‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 39 sur 44 · G PRO · texte numérisé non relu

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génie , si les sens n'en ont pas fait l'investigation. Il pensa que , sans s'occuper des détails qui tiennent à une foule de circonstances , tels que les objets variés des professions , les matières mises en œuvre , les dispositions nombreuses des individus , modifiées encore par les localités , et surtout sans consulter les faits probatoires , avec quelques données que l'on eût d'ailleurs, il était impossible de s'élever à des résultats généraux fort utiles à la santé des artisans. 11 eût cru écrire sur des objets qu'il ne connaissait pas, il eût cru encourir le juste reproche d'une coupable paresse , s'il ne fût descendu dans les détails les plus minutieux des arts et métiers. Aussi persuadé que rien de ce qui intéresse la santé de l'homme n'est indigne de la sollicitude du philosophe , il consacra sa vieillesse à cette étude importante, il établit des correspondances avec tous les savans de son siècle, fit des recherches immenses d'érudition, et s'informa lui-même de toutes les manœuvres usitées par les artisans. Son ouvage fut le premier qui parut sur cette matière , et fut accueilli avec un applaudissement universel.

La foule imitatrice des auteurs se précipita sur les traces de Ramazzini; mais elle y chercha vainement le même succès. Le mérite de ^originalité resta toujours au médecin de Padoue.

Les progrès que ces dernières années ont vu faire aux sciences physiques et naturelles ont fait vieillir le travail de Ramazzini, que Fourcroy cependant avait lâché de rajeunir. Cette raison a engagé un jeune médecin à publier un ouvrage sur cette matière, en y joignant tout ce que les découvertes modernes ont appris. C'est M. Pâtissier qui a entrepris ce travail.

Quoique les classifications ne soient peut-être pas aussi utiles à l'avancement des sciences qu'on l'a pensé , il est certain néanmoins qu'une méthode qui rapproche les objets analogues, éloigne ceux qui diffèrent , favorise leur étude, soulage la mémoire, évite les répétitions, etc. Ramazzini a senti l'avantage d'une classification , et l'ordre qu'il a établi a servi de base à la plupart de ceux qu'on a proposés depuis. Il pense que les maladies nombreuses qui attaquent les ouvriers viennent de deux causes : la première et la plus commune, c'est la nature délétère des matériaux qu'ils mettent en œuvre.; les exhalaisons nuisibles qui s'en élèvent enfantent une foule de maladies. La seconde causeidoit être rapportée aux mouvemens violens et déréglés, âlffl situations gênantes et extraordinaires que bcuiconp

PRO /)97 d'ouvriers donnent à leur corps; elles allèrent peu à peu l'organisme , et y font naître, quoique lentement , des maladies dangereuses. Plusieurs auteurs modernes ont publié des classifications sur le mêîne sujet; voici celle de Fourcroy, adoptée, avec quelques légères modifications , par M. Pâtissier :

première classe. Maladies causées par des molécules qui , mêlées sous forme de vapeurs ou de poussière à l'air que les ouvriers respirent , pénètrent dans les organes et en troublent les fonctions.

deuxième classe. Maladies causées par l'excès ou le défaut d'exercice. — La première classe se divise en quatre ordres.

Le premier , ayant pour titre : Maladies causées par des vapeurs ou molécules minérales , comprendrait , sous autant de chapitres, les mineurs , les doreurs , les potiers de terre, etc.

Dans le second ordre, intitulé : Maladies causées par des vapeurs ou des molécules végétales, seraient rangés les parfumeurs, ceux qui travaillent au tabac, ceux qui sont exposés aux vapeurs du charbon , etc.

Le troisième ordre, qui traiterait des maladies causées par des vapeurs ou des molécules des trois règnes mêlées ensemble , renfermerait les chimistes et tous ceux en général qui emploient des substances des trois règnes dans leurs travaux, et qui sont exposés aux vapeurs malfaisantes qui s'en élèvent. — La deuxième classe se subdivise aussi en quatre ordres.

Le premier exposerait les maladies de tous les ouvriers que leur travail force d'être le plus souvent assis, et d'exercer en même temps d'autres parties : tels sont les écrivains, les tailleurs , les ouvriers à l'aiguille.

Dans le second ordre, où il serait question des maladies causées par la station trop long-temps continuée, viendraient se ranger naturellement les crocheteurs , les commissionnaires , les menuisiers, etc.

Dans le troisième ordre, où l'on traiterait ' des maladies causées par la trop grande application des yeux , on s'occuperait des horlogers , des joailliers , et de tous les ouvriers en petits objets.

Dans le quatrième ordre , où l'on parlerait des maladies produites par un trop violent ou trop long exercice de la voix , on serait conduit à traiter de celles des chanteurs , des crieurs pu blics , des acteurs , des joueurs d'instrumens à vent.

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