‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 3 sur 44 · UPA · texte numérisé non relu

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une seule graine du capsicum fruticosum; cette graine tournoie aussitôt, tantôt au milieu, tantôt sur les bords du vase, avec une agitation apparente de la surface de la liqueur pendant environ une minute. Lorsque le mélange fut en repos, la même quantilé de poivre fut encore ajoutée, et comme précédemment on mit une autre graine de capsicum , qui produisit un trouble analogue, mais moins fort dans la liqueur. On ajouta une troisième fois une même quantité de poivre, puis on plaça encore une nouvelle semence de capsicum. Lorsque celle-ci reste immobile, ayant autour d'elle sur le liquide un cercle qui lui forme une sorte d'auréole, l'opération est terminée, et le poison est préparé. La préparation des poisons dans l'île de Java est un art particulier, connu seulement d'un petit nombre d'individus, et qui habitent dans quelques parties montagneuses de l'île. On conserve en général l'antiar dans des tubes faits avec des branches de bambou, que l'on bouche exactement aux deux extrémités, et que l'on garnit de substance résineuse; il s'altère assez facilement lorsqu'il reste exposé à l'air. Mais quand il a été conservé dans des vases bien bouchés, il ne perd rien de son activité , ainsi que le prouvent les expériences faites par MM. Magendie et Delile, avec de l'antiar rapporté de Java par M. Leschenault de la Tour.

2° De Uupas tieuté. — Selon M. Horsfield, ce poison encore plus violent que l'antiar est appelé tshettik par les Javanais. Il est produit par un grand arbrisseau sarmenteux ou liane dont on ne connaît pas encore la fructification , mais que M. Leschenault a reconnue pour appartenir au genre strychnos, et qu'il a décrite et figurée sous le nom de strychnos tieule, 1. c, t. xxm. Cette liane étend horizontalement ses racines qui ont quelquefois une longueur très- considérable ; sa tige s'élève souvent en s'enroulant et s'accroebant jusqu'au sommet des plus grands arbres. Les petits rameaux sont opposés sur la tige; longs, grêles, cylindriques divergens, portant des feuilles opposées, ovales lancéolées, entières, glabres, acuminées à leur sommet; leurs nervures sont parallèles. On voit, soit à l'extrémité des rameaux, soit opposées aux feuilles, des espèces de vrilles en forme de crochet , longues d'environ un pouce. Cet arbrisseau eroît dans les forêts épaisses et ombragées ; il est assez rare.

Pour préparer le poison, on sépare l'êcorce de la racine, après l'avoir bien débarrassée de la terre qui y était adhérente;

URA 55 on la met dans une quantité convenable d'eau , que l'on fait bouillir pendant une heure environ; le liquide est ensuite filtré avec précaution à travers une toile; il est de nouveau mis sur le l'eu, et on l'évaporé lentement jusqu'à' consistance d'extrait mou. On y ajoute ensuite le suc exprimé des arum, galanga , oignon, ail, etc., le poivre en poudre; on remet ensuite le mélange sur le feu pendant quelques minutes , et alors la préparation est achevée.

Ce poison, ainsi que nous l'avons dit, est plus actif, plus violent que celui que l'on retire de Yantiaris. Les Javanais se servent indifféremment de l'un ou de l'autre pour empoisonner leurs armes de guerre et de chasse. La chair des animaux qu'ils tuent par ce moyen ne contracte aucune qualité malfaisante : il suffit d'enlever la partie où la flèche s'est enfoncée. Mais ces deux poisons, quoique déterminant très-rapidement la mort, l'un et l'antre, ont néanmoins un mode d'action tout-à-fait différent, ainsi qu'il résulte des expériences faites successivement par MM. Magendie, Delile , Orfila et Horsfield. L'antiar agit comme tous les autres poisons narcotico-âcres; il est absorbé, porté dans le torrent de la circulation, et agit sur le cerveau et la moelle épinière ; il détermine souvent tous les effets de;1 substances émétiques. L'upas tieuté , au contraire , qui doit toute l'énergie de son action à la strychnine qui exisle, comme on sait, dans toutes les espèces vénéneuses de strychnos, est un violent excitant delà moelle épinière, sur laquelle il porte spécialement son action, ce que prouvent le tétanos , l'immobilité du thorax, et par suite, l'asphyxie, auxquels succombent les animaux soumis à l'influence de ce poison. Dans l'upas antiar, au contraire, on ne trouve, comme on devait s'y attendre, aucune trace de strychnine. Voyez le mot poison.

(a. RICHARD.)

URANE, s. m. Métal de la quatrième classe {voyez métal) quq l'on trouve dans la nature à l'état de proloxyde et de perphospliate, et qui entre dans la composition du pechblende Il est solide en octaèdres brillans d'après M. Arfwedson, tandis que 7tf. Lecanu n'a pu l'obtenir que sous forme d'une poudre brune; sa pesanteur spécifique est de 8,7. Il s'unit à l'oxygène à l'aide de la chaleur, et donne un proloxyde vert très-solublc dans les acides. Il existe encore un dtuloxyde jaune que l'on prépare en calcinant le nitrate d'urane, et que plusieurs chi-

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mistes regardent comme un acide, parce qu'il jouit de la propriété de se combiner aux bases. L'urane n'agit ni sur l'eau , ni sur les acides borique , carbonique , phospborique , sulfurique pur, et hydrochlorique ; il décompose l'acide nitrique, s'oxyde et se dissout. On l'obtient en traitant l'oxyde d'urane par le ebarbon à une température très -élevée. Il est sans usages. (orfila.)

URATE , s. m. Genre de sels composés d'une base et d'acide urique. Les urates sont en général peu solubles dans l'eau ; ceux qui se dissolvent le mieux , commç ceux de soude, de potasse , sont décomposés par l'acide hydrocblorique qui forme avec la base uu hydrochlorate soluble, et l'acide urique se précipite (voyez urique). Les avantages que l'on relire du bicarbonate de soude dans certaines affections calculeuses de la vessie, et dans le cas de gravier, sont évidemment dus à ce que la soude sature l'acide urique qui constitue le calcul ou le gravier, et le transforme en urate soluble. D'après ces idées, l'eau de chaux pourrait également être employée avec succès, puisqu'elle forme avec l'acide urique, même à froid, un urate insipide beaucoup plus soluble dans l'eau que l'acide urique , comme l'a fait voir M. Laugier. Il n'est aucun urate employé en médecine. (orfila.)

URÉE , s. f. Principe immédiat des animaux découvert par Rouelle, et composé, d'après Fourcroy et Vauquelin, qui l'ont surtout fait connaître, de 28,5 d'oxygène, de 32,5 d'azote, de i/j,7 de carbone, et de n,8 d'hydrogène. Il fait partie de l'urine de l'homme, de celle de tous les quadrupèdes, et probablement de tous les animaux. On l'a encore trouvé dans le sang des animaux auxquels on avait enlevé les reins, et dans une liqueur située entre le péritoine et les intestins de la tortue des Indes.

Propriétés de l'urée. — Elle est solide, lamelleuse, nacrée, brillante, incolore, ou sous forme de feuilles quadrilatères alongées, transparentes; sa pesanteur spécifique est de i,35o; elle n'a point d'odeur sensible ; sa saveur est fraîche et piquante ; elle n'agit point surl'infusum de tournesol. Lorsqu'on la chauffe dans un appareil distillatoire, elle fond, se décompose et fournit, d'après Fourcroy et Vauquelin, très-peu de charbon, beaucoup de sous -carbonate d'ammoniaque, et une substance qui présente tous les caractères de l'acide urique : ces deux dernières matières sont élevées par la sublimation dans le col de la

U IV Ê -rj7 cornue : le produit liquide est composé d'une très-petite quantité d'eau, d'huile, et d'un atome d'acétate d'ammoniaque; le produit gazeux, imprégné d'une odeur fétide, entraîne du carbonate d'ammoniaque. Proust pense que l'urée pure ne fournit à la distillation que du sous-carbonate d'ammoniaque et une légère vapeur huileuse. L'urée attire légèrement l'humidité de l'air; elle se dissont très- bien dans l'eau, et moins bien dans l'alcohol. Abandonnée à elle-même, la dissolution aqueuse d'urée se décompose et donne du sous-carbonate et de l'acétate d'ammoniaque. L'acide nitrique versé dans celte dissolution, un peu concentrée, y fait naître une multitude de cristaux lamelleux, brillans, composés d'acide nitrique et d'urée; la liqueur se prend en masse. L'acide nitreux ne précipite point l'urée de sa dissolution , mais il la décompose rapidement. L'acide sulfurique faible décompose l'urée à chaud, et la transforme en partie en huile. L'urée influe tellement sur la cristallisation de plusieurs sels avec lesquels elle est mêlée, que la forme cubique de I'hydrochlorate de soude est changée en celle d'un octaèdre, tandis que la forme octaédrique de I'hydrochlorate d'ammoniaque est transformée en celle d'un cube. Il en est à peu près de même pour le sulfate de potasse, qu'on ne peut obtenir que sous la forme de mamelons, tant qu'on n'a pas détruit par la calcination l'urée avec laquelle il était uni. La dissolution aqueuse d'urée n'est troublée à froid ni par l'infusion de noix de galle, ni par les dissolutions alcalines.

Préparation de l'urée. — On évapore l'urine jusqu'en consistance sirupeuse; on entoure de glace le vase qui la contient, et on la mêle peu à peu avec son volume d'acide nitrique à vingt-quatre degrés qui se combine avec 1 urée ; on agite et on rassemble sur un linge les cristaux rougeâtres de nitrate acide d urée : on les lave avec de l'eau à o°, et après les avoir desséchés sur du papier joseph , on les dissout dans l'eau , et on les décompose par du sous-carbonate de potasse; la liqueur se trouve alors contenir de l'urée et du nitrate de potasse : on l'évaporé à une douce chaleur, et on la laisse reposer pour en séparer le nitrate de potasse sous la forme de cristaux : ôn mêle la dissolution décantée avec une assez grande quantité de charbon animal pour faire une pâte fine qu'on laisse reposer pendant quelques heures; on traite celte pâle par l'eau froide qui dissout une certaine quantité d'urée : celte dissolution incolore

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éjant évaporée avec ménagement fournit l'urée. On fait alors bouillir le résidu dans de l'alcohol très- fort qui dissout l'urée et laisse le* nitrate de potasse, le charbon et presque toutes les autres substances salines. On évapore la dissolution alcoholique , et on obtient des cristaux d'urée, que l'on fait dissoudre de nouveau dans l'alcohol pour les purifier.

'M. Segalas a reconnu que l'urée injectée dans les veines activait singulièrement les fonctions de l'appareil urinaire. M. Fouquier a également constaté ses propriétés diurétiques, et l'a adminislrée depuis vingt-cinq à trente grains, jusqu'à la dose de plusieurs gros par jour, dissoute dans l'eau sucrée. Elle n'a été d'aucune utilité dans un cas de diabète sucré, probablement parce que l'urine du malade n'a jamais cessé de contenir une quantité notable d'urée; mais tout porte à croire qu'elle sera utile dans les cas de diabète où l'urine contient à peine un atome de ce principe immédiat. (orfila.)

URETERE, s. m., uretère, de ovpov, urine; canal excréteur du rein. Voyez ce mot.

URETHRAL, ALE, adj. , urethralis , qui appartient ou qui est relatif à l'urètre.

URÈTHRE ou URÈTRE, s. m., urethra; canal excréteur de l'urine. Voyez pénis, volve.

URÉTHRITE, s. f., urethritis ; inflammation de l'urèthre.

Voyez BLENNORRHAGIE.

URÉTHRORRHAGIE , s. f . , urethrorrhagia ; de tôf&f«, urèthre, et de pqyvvpi, rompre; hémorrhagie qui a son siège dans l'urètre. Cette hémorrhagie est le plus souvent symptomatique d'une inflammation, d'une ulcération de la membrane muqueuse de l'urètre. Elle peut être déterminée par la présence d'un corps étranger dans ce canal, par une rupture des vaisseaux sanguins produite pendant l'érection , soit par les efforts du coït, soit par une contusion ou violence quelconque. On l'observe quelquefois pendant le cours de la blennorrliagie; quelquefois aussi elle semble idiopathique , indépendante de toute altération organique, comme lorsqu'elle remplace le flux menstruel ou le flux hémorrhoïdal. Ordinairement le sang s'écoule goutte à goutte et d'une manière continue par l'urètre; quelquefois cependant, à raison de quclqu'obstacle à sa sortie, ce liquide pourrait s'introduire dans la vessie et être rendu avec l'urine. L'uréthrorrhagie se confondrait dans ce cas avec Hu ma-

URÉ 59 tuiie; mais les circonstances antérieures concourraient à faire reconnaître le siège de l'exhalation sanguine. En général, la quantité de sang fournie par l'uréthrorrhagie est peu considérable. Toutefois Frank cite l'exemple d'un homme qui, pendant le cours d'une blennorrbagie, fat pris d'un écoulement de sang tellement abondant, qu'on put en évaluer la quantité à cinq livres, et que cette hémorrhagic amena la syncope et divers autres accidens graves. Le traitement de l'uréthrorrhagie varie suivant les causes qui l'ont déterminée; le plus souvent l'écoulement est si peu considérable qu'il n'en exige aucun. Dans le cas contraire, on aura recours aux applications d'eau froide, de glace pilée, ou d'autres astringens sur le pénis, le péx-inée, le scrotum. On fermera l'ouverture du prépuce avec les doigts pour tenter de faire coaguler le sang dans le canal; mais il faut prendre garde au reflux du eang dans la vessie. Si l'on soupçonnait ou si l'on voulait prévenir ce reflux , on pourrait exercer une compression au-delà du siège de l'exhalation sanguine, dans le cas où ce siège serait accessible et connu ; la douleur peut quelquefois l'indiquer. Enfin , quand ces moyens ont été sans succès , on a proposé d'introduire datis l'urètre une sonde d'un assez gros calibre.

UTÉTHRO-BULBAIRE , adj., uretkro bulbaris , qui appartient au bulbe de l'urètre.

URETROTOME , s. m., de ovçy'Sçci , l'uretre, et de rcjtnj , section; in- trument de chirurgie destiné à inciser le canal de l'urètre. Lecat pratiquait la litbotomie avec des instrumens qui lui étaient particuliers; il a donné à l'un d'eux le nom à'urétrotomc , parce qu'il s'en servait pour ouvrir l'urètre; il appelle l'autre cystotome, parce qu'il est destiné à diviser la prostate et le col de la vessie. Le premier, assez semblable au lilhotome usité pour le grand appareil, en différait en ce que la lame de cet instrument fixée sur son manche avait à sa partie moyenne et droite une cannelure assez profonde qui s'étendait sur toute, sa longueur.

Le mot urétrolome devrait s'appliquer non -seulement au scalpel et au bistouri droit, au moyen desquels on divise dans quelques circonstances les parois de l'urètre (voyez urétrotomje), mais encore aux nombreux instrumens proposés pour inciser une portion de ce conduit dans les divers procédés ima-

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ginés pour pratiquer la lilhotouiic sous-pubienne. Voyez lituo-

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