W VOM
se forme dans le même cârtilage que la portion médiane de
I ethmoïde ; il commence à s'ossifier vers quarante-cinq jours.
II a des le commencement, et conserve long-temps, la forme «l'une gouttière osseuse qui embrasse le bord inférieur du cartilage qu'il envahit peu à peu. ( maiuolin, )
VOMIQUE, s. f. , vomica , de vomere vomir. On comprend généralement: sous ce nom toutes les collections purulentes qui, formées dans l'intérieur et quelquefois même à l'extérieur de la poitrine, se font jour dans les bronches, et sont expectorées tout-à-coup en abondance et par une sorte de vomissement.
L'expectoration subite d'une grande quantité de pus était un phénomène trop remarquable pour n'avoir pas appelé l'attention des anciens médecins : aussi en est-il souvent question dans leurs écrits. La plupart d'entre eux l'ont attribuée à la rupture d'un abcès formé dans l'un des poumons, par suite de l'inflammation développée dans son tissu. Les travaux d'anatomie pathologique ayant fait connaître combien il est rare que la pneumonie donne lieu à un abcès de ce genre, et snrtoTit à un abcès d'une grande étendue (•yojfz pnedmokie), cette opinion fut à peu près abandonnée, et l'on admit généralement que les vomiques étaient le plus souvent dues à la fonte simultanée d'une ou de plusieurs masses tuberculeuses. Mais si l'on considère que les tubercules se ramollissent graduellement, et que le pus qu'ils fournissent passe peu à peu et presque continuellement dans les bronches , on sera porté à conclure que ce genre de lésion peut bien donner lieu à une expectoration très-abondante , mais qu'il doit très-rarement fournir ces flots de pus qui sont projetés tout à coup par la bouche et remplissent quelquefois des cuvettes. L'anatomie pathologique no montre également chez les phthisiques que de petites collections purulentes : les cavernes considérables qu'on rencontre fréquemment chez eux sont toujours presque vides, parce qu'elles sont formées de la réunion de plusieurs masses tuberculeuses qui se sont successivement ramollies et ouvertes dans les bronches. Ce n'est donc point dans le tissu pulmonaire suppuré ou dans les tubercules ramollis qu'on pourra trouver le siège ordinaire des vomiques. Il est bien plus naturel de le chercher là où l'ouverture des cadavres montre tous les jours de grandes collections purulentes; or c'est presque exclusivement dans la cavité des plèvres qu'on les rencontre; et, ce qui est plus concluant, c'est que
VO'M M dans des cas déjà nombreux oa a reconnu à la fois, après la mort , des collections abondantes de pus dans une des plèvres et une ouverture fistuleuse établissant communication entre cette plèvre ctles bronches, cbez des sujets qui pendant leur vie avaient rejeté des flots de pus par la bouclie {voyez pleurésie chronique.). Des faits de ce genre se sont reproduits souvent, et il est si rare que le vomissement de pus reconnaisse une autre source, que ce seul symptôme serait presque suffisant pour faire juger qu'il existe chez le sujet qui le présente une pleurésie avec perforation du parenchyme pulmonaire, si jamais un seul symptôme devait suffire au diagnostic. Des observations dont l'exactitude laisse, il est vrai, quelque chose à désirer, porteraient à admettre que des abcès formés au dehors de la plèvre, soit entre cette membrane et les muscles intercostaux, soit même dans la convexité du foie , ou plutôt dans le tissu lamineux qui unit ce viscère au diaphragme, se seraient fait jour au travers du parenchyme des poumons jusque dans les bronches, et auraient donné lieu à une sorte de vomique. Mais des faits de cette espèce sont si rares qu'ils sortent presque du domaine de l'art. Toutefois il n'est pas inutile de les rappeler à l'attention des observateurs modernes.
Il est encore une autre lésion des poumons qui peut donner lieu à une expectoration abondante d'un liquide purulent, quelquefois même très-fétide , c'est la dilatation des bronches. Il est même à observer que chez quelques sujets , celte expectoration s'est établie soudainement, et qu'elle- a offert par conséquent beaucoup de ressemblance avec les vomiques. Mais ici, comme chez les phthisiques , la matière purulente n'est pas rejetée en masse et par un seul acte , mais par parties et par une succession rapprochée d'efforts : c'est une expectoration souvent répétée,- ce n'est pas un vomissement. Or, sous le rapport séméiotique , la manière dont le liquide est rejeté est d'une grande importance : l'expectoration de crachats purulens peut avoir lieu dans presque toutes les maladies des poumons et de leurs enveloppes , dans la pleurésie elle-même comme dans les autres; mais le vomissement de pus me parait appartenir presque' exclusivement à cette dernière. ( cuomel, )
VOMIQUE NOIX. Voyez noix vomique.
VOMISSEMENT, s. m.; vomilus. Excrétion insolite et de nature convulsive , par laquelle les matières solides et H-
quides contenues, dans l'estomac sont rejetées par la bouche. Sans doute, les matières qui sont vomies peuvent provenir de parties plus profondes du tube digestif, des derniers intestin, grêles, et même du gros intestin par exemple; mais elles ont été reportées d'abord par un mouvement antipéristaltique dans l'estomac ; et ce n'est que l'acte par lequel elles sont ensuite rejetées Lors de ce viscère par la bouche, qui constitue à proprement parler le vomissement.
Comme toute excrétion de matières solides ou liquides contenues préalablement dans un réservoir , le vomissement présente dans son histoire trois choses à examiner : la sensation qui marque le besoin de ce genre d'excrétion; l'action propre du réservoir qui l'effectue ; et l'action de muscles annexes qui ajoutent à l'action du réservoir.
i° De même que des sensations spéciales , du genre de elles que nous avons décrites au mot besoin , éclatent lorsque l'excrétion de la défécation, l'excrétion urinaire , doivent s'accomplir ; de même une sensation interne qu'on appelle nausée , envie de vomir , se fait sentir quand le vomissement va avoir lieu. Celte sensation ne peut pas plus être décrite qu'aucune autre; il faut pour la faire connaître en appeler au sentiment intime de chacun. Elle est une sensation interne; c'est-à-dire qu'elle ne résulte pas du contact d'un corps étranger sur l'organe où elle se fait sentir , mais qu'elle se développe dans cet organe par une cause organique, et en vertu des fonctions qu'il est appelé à remplir. Examiner les .circonstances dans lesquelles elle éclate, c'est indiquer toutes les causes du vomissement; et celles- ci sont, ou directes c'est-à dire propres à l'estomac et à l'appareil digestif, ou sympathiques. Parmi les premières nous rangerons : une trop grande distension de l'estomac ; la présence dans ce viscère de certains alimens, demédicamens appelés vomitifs; celle des sucs même de l'estomac, mais altérés et constituant ce qu'on appelle en pathologie la saburre. C'est un attribut commun de toutes les membranes muqueuses de chercher à se débarrasser de leurs sucs propres, quand ceux-ci, ou tropabondans, ou^altérés, les-fatiguent par leurprésence; et cela a lieu dans la membrane muqueuse de l'estomac comme dans toutes les autres. Une affection de la membrane séreuse de l'estomac , une maladie du pylore, des lésions des parties plus profondes de l'appareil digestif, comme hernie, volvulus, etc. , sont encore des causes de nausée et de vomisse-
• VOAT 4*9 ruent directes à l'appareil digestif. Au contraire , lorsque consécutivement à une impression sur la vue , le goût et l'odorat , à un souvenir , à une impression sur la luette , à une irritation de l'utérus, ou de tout autre organe du corps, la nausée et le vomissement surviennent, c'est alors par cause sympathique. On voit que beaucoup de causes peuvent produire le vomissement, et on ne sera pas étonné dès lors de la fréquence de ce genre d'excrétion.
Du reste, la sensation de nausée,, comme toute autre sensation, résulte du concours de trois actions : une action d'impression qui se développe dans l'organe. où elle se fait sentir; l'action de nerfs qui conduisent cette action d'impression de la partie où elle se développeau cerveau où elle doit être perçue; etl'action du cerveau qui effectue cette perception. Mais ces deux dernières actions étant ici ce qu'elles sont dans toute sensation, nous n'avons à étudier que la première qui est vraiment celle par laquelle la sensation de nausée est constituée.
Quel en est le siège? Evidemment c'est l'estomac; c'est là que notre sentiment intime nous la fait rapporter ; c'e.-t là qu'agissent la plupart des causes directes du vomissement; c'est sur ce viscère que portent la plupart des causes sympathiques de ce phénomène; le vomissement est, ainsi que la nausée, un des symptômes les plus communs de toutes les maladies de l'estomac; enfin , il était assez naturel que la sensation précursive du vomissement fût attachée à l'organe que cette excrétion est destinée à vider. Mais en quelle partie du viscère se produit cette impression sensitive? Est-ce dans la membrane muqueuse, ou dans la musculeuse , ou dans la séreuse ? Est-ce au cardia , ou au pylore? Nous sommes ici dans la même ignorance que pour toutes les sensations internes. Sans doute, c'est dans les nerfs de l'estomac; mais ce vicère en reçoit de plusieurs sources; et il est difficile de dire si c'est le nerf de la huitième paire, ou le nerf grand sympathique qui y préside. Ajoutez que ces nerfs ne forment pas dans l'estomac une couche isolée, comme dans un organe de sens, et que cela s'oppose encore à ce qu'on spécifie rigoureusement le siège de l'impression. Quant à dire ce qu'est cette impression sensitive en elle-même , elle ne tombe pas sous les sens ; elle n'est connue que par son résultat : il est certainement impossible d'indiquer quel état nouveau présentent les nerfs de l'estomac quand ils développent l'impression sensitive de la nausée. Pour la cause qui la suscite, tantôt elle parait
/,1o VOM résider dans le contact d'un corps étranger, comme lorsque le vomissement succède à l'emploi d'un vomitif; tantôt elle est survenue spontanément par l'enchaînement des mouvemens organiques propres à l'estomac, comme cela est à la vessie, au rectum et autres réservoirs excrémentitiels. Si , sous le premier point de vue , la nausée paraît être une sensation externe , sous le second elle est une sensation interne ; et l'on sait que la cause prochaine des sensations internes ne peut être déterminée. Le plus souvent la nausée est telle, et les vomitifs ne la suscitent qu'en provoquant dans les nerfs de l'estomac cet état inconnu qu'y appellent souvent des circonstances organiques et intérieures.
2° Le réservoir qui est vidé dans le vomissement est l'estomac, et c'est sur le rôle que joue l'estomac dans le vomissement que les médecins ont eu et ont encore beaucoup de débats. Jusqu'à la fin du dix-septième siècle , on professa que dans le vomissement l'estomac était en proie à une contraction convulsive violente, qui dirigée, non du cardia au pylore, mais du pylore au cardia, devait refouler les matières dans l'œsophage; et on fit de cette contraction la cause principale du vomissement. Bayle, professeur à l'université de Toulouse, émit le premier, dans une dissertation imprimée en 1GS1, l'idée contraire, savoir : que l'estomac était presque passif dans le vomissement, et que cette excrétion résultait presque exclusivement de la pression exercée sur ce viscère par les muscles circonvoisins, savoir, le diaphragme et les muscles abdominaux. Bientôt Chirac , premier médecin de Louis xv, en 1686, appuya l'opinion de Bayle d'expériences : par une ouverture à l'abdomen , ayant mis à nu l'estomac chez un chien tourmenté d'efforts pour vomir, il ne put apercevoir à la vue aucun mouvement de contraction dans.ee viscère ; il ne sentit au toucher aucune contraction dans ses fibres ; tout vomissement fut impossible pendant tout le temps que l'abdomen resta ouvert ; il n'eut lieu que quand on eut recousu les téguraens du ventre, et alors on sentit que l'estomac était seulement aplati par la pression qu'exerçaient sur lui le diaphragme et les muscles abdominaux. En 1700, dans les Mémoires de l'Académie des sciences Duverncy adopta eu partie l'idée de Bnyle et de Chirac. Lieutaud au contraire la combattit; arguant de malades qui, tourmentés de nausées continuelles , n'avaient jamais pu vomir, quoique ayant l'estomac distendu outre mesure et conséqueumient très disposé à être
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pressé par le diaphragme et les muscles abdominaux, et qui, ajouta-t-il, devaient de ne pouvoir vomir a un état de paralysie des fibres musculeuses de l'estomac lui-même. Il en fut de même de Haller, qui, pour le vomissement, admettait deux espèces de contractions dans les fibres propres de l'estomac: une contraction antipéristaltique lente , dans les fibres circulaires de l'organe, se dirigeant du pylore au cardia ; et une contraction des fibres qui de l'œsophage se répandent obliquement sur les deux faces de l'estomac , contraction qui, effectuée plus brusquement, avait pour résultat de rétrécir la cavité du viscère. En 1771 , M. Portai, dans son cours du 'collège de France , faisait des expériences propres aussi à conserver à l'estomac la part qu'on avait voulu lui ravir dans le vomissement ; il faisait voir à l'œil et sentir au doigt les mouvemens contractiles de l'estomac , chez des chiens auxquels il avait ouvert l'abdomen pendant qu'ils vomissaient; et il remarquait que, loin que le diaphragme pût avoir la principale part à ce phénomène, ce muscle était alors refoulé dans le thorax; c'était en effet pendant l'expiration que se faisait le vomissement, et cette excrétion se suspendait pendant l'inspiration, parce que alors le diaphragme contracté oblitérait l'extrémité inférieure de l'œsophage. ,
Les esprits étaient ainsi floltans, quand, en 18 13, M. Magendie reprit la question. Ce physiologiste fait prendre à un animal de l'émétique pour provoquer en lui les nausées et le vomissement; il incise la ligne blanche, et reconnaît avec son doigt introduit dans l'abdomen que nulle contraction n'a lieu dans l'estomac; la vue ne lui en fait pas davantage apercevoir; et enfin, loin que l'estomac revienne sur lui-même, cet organe s'enfle, triple de volume par de l'air qui est continuellement avalé. Tant que l'estomac reste dans l'abdomen accessible à la pression du diaphragme et des muscles abdominaux , le vomissement a lieu; mais si l'estomac est tiré hors de l'abdomen par l'incision faite à la ligne blanche, alors, bien que les nausées persistent,, le vomissement n'a plus lieu et le viscère reste immobile. Au contraire, presse -t - on celui- ci sur ses deux faces avec les mains? on fait reparaître le vomissement; et, chose remarquable, cette pression de l'estomac provoque les contractions des muscles ét le renouvellement de tous les efforts de vomissement. M. Magendie présume déjà de ces premières expérience»
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que l'estomac est passif dans l'acte du vomissement , ou du moins que la pression de ce viscère par les muscles circonvoisins a la plus grande part au phénomène. Mais , pour en être plus sûr, il extirpe l'estomac, et le remplace par une vessie de cochon qu'il remplit en partie d'un fluide coloré; et il voit que celui-ci est également évacué. Dans d'autres expériences, au contraire, il laisse l'estomac intact, mais il coupe les nerfs diaphragmatiques pour paralyser le diaphragme; il détache des côtes et de la ligne blanche les muscles abdominaux, ne laissant d'autres parois à l'abdomen que le péritoine; et il voit le vômissement ne plus être possible. Ainsi donc, puisqu'on vomit sans estomac, et qu'on ne peut vomir sans le diaphragme et les muscles abdominaux, il paraît démontré à M. Magendiè que l'estomac est presque passif dans l'acte du vomissement, ou au moins y influe peu, et que le diaphragme et les muscles abdominaux en sont les agens principaux. Qu'on réfléchisse en effet combien est mince la membrane musculeuse de l'estomac , proportionnellement au grand effort qu'on lui faisait remplir! et qu'on remarque que le diaphragme touche naturellement en un point l'estomac, et que lors du vomissement on sent avec la main les efforts convulsifs de ce muscle et des muscles abdominaux.
Mais si, selon M. Magendie, l'estomac ne remplit pas dar:s l'acte du vomissement un office aussi actif que l'avaient dit les anciens , il est une partie de l'appareil digestif qui paraît concourir assez prochainement à l'accomplissement de cette excrétion, c'est l'œsophage.. M. Béclard met à nu ce canal sur les côtés du col chez un animal vivant ; il le coupe à son insertion dans l'estomac, le tire et le laisse pendre en dehors de la plaie; après quoi, provoquant les nausées et les efforts de vomissement chez cet animal, il voit ce canal se contracter et être tiré par fortes secousses vers le pharynx. On sent combien un pareil mouvement doit favoriser la régurgitation des matières de l'estomac dans la bouche. D'ailleurs ces matières étant ainsi portées de l'estomac dans l'œsophage, ce canal ensuite, par un mouvement antipéristaltiqué, les projette au dehors à travers le pharynx et la bouche. Selon Béclard , que nous venons de citer, dans un premier temps du vomissement, les matières sont portées de l'estomac dans l'œsophage, et s'accumulent en certaine quantité dans ce canal ; puis, dans un deuxième temps,
VOM tfiï celui-ci les rejette violemment et par flots à travers le pharynx et la bouche.
Quelque positives que paraissent être les expériences de M. Magendie, tous les physiologistes n'ont pas encore adopté les conclusions qui s'en déduisent. M. Maingault leur a opposé d'autres expériences, dans lesquelles il a vu des animaux vomir, bien qu'on ait préalablement enlevé à ces animaux les muscles abdominaux, qu'on ait paralysé chez eux le diaphragme par la section des nerfs diaphragmatiques, et même enlevé ce muscle en entier, sauf une petite portion sous le sternum absolument nécessaire pour la conservation de la respiration. Selon M. Maingault, l'action du diaphragme et des muscles abdominaux n'est qu'auxiliaire dans l'acte du vomissement ; l'action de l'estomac y est la principale ; mais celle-ci ne consiste pas en une contraction convulsive violente, mais en une contraction antipéristaltique lente. M. Bourdon a de même opposé à*la théorie de M. Magendie l'observation d'une personne affectée d'un cancer de l'estomac, qui , pendant tout le cours de sa maladie, tourmentée de nausées continuelles, ne put vomir, parce que l'estomac tout désorganisé n'avait rien conservé de sa nature musculaire.
Il nous semble facile de trouver la vérité au milieu de toutes ces dissidences. D'abord, certainement les anciens avaient exagéré la puissance de l'estomac dans le vomissement; et si ce viscère se contracte pour l'accomplissement de cet acte, il est sûr qu'il n'exécute qu'une contraction lente, comme celle qu'exécute la vésicule biliaire. En second lieu, il est certain aussi que l'estomac n'est point passif dans le vomissement; il est au moins l'organe duquel émane l'irradialion symphatique qui fait con-" tracter le diaphragme et les muscles abdominaux; et M. Ma-, gendie lui-même , en combattant judicieusement le dogme de sa contraction convulsive, n'a pas nié qu'il revint un peu sur luimême. Ce viscère, en effet, n'a-t-il pas une tunique musculeuse ? et dès lors peut-on croire que cette tunique n'agisse pas? Pourquoi n'exécuterait - elle pas un mouvement antipéristaltique inverse de celui de péristole qu'elle accomplit lors de la chvinification ? Ce fait même n'est-il pas mishors de doute, quand on voit l'estomac choisir parmi les matières qu'il contient celles qu'il doit vomir? Enfin, dans la théorie des anciens, on ignorait la grande part que l'œsophage prend au vomissement.
Ce canal, dans l'état normal des digestions, est sans cesse en proie dans son tiers inférieur à des mouvemens alternatifs de contraction, et de dilatation qui ont pour effet de retenir dans l'estomac les alimens qui y ont été accumulés; mais les envies de vomir surviennent-elles , il est tiré par de fortes secousses du côté du pharynx, et attire dans sa cavité les matières contenues dans l'estomac : on conçoit qu'alors il suffit de la plus légère pression exercée sur ce viscère par les muscles circonvoisins , pour que celui-ci se vide par le cardia ; tandis que dans les circonstances inverses cet estomac aurait été en vain pressé par les contractions les plus violentes dn diaphragme et des muscles abdominaux. L'œsophage joue donc ici un grand rôle, et c'est lui qui rend fructueuse ou non la pression qu'exercent les muscles circonvoisins sur l'estomac.
3° Nous arrivons à l'action de l'appareil musculaire annexé au réservoir :*cette action, qui est celle' du diaphragme et des muscles abdominaux , est prouvée par tout ce que nous venons de dire, etnous n'avons pas besoin de plus de détails. Ajoutons seulement que cette action est de nature convulsive et tout-à-fait involontaire, comme l'est celle de certains muscles dans l'acte de la déglutition. Aussi existe -t- il des liens sympathiques des plus étroits entre l'estomac , siège de la nausée et réservoir qui est vidé dans le vomissement, et le diaphragme et les muscles abdominaux ; absolument comme il en existe de très-intimes entre le poumon et les muscles inspirateurs et expirateurs pour les mouvemens de la toux, de l'éternuement. Le vomissement est, comme on sait, une .excrétion tout- à-fait involontaire. On parle de quelques personnes qui peuvent vomir à volonté; l'excrétion n'est probablement alors qu'une simple régurgitation effectuée par l'action combinée de l'œsophage et du diaphragme; il n'y a pas ces contractions convulsives et auxiliaires du diaphragme et des muscles abdqminaux qui sont caractéristiques du vomissement , et qui en font une excrétion de tourmente et d'efforts. (ADELON.)
vomissement ( pathologie et séméiotique ). Le vomissement, dont le mécanisme vient d'être décrit, n'est pas seulement provoqué par l'art dans un but thérapeutique. {Voyez- voMiTir.) 11 constitue un phénomène morbibe assez fréquent, dont il est important d'indiquer la signification dans le diagnostic et le pronostic des maladies. Pour cela il s'agit de rechercher quelles sont
VOM 435 les conditions dans lesquelles il se manifeste. Il est du reste à remarquer que le vomissement, considéré seul , indépendamment de tous les autres symptômes , ne peut fournir que des présomptions sur l'existence et la nature de telle ou telle maladie; mais il y a de l'intérêt à l'étudier ainsi, pai-ce ce qu'il éveille l'attention sur le caractère de l'affection qu'on doit reconnaître et traiter, et qu'il fournit des données assez certaines sur le pronostic qu'on en doit porter. On a distingué le vomissement en idiopatbiquc ou essentiel , en symptomatique, et en sympathique. Nous discuterons à la fin de cet article s'il existe réellement un vomissement nerveux, qui ne dépende d'aucune altération organique , qui ne soit le symptôme d'acune maladie , qui en un mot constitue lui-même une maladie. Maintenant nous nous bornerons à indiquer les cas dans lésquels on observe le vomissement , qu'il soit déterminé directement par une affection de l'estomac , qu'il soit provoqué sympathiquement par la lésion d'un autue organe , ou qu'il survienne enfin par une modification spéciale et primitive du cerveau, qui dans tous les cas dirige les phénomènes de cet acte compliqué. Nous examinerons ensuite le caractère du vomissement et la nature des matières vomies sous le rapport du diagnostic et du pronostic.
i° Le vomissement se manifeste dans la plupart des degrés d'irritation ou d'inflammation de l'estomac, depuis celui qu'occasione la présence d'alimens non digérés ou-de sàburres , qui constitue l'indigestion et l'embarras gastrique , jusqu'à la gastrite la plus intense produite par l'ingestion de subtances irritantes ou corrosives , telles que l'oxyde d'arsenic , le deuto - chlorure de mercure, etc; jdans la fièvre jaune et les divers typhus; dans le ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de l'estomac, dans le ramollissement gélatiniforme de cet or- • gane chez les enfans ; dans la dégénération et l'ulcération squirrheuse; dans la hernie de l'estomac à la ligne. blanche ; dans les cas où ce viscère est démesurément distendu par des substances solides, liquides, et des gaz; dans ceux où il est comprimé habituellement à l'intérieur par quelque tumeur voisine, à l'extétérieur par quelques corps durs, comme dans certaines professions , ou par un corset très-serré à la base de la poitrine.
On pourrait rapporter à ce genre de vomissement ceux qui sont produits par les secousses de la toux dans les accès de catarrhe
pulmonaire, de coqueluche, de croup; dans ces cas le vomis-' sèment est purement mécanique.
2° Le vomissement a souvent lieu, sans que l'estomac soit le siège d'aucune lésion,* par suite de l'altération d'on autre organe. Dans ce cas il est affecté sympathiquement. Quelques auteurs ont pensé qu'il n'était pas nécessaire d'admettre une influence exercée sur l'estomac , attendu que le vomissement étant un acte cérébral, il suffisait que le cerveau fût modifié directement. Quoi qu'il en soit de celte opinion, qui a pour elle beaucoup de probabilité, on voit survenir le vomissement dans l'œsophagite, dans les inflammations du voile du palais, des amygdales et du pharynx, particulièrement chez les enfans , dont la facilité au vomissement est généralement remarquable; dans la gestation; dans la métrite, dans la néphrite, dans la cystite, et surtout dans la péritonite. On a dit que, dans la phthisie pulmonaire et quelques autres affections chroniques étrangères à l'estomac, il survenait vers la fin des vomissemens sympathiques ; mais ils ont plutôt lieu par suite d'une affection directe de l'estomac qui n'avait pas été remarquée, le ramollissement de la membrane muqueuse.
3° Dans certains cas, le vomissement est produit par une affection cérébrale. C'est ainsi qu'il se manifeste dans les hémorrhagies abondantes, dans la lipothymie, quelquefois dans l'encéphalite , dans le ramollissement de la substance cérébrale, dans l'apoplexie / dans la dégénération cancéreuse , et surtout dans les tubercules du cerveau. On peut encore considérer comme dépendant d'une modtfication»cérébrale les vomissemens qui surviennent dans le frisson des fièvres intermittentes , et dans celui qui marque l'invasion des maladies aiguës. Les vomissemens s'observent encore fréquemment'dans l'hypocondrie, dans l'hystérie et l'épilepsie'. Dans tous ces cas, on ne peut signaler les circonstances dans lesquelles survient le vomissement. On ne connaît pas plus la modification organique du cerveau qui provoque les phénomènes de cet acte que lorsqu'il est uniquement produit par le roulis d'un vaisseau, par la vue ou le souvenir d'un mets pour lequel on a du dégoût ou d'un objet rebutant.
Le vomissement est tantôt facile : chez certains individus, et surtout chez les enfans, la moindre cause, une très-petite quantité d'alimens indigestes ou peu convenables , le provoque; tantôt, au contraire, il est difficile, douloureux : cela
tient quelquefois à une idiosyncrasie spéciale; mais généralement cette circonstance annonce l'intensité de la cause ou une altération profonde, soit de l'estomac, soit du cerveau. Dans quelques cas on observe des nausées continuelles, des efforts violens sans que le vomissement puisse s'opérer ; c'est ce qui se remarque lorsque tout l'estomac est devenu squirrheux. La fréquence du vomissement indique ordinairement l'intensité fle l'affection qui le provoque. Le vomissement ne survient il que d'une manière accidentelle, passagère, il ne tient probablement qu'à une affection aiguë dont on peut espérer la guérison ; si , au contraire, il est continu, s'il dure depuis long- temps, on a tout lieu de craindre le développement de quelque affection organique profonde de l'estomac ou du cerveau. Celui qui existe sans discontinuité, qui augmente progressivement, qui résiste à tous les moyens thérapeutiques, est ordinairement un symptôme du ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de l'estomac. La fréquence du vomissement dans les premiers mois de la gestation est assez commune; cependant, lorsqu'il est continu, il tient quelquefois à une sur-excitation morbide, et même à une inflammation de l'utérus; c'est vers cet organe qu'il faut diriger le traitement. On a vu de semblables vomissemens causer un dépérissement progressif et amener la mort sans aucune altération de l'estomac. — Il est quelques remarques à faire relativement aux époques différentes auxquelles survient le vomissement. Tantôt, il a lieu immédiatement après l'ingestion de substances solides ou liquides; c'est ce qu'on voit dans l'œsophagite chez les enfans, dans les gastrites et .péritonites intenses, lorsque la dégénération cancéreuse existe à l'ouverture supérieure de l'estomac, au cardia; les alimens ou les boissons vomies sont alors peu altérées. Tantôt le vomissement ne survient que plusieurs heures après les repas ou après l'introduction de liquides pris en boisson ; ceci a lieu dans un grand nombre de cas , et particulièrement lorsque le cancer affecte le pylore : les matières vomies sont alors très-altérées. Quelquefois, malgré la .persistance de l'affection organique, le vomissement cesse pendant un certain temps pour revenir ensuite. La cessation du vomissement, qui est ordinairement de bon augure, ne doit donc. pas toujours laisser dans la sécurité. Quelquefois, au contraire , cette circonstance est un signe de l'augmentation de la maladie, comme lorsque la dégénération
squirrheuse s'est étendue à tout l'estomac, ou lorsque l'ulcération cancéreuse a désorganisé, détruit en partie le pylore, qui permet facilement alors le passage des matières. En général le vomissement exaspère les affections dont il dépend, surtout les inflammations de l'estomac et les affections aiguës du cerveau dans lequel il détermine une stase du sang : souvent il n'a aucune conséquence fâcheuse; quelquefois il soulage en déterminant l'expulsion des matières altérées, irritantes qui le provoquent. Ces vomissemens critiques, qui amènent la solution des maladies , dont quelques auteurs ont parlé, sont indiqués d'une manière trop vague pour qu'on puisse déterminer s'ils ont été. réellement la cause de la guérison, ou .s'ils n'ont été qu'un phénomène coïncident, accessoire. On a débité tant de choses insignifiantes ou absurdes sur les crises des maladies, que, sans en nier l'existence , il est prudent pour les admettre de les soumettre à de nouvelles observations.
Les matières expulsées par le vomissement offrent des variétés nombreuses et relatives à diverses circonstances : elles sont formées de matières alimentaires plus ou moins altérées dans le cas d'une simple indigestion et dans les affections- où le vomissement est provoqué, par l'ingestion de toute substance solide; d'autres fois de mucosités claires, visqueuses plus ou moins épaisses , dans les gastrites, dans les affections organiques commençantes de l'estomac , dans le cas de vomisemens sympathiques pendant la gestation, dans le cours de la péritonite, etc. La quantité des matières vomies, quand elle n'est pas en rapport avec celle des liquides ingérés, annonce une irritation violente des organes gastriques ; c'est ce qui a lieu dans le choiera -morbus. Les matières bilieuses indiquent en général une irritation assez intense de la membrane muqueuse de l'estomac, une irritation primitive ou secondaire du duodénum, de quelque partie de l'appareil biliaire. Toutefois les vomissemens bilieux sont loin d'avoir constamment cette signification : il est un grand nombre de personnes chez lesquelles la moindre irritation de l'estomac détermine une sécrétion bilieuse abondante ;. et les matières du vomissement présentent ce caractère, lors même qu'il n'est que sympathique. Elles ne sont donc pas un indice, comme le pense le vulgairp, d'un besoin de l'économie de se débarrasser d'une prétendue surabondance de bile. Les vomissemens de litières jaunes ou vertes chez les entaus
VOM 4^9 en bas âge annoncent une gastrite intense , susceptible d'amener la désorganisation, le ramollissement gélatiniforme de l'estomac. Dans la gastrite chronique, de même que dans le cancer de l'estomac, les matières vomies sont quelquefois vertes , œrugineuses; dans les dégénérescences ou désorganisations profondes de ce viscère, elles sont souvent brunes ou noires, sanguinolentes, couleur de chocolat, aigres, fétides, etc.; dans certains cas elles sont formées, d'un sang peu altéré : le vomissement noir est, comme on sait, un des symptômes caractéristiques de la fièwe jaune. On peut d'ailleurs consulter pour ces caractères des matières du vomissement les articles hématémèse, meloena. Dans quelques cas rares du pus est mêlé en plus ou moins grande quantité à la matière des vomissemens, et provient soit de la suppuration des parois de l'estomac, soit de quelque abcès étranger à ce viscère, mais qui s'est ouvert dans son intérieur après l'ulcération et l'adhérence de ses parois. Des matières de différente nature peuvent encore être vomies; tels sont des morceaux de fausses membranes qui se sont formées dans l'œsophage, et quelquefois dans l'estomac, par suite d'une violente inflammation de ces organes; des plaques aphteuses, lorsque le muguet s'est étendu à ces mêmes organes; des vers de diverses espèces; enfin des matières stercorales, signe pathognomonique de l'iléus. Nous ne pourrions, sans dépasser les bornes de cet article et sans nous exposer à des répétitions inutiles , donner plus de détails sur les caractères séméiologiques du vomissement. Tour fixer le diagnostic et le pronostic des affections dont il est un des symptômes , il est nécessaire de consulter les articles consacrés à ces affections. Noiis allons dire quelques mots du vomissement nerveux.
Si l'on entend par vomissement nerveux celui qui survient sans aucune altération de l'estomac, nul doute qu'il n'existe. Ainsi nous avons vu que souvent il était provoqué sympathiquement par l'affection d'un organe éloigné, qu'il était quelquefois déterminé par une maladie cérébrale; et c'est probablement à ces cas que se rapporte un grand nombre de vomissemens nerveux décrits par les auteurs. Un grand nombre aussi peut être attribué à des phlegmasies chroniques ou à des dégénérescences squirrheuses ou ulcéreuses dont l'estomac a été le siège et qui ont été méconnues. Dans certains cas, cependant il faut l'avouer , le vomissement parait tenir à une irritabilité
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extrême, à une modification spéciale de la partie de l'encéphale chargée de la direction de ce phénomène; et, soit qu'il y ait eu une lésion de l'estomac qui a été guérie, soit qu'il n'en ait jamais existé, comme il arrive souvent dans l'hypocondrie et dans l'hystérie , la moindre impression sur la membrane muqueuse stomacale, la moindre émotion morale, ou la vue ou le souvenird'objets ou de mets désagréables, provoquent le vomissement. L'estomac vomit en quelque sorte par habitude; mais, comme nous l'avons dit, ces cas sont assez rares, et des vomissemens continus , fréquens , annoncent presque toujours une inflammation chronique de l'estomac.
Le traitement à opposer au vomissement est nécessairement très- varié, puisqu'il n'est que celui des nombreuses affections dont il est le symptôme. Cependant, soit qu'on le regarde dans certains cas comme nerveux, soit qu'il existe comme symptôme d'une maladie bien évidente, mais contre laquelle on n'a aucune ressource ou dont la guérison ne peut être que lente, le vomissement demande un traitement spécial, ne dût-on en obtenir qu'un soulagement momentané. Dans le cas où l'estomac ne paraît pas être le siège d'inflammation , les antispasmodiques et les narcotiques sont souvent employés avec succès ; tels sont : l'éther sulfurique, la liqueur anodyne d'Hoffmann, les diverses eaux distillées aromatiques , la racine de Colombo , les préparations opiacées. En même temps on applique sur la région de l'estomac un emplâtre de thériaque arrosée de laudanum. Souvent ces moyens ne réussissent pas, .et l'on obtient plus d'avantage de substances amères, toniques, auxquelles on unit quelque opiacé ou quelque aromatique. Une infusion de quinquina à froid a quelquefois calmé des vomissemens opiniâtres. Les spiritueux ont réussi dans quelques circonstances : c'est ainsi que le vin d'Espagne, l'eau-de-vie, le rum , font cesser certains vomissemens. Ces moyens sont principalement efficaces contre ceux que déterminent le mouvement d'une voiture ou le roulis d'un vaisseau; à plus forte raison en éprouve-t-on du soulagement lorsqu'il n'existe que des nausées continuelles et fatigantes. L'acide carbonique est surtout propre à calmer les vomissemens, dans le cas même où il existe une affection organique de l'es- * tomac; c'est ce gaz qui agit dans l'eau de seltz, dans la potion émétique de rivière. Les liquides très-froids, l'eau à la glace, la glace elle-même, sont aussi utiles souvent on ne peut arrêter
VOM M1 ou calmer le vomissement qu'à l'aide de ces moyens ; et les seuls alimens que supporte l'estomac sont des bouillons, des gelées à la glace. Le froid peut être encore appliqué avec avantage à l'extérieur, sur la région épigastrique : on. y place une vessie contenant de la glace pilée, ou on y opère un froid artificiel en y faisant vaporiser de 1 ether. Enfin dans quelques cas on a eu recours à des dérivatifs plus ou moins puissans appliqués sur la même région, tels que les ventouses sèches ou scarifiées, les sinapismes, les vésicatoires , et même le moxa. Je n'ai pas dû parler des indications que fournit l'état général ou spécial de l'économie, et qui sont remplies par un régime particulier, des bains, l'emploi d'une boisson émolliente, des saignées ou l'application de sangsues dans divers endroits. C'est en effet souvent dans ces derniers moyens qu'on trouve les remèdes les plus propres à combattre le vomissement nerveux.
( RAIGE - DELOKME. )
VOMITIF, s. m. et adj., vomïtorius. On donne ce nom à certains ageus thérapeutiques qui jouissent particulièrement de la propriété de provoquer le vomissement. Tous les moyens qui peuvent déterminer des vomissemens ne sont cependant point par cette raison doués de la propriété vomitive. L'eau chaude, l'infusion de fleurs de camomille, l'alcoolat de mélisse, favorisent dans certaines circonstances et excitent même le vomissement; il en est de même de l'irritation mécanique du doigt ou d'une plume introduite dans le pharynx, du balancement de l'escarpolette ou d'une voiture et du roulis d'un navire. Beaucoup de substances médicamenteuses ou alimentaires qui sont rejetées instantanément après avoir été- avalées, parce qu'on .les a prises avec dégoût , ne doivent pas plus que les précédens moyens être considérées comme des vomitifs. Ce nom ne doit véritablement être accordé qu'aux agens médicamenteux qui sont doués d'une propriété vomitive constante et inhérente à un principe irritant particulier.
Cette classe de médicamens comprend des substances minérales et végétales. Parmi les premières se trouvent le tartrate de potasse et d'antimoine, le sous- hydrosulfate sulfuré d'antimoine, le soufre doré d'antimoine, le sulfate de zinc, le sulfate de cuivre et le sous-deuto-sulfate de mercure. Les substances végétales qui jouissent de la propriété vomitive sont l'émétine , les racines du calicoccaipecacuanha, du psychotria-emelica, et celle
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«lu richardia-brasiliensis , qui toutes contiennent plus ou moins d'émétine; plusieurs espèces de violettes indigènes et étrangères, telles que les viola adorata, canina,parviflora, calceolaria; parmi les végétaux qui ne contiennent point d'émétine, on remarque particulièrement Y asarum -europeum , les euphorbia gerardiana, cypa,risias, et sylvatica , les racines du cynanc.humipecacuanha , tomentosum , celles de Yasclepias vincetoxicum et curassavica , de spïrœà trifoliala, du dorstenia brasiliensis sanguinaria canadensis , Vobelia inflàla, etc., etc.; enfin les feuilles du nicoliana tabacum et les squames de la scille maritime.
Il est évident d'après cette simple énumération que la propriété vomitive ne dépend pas d'un principe identique, mais qu'elle réside également dans des substances minérales ou végétales de nature très-différente. Parmi les premières on trouve des oxydes métalliques , des sels, des sulfures; dans la seconde division on observe un assez grand nombre de principes immédiats , l'émétine , la scillitine , une substance analogue àlacyiisine (c'est le principe actif de l'asarum), des résines, des builes acres et volatiles; enfin différents autres principes qui ne sont pas encore appréciés chimiquement. Il résulte de la diversité de ces principes immédiats que la manière d'agir des vomitifs n'est pas absolument la même, et qu'ils ne peuvent être par conséquent parfaitement comparables. Les uns sont beaucoup plus énergiques que les autres; les substances minérales, par exemple, et l'émétique en particulier, produisent en général des effets plus prononcés, et provoquent ordinairement des évacuations bilieuses. Les substancés végétales sont au contraire beaucoup plus faibles, et tendent à évacuer principalement, les liquides rouqueux de l'estomac. 11 faut en excepter cependant la pondre de tabac, qui à la dose de quatre à six grains seulement excite des vomissemêns plus ou moins abondans ; celle dû sanguinarta canadensis et de la scille maritime, qui déterminent des effets vomitifs à la dose de huit à dix grains. Toutes ces substanres jouissent de propriétés vomitives bien supérieures à celles des diverses variétés d'ipécacuanha et d'euphorbe.
Les effets communs de ces différentes sorres de vomitifs sont ou locaux ou généraux. Les premiers ont seulement rapport à l'appareil gastro-intestinal et aux parties environnantes. Pins ou moins de temps après l'ingestion d'un vomitif quelconque dans l'estomac , on éprouve d'abord la sensation d'un liquide