‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 44 · VOM M · texte numérisé non relu

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chaud qui distend cet organe ; à cette sensation succède une anxiété précordiale, un mouvement spasmodique du pharynx et de l'œsophage, avec accumulation de salive dans la bouche. Des éructations répétées surviennent ,' elles sont bientôt suivies de nausées , et de contractions brusques et comme convulsives des muscles des parois abdominales et du diaphragme, tandis que les muscles de la langue, de l'œsophage, et les abaisseurs de la mâchoire entrent dans une contraction plus ou moins prolongée. A l'aide de ces mouvemens composés , l'estomac se trouve comprimé entre les parois abdominales et le diaphragme, et cette compression-ajoutée au mouvement antipéristaltique de cet organe détermine le vomissement (voyez ce mot ). Les liquides contenus dans l'estomac sont d'abord rejetés au dehors ; mais à ceux-ci succèdent bientôt des matières bilieuses et muqueuses contenues dans la première partie de l'intestin, et exprimées dans les secousses du vomissement des canaux hépato-cystiques , pancréatiques, et du duodénum. Il est remarquable que jamais les vomitifs, même les plus violens, ne sollicitent le vomissement des matières fécales , tandis qu'on l'observe assez souvent dans les voraissemens sympathiques d'une entérite ou de toute autre maladie. On trouve quelquefois au milieu des matières rejetées par le vomissement quelques stries de sang , qui viennent ordinairement du pharynx dans les efforts contractiles du vomissement . Indépendamment des premiers effets des vomitifs sur l'estomac, ils déterminent presque toujours quelque irritation gastro-intestinale ," des coliques et des évacuations alvines; la soif survient ou s'accroît pendant l'action de la médication vomitive. Les effets généraux qui se manifestent pendant l'action des vomitifs sont d'autant plus marqués que ces agens thérapeutiques sont plus énergiques, ou ont été administrés à des doses plus fortes. L'anxiété précordiale qui précède et accompagne les vomissemens réagit bientôt sur les principaux organes de l'individu qui est soumis à l'action du vomitif. L'appareil nerveux du trisplanchnique, l'encéphale,' et les organes de la circulation et de la respiration reçoivent presque simultanément l'impression de cet agent thérapeutique. A un malaise général succèdent presque immédiatement de légers frissons , des sueurs froides et partielles qui s'accompagnent même quelquefois de soubresauts des tendons, de tremblemens, de convulsions et de syncopes. Il est rare, à la vérité, que l'irrita-lion nerveuse produite par les

vomitifs soit portée à ce degré, et il faut même dire que ces symptômes , qui dénotent évidemment une sorte d'action vénéneuse du médicament , ne s'observent ordinairement que lorsqu'on emploie le tartre stibié'ou d'autres vomitifs très-irritans. Pendant l'anxiété qui se remarque dès lespremiers effets du médicament , la respiration est presque toujours plus ou moins ralentie, irrégulière, entrecoupée, suspirieuse; les battemens du cœur participent à ce ralentissement ; mais après les efforts répétés du vomissement, les mouvemens respiratoires et le pouls s'accélèrent, la face se colore et se réchauffe, les conjonctives sont injectées et les yeux laissent échapper quelques larmes. La tête est souvent douloureuse pendant les secousses imprimées par le vomissement; et si elle l'était déjà auparavant, cette douleur augmente au moins momentanément. L'ébranlement général imprimé par les secousses du vomissement à tous les organes, et surtout à tous ceux qui sont parenchymateux et suspendus dans des cavités, comme le poumon, le foie, la rate, favorise toutes les excrétions. Cet ébranlement se fait sentir aussi vers le cerveau, mais d'une manière moins prononcée , parce que cet organe est soutenu de toutes parts et environné de parois qui résistent aux secousses qu'on peut lui communiquer. Indépendamment de l'excrétion de la bile, du suc pancréatique et du mucus intestinal , le vomissement augmente évidemment la sécrétion du mucus bronchique , celle de l'urine, et surtout celle de la transpiration. Une douce moiteur ou même une sueur abondante succède presque toujours aux sueurs froides et partielles qui avaient lieu pendant les angoisses du vomissement. Presque toujours le calme, le sommeil même, et ensuite un sentiment de bien être, ordinairement accompagné de courbature et de lassitude dans les hypocondres, succède à la crise violente produite parles vomitifs. Tel est le tableau des phénomènes physiologiques qui caractérisent la médication vomitive , lorsqu'elle est misé en jeu dans des circonstances convenables et chez des individus dont l'organisation se prête à l'emploi des vomitifs. Mais quelques personnes ne sont point susceptibles de vomir; les plus grandes doses d'émétique ou ne produisent chez elles aucun effet, ou. provoquent seulement des nausées, des vomiluritions , des coliques et de la diarrhée.

Les effets locaux cl généraux des vomitifs sont ou primitifs ou consécutifs. On doit rapporter aux premiers : i° l'irritation

VOM 44$ gastro- intestinale plus ou moins vive qui provoque l'évacuation des matières contenues dans l'estomac et les intestins ; a0 une excitation nerveuse dont le point de départ est dans le trisplanchnique, mais qui quelquefois se propage jusqu'à l'encéphale. Aux phénomènes physiologiques consécutifs doivent se rapporter : i° la révulsion particulière produite sur le canal intestinal par l'accroissement de la sécrétion et de l'excrétion des liquides biliaires , pancréatiques et intestinaux; 2° la révulsion générale déterminée vers les autres organes sécrétoires, et principalement à la peau, d'où résultent les effets secondaires béchiques, emménagogues, diaphoniques, etc.; 3° enfin l'affaiblissement momentané et le' relâchement général , conséquence nécessaire de l'ébranlement imprimé à tout l'individu et des évacuations plus ou moins abondantes qui ont eu lieu.

Quoique ces effets primitifs et consécutifs soient ordinairement réunis et inséparables dans chaque médication vomitive, le médecin se propose quelquefois de mettre en jeu l'un de ces effets plutôt que l'autre. Lorsqu'il a recours aux vomitifs principalement comme évacuans, il emploie de préférence les vomitifs minéraux-, et parmi eux les plus énergiques, tels que le sous-hydrosulfate de mercure et l'émétique. Quelquefois, pour arriver plus sûrement à son but, il ajoute au tartre stibié la scille et l'ipécacuanha , afin de provoquer des vomissemens répétés; on peut seconder ensuite l'action vomitive de ces substances avec des infusions chaudes de camomille ou de chardon-bénit. Lorsque le médecin a' l'intention d'obtenir des évacuations intestinales abondantes après les vomissemens, il aisocie ou mieux il fait succéder les sels cathartiques aux vomitifs [voyez éméto-cathartique ). Dans les cas au contraire où l'indication thérapeutique est de mettre à profit la propriété diaphorétique des émétiques, il doit alors choisir de préférence les oxydes et les protoxydes d'antimoine , comme dans la poudre de James. Le praticien sacrifie quelquefois entièrement la propriété vomitive pour conserver seulement l'action diaphorétique; c'est le but qu'on se propose ordinairement en combinant l'opium ou le quinquina avec l'émétique ; mais ces moyens thérapeutiques n'appartiennent plus alors à la médication vomitive.

Les vomitifs sont fréquemment employés comme évacuans dans les affections gastro- intestinales désignées sous les noms

d'embarras gastriques et de fièvres bilieuses, qui présentent pour indication principale d'évacuer les liquides biliaires et muqueux/mi non-seulement ont augmenté de proportion notable , mais paraissent en outre avoir contracté un mode d'altération quelconque. Les affections bilieuses , quoique beaucoup plus rares, surtout dans les grandes villes, que les gaslro-entérites , réclament presque constamment l'emploi des vomitifs. Les antiphlogistiques sont de nul effet et souvent même nuisibles dans, ces maladies, tandis que les cinétiques offrent des avantages plus ou moins marqués, comme le prouve l'observation des affections bilieuses sporadiques, et surtout des épidémies bilieuses franches ou même compliquées de phlegmasies. On peut dire que c'est dans ces maladies que triomphe la médication vomitive, lorsqu'elle est sagement dirigée. Les succès prodigieux qu'on en obtient alors ont même entraîné des praticiens à en abuser dans des maladies voisines ; mais il faut se garder de confondre les embarras gastriques et les fièvres bilieuses avec les gastro-entérites : autant les vomitifs pourraient être utiles dans le premier cas, autant ils seraient nuisibles dans l'autre. Les méprises qui sout quelquefois possibles auraient ici les plus graves inconvéniens. Quelques cas d'empoisonnement par l'opium ou les champignons réclament aussi l'emploi des vomitifs énergiques comme .évacuans.

Il est rare qu'on mette en u^age les vomitifs seulement dans l'intention de stimuler momentanément le système nerveux;, mais cependant, chez des .individus d'une constitution molle et lymphatique, disposés surtout dans un âge avancé à des embarras gastro- intestinaux compliqués d'adynamie , l'irritation produite sur le système nerveux par l'action des vomitifs , et l'ébranlement qu'ils impriment , contribuent peut-être alors autant que les évacuations intestinales à rétablir le bon état des facultés digestives et l'harmonie des fonctions. Mais ici , comme dans le cas précédent , les succès de l'emploi thérapeutique des vomitifs reposent sur la justesse du diagnostic : il faut se garder de confondre une gastriste subaiguè accompagnée de congestion cérébrale , maladie assez commune , surtout chez les vieillard* qui abusent des liqueurs spiritucuses, avec un simple embarras gastrique; et la méprise est ici d'autant plus facile, que la sensibilité de la région épigastrique est extrêmement obtuse.

La révulsion consécutive produite par les vomitifs est surlout

employée avec succès clans beaucoup d'affections catarrhales pulmonaires, dans la coqueluche, dans le croup, et pour certaines pneumonies qui ont été combattues infructueusement par les antiphlogisliques.

L'ébranlement général que produisent les émétiques , et l'espèce de diaphorèse et de relâchement qu'ils amènent consécutivement, contribuent à favoriser l'éruption des maladies cutanées , toutes les fois qu'elles ne sont pas contre-balancées par l'inflammation profonde de quelques organes. J'ai même vu dans certains cas des accidens nerveux et des convulsions céder assez promptement alors à l'action des vomitifs. C'est principalement dans les rougeoles et les varioles, dont l'éruption est retardée, soit par une affection intestinale, soit par une sécheresse trop grande de la peau, soit enfin par une sorte de torpeur ou insensibilité particulière, que les vomitifs sont surtout recommandâmes.

Il me reste à dire un mot des cas dans lesquels on emploie les vomitifs dans l'intention de mettre en jeu toutes leurs propriétés pour produire une perturbation générale. On faisait usage autrefois de cette méthode perturbatrice dans presque toutes les maladies, principalement au début, mais surtout dans les fièvres graves, sans lésion locale très-prononcée, et dans les phlegmasies catarrhales pulmonaires peu intenses j et cette méthode, dangereuse toutes les fois que l'estomac ou l'intestin sont compromis, présente néanmoins des avantages dans beaucoup d'autres circonstances. Si on a trop abusé des vomitifs dans un temps , on peut dire que nous les employons maintenant trop peu ; et on peut avec raison nous accuser d'être timides et trop réservés dans l'emploi de ces moyens perturbateurs.

On a généralement renoncé, non sans raison sans doute, à l':isage des vomitifs comme moyen prophylactique ; et l'habitude qu'on avait autrefois dans certains prtys de recourir d'une manière presque périodique à l'emploi de vomitifs est complètement tombée en désuétude. Rien ne prouve en effet que l'action ptrturbatrice de cet agent thérapeutique puisse prévenir des maladies graves; cependant il est incontestable que l'usage des vomitifs éloigne souvent les accès de migraine quand ils dépendent dp l'état de l'estomac, et préviennent quelquefois le

retour des affections bilieuses , chez les individus qui sont par leur constitution disposés à ces maladies , et placés dans les circonstances qui peuvent tendre à favoriser leur développement : l'expérience indique donc qu'il est utile de ne pas toujours et dans tous les cas proscrire les vomitifs comme moyen prophylactique. (guersent.)

VOMÎTURITION, s. f. , vomtturitio , diminutif de vomissement. On désigne ainsi les efforts inutiles de vomissement; on applique aussi quelquefois celte dénominalion au vomissement, lorsqu'il entraîne peu de matières, et qu'il s'opère sans effort; en un mot, à ce qu'on appelle plus communément la régurgitation.

VOUTE , s. m. ,/ornix , carnera. On donne ce nom à plusieurs parties qui sont convexes et arrondies par leur face supérieure, concav.es et arquées parleur face inférieure , à la manière des voûtes de certains édifices. On appelle voûte du crâne , la partie supérieure de cette partie dç la tête (voyez crâne, tête). On nomme aussi voûte palatine la cloison horizontale et un peu concave en bas, qui sépare la cavité buccale des fosses nasales ; elle est formée par les os maxillaires et palatins , et par le voile du palais. Enfin, on donne aussi, et assez improprement, le nom de voûte à trois piliers, à une lame de substance médullaire, formée par les fibres convergentes des circonvolutions postérieures du lobe moyen de I'encéphale. Voyez ce mot.

VUE, s. f. , visus ; l'un des cinq sens, celui dont l'œil est l'organe immédiat , et par lequel nous distinguons spécialement les couleurs des objets extérieurs. La description de l'organe a été faite au mot oeil ; le mécanisme de la fonction a été décrit au mot vision; et les divers troubles de la vue, dont quelquesuns sont désignés par les noms de vue faible , vue courte , vue longue , vue double , vue diurne , vue nocturne , vue louche , ont été indiqués aux articles amblyopie , myopie, presbytie, diplopie, héméralopie , nycïaeopie , strabisme, qui correspondent à chacun des noms précédens , ainsi qu'aux autres mots berlue, cécité, hémiopie. Voyez ces mots.

VULNÉRAIRE , s. f. On connaît vulgairement sous ce nom une petite plante vivace de la famille des légumineuses, et de la diadelphie décandrie, que Linnée a décrite sous le nom à'Jii-

VUL 44<) tkillis - vulneraria , et qui croit abondamment dans les bois et sur les pelouses découvertes. On se servait de cette plante fraîche et pilée que l'on appliquait sur les plaies récentes pour en faciliter la cicatrisation. Voyez plus bas l'article Vulnéraire.

VULNÉRAIRE SUISSE ou FALTRANK, s. m. On appelle ainsi un mélange des sommités fleuries de plusieurs plantes récoltées dans les Hautes- Alpes , et' que les Suisses envoient dans toute l'Europe, après les avoir grossièrement coupées et placées dans des papiers où elles sont fortement roulées. La composition de ces vulnéraires suisses n'est pas toujours identique , car il n'en existe pas de recette précise. Elle varie en quelque sorte suivant le bon plaisir des paysans qui eu font la récolte. Cependant les plantes qu'on y observe le plus souvent sont les suivantes : Fleurs de la vulnéraire ( anthyllis vulneraria ) , de Yastrantia minor, de l'origan [origanum vulgare ), du pied-dechat (gnaphalium dioicum ) , dn serpolet ( thymus serpillum ) , de la verge. d'or (solidago virga aurea), de Yachillea nana, du tussilage ( tussilago far/ara ); feuilles à' arnica montana , A'asperula odorata , de busserole ( arbutus uva ursi ) , et plusieurs autres encore. La proportion relative de ces divers végétaux est très- variable, cependant ceux qui paraissent prédominer sont les fleurs de la vulnéraire, celles d'origan et de pied-de-chat. Ce médicament mélangé ec-t un des plus généralement employés dans la médecine populaire. C'est surtout à la suite des chutes ou des commotions violentes qu'on en fait un usage abusif, que suivent souvent des accidens très-graves. En effet, dans son ensemble le vulnéraire suisse contient surtout des plantes exci^ tantes, d'autant plus qu'une de ses préparations dont on fait le plus souvent usage est un alcohoîat vulnéraire qui ajoute encore à cette action. Or, on sait que les grandes plaies, les chutes déterminent souvent une fièvre traumatique plus ou moins forte que les médicamens excitans ne feraient encore qu'aggraver. Dans ce cas la diète et les moyens antiphlogistiques doivent être préférés aux vulnéraires. Cependant il est quelques cas où l'administration de ce mélange, ou plutôt de l'infusion d'une des plantes excitantes qui le composent, comme l'arnica , l'origan , etc., peut être avantageuse; c'est lorsqu'il y a eu une' légère commotion cérébrale; on a vu assez souvent l'infusion d'arnica amener un soulagement réel. Mais néanmoins nous

au

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pensons qu'entre les mains du peuple ou des charlatans qui Ie débitent le vulnéraire suisse est plus nuisible qu'avantagenx.

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