent la plupart des caractères des ulcères cancéreux, et qui sont cependant d'une autre nature. La peau et les origines des membranes muqueuses en sont le siège le plus fréquent; ils se développent plus souvent sur le visage que sur les autres rég'ons du corps. Les bords et la base de ces ulcères sont durs, inégaux; leur surface est rouge ou livide, grisâtre ou gangréneuse, tantôt lisse, tantôt rugueuse, inégale; ils fournissent un pus ichoreux, acre, fétide; quelquefois ils sont arides ; ces ulcères sont douloureux, et quelquefois rongeans. Les ganglions lymphatiques situés dans leur voisinage sont souvent engorgés.

Tous les ulcères peuvent devenir cancroïdes sous l'influence d'un traitement trop irritant, ou de cautérisations trop souvent répétées. Les écarts de régime, l'action inlense du froid ou de la chaleur, suffisent quelquefois pour imprimer à un ulcère simple ce caractère fâcheux. Les individus fréquemment affectés d'érysipèle, de dartres vives, les sujets cacochymes, en sont assez souvent affectés.

On ne peut guerre distinguer à leur simple aspect ces ulcèrescancroïdes des véritables ulcères cancéreux. Les résultats avantageux obtenus des moyens thérapeutiques employés clans leur traitement ne tardent pas ordinairement à éclairer le diagnostic.

La douleur acre, la chaleur, la tension, qui accompagnent souvent ces ulcères, indiquent l'emploi des topiques émolliens, relàchans, narcotiques, sous forme de fumigations, de lotions, de cataplasmes, de digestifs. La crème fraîche, les sucs de joubarbe, de laitue, de jusquiame, de ciguë, ont été souvent employés avec succès. Les saignées locales ne sont pas moins recommandâmes. Dans le cas de vives douleurs ne cédant pas aux topiques tfpiacés, l'opium a été quelquefois utilement admi-

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nistrc à l'intérieur. On a vu des cancroïdcs reprendre les caractères d'ulcères simples après l'administration de purgatifs.

Des ulcères devenus cancroïdes par l'usage trop long-temps prolongé du mercure ont cédé à l'emploi des sudorifiques unis à l'opium. Des ulcères syphilitiques dégénérés en cancroïdes et mal traités ont guéri sous l'influence de traitemens mercuriels plus rationnels.

Enfin, dans quelques cas on ne parvient à calmer la douleur brûlante de ces ulcères et à arrêter leurs progrès qu'en cautérisant leur surface ; le nitrate acide de mercure et le fer rouge méritent dans ce cas la préférence sur tous les autres esearrotiques.

Des ulcères par causes internes. Parmi les ulcères que nous avons rangés dans la deuxième série, et qui ont pour caractère essentiel, suivant la plupart des auteurs, d'avoir été produits par une cause interne, ou d'être entretenus par une cause de cette nature , il en est qui ne constituent temporairement, quand ils sont encore récens , qu'une affection locale susceptible de guérison par un traitement local. La cause interne qui a déterminé leur développement peut rester pendant un certain temps, dont la durée est variable, entièrement concentrée dans le tissu ulcéré, et échapper à l'action des vaisseaux absorbans par des circonstances dont il serait difficile de se rendre compte d'une manière toujours satisfaisante et irrécusable. Les faits que l'on pourrait citer à l'appui de cette assertion se présentent chaque jour aux observateurs. Personne ne pourrait raisonnablement nier que l'on ne guérit pas radicalement un certain nombre d'ulcères scrofuleux par la cautérisalio.n on l'ablation de la surface ulcérée; que l'on ne procure pas la guérison radicale de quelques' chancres vénériens primitifs par la cautérisation, et même par la méthode antiphlogistique; mais l'observation apprend aussi que ces méthodes échouent fréquemment, et que les ulcères y résistent; elles démontrent également qu'un grand nombre des malades chez lesquels les ulcères ont disparu sous leur influence, et que l'on répute guéris d'ulcères syphiliques , deviennent trop souvent les malheureuses victimes de la confiance qu'ils ont eue dans ces modes de traitement : au bout de quelques semaines, de quelques mois, quelquefois après plusieurs années , la maladie, devenue constitutionnelle, se reproduit sous denou-

ULC 4ï) velles formes, elle attaque de nouveaux tissus, de nouveaux organes, et altère profondément tout l'organisme.

Lorsqu'un ulcère de cause interne a été cicatrisé par un traitement exclusivement local , aucun phénomène ne peut fournir la preuve certaine que la guérison est radicale, que le mal ne récidivera pas; le sujet qui en a été affecté est probablement encore entacbé de la cause qui a donné lieu à l'ulcération. Cette cause reste latente, et lorsqu'elle vient de nouveau à faire irruption sur des organes souvent très-éloignés de ceux qui ont été primitivement affectés , il peut arriver ou qu'on la méconnaisse pendant un certain temps, pendant lequel elle produit de grands désordres , ou qu'ayant pris une grande intensité par une longue incubation, elle sévisse avec une excessive violence sur les tissus devenus le siège de son action désorganisatrice. Depuis bien long-temps déjà la question importante relative à l'existence ou à la non- existence des virus et des altérations constitutionnelles des solides et des fluides connues sous le nom générique de cachexies , a été examinée, débattue', et il résulte de l'examen approfondi de cette question pour tous les praticiens éclairés et sans prévention que les virus existent; que d'autres causes que les virus peuvent altérer les humeurs; que les ulcères ainsi que les autres lésions organiques produits parées virus ou entretenus par ces altérations des fluides circulatoires , ne sont pas le résultat d'une inflammation Ordinaire ; que l'inflammation revêt dans ces cas un caractère spécial déterminé par la nature de la cause qui y a donné lieu , et que le traitement ne peut procurer une guérison certaine qu'autant qu'il est de nature à détruire complètement cette cause.

Les ulcères vénériens , scrofuleux , clartreux , psoriques , cancéreux , scorbutiques, ne sont donc, dans la plupart des cas, que des symptômes d'une affection constitutionnelle contre laquelle les moyens thérapeutiques doivent être particulièrement dirigés [voyez cancer, chancre, dartre, gale, scorbut, scrofule , syphilis). Mais on doit, relativement au traitement de ces différens ulcères, faire une observation générale : tous ces ulcères peuvent être accidentellement compliqués d'une inflammation aiguë, vive, douloureuse, avec ou sans fièvre,. Cette inflammation accidentelle, tant qu'elle existe, contre-indique souvent l'emploi des moyens thérapeutiques internes et externes indiqués par le caractère spécifique de l'ulcère. Celte

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inflammation, suivant son intensité, la force du sujet malade, et suivant la nature des influences auxquelles il est et doit être plus ou moins long- temps soumis, doit être combattue par un traitement antiphlogistiquc plus ou moins énergique , pendant lequel il faut ou suspendre ou modifier le traitement indiqué par la cause de la maladie; et dès que cette complication a cesse d'exister, ce traitement principal doit être repris avec les précautions convenables pour ne pas provoquer une nouvelle inflammation.

11 ne nous reste qu'à dire quelques mots de l'ulcère que nous avons désigné sous le nom de cachectique , et dont on n'a pas dû traiter dans un des articles généraux de ce dictionnaire. Nous désignons par cette dénomination des ulcères ordinairement atoniques, pâles, livides, quelquefois sanieux', plus ou moins calleux, ou compliqués d'œdème, difficiles à guérir, que l'on observe fréquemment cbez des sujets affaiblis par des maladies chroniques, par des fatigues excessives, par une mauvaise alimentation, par le séjour dans des lieux froids, humides, peu éclairés, ou par d'autres influences débilitantes. Ces ulcères, entretenus en même temps par des causes locales et constitutionnelles, sont ordinairement traités avec succès par les fomentations arriéres et aromatiques , par les emplâtres excitans, secondés par la compression. Mais ce traitement local serait inefficace, si on n'y associait pas l'usage des acides, des ferrugineux, des diurétiques aromatiques, et surtout si on ne parvenait point à soustraire les malades à l'influence des causes qui ont détérioré leur constitution. (marjolin. )

ULCÉREUX, adj., qui est couvert d'ulcères, ou qui tient de la nature de l'ulcère : phthisie ulcéreuse , plaie ulcéreuse, etc.

Voyez ULCÉRATION, ULCÈRE.

ULMINE, s. f. Nom donné par Klaproth à un principe immédiat des végétaux qui exsude spontanément d'une espèce d'orme que l'on croit être Yulmus nigra. L'ulmine a été trouvée depuis par M. Braconnot dans les racines creuses d'un vieil arbre, dans la tourbe, dans une variété de lignite terreux, dans la suie et dans le noir de fumée. On la produit également en traitant le ligneux par la potasse à la chaux. Elle est solide, insipide, noire, brillante, très-soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcohol et dans Téthcr; la dissolution aqueuse, de couleur noirâtre, ne devient pas mucilagineusc lorsqu'on la fait

U-PA 5i ■évaporer; le chlore et l'acide nitrique la transforment en une matière comme résineuse ; enfin , l'alcohol en précipite des flocons d'ulmine d'un brun clair. Elle n'a point d'usages.

(oRFILA. )

UNCIFORME, adj., unciformis , à'uncus, crochet; qui a la forme d'un crochet, crochu. Nom donné à un des os de la seconde rangée du carpe, qu'on appelle aussi os crochu ( voyez ce mot). M. Chaussier a désigné sous le nom d'éminence uncij'orme la saillie qu'on observe dans les cavités ventriculaires de l'encéphale, et qu'on désigne communément sous celui d'ERGOT.

UNGUÉAL, ALE, adj., à'unguis, ongle; qui apparlient, qui est relatif aux ongles. Ce mot est employé comme synonyme à'unguîfère, pour désigner les dernières phalanges des doigts et des orteils qui supportent les ongles.

UNGUIS, s. m. Mot latin qui signifie ongle, et dont on se sert pour désigner un petit os lamelleux qu'on appelle aussi os lacrymal , et qui est situé à la partie antérieure de la paroi interne de la cavité orbitaire. L'os unguis est mince, aplati et irrégulièrement quadrilatère; sa face externe est creusée en avant par une gouttière qui concourt à former la gouttière lacrymale, et offre dans le milieu uDe crête saillante qui donne attache au muscle orbiculaire. Sa face interne présente en devant une surface inégale qui fait partie du méat moyen des fosses nasales , au milieu une rainure , en arrière des inégalités qui correspondent aux cellules antérieures de l'ethmoïde; son bord supérieur s'articule avec l'apophyse orbitaire interne de l'os frontal; son bord inférieur s'unit d'un côté avec le cornet inférieur par une petite languette qui concourt à former le canal nasal, et de l'autre avec l'os maxillaire supérieur; son bord antérieur s'articule avec l'apophyse montante de ce dernier os, et son bord postérieur avec l'ethmoïde. L'os unguis se développe par un seul point d'ossification qui commence à paraître vers le cinquante-cinquième jour , d'après les observations de Bcclard. (ma'rjolin.)

UNISSANT, adj., uniens. On désigne ainsi une espèce de bandage destinée à réunir lés plaies. Voyez bandage.

UPAS , s. m. Ce nom est employé à Java pour désigner les poisons végétaux; mais on l'applique plus spécialement a deux de ces substances dont les naturels se servent pour empoisonner leurs flèches, et qu'ils appellent upax tieuté et npas an-

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tiàr. Pendant long- temps les contes les plus absurdes ont été débités sur ces poisons, sur leur récolte, leur mode de préparation et leurs effets. C'est surtout un médecin de la compagnie hollandaise , nommé Foerseh , qui , dans une brochure sur cette substance , s'était plu à recueillir et à propager toutes les traditions populaires, et y ajouter même les rêves de son imagination. M. Charles Coquebert Montbret le premier fit justice de toutes ces absurdités, et réduisit l'histoire de ces poisons à ce qu'il y avait de plus positif et de plus raisonnable. Mais on ignorait absolument la nature des arbres qui les produisaient , et le mode employé pour leur préparation. Ce fut M. Leschenault de la Tour, naturaliste français, attaché à l'expédition de circumnavigation du capitaine Baudin, qui, ayant séjourné pendant quelque temps à Java, publia , à son retour à Paris, dans le seizième volume des Annales du Muséum d'Histoire naturelle , la description des deux arbres qui fournissent ces poisons; et comme il en avait rapporté avec lui une certaine quantité, il la remit à MM. Magendie et Delile, qui firent un grand nombre d'expériences pour constater leur mode d'action sur les animaux. Ces expériences ont été consignées soit dans le mémoire présenté par ces auteurs à l'Institut de France, soit dans la Dissertation inaugurale soutenue par M. Delile à la Faculté de médecine de Paris.

Depuis cette époque, M. Thomas Horsfield, docteur médecin, qui a long-temps résidé à Java en qualité de médecin naturaliste du gouvernement hollandais, a publié, dans le septième volume des Transactions de la société de Batavia, un mémoire fort intéressant sur ce sujet. Ce mémoire, traduit en français, vient de paraître dans le septième volume du Journal de physiologie de M. Magendie. C'est à ces différentes sources que nous puiserons les notions que nous allons donner sur ces poisons.

i° De l'upas antiar. — 11 paraît qu'à Java on le nomme oupas antschar. C'est le suc qui s'écoule des entailles faites au tronc d'un très-grand arbre que M. Leschenault de la Tour a reconnu appartenir à la famille des urticées, et qu'il a nommé anliaris toxicaria , Lesch. Ânn. mus., t. xvi, p. /,7b', tab. 22. Cet arbre est un des plus grands des forêts de l'île, et y acquiert des dimensions colossales; il croît environné de végétaux de toute espèce, et sur son écorce naissent un grand nombre

UPA . 53 d'insectes qui n'en paraissent nullement incommodés. C est donc à tort que l'on a dit que Yantiar ou anlschar -vivait toujours isolé, détruisant autour de lui tout ce qui avait vie. Son tronc produit à sa base de gros exostoses , semblables à ceux que présente le canarium commune. Ses feuilles sont alternes , ovales, pétiolées, coriaces, ordinairement crispées, d'un vert pâle, d'une consistance sèche, couvertes de petits poils extrêmement courts et rudes; ses fleurs sont monoïques; les mâles sont réunies sur un réceptacle commun hémisphérique, pédonculé et axillaire ; ces fleurs sont séparées par des écailles nombreuses et comme imbriquées. Les fleurs femelles sont solitaires et presque sessiles à l'aisselle des feuilles ; de nombreuses écailles imbriquées recouvrent l'ovaire qui est surmonté par deux stigmates subulés et divariqués. Le fruit est un akène recouvert par les écailles calycinales qui se sont unies entre elles et sont devenues charnues. Le suc propre contenu dans l'écorce de l'antiar est très-visqueux, et a une saveur fort amère. Celui que l'on retire du tronc a une couleur jaunâtre , tandis qu'il est blanc dans les jeunes branches; ses émanations sont quelquefois nuisibles, mais souvent aussi elles n'exercent aucune influence sur certains individus. Ces différences tiennent à la plus ou moins grande susceptibilité des sujets; cet arbre croit principalement à l'extrémité orientale de Java. Rumphius', dans son Herbarium amboinense , a donné une assez longue notice sur l'npas antiar , qu'il désigne sous le nom d' at bor toxicaria. Cet arbre ne croît pas à Amboine, mais le rameau que Rumphius figure lui avait été envoyé de Macassar; il paraît aussi que le même ai-bre existe à Bornéo, Sumatra et Bali, où le poison qu'il fournit est connu sous le nom à'ipô ou upo.

Voici, selon M. Horsfield, la manière dont les Javans préparent l'upas antiar. Huit onces environ du suc d'antschar, qu'on avait, dit-il, recueilli la veille au soir, et qu'on avait mis dans un tuyau de bambou, furent introduites dans un vase; on y mélangea , en versant avec précaution, le suc exprimé des substances mentionnées plus bas , et qui avaient été triturées et broyées très-exactement. Ces substances sont : arum nampoo des Javanais; hœmpferia galanga, L. Amonurn zerumbet , L. l'oignon et l'ail communs , chacun à la dose d'un demi-gros ; alors on ajoute une quantité égale de poivre noir pulvérisé, et l'on agite le mélange. On place ensuite au milieu du liquido

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